Bref Résumé
Ce documentaire explore les moments cruciaux de la fin de la Seconde Guerre mondiale et le début de la Guerre froide, en se concentrant sur les figures clés de Harry Truman et Joseph Staline. Il examine comment la mort de Roosevelt a propulsé Truman, un homme peu préparé, à la tête des États-Unis, et comment les tensions ont rapidement augmenté entre les Alliés, en particulier avec Staline, concernant l'avenir de l'Europe de l'Est. La conférence de Potsdam, l'utilisation de la bombe atomique, le blocus de Berlin et la guerre de Corée sont autant d'événements qui ont façonné cette période de division et de méfiance.
- La mort de Roosevelt et l'ascension de Truman à la présidence.
- Les tensions croissantes entre les États-Unis et l'Union soviétique sous Staline.
- Les événements clés qui ont marqué le début de la Guerre froide : Potsdam, la bombe atomique, le blocus de Berlin et la guerre de Corée.
L'héritage de Roosevelt et l'ascension de Truman
Le 13 avril 1945, l'Amérique est en deuil suite à la mort de Franklin Roosevelt, survenant alors que la Seconde Guerre mondiale n'est pas encore terminée. Roosevelt était perçu comme un artisan de la paix et un symbole d'espoir pour un monde meilleur. Sa disparition soulève des questions sur la capacité des Occidentaux et des Soviétiques à maintenir l'entente et à construire une paix durable. Le 12 avril 1945, Harry Truman devient le nouveau président des États-Unis, succédant à Roosevelt. Truman, un ancien vendeur de chemises et sénateur du Missouri, n'était pas préparé à cette responsabilité, ayant été vice-président pendant seulement trois mois et peu impliqué dans les décisions de Roosevelt. Truman lui-même est conscient de son manque d'expérience et exprime son besoin de prières pour réussir dans cette tâche difficile.
Truman face à Staline et à la fin de la guerre en Europe
Un mois après l'arrivée de Truman à la présidence, les Alliés remportent la victoire en Europe, suscitant des célébrations massives. Cependant, Winston Churchill, malgré l'euphorie ambiante, est préoccupé par les ambitions de Staline d'étendre le communisme en Europe de l'Est, contrairement aux accords de Yalta. Churchill tente d'alerter Truman, mais ce dernier reste fidèle aux engagements pris par Roosevelt et ne veut rien entendre contre son allié communiste. Churchill espère que Truman finira par ouvrir les yeux sur les intentions de Staline.
La conférence de Potsdam et la bombe atomique
Le 16 juillet 1945, Truman se rend à Potsdam pour une conférence de paix où il rencontre Staline et Churchill. Truman est frappé par la dévastation de Berlin et est déterminé à aider l'Allemagne à se reconstruire. Lors des discussions, Truman prend conscience de la complexité de Staline, le décrivant comme "honnête mais malin comme le diable". Truman se sent en position de force car il attend des nouvelles d'un événement secret aux États-Unis. Il reçoit un télégramme codé annonçant le succès du premier essai atomique, nom de code "Trinity". Truman informe Staline de la nouvelle arme, mais Staline minimise son importance, bien qu'il soit conscient des implications grâce à ses espions, dont Klaus Fuchs, qui ont fourni des informations sur le projet atomique américain.
Churchill perd les élections et les tensions augmentent
Au milieu de la conférence de Potsdam, Churchill quitte la table des négociations pour attendre les résultats des élections en Grande-Bretagne. À la surprise générale, il est battu et remplacé par Clement Attlee. Staline est déconcerté par ce résultat, car il pensait que Churchill truquerait les élections. Avec Attlee, la Grande-Bretagne est reléguée au second plan, laissant Truman et Staline face à face. Les désaccords entre les deux hommes s'intensifient.
Hiroshima, Nagasaki et le début de la Guerre froide
Cinq jours après Potsdam, Truman prend la décision d'utiliser la bombe atomique contre le Japon. Les bombardements d'Hiroshima et de Nagasaki choquent le monde et sont perçus par Staline comme une provocation. Staline demande à occuper l'île d'Hokkaido, mais Truman refuse catégoriquement. Staline intensifie alors son emprise sur l'Europe de l'Est, imposant des régimes communistes. Truman, hésitant au début, est influencé par le télégramme de George Kennan, qui décrit le mode de fonctionnement soviétique et appelle à la fermeté. Truman change de cap et adopte une ligne dure envers Staline.
Le rideau de fer et le plan Marshall
Truman cherche à convaincre l'opinion publique américaine de ce revirement en utilisant Winston Churchill, qui prononce un discours à Fulton, Missouri, où il dénonce le "rideau de fer" qui s'est abattu sur l'Europe. Ce discours provoque un tollé, mais marque un tournant dans la perception de Staline par les Américains. Truman comprend que la pauvreté en Europe est un terrain fertile pour le communisme et décide de lancer le plan Marshall, un programme d'aide économique massive pour reconstruire l'Europe. Le plan Marshall est également une arme politique destinée à déstabiliser Staline, car l'aide est offerte à tous les pays européens, y compris ceux de l'Est, mais Staline refuse l'offre et contraint ses satellites à faire de même.
Berlin et la création de la CIA
Berlin devient un point de friction entre les Occidentaux et les Soviétiques. La ville est située en zone d'occupation soviétique, mais divisée entre les quatre puissances alliées. Les Soviétiques veulent des réparations de guerre, tandis que les Américains veulent reconstruire. Pour obtenir des informations sur les intentions de Staline, Truman crée la CIA et recrute des espions, y compris d'anciens nazis, pour lutter contre le communisme.
Le blocus de Berlin et le pont aérien
En 1948, les Occidentaux créent une nouvelle monnaie, le Deutsche Mark, dans leur zone d'occupation à Berlin, ce qui provoque la colère de Staline. Le 24 juin 1948, Staline bloque toutes les voies d'approvisionnement de Berlin-Ouest, piégeant deux millions et demi de personnes. Truman choisit de ravitailler Berlin par les airs, lançant un pont aérien massif. Pendant un an, les Berlinois vivent au rythme des avions qui se relaient jour et nuit pour apporter vivres et matériel. En mai 1949, Staline lève le blocus, reconnaissant sa défaite.
La bombe atomique soviétique et la guerre de Corée
Quinze jours après la levée du blocus, les Occidentaux créent la République fédérale d'Allemagne, tandis que les Soviétiques ripostent avec la République démocratique d'Allemagne. En août 1949, les Soviétiques font exploser leur propre bombe atomique, mettant fin au monopole américain et instaurant l'équilibre de la terreur. En 1950, la guerre de Corée éclate, un conflit par procuration entre les États-Unis et l'Union soviétique. Truman décide d'intervenir en Corée pour empêcher la propagation du communisme.
La mort de Staline et la fin de la guerre de Corée
En mars 1953, Staline meurt après une longue agonie. Sa mort suscite des réactions mitigées, mais laisse un sentiment d'incertitude quant à l'avenir. La guerre froide, initiée par Staline et Truman, continue de régir le monde.
La conférence de Yalta : Préparer la paix
En février 1945, Staline, Roosevelt et Churchill se réunissent à Yalta pour préparer la paix après la Seconde Guerre mondiale. La conférence vise à définir le sort de l'Allemagne vaincue, de la Pologne, de l'ONU et de la guerre contre le Japon. Les intérêts et les idéologies des trois dirigeants divergent, ce qui rend les négociations difficiles.
Voyage à Yalta et accueil
Roosevelt et Churchill arrivent à Yalta après un long et difficile voyage. Staline ne vient pas les accueillir à l'aéroport, ce qui est perçu comme une manière de jouer le rapport de force. Le trajet jusqu'à Yalta révèle la dévastation de la Crimée, ce qui permet à Staline de culpabiliser ses interlocuteurs.
Premières négociations et stratégies
Les négociations commencent avec une visite de courtoisie de Staline à ses hôtes. Staline propose que Roosevelt préside les séances plénières, ce qui est perçu comme une manière de le flatter tout en le réduisant à un rôle de maître de cérémonie. Lors du premier dîner, Staline impressionne ses hôtes par sa magnificence et son abondance de nourriture et d'alcool.
La question allemande et les réparations
La question de l'Allemagne est au centre des débats. Churchill réclame une quatrième zone d'occupation pour la France, ce que Staline accepte à contrecœur. Staline exige des réparations massives de la part de l'Allemagne, ce qui effraie Roosevelt et Churchill. Staline se braque et accuse ses alliés de ne pas vouloir la reconstruction de l'URSS.
Le dossier polonais : Un enjeu majeur
Le dossier polonais est le plus épineux de la conférence. Staline veut que la Pologne devienne un pays ami, tandis que Churchill veut qu'elle soit libre et indépendante. Roosevelt est sensible à l'opinion des citoyens américains d'origine polonaise. Les Alliés ne parviennent pas à s'entendre sur la composition du gouvernement polonais.
Espionnage et compromis sur la Pologne
Staline fait espionner ses alliés et connaît leurs stratégies. Churchill est prêt à lâcher du lest sur la Pologne pour obtenir les mains libres en Grèce. Les Occidentaux finissent par reconnaître le gouvernement communiste de Lublin en échange de la promesse d'élections libres en Pologne après la guerre.
Le Japon et l'ONU : Les priorités de Roosevelt
Roosevelt a absolument besoin de l'appui de Staline pour la guerre contre le Japon. En échange de la chair à canon soviétique, Staline réclame des territoires. Roosevelt sacrifie les Chinois et accepte les demandes de Staline. Roosevelt obtient également l'accord de principe de Staline pour participer à l'ONU.
Bilan de Yalta et trahison des accords
À Yalta, chacun des trois grands a obtenu ce qui lui importait le plus. Staline est le grand gagnant de la conférence. Cependant, les accords de Yalta sont précaires et reposent sur l'entente fragile entre trois personnalités d'exception. À peine trois semaines après la fin de la conférence, Staline viole les accords de Yalta et installe des régimes communistes en Europe de l'Est. Roosevelt, déçu, s'éteint peu après. La guerre froide est en marche.

