« C’EST LEUR MONDE QUI S’EFFONDRE » : la défaite américaine va tout changer - Emmanuel Todd

ÉLUCID www.youtube.com

Résumé

Ce texte examine la situation actuelle des États-Unis et du monde sous la présidence de Trump, en mettant en lumière le déclin de l'empire américain et l'ascension de la Chine. Il analyse les tensions entre les États-Unis et l'Europe, ainsi que les dynamiques internes de la société américaine, notamment les guerres culturelles et les inégalités éducatives. L'auteur exprime un manque d'espoir quant à la capacité des États-Unis à se redresser, contrairement à la Russie, en raison de la désintégration des structures familiales et de la perte de valeurs morales.

  • Déclin de l'empire américain et montée de la Chine.
  • Tensions entre les États-Unis et l'Europe.
  • Dynamiques internes de la société américaine : guerres culturelles, inégalités éducatives.
  • Manque d'espoir quant à la capacité des États-Unis à se redresser.

Zapping

Trump n'est que le début de la chute de l'Amérique, qui n'est déjà plus le centre économique du monde. Un désespoir se répand face à l'échec du néolibéralisme et du trumpisme économique. Le système éducatif, devenu une machine à trier, crée des ressentiments et une violence potentielle. Le néobellicisme européen sert l'Amérique dans sa défaite. Exiger des courbettes des serviteurs évoque un état d'égarement et de désespoir.

Les États-Unis : un empire en chute libre

L'analyse de la crise actuelle nécessite de ne pas prendre le court terme trop au sérieux et de se concentrer sur les fondamentaux, notamment la défaite des États-Unis face à la Russie et la puissance économique chinoise. La Russie, soutenue par la Chine, devrait prendre Odessa pour sécuriser Sébastopol, mais n'envahira pas l'Europe. La Chine domine la construction navale et la production de puces électroniques, tandis que les États-Unis sont en déclin. Les forces productives de l'empire américain se déplacent vers ses frontières, comme Taïwan, la Corée du Sud et le Japon. Ces pays sont pris entre le contrôle américain et l'attraction chinoise, avec une culture commune est-asiatique en voie de constitution. Les États-Unis sont fortement liés au Mexique et au Canada, mais leur influence diminue ailleurs. Au moment où Trump arrive, les États-Unis ne sont déjà plus le centre économique du monde.

L'effondrement du modèle européen

L'effondrement du communisme, causé par un choc de réalité et l'effondrement des croyances, sert de parallèle pour comprendre la situation actuelle. Le sentiment d'égarement est manifeste, et l'idéologie néolibérale s'effondre. Trump, avec sa volonté d'acquérir le Groenland, incarne une panique irrationnelle. La croyance en le néolibéralisme (l'État n'est rien, l'individu est tout, le marché est tout) s'oppose à la croyance communiste (l'État est tout). L'Occident, divisé en pôles américain, européen et est-asiatique, connaît différents niveaux de panique. Aux États-Unis, la conscience du désastre est élevée mais trop tardive. En Europe, les dirigeants n'ont pas compris la fin du libre-échange et le dépassement des nations, ce qui rend difficile l'acceptation de la réalité. L'Allemagne et l'Italie semblent mieux comprendre la situation que la France. L'Asie, avec sa culture propre, devrait mieux résister à l'effondrement global.

La stratégie et les actions américaines

Il est crucial de ne pas se focaliser sur Trump en tant qu'individu, mais de le considérer comme un produit de la société américaine en décomposition. L'erreur serait de prendre les acteurs historiques officiels trop au sérieux. Trump est arrivé au pouvoir avec un programme et des problèmes à résoudre. Son dilemme est de sortir de la guerre d'Ukraine sans admettre la défaite, ce qui pourrait accélérer le déclin de l'empire. Il doit également sortir du libre-échange, mais il est trop tard. Trump est confronté à une guerre civile interne et à la décomposition de la société américaine.

La politique interne de Trump

La politique intérieure de Trump se caractérise par une guerre culturelle, une réorganisation radicale de l'administration fédérale, une offensive anti-immigration, des enquêtes à charge contre ses adversaires politiques, des restrictions sur l'avortement, des pressions sur les médias et les universités, et une réforme fiscale controversée. Ces mesures reflètent la dynamique générale des guerres culturelles et la dislocation de la nation américaine.

Les déterminants du vote Trump

L'antagonisme entre les éduqués supérieurs et les éduqués primaires ou secondaires partiels est un moteur de dislocation de la démocratie. Aux États-Unis, cette évolution culturelle se cristallise au niveau des États, qui ont des pouvoirs autonomes. L'analyse des corrélations entre différentes variables et le vote pour Trump révèle que la présence ou l'absence d'éduqués supérieurs est le moteur fondamental. La fécondité est plus élevée dans les États qui ont voté Trump. La corrélation entre le vote Trump et l'existence de la peine de mort est plus faible. La mortalité infantile est plus élevée là où le niveau éducatif est bas. L'espérance de vie est plus basse en région Trump. Le niveau d'étude détermine plus fortement le vote Trump que le revenu médian. Le système éducatif, devenu une machine à trier, crée des ressentiments et une violence potentielle.

Les évolutions des États-Unis sous Trump

Il est difficile d'évaluer les évolutions socioculturelles profondes sur une seule année de présidence de Trump. L'analphabétisme fonctionnel augmente chez les 16-24 ans, et le niveau de performance des enfants de 9 ans baisse. L'échec de la réindustrialisation est manifeste, et les États-Unis sont passés en déficit commercial agricole. La France suit une trajectoire parallèle à celle des États-Unis en matière d'éducation, de désindustrialisation et de destruction du secteur agricole. La présence d'un président reflet absurde est également un point commun.

Rétrospective: une année de politique trumpienne

Trump utilise la technique de noyer l'adversaire sous l'information. Une chronologie des événements depuis son élection permet de replacer les événements dans une continuité historique. Dès le début, on observe un intérêt pour le Groenland et un ressentiment violent contre l'Europe. L'humiliation de Zelenski à Washington marque le début de la stratégie trumpienne de se dégager de la guerre d'Ukraine. L'arrêt des livraisons d'armes américaines à l'Ukraine est lié à l'incapacité militaire à produire les armements nécessaires. La déclaration de guerre commerciale à la Chine révèle une mauvaise conscience de la réalité du monde. L'arrivée d'un nouveau chancelier en Allemagne est un bonus potentiel pour les Américains. La guerre des 12 jours entre l'Iran et Israël est un échec pour Israël. L'accélération des attaques de drones ukrainiens sur des installations énergétiques en Russie marque un retour en guerre des États-Unis contre la Russie. Un accord entre les États-Unis et l'Union européenne en Écosse révèle un repliement de l'empire sur l'exploitation des pays qu'il contrôle déjà. La rencontre entre Trump et Poutine en Alaska est une comédie totale. Une rencontre avec les colonisés à la Maison Blanche est à mettre dans la continuité du discours de Vin Saudique. Une frappe israélienne sur Doha vise des dirigeants du Hamas au Qatar. Une nouvelle escalade sur le Groenland intervient après la défaite contre la Chine. Des frappes américaines sur le Nigéria illustrent le nanomilitarisme théâtral. Des manifestations en Iran révèlent l'intervention des puissances étrangères. Un réveil difficile pour Nicolas Maduro au Venezuela illustre également le nanomilitarisme théâtral.

À quoi s'attendre ?

Il faut tirer les enseignements de cette chronique : le nanomilitarisme théâtral et la continuité de l'hostilité à l'Europe. Cette hostilité est liée à des sentiments de classe et à un ressentiment contre les éduqués supérieurs. Il faut être prêt à bien pire encore. La maîtrise américaine des instruments du numérique est une menace. Il subsiste une surestimation de l'exposition au risque américain commercial. Trump est un produit de la société américaine en décomposition, immoral, inefficace et erratique.

Pourquoi les États-Unis vont s'effondrer

La capacité de la Russie à se relever est liée à la détermination des cultures politiques et des cultures étatiques par les structures familiales anciennes. La structure familiale russe est un modèle communautaire. Aux États-Unis, la famille nucléaire absolue sans moralité est la voie royale vers une décadence illimitée. C'est pour cela qu'il y a pas de frein possible et que j'ai peur en fait pour les États-Unis parce qu'il n'y a pas de frein possible. C'est juste le contraire de la Russie.

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0:00 Trump, ça me gêne de le dire, mais ça n'est que le début de la chute de l'Amérique. Nous allons vers encore pire, indépendamment de Trump. C'est trop tard. au moment où s'ouvre la crise, au moment où Trump arrive pour gérer la défaite des États-Unis, les États-Unis ne sont déjà plus le centre économique du monde. Et donc, un désespoir d'un certain genre se répand dans les sphères supérieures euh du système politique américain devant la réalisation. Le néolibéralisme ne marchait pas, mais le trumpisme économique ne marche pas non plus. Le système éducatif actuel est devenu une machine à trier en fait, une machine à définir les destins. Ce processus de tris scolaire a créé des masses de

0:48 ressentiments, de violence en fait potentielle tout à fait extraordinaire. Le trumpisme a vécu une sorte de petit miracle, le néobellicisme européen, le service rendu à l'Amérique par les dirigeants européens dans la défaite a été exceptionnel et continue de l'être d'ailleurs au moment où on se parle. Quand on en est simplement à exiger des courbettes de vos serviteurs les plus proches, pour moi ça évoque un état d'égarement. En fait, moi je vois du désespoir. On ne peut pas exiger des acteurs, des acteurs politiques, une conscience aigue de ce qui se passe. C'est leur monde qui s'effondre. C'est quand même terrible. La compassion est nécessaire. J'irai pas jusqu'au pardon.

1:50 Emmanuel Teud, bonjour. Bonjour. Je suis très heureux de te recevoir sur la chaîne YouTube du média et lucide dont tu es finalement un chroniqueur régulier, ce dont je te remercie. Non, ben je suis toujours content de venir. Je me sens un peu chez moi ici. Alors euh dans le tumulte et presque la folie he pourrait-on dire des tensions actuelles entre alliés autour du Groenland. Et bien, on s'est dit que ce serait pas mal de prendre un peu de recul et euh bah ça tombe bien parce que le recul c'est justement ton domaine Emmanuel puisque tu es entre autres historien de l'école des Anales. Alors pour commencer, j'ai envie de de te demander comment et bien est-ce qu'un qu'un historien de la longue durée traverse et analyse d'une crise qui

2:36 finalement se joue sur le court terme ? Alors d'abord c'est de ne pas prendre le court terme trop au sérieux. c'est-à-dire de rester dans ces fondamentaux. Donc là, on je pense qu'on va voir on va passer en revue un certain nombre de d'événements de l'année de la première année de la présidence Trump. Mais la première chose à faire, c'est de ne pas oublier la base. Bon, la base c'est la défaite des États-Unis, ce que j'avais analysé prévu dans la défaite de l'Occident. Alors cette défaite qui est là, qui est en un certain sens définitif, va être le cadre de l'action de la dernière année. Je crois que cette défaite, elle a euh deux dimensions. La première dimension, c'est la défaite

3:22 face à la Russie. C'est-à-dire que les Américains ont compris un certain stade qui n'avaient pas les moyens militaraux-industriels pour alimenter suffisamment le nationalisme ukrainien et qu'ils qu'ils ont compris qu'il n'y arriveraiit pas face à la Russie. Alors, en face de ça, on peut mettre le fait que les Russes eux ont compris qu'ils allaient gagner, qu'ils avaient les moyens, qu'ils avaient résisté euh à la pression militaire et aux sanctions occidentales. On sait ce que les Russes vont faire, ça n'est plus un inconnu. Ils n'ont plus aucune confiance en les occidentaux. Donc, on ne doit pas s'arrêter à ce qu'ils disent. Moi, ça fait très longtemps que je dise que les Russes pour être tranquilles, pour terminer cet

4:09 effort d'une guerre qui leur a coûté, qui leur coûte en fait, ils vont aller jusqu'au Dèpre et ils vont prendre Odessa. Parce que Sébastopol doit être à l'abri euh des drones navals ou autres qui arrivent de Dessa et puis qu'ils arrêteront et qui n'envahiront pas l'Europe parce que ça les intéresse pas du tout. Donc là, on est dans un domaine où il n'y a pas d'inconnu, c'est un cadre général. Ça permet tout de suite de dire que les débats sur les négociations entre ceci, ceci, cela sont juste du théâtre. C'est c'est une dimension du théâtre. Euh l'autre élément, le deuxième élément structurel qui est toujours là, je qui est de plus en plus là, euh c'est désormais euh la puissance économique chinoise, c'est-à-dire que le le niveau

4:57 de de supériorité de production de la Chine sur les États-Unis a été atteint avant, pendant la guerre, c'est ce qui a permis la victoire russe puisque la Russie est tout à fait adossée à la Chie. secondairement à l'Inde, mais on a une comment dire de situation de domination chinoise qui était là au début que les gens n'avaient pas vu. Oui, pour montrer la montée en puissance de la Chine, on a préparé avec beaucoup de travail un certain nombre de de graphiques. Dans celui-là, on voit les parts de marché de la construction mondiale navale de bateau civil en 2024.

5:45 Qu'est-ce que ça t'inspire ? Bah, elle inspire quelque chose qui va au-delà de la Chine. C'est qu'on voit que les trois grands constructeurs, c'est la Chine avec 55 % du marché mondial, puis la Corée du Sud 28 % et le Japon 13 %. Donc ça évoque un pôle est asiatique en fait qui a sa cohérence et qui représente je ce ce diagramme est quand même hallucinant quand on voit le reste du monde. Ça veut dire que 95 % des bateaux aujourd'hui sont construits dans ces trois pays. Il reste que 5 % des bateaux construits dans tout le résalisation c'est les transformes maritimes. Les empires sont des structures maritimes. Donc je crois que la part des États-Unis doit être à quelque chose comme 0,1 % ou quelque chose comme ça. 0,04.

6:32 Ah pardon, je dire je je surestime comme tout le monde les États-Unis. Oui, enfin on les surestime parce qu'il y a encore quelques années autour de de 2015, ils avaient une production qui était encore en tout cas faible mais mais pas inexistante. Et on voit que en une dizaine d'années, il ils sont divisés par 10 quasiment leur leur production. C'est assez impressionnant. Oui, c'est le genre de courbe. Il y en a il y en a des tonnes comme ça mais qui montrent que le train descendant euh de l'économie américaine s'est accéléré en fait dans les 10 10 dernières années. C'est ça qui est important. Alors, il y a un autre exemple qui nous a semblé extrêmement intéressant, c'est ce qui se passe sur les puces électroniques qui est finalement l'emblème de ce milieu de de 21e siècle qui approche puisqu'on voit qu'évidemment les ordinateurs,

7:17 l'intelligence artificielle, les réseaux euh vont être au cœur de de la puissance et des avancées technologiques. Euh et voici donc ce que ça donne sur la construction de puce électronique en 2024. Voilà. Et comme pour les constructions navales, on retrouve une prééminence écrasante de l'Asie orientale. Les parts sont pas exactement les mêmes. La domination de la Chine est moindre. 37 % pour la Chine, 16 % pour Taiwan, 12 % pour la Corée du Sud. Singapour, ça doit être une antenne de la Chine, 11 %. La Malaisie, c'est pas loin et il y a une grosse communauté chinoise. Mais de nouveau, on retrouve un centre euh je dirais de production de la modernité qui se trouve en Asie orientale et où bien

8:03 entendu les États-Unis représentent comme d'habitude rien du tout quoi. 5 % par rapport à ce qui est représenté par par le passé. Et on voit d'ailleurs si on on se place dans une perspective historique depuis depuis l'an 2000 avec évidemment la forte augmentation de la construction de plus électronique et bien quand on voit les les parts de marché euh si le reste de l'Asie est resté stable, on est frappé par la chute de l'ensemble euh occidental euh États-Unis plus une européenne qui faisait 40 % des puces de la planète en l'an 2000 quandme qui y a 25 ans qui n'en font plus que 10 % aujourd'hui. à contraria, la Chine faisait à peu près un peu plus de 10 %. Euh aujourd'hui, avec la partie taïwan, ils sont à plus de 50 %. Et il se passe bah depuis euh l'année dernière, allez, peut-être 2 ans, quelque chose euh d'assez intéressant qui est l'explosion des exportations de Taïwan qui est au cœur

8:50 de la production des puces très particulières pour l'intelligence artificielle euh sur lequel ils ont euh une part de marché colossal quoi. C'est presque 50 % euh comme on le voit sur ce sur ce graphique et on voit qu'une grosse partie des exportations taïwanaises ont donc augmenté enfin explosé même à ce à ce niveau-là mais en grande partie vers les États-Unis. Euh donc, on voit qu'ils sont en train finalement de d'aider les États-Unis à se à se développer sur ce terrain-là aussi. Mais c'est c'est l'une des caractéristiques très importantes de bah de ce qu'il faut bien appeler euh l'empire américain euh que d'autres appellent le monde occidental. C'est la façon dont ce qui ce qu'il existe encore de force productives dans cet empire s'est déplacé vers les frontières de l'empire. C'est-à-dire là Taiïwan c'est la frontière de l'empire. La Corée du

9:36 Sud, le Japon, c'est la frontière de l'Empire. Si on prenait les machines outils par exemple que j'avais utilisé dans la défaite de l'Occident, on verrait aussi euh la prééminence de la Chine, euh une importance du Japon, du monde germanique. On verrait réapparaître un morceau de l'Europe, mais de nouveau, on verrait une activité industriel ou technologique résiduelle, importante et cetera, qui s'est déplacé loin du cœur de l'empire, loin des États-Unis. Ce qui suggère que finalement, au-delà de tout ce qu'on dit, les États-Unis peuvent pas se priver de leur empire.

10:21 C'estàd qu'ils en sont prisonniers d'une manière très concrète, très matérielle pour la production. Alors en résumé, c'est aussi intéressant de voir bah sur ces sur ces trois pays assez assez centraux que sont Taiïwan, le Japon et la Corée du Sud, quelles sont les parts de marché dans leur exportation d'une part des États-Unis en bleu et d'autre part de la Chine en rouge ? Qu'est-ce que ça dit d'après toi ? Ce que ça dit, c'est là, je je viens de définir ou de mettre Taïwan, le Japon et les la Corée dans la partie externe de l'empire américain. Mais c'est intéressant de voir comment cette partie de externe de l'Empire américain interagit avec l'extérieur de l'empire et en l'occurrence, c'est la Chine.

11:07 Alors dans ce contexte, on voit que Taïwan suite à l'augmentation qu'on a vu, est bien dans l'empire en fait commercialement puisque 36 % de ces exportations vont vers les États-Unis et seulement 25 % vers la Chine. La situation actuelle fin 2025, il y a encore 2 ans, c'était la Chine était majoritaire. Voilà. Mais ce qui est très intéressant, c'est de voir que des que des pays comme le Japon en fait qui sont de fait contrôlés où se trouvent des bases américaines très importantes commerce déjà plus avec la Chine qu'avec les États-Unis. Japon, c'est 24 % du commerce extérieur vers la Chine, 17 % seulement vers les États-Unis. La Corée, c'est presque la même chose, c'est 23 et 16 % respectivement. Ça veut

11:53 dire que cette partie externe de l'empire en Asie est quelque part prise entre le contrôle américain et un phénomène d'attraction euh qui qui semble bien dû pas simplement à la Chine, mais euh en tant qu'anthropologue, ce que ce que je sens derrière, c'est une culture commune qui a mené euh à cette industrialisation très spécifique, très intense, qui paraît là très positive, mais qui si on prend d'autres plans de la vie des sociétés apparaîtra négative parce que ce sont aussi des régions à très basse fécondité. C'est le Japon doit être à 1,3 enfants par femme de fécondité, la Chine à 1,1 et la Corée du Sud est leader du monde de la masse fécondité à 0,75 enfants par femme. Mais disons

12:38 qu'il y a il y a une sorte de bloc culturel est asiatique qui semble en voie de constitution et qui échappe déjà à l'empire. Pour finir cette introduction, on peut regarder Ouais. ce ce graphe coloré qui montre simplement quelle est la part des États-Unis dans les exportations de plein de pays dans différentes régions de de la planète en 2024. Donc on est encore ici sous Joe Biden avant les les politiques de guerre commerciales de de Donald Trump dont on va reparler assez assez longuement plus loin dans dans cette émission. Euh là aussi comment tu analyses ça ? Bah, ça c'est très important puisque comme une partie de l'activité de Trump, ça aurait été de menacer tout le monde de tariffs, de droits commerciaux extraordinaire, euh c'est très important pour comprendre euh

13:24 l'effet potentiel de Sarif et en vérité, ça va être très important pour comprendre l'échec de ces menaces euh commerciales euh et euh et la conversion d'ailleurs de ce menace commerciale en menaces politico-militaires et des choses comme ça. Il y a des pays qui semblent invinciblement soudés aux États-Unis, c'est le Mexique et le Canada. qui sont au nord et au sud qui sont complètement intégrés à l'économie américaine. C'est pour ça que j'ai un peu de peine pour le Canada et malgré le courage de Carnet euh parlant de dévoilement d'une réalité nouvelle pour les nations nouvelles, pour les nations moyennes, soumises euh aux volontés,

14:09 aux exactions des nations autres. On voit pas très bien comment le Canada pourrait se dessouder des États-Unis par des accords commerciaux avec la Chine. On voit la place de certains pays d'autres pays latino-américains comme le Venezuela Colombie qui sont très dépendants. On voile la dépendance un peu surprenante et nouvelle du Vietnam, de Taiï, mais on se rend compte que finalement déjà avant les agressions commerciales ou les menaces commerciales de Trump, la main des États-Unis était déjà devenue très faible sur le capacité. On va pas citer tous les pays, mais pour un pays comme le Brésil, Brésil, les exportations aux États-Unis, c'est seulement 12 %, pour l'Italie, c'est seulement 11 %, pour l'Allemagne, 10 %. très important capital pour la

14:57 Chine 10 %. C'est-à-dire que la Chine ne dépend euh ne dépendait à la veille de la crise euh que 10 % d'exportation vers les États-Unis. Autant dire que au départ un type intelligent ou compétent aurait su que la capacité américaine de menace commerç était extrêmement faible. Pour la France, c'est 8 %. C'est très faible. En fait, pour l'Union européenne, c'est 8 % seulement. Ça, ça va nous amener à nous interroger sur le sens des peurs européennes qui sont, à mon avis notablement exagéré et qui n'ont pas complètement à voir avec des problèmes commerciaux. Mais en fait ce que montre

15:42 ce graphe, c'est que au moment où s'ouvre la crise, au moment où Trump arrive pour gérer la défaite des États-Unis, les États-Unis ne sont déjà plus le centre économique du monde. Ils produisent la monnaie de réserve dont le rôle diminue sans cesse et à une vitesse accélérée. Mais les États-Unis ne sont déjà plus le centre économique du monde. Finalement, on voit que quelques graphiques disent beaucoup hein sur ce qui se passe. Oui. Bon, ils sont pas là par hasard aussi hein. C'est qu'en fait on on les a fait ensemble, on a travaillé ensemble. Euh j'aurais tendance à dire des semaines de boulot et c'est euh c'est là qui est la vérité de mon association avec Lucide. C'est c'est pas juste le fait de devenir souvent euh c'est même pas juste le travail en commun, c'est

16:28 sans doute l'appartenance à une culture intellectuelle commune, c'est-à-dire une croyance en la réalité des faits, des faits qui doivent être ancrés dans des statistiques, une compréhension de la réalité qui doit s'appuyer sur la recherche en commun. Et donc oui, ils sont très bien ces graphiques. Bah merci. Ces graphiques, en effet, ils ont demandé beaucoup de beaucoup de travail. Euh alors, on est heureux de les diffuser euh gratuitement, hein, mais ce sont des graphiques vraiment originaux, hein. Vous ne les trouvez pas euh ailleurs en français, pour beaucoup même pas ailleurs d'ailleurs en en anglais. C'est vraiment de la recherche aussi qu'on fait chez chez Lucid he c'est pas juste de de de de des petites présentations. Bah donc voilà, on a vraiment aussi besoin que vous vous abonniez pour nous pour nous soutenir, pour nous permettre de vous offrir euh ces émissions. Donc vous abonner au site et aussi très important parce que c'est gratuit. Vous abonner à cette chaîne ça nous aide et évidemment bah la chaîne si

17:14 elle a 500000 ou 1 million d'abonnés, c'est beaucoup plus facile après pour diffuser voilà ces ces idées, ces informations qui sont très importantes et totalement absentes du débat public actuel. Alors tu parles des peurs européennes mais justement on voit qu'il y a il y a beaucoup de tension actuellement. Évidemment, il y a tout ce je sais pas comment l'appeler quoi, cette espèce de de sketch de tragicomédie, de pièce de théâtre de autour autour du Groenland, autour de toutes ces tensions entre alliés qui semblaient inimaginable il y a il y a peut-être encore un an. Euh qu'est-ce que qu'est-ce que ça veut dire ? Qu'est-ce qui se passe ? B, je crois je suis euh replongé pour comprendre ce qui se passait dans le dernier grand effondrement qui était l'effondrement du communisme. En fait, le les le l'effondrement du communisme, ça été euh euh l'effet d'un choc de réalité sur la

18:01 lain capacité euh des Russes à faire face à la concurrence militaire américaine, le blocage de l'économie soviétique et toutes sortes de choses. Et ça mais comment dire la la Russie, l'Union soviétique ont été plongé dans dans quelque chose qui n'était pas simplement un problème technique et économique mais qui a été l'effondrement de leur système de croyance. Le communisme c'était devenu c'était la religion de cette sphère. Il y avait des gens qui ne croyaient pas mais c'était le ciment social, idéologique et l'effondrement du communisme, ça a été l'effondrement de la croyance. Et bien entendu, quand une croyance qui organise la vie d'une société s'effondre, les individus, les

18:46 acteurs sont perdus. Euh donc les Russes étaient perdus, les dirigeants soviétiques étaient perdus, tout le monde était perdu à des degrés divers. Et je crois que c'est en en reprenant euh ces ces concepts pour qu' qu'on peut commencer de d'analyser ce qui se passe. Le sentiment d'égarement, il est manifeste, hein. Je quand on ouvre des postes de télévision qui racontent n'importe quoi, qui interprète tout de travers, je veux dire il y a quand on voit le comportement des dirigeants, enfin on ne sait plus où donner de la tête. Et je crois que si déjà on parle du principe que euh les États-Unis et l'Occident sont en train de subir un choc de réalité et que leur idéologie

19:32 euh à elle, à ces sociétés occidentales est en train de s'effondrer comme le communisme s'est effondré, on peut un peu comprendre ce qui se passe. C'estàd qu'il va y avoir des éléments de rationnalité et puis il va y avoir des éléments de panique irrationnel. Donc quand on arrive effectivement à Trump qui veut le GR langue, qui contrôle déjà de fait s'il veut, on est dans une panique irrationnelle et ça, je dirais c'est l'état normal des esprits dans un monde euh dont la croyance fondamentale est en train de s'effondrer. Et c'est quoi cette croyance alors ? Bah c'était la croyance inverse du communisme. Le communisme c'était l'état et tout, l'état d'organiser la société. Et nous, notre croyance c'était le néolibéralisme. C'est l'État n'est rien. Euh

20:17 l'individu est tout, le marché est tout, la monnaie est tout, les banques centrales doivent être indépendantes, le commerce doit être libre, le libre échange doit régner. Donc ça c'est le noyau économique de la croyance. Il y avait des éléments aussi extraéconomiques dans la croyance de l'Occident dont certaines étaient bonnes. La croyance en l'émancipation des femmes qui fait partie du système de croyance est une excellente croyance. La croyance LGBT était devenue, c'était bizarre en politique internationale mais un élément important du du message occidental. Et c'est toutes ces croyances, le consensus de Washington et ces choses associées euh qui sont en train de s'effondrer. Alors ce qui rend euh la situation un peu plus compliquée,

21:05 c'est que l'Occident n'est pas uniforme. Euh l'Occident, en gros, selon moi, c'est le système impérial militaire américain, mais il a je dirais, mettons trois grands pôles. Il y a le pôle américain au centre dominant, il y a le pôle européen et puis il y a le pôle est- asiatique qu'on a vu dans sa nouvelle importance technicoindustriel. Alors là, je dirais que le on peut déjà euh distinguer deux états de développement de la panique ou du délire. Alors le dans le cas des États-Unis où Trump vient d'accéder au pouvoir pour gérer cette défaite, le niveau de conscience

21:53 euh du désastre est élevé. C'est-à-dire les trumpistes sont des gens qui ont compris que l'idéologie nilolibérale ne fonctionnait pas, devait être dépassé. Trump, c'est le candidat qui est arrivé avec des projets protectionnisme qui en eux-même sont une négation de la croyance néolibérale fondamentale. Il y a des discours de J V d'une lucidité tout à fait cruelle sur la façon dont l'Occident, les États-Unis se sont vidés de leur puissance industrielle simplement. Et ce dévoilement explique en partie des choses comme les politiques économiques, protectionnistes

22:38 qui ont des éléments de rationalité. Je dirais que le problème simplement et ce qui crée de la panique, je dirais dans ce cœur américain, euh c'est que le la conscience de la chute est à un niveau très élevé, mais cette conscience vient trop tard. C'est-à-dire que c'est trop tard, c'est l'industrie américaine est tombée à un niveau tellement bas que c'est très difficile de la relever. Pour que des mesures protectionnistes soient efficaces, il faut qu'existe une population active qualifiée capable d'en tirer partie. Cette population active qualifiée n'existe absolument pas aux États-Unis. Et donc un désespoir d'un certain genre se répand

23:26 dans les sphères supérieures du système politique américain devant la réalisation. C'est une sorte de deuxème réalisation de deuxème choc de réalité de ce que bon ben le néolibéralisme ne marchait pas mais le trumpisme économique ne marche pas non plus. Donc ça c'est le premier élément. En Europe, c'est autre chose. Euh, j'aurais tendance à dire que les gens n'ont rien compris. C'était les dirigeant n'ont pas compris. Mais en fait, il s'était passé des choses comme ça à l'intérieur de l'Union soviétique. C'estd les gens avaient compris à Moscou le cœur de la crise à Moscou. Mais par exemple en Ukraine à l'époque au moment où le système politique avait exposé en

24:12 Russie, les dirigeants communistes ukrainien n'avait absolument pas compris et ont traîné dans la réforme et le changement d'attitude. Donc on pourrait dire dans ce contexte que l'Europe serait l'équivalent de l'Ukraine. C'est que les dirigeants européens n'ont absolument pas compris que le libre échange c'était mort. Enfin là, ils sont en train de comprendre de la façon dure parce que Trump est en train de leur apprendre. La société s'empêche pas Vlen d'être en ce moment même en train de négocier avec l' pour nous faire encore un traité de libre échange. Le Merco su sur les pieds sur la vie de la France. Enfin, c'est hallucinant. Voilà. Donc donc on a un effet de je dirais de retard intellectuel et je dirais que l'establishment européen est en train de de prendre

25:00 ce choc de réalité. Je veux dire comme bah comme je disais comme un choc externe, c'est un deuxième Alors il y a aussi une complication supplémentaire qui rend l'acceptation de la réalité plus difficile en Europe. C'est que je ne l'ai pas mentionné tout à l'heure, c'est que c'était pas nécessaire pour les États-Unis, mais l'un des cœurs de croyance euh de cette idéologie qui est en train de mourir était le contraire du communisme, c'était le dépassement des nations. C'est-à-dire que alors du point de vue des Américains, le dépassement des nations, c'était sympa, c'était l'empire. Donc c'était un dépassement des nations qui profitait ou qui semblait profiter en terme de pouvoir au cœur du système qui de fait était la nation américaine. Mais dans le cas de

25:46 l'Europe, dans le système de croyance qui est en train d'imploser euh et ben il y avait cette idée que les nations étaient dépassées et toute l'Union européenne est construite ou a essayé de se construire sur l'idée de dépassement des nations. Donc pour sortir de ces croyances en fait sortir de la croyance accepter l'effondrement euh qu'elle implique auquel amené, il faut en théorie il faudrait acter euh la disparition de l'Union européenne. Alors cela dit, je crois alors ta cité van derleyen qui est quand même un cas, comment dit-on un cas d'espèce, je vais essayer de rester poli et cetera. On est à un niveau de conscience sans doute extrêmement

26:34 faible, mais euh à l'intérieur de l'Europe quand même euh on sent déjà dans le comportement des acteurs et des dirigeants des niveaux de conscience différents. C'est-à-dire que euh les Allemands, de toute façon, les Allemands, puissance économique dominante du continent, ont toujours su qu'ils existaient comme nation au fond. quelque part la conversion des Allemands l'Uenne toujours été en demi-te. L'Italie de Mélonie est déjà un pays qui agit et négocie en fonction d'intérêts nationaux. C'estàd pour ça que maintenant les gens sont en train de parler d'un rapprochement italo-allemand. Mais c'est peut-être parce que c'est les deux pays qui ont compris les premiers que l'Union

27:20 européenne était en train de disparaître. Alors, c'est vrai que évidemment, je ne peux que terminer sur le niveau de conscience minimale euh de ce phénomène de pulvérisation de l'Union européenne et de réémergence des nations, c'est la France. et avec au sommet le sommet de la nonccience de crise et des évolutions notre président à nous Emmanuel Macron qui si si van derlen était à 1/2 % de conscience de la réalité, on peut je crois mettre Macron à 0 % de conscience de la réalité. Et pour la troisème partie l'Asie bah finalement, on a déjà commencé à en parler tout à l'heure à propos de l'ascendance industriel. Euh je pense que jamais des pays comme

28:07 la Corée, le Japon et même Taiïwan n'ont pu sincèrement se raconter qu'ils étaient des pays occidentaux. Donc je pense, je ne sais pas quel était exactement le le degré de conscience, mais je je suppose que qu'il existe là-bas un substrat culturel est asiatique qui va leur servir de point de retombée. C'est-à-dire qu' il existe une culture qui leur qui leur servira de couche protectrice dans l'état dans le quand le moment de l'effondrement global de la croyance sera venue. J'aurais tendance à penser que jamais par exemple les Japonais n'ont sérieusement cru au libre échange, à la non intervention de

28:54 l'État, à la primauté de l'individu, au développement personnel de la façon dont les occidentaux, les vrais ont cru. Donc ça devrait être quand même moins grave pour eux. Et ben maintenant, on va se concentrer, analyser en détail les États-Unis et l'action de de Donald Trump. Euh est-ce que tu es capable de de voir de comprendre ce qu'il veut vraiment ? Alors oui, on peut le faire mais euh il y a une chose qui qui est important de voir, c'est-à-dire que quand on ouvre nos postes de télévision, quand on regarde les titres de journaux, nous sommes dans une sorte de délire euh Trump maître du monde faisant ce qu'il veut aux États-Unis en interne, menaçant la démocratie.

29:40 C'est clair, c'est vrai en un certain sens ou en externe attaquant tel ou tel pays, je pense que le tableau qu'on vient de dessiner suggère déjà que Trump n'est pas maître du monde et que le gros du monde est à l'extérieur de sa sphère d'activité. Mais je crois que ce qui était caractéristique quand même de l'école des anales euh fondé, on dit ses conventionnement par Mark Block Lucien Fèvre, c'est de ne pas se focaliser sur les grands personnages de l'histoire et d'être capable de voir les forces profondes qui qui les animent en fait. Et moi, c'est comme ça que je travaille. Et euh et l'erreur fréquente du journalisme euh c'est euh celle de des

30:29 historiens de l'événementiel d'autrefois, c'est de prendre les acteurs historiques officiels trop au sérieux. Euh l'exemple récent qu'on avait avant Trump, c'était la perception de Poutine, c'est-à-dire genre Poutine fait ceci, Poutine est un monstre, Poutine fait cela, Poutine est maître de la Russie et cetera. Poutine acteur en fait. Non, Poutine est un produit de la culture de la société russe et en fait c'est la Russie qui a fabriqué Poutine avec cet état vertical puissant, une économie de marché. En fait, c'est la Russie qui permet de comprendre Poutine. C'est pas Poutine qui permet de comprendre la Russie. Le même problème se pose avec Trump. C'est-à-dire que l'important, l'action de Trump est importante. Je

31:15 pense qu'il va accélérer le déclin de l'empire d'une bonne dizaine d'années tel qu'il continue à délirer. Mais ce ce genre de délire, ce genre de personnage ne peut apparaître que dans un certain type de société, une société en décomposition, la société américaine. Et ce qu'il faut bien comprendre et ce qui va être très important pour nous pour nous mettre à l'abri en fait, c'est bien comprendre que le problème fondamentalement n'est pas Trump. Le problème c'est l'Amérique et Trump est une fabrication de l'Amérique. C'est encore plus net parce qu'il a été élu, je veux dire dans un système à élection libre. Réélu une deuxième fois, c'est très bien question et réélu et réélu en circonstan aggravé avec une augmentation de majorité. Donc la première chose concernant Trump, c'est avant même de le

32:02 considérer comme un acteur de l'histoire, de le considérer comme un produit euh de la société américaine. Oui, mais ça c'est intéressant, mais on sait que c'est un élément central des propagandes bon de guerre ou ou des conflits. En effet aussi de ramener tout à une personne et en effet c'est Trump fait Trump fait ou Poutine fait Poutine fait mais c'est jamais le gouvernement russe ou c'est jamais le gouvernement américain alors qu'ils sont évidemment soutenu Trump bah par tous ses ministres par son gouvernement par tous ses conseillers par la majorité encore enfin en tout cas la totalité même des des députés républicains. Le parti républicain derrière lui. Enfin voilà c'est pas juste contrairement à ce qu'on entend une personne qui décide de tout. Enfin, c'est plus complexe que ça. Oui. Et et dans un contexte où en vérité le parti adverse, le parti démocrate c'est comme vaporisé puisque dans dans je dans dans l'évolution idéologique des États-Unis, il y a la montée en puissance. J'ose pas parler d'idéologie

32:49 trumpisme parce que le niveau d'incohérence est extrêmement élevé puisque ça correspond à une société en décomposition. l'idéologie elle-même arrive décomposé mais dans le processus de décomposition il y a la décomposition de l'idéologie démocrate impériale et et tout ce qui va avec. C'est pour ça qu'il y a si peu de résistance. C'est une société en voie d'atomisation qui produit Trump. Mais cela dit, Trump est quand même arrivé au pouvoir avec un problème avec un programme euh et des problèmes à à résoudre. Donc je pense qu'on va parler en détail ou de ce à quoi il correspond dans un dans le contexte de l'Amérique elle-même. Je voudrais quand même déjà présenter ce

33:36 que j'appelle le dilemme de Trump arrivant au pouvoir. Donc là, on va pas du tout être dans le discours de la surpuissance de Trump. Je me remets dans le contexte d'un Trump qui arrive au pouvoir euh parce que l'Amérique euh a été vaincue en Ukraine parce que elle n'arrivait pas à produire assez parce qu'elle a dû se finalement se coucher euh devant euh devant les Russes et devant l'efficacité inattendue de de l'économie russe. Donc le dilemme de Trump, c'est qu'est-ce que c'est le dilemme de Trump ? que il doit sortir de la guerre d'Ukraine. Il a compris qu'il fallait sortir de la guerre d'Ukraine dont l'Amérique n'a pas les moyens industriels. Mais d'un autre

34:23 côté, sortir de la guerre d'Ukraine, admettre la défaite face aux Russes euh ça serait ça sera la première défaite stratégique de l'histoire américaine. Je desfit l'Amérique, on a eu à vol je dirais c'est la c'est la marque de fabrique de l'armée américaine des faites du Vietnam en qui a quand même laissé elle derrière elle 3 millions de morceux vietnamiens quand même. Euh des fêtes en Irak après avoir désintégré l'Irak, des fêtes en Afghanistan. Enfin bon, repli replie, repli. Mais tout ça n'était pas grave parce que la vision géopolitique des Américains, c'est l'Amérique est une île

35:08 dans l'hémisphère occidental, elle ne risque rien et tout ce qui nous arrive à l'extérieur, c'est des petits échecs et cetera. Là non, là vraiment ce qu'on a devant nous au bout du bout l'admission de l'effondrement américain face à une puissance qui n'est pas si considérable que ça. La Russie n'a que quand même 145 millions d'habitants, c'est plus deux fois moins que les États-Unis et ça c'était déjà trop gros pour eux. Et le problème c'est que si euh cette chose apparaît trop clairement euh ça va produire un effet je dirais de euh prise de conscience générale et d'accélération du déclin de l'empire,

35:54 d'un empire qui dépend énormément pour son approvisionnement, pour sa nourriture même d'importation qui sont financées par les mission. sous une forme ou une autre de dollar et donc une sorte d'implosion de niveau de vie au cœur du système. C'est ça le de Trump de Trump et je crois que c'est c'est ça qui permet d'analyser sa politique extérieure, c'est comment sortir de la guerre d'Ukraine sans que ça se voit trop en attirant l'attention sur d'autres théâtres d'opération où l'Amérique apparaît moins minable. C'est c'est ça le le cadre de référence. En fait, on pourrait se représenter Trump

36:39 arrivant au pouvoir comme confronté à des dilemmes, des contradictions, une masse de dilemmes, de contradictions. Il y a ce premier dilemme, cette première contradiction, bon, il faut sortir de la guerre d'Ukraine, mais si on sort de la guerre d'Ukraine et que ça se voit trop, le système impérial s'effondre. Euh deuxème dilemme ou contradiction, c'est bon, on a compris que il fallait sortir du libre échange, rentrer dans le protectionnisme, mais on a compris trop tard. On a compris trop tard. Donc on établit des barrières tarifaires dans un monde qui n'est déjà plus dépendant des États-Unis où les pays ne sont pas complètement menacés. On a bien vu cette Chine qui ne

37:25 dépend qu'à 10 % de ces exportations vers les États-Unis, mais surtout est plus grave, on place des bares protectionnistes, on met la population américaine en état de reconstruire une industrie mais elle n'en est pas pour des capable pour des raisons éducatives parce que les Américains font des études de droit, des études euh finances alors qu'ils auraient besoin d'ingénieurs. de techniciens et en plus dans le contexte d'un niveau éducatif qui est déjà pas très élevé. Donc c'est une deuxième chose. Euh je pense que au-delà de ça, je dirais que le Trump a ce choix

38:11 cette c'est c'est typique d'une situation impériale où euh euh où les problèmes internes et externes sont également importants et en interaction. Donc évidemment ce à quoi on est le plus sensible directement vu d'Europe au milieu de la guerre d'Ukraine et ces choses-là, c'est la posture internationale de Trump. Mais Trump, il y a un autre truc qui l'intéresse énormément, je dirais, c'est au-delà de la guerre internationale, c'est la guerre civile en fait, puisque il y a quelque chose dans la société américaine qui nourrit un un état de rage et de conflit interne qui a sa propre existence. Donc Trump, bien loin d'être l'homme tout-puissant

38:58 à la tête de la première puissance mondiale, c'est un type très puissant dans le système américaine que de plus en plus rien ne peut arrêter mais dans le contexte d'un empire mondial en décomposition et d'une société américaine en décomposition. Alors, on parle évidemment, c'est le sujet central de cette émission des États-Unis. Euh moi il m'a semblé quand même intéressant de refaire un point sur 1 an euh de 2e mandat de Trump pour voir où on en est. Analyser du point de vue de la politique intérieure qu'on connaît peut-être un petit peu moins, on en parle moins évidemment que que ce qui fait à l'extérieur des États-Unis. Pourtant, il s'est passé des choses extrêmement importantes euh durant cette année qu'on peut résumer à peu près en en six axes qu'on vous a qu'on vous a

39:45 présenté ici. Alors euh le premier, c'est évidemment tout ce qui s'est passé autour de ce qu'on pourrait appeler la guerre culturelle euh dont tu parlais. Trump a supprimé l'ensemble des programmes, postes, formation qui étaient lié à la diversité, à l'inclusion dans le secteur public fédéral. il même supprimé des des règles qui étaient en vigueur depuis les années 60 pour interdire les discriminations à à l'embauche. Tout ça au nom soit-disant du mérite et de l'égalité des chances. Euh alors qu'évidemment les défenseurs des droits civiques critiquent tout ça puisqu'il voi des une remise en cause de décennies d'avancée au niveau des des égalités. Euh aussi des restrictions qui visaient euh les personnes trans au niveau de l'armée, au niveau des soins. L'objectif de Trump, c'était euh évidemment de rompre avec le pseudo walkisme euh et euh d'imposer un roman national conservateur. Deuxème point,

40:31 une réorganisation radicale de l'administration fédérale avec une réduction massive de la fonction publique au nom de l'efficacité avec la création d'une commission qui a été spécialisée qui a dirigé au début par Elon Musk, le fameux DOJE dont on a beaucoup parlé, cette fameuse idée de donner un coup de tronçonneuse façon M dans de nombreuses agences. Alors qui en partie a été faite en particulier, ils ont fermé l'USAID qui était une agence d'un côté développement international mais aussi bon d'influence euh des États-Unis dans plein de pays. des milliers de fonctionnaires ont été jugés peu loyaux et licenciés. Mais alors qu'il y avait un objectif annoncé de 2000 milliards d'euros d'économie, Muskamine avoir réalisé que quelques dizaines ou centaines de millions de dollars d'économie en 5 mois, ce qui est assez dérisoire quand on voit la taille de l'État américain est qui met évidemment en lumière les limites et les critiques de cette purge bureaucratique.

41:16 3è point, on est au cœur du programme de Trump, une offensive anti-immigration sans précédent puisqu'en 2025, les États-Unis ont enregistré une migration nette négative pour la première fois en 50 ans qui est une conséquence des politiques migratoires de Trump qui a durci l'asile, qui a accéléré les expulsions. Plus de 622000 personnes ont été expulsées en 1 an. Euh l'administration a massivement renforcé les opérations de ce qu'on appelle l'ICE, la police de l'immigration qui a fait parler d'elle depuis maintenant euh quelques jours en ayant a priori le coup de feu très facile. On a même vu des déploements d'agents fédéraux et militaires dans des villes comme Los Angeles ou Minnéapolis pour arrêter des sans papiers avec des méthodes musclées qui ont fait réagir la population. Un sondage montre que 57 % des Américains

42:02 désapprouvent la manière dont les lois migratoires sont appliquées et ce qui montre la controverse aussi qui a lieu aux États-Unis dans cette dans cette croisade de Trump antiimmigration. 4e pilier qui concerne la justice avec bah tout d'abord des enquêtes à charge qui visent les adversaires politiques. Évidemment la l'extrême gauche qui qualifie souvent d'organisation terroriste intérieur. À contrario, il y a aussi gracié environ 1500 personnes qui avaient été condamnées après l'assout du Capitol le 6 janvier 2021. enfin des restrictions fédérales sur l'avortement euh avec des politiques annoncées pour essayer de limiter euh tout accès à l'avortement pour en particulier les euh les anciens combattants euh pour interdire au médecin de pratiquer dans ces hôpitaux-là euh les euh interruptions de grossesse. 5e point qui concerne les médias et les universités qui ont été mis sous pression des pressions

42:48 judiciaires, de nombreux procédents en diffamation et des dommages et intérêts demandés à des niveaux extrêmement élevés. Suppression du financement fédéral de NPR et PBS qui sont des médias publics qui étaient accusés d'être biaisés politiquement objet d'une propagande gauchiste financée par les contribuables. Enfin, dernier point, une réforme fiscale et budgétaire controversée avec sa loi du 4 juillet 2025 qui pérénise les baisses d'impôts de 2017 et surtout qui impose 12 % de coupe dans le programme Medicaid qui va priver de couverture maladie peut-être 10 à 11 millions d'Américains. Enfin, il prévoit aussi une hausse massive des dépenses de défense et de sécurité intérieure avec 150 milliards de plus pour le Pentagone et 150 milliards pour le contrôle migratoire, ce qui fait du bureau de l'ICE, sans doute l'Agence fédérale la mieux dotée à terme. Quand

43:35 tu vois toutes ces mesures, comment tu interprètes ce qui se passe à l'intérieur des États-Unis ? B c'estàd il y a une se bah c'est c'est la dynamique générale arrivant en maturité de ces guerres culturelles. Ce ce qui est ce qui est euh ce qui est très intéressant, c'est que le concept de guerre culturelle américaine euh est apparu, me semble-t-il, dans un livre très ancien de 1991 de James Davidson Hunter euh et que c'est quelque chose qui a cru en Bellie, dont on a cru à un moment donné que ça allait tourner en rond toutes ces histoires d'avortement et cetera et en fait pas du tout. Je veux dire, ça a cristallisé, ça s'est renforcé et je pense pour une je dirais raison euh presque politique structurelle des

44:21 États-Unis, le moteur de la dislocation nation-américaine et des guerres culturelles, c'est quelque chose qui existe partout. C'est le moteur général de dislocation de la démocratie, hein. La démocratie, c'était, on a eu l'occasion d'en parler 1000 fois, c'était l'alphabétisation universelle. tout le monde sait lire et écrire et très peu de gens faire autre chose. Et donc il y a une homogénéité culturelle dans la population. Il y a des inégalités économique mais une homogénétique culturelle. Et puis il y a le développement de l'éducation supérieure qui s'est fait d'abord aux États-Unis avec presque une génération d'avance sur le reste et qui fait qu'émerge partout une masse d'éduqués supérieur qui va finir par représenter dans une génération 30 à 40 % des gens.

45:07 Donc, il y a un phénomène de stratification éducative qui s'établit et qui permet d'expliquer partout l'émergence d'un élitisme et d'un populisme. En France, ça va être l'élitisme qui est apparu au moment du débat sur le traité de Mastricht où les gens d'en haut ont commencé à percevoir les gens des milieux populaires qui allaient voter non au traités comme des sous-développés et puis du populisme en retour qui se développe en parallèle qui a pris en France la forme fondamentalement du front puis du rassemblement national. simplement dans un pays euh comme la France qui reste centralisé malgré tout euh le lieu focal de fixation des populations euh

45:54 géographiquement malgré comment dire malgré l'existence des régions, c'est le département. Le département n'a pas de pouvoir politique. Donc si vous avez un département qui se met à voter majoritairement pour le rassemblement national, ça ne va pas altérer les comportements politiques locaux et cetera. Aux États-Unis, il y a la même évolution culturelle plutôt le même antagonisme qui s'établit entre éduqué supérieur et éduqué primaire ou ou secondaire partiel. simplement, il y a une structure fédérale en État et les États ont des pouvoirs et ces pouvoirs permettent de passer des lois. les États américains sont autonomes dans toutes sortes de domaines dont la législation

46:40 sur l'avortement, dont la législation sur la peine de mort, dont toutes sortes de réglementations économiques. Et l'une des choses qui a fait cristalliser ces guerres culturelles, c'est que ben le populisme aux États-Unis a eu ses ces états contrôlés avant même l'arrivée au pouvoir de Trump. Donc, il y a une structure euh je dirais euh étatique de niveau intermédiaire qui s'est établi et qui a permis à ces choses euh de croître et embellir. Et c'est pour ça que j'ai j'ai trouvé intéressant qu'on fasse ce travail euh d'analyse, de corrélation euh des attitudes au niveau des États,

47:26 c'est prendre toutes sortes de variables euh comme l'éducation, la richesse, la mortalité infantile. Je vais pas les lister toutes maintenant, mais au niveau des États et voir euh lesquelles de ces variables étaient les plus fortement corrélés euh avec euh le vote pour Trump aux dernières élections présidentielles. Alors, faut quand même rappeler euh ce qu'est un coefficient de corrélation. Un coefficient de corrélation varie entre -1 et 1. Plus la valeur absolue est proche de 1 en négatif ou en positif, plus la corrélation entre les deux variables est élevée. Plus il est proche de zéro, plus il est faible. Donc une

48:12 corrélation de 02 ne vaudra pas grand 0,2 ne vaudra pas grand-chose. Une une corrélation de 0,35 aura un petit peu de sens pour 50 état ou 50 état. Euh une à 0,50 commencera à avoir vraiment beaucoup de sens. Une à 0,75 ou à 0,80 sera très hautement significatif. et je pensais donc on a testé toutes sortes de variables dans une immense matrice euh dont j'espère qu'on la montrera pour que ceux qui regardent et lucides puissent s'amuser tout seul pour voir et puis mais dont on a sélectionné quelques éléments pour voir quelles étaient les corrélations les plus significatives qui apparaissaient. Alors en effet, on a réalisé un gros

48:57 travail. On a pris plein de données différentes. On a regardé ce qu'elle donnait dans chaque État américain puis on a croisé pour essayer de voir s'il y avait des liens entre bien ces variables et le fait d'avoir voté plus pour Donald Trump en 2024. Donc voilà ce que ça donne en en résumé les fameuses corrélations que que vient de vous expliquer Emmanuel. Donc autrement dit, ben plus c'est haut, plus il y a un lien très fort entre la variable qu'on regarde et le fait d'avoir voté Donald Trump en 2024. Est-ce que tu peux nous expliquer tout ça et puis après on regardera des cartes détaillées pour pour comprendre ? Bah ce qui apparaît après examen de tout ce qu'on a pu, c'est que vraiment la présence ou l'absence d'éduqués supérieur et le moteur fondamental c'estàd que la corrélation la plus

49:43 élevée à - 0,84 ça veut dire que plus il y a d'éduqués supérieur moins on vote Trump à 080 à - 0,84 on est au niveau le plus élevé. Ensuite, très intéressant, on voit je dirais une corrélation très importante, positive. Ça montre que ça touche profond les comportements entre la fécondité des femmes et le vote Trump. Donc la fécondité de façon très intéressante et plus élevée dans les États qui ont voté Trump, état conservateur en fait. Oui. Oui. Et donc on obtient une corrélation de 0876. En fait, on pourrait l'exprimer plus simplement en calculant la fécondité moyenne euh des États qui ont voté Trump et des États qui n'ont pas voté Trump. Et en fait, pour les États

50:29 qui ont voté Trump, on obtiendrait 1,67 enfant par femme. Et pour ceux qui n'ont pas voté Trump, on obtiendrait 1,47. Alors, ça montre aussi que la différence n'est pas massive. 1,67, c'était la France avant sa la récente chute de l'année dernière. et 17 c'est un peu au-dessous. Donc la France actuelle serait entre les deux valeurs. Ça montre aussi que on ne peut pas postuler une division absolue de la société américaine. Bon, c'est assez normal, je pense, de trouver que ion entre la facilité de l'accès à l'interruption volrière de grossesse et la fécondité, ce sont les états où c'est

51:15 le plus difficile d'obtenir cette interruption volontaire de grossesse qui ont la fécondité la plus élevée. Oui, parce qu'on a pas dit quand c'est négatif, c'est que c'est en fait dans le sens contraire. Donc, autrement dit, moins l'IVG est facile, plus on a voté Trump et quand c'est positif, bah c'est ce serait le contraire. Plus il y a de la fécondité, plus on vote Trump. Alors, la corrélation euh entre le vote Trump et l'existence de la peine de mort, elle est plus faible parce que là, le tempérament Trump euh entre, si on peut dire, en compétition avec des traditions locales anciennes qui n'avaient pas forcément disparu. Alors, pour la mortalité infantile, il faut regarder deux éléments du tableau et je vais poser une question plus que je n'en résous. Il y a une corrélation assez forte hein, 0,54 de corrélation entre

52:00 des taux de mortalité infantile élevée et le vote Trump. C'est assez élevé, c'est normal puisque la mortalité infantile, elle est forte là où le niveau éducatif est bas. Donc c'est assez logique. Par contre, si on regarde tout en bas d'un tableau, dans la partie moyenne du tableau, c'est mortalité infantile en 2020 en bas de en 2023, on voit que la corrélation est tombé à 0,33. Ça ça suggère que le vote Trump est en train de s'étendre en fait dans des régions nouvelles et ça serait plutôt euh ça dépend une réponse mais c'est une incitation à de nouvelles recherches. La corrélation à - 0,51 euh avec l'espérance de vie, l'espérance de vie est plus basse là où le vol Trump est plus élevé. Euh ça va avec la mortalité infantile mais pas que puisque

52:45 la mortalité infantile 2022 2023 et l'espérance de 2022 c'est la même année. Ça veut dire qu'en fait c'est l'espérance de vie de des gens adultes qui est atteinte en région Trump. Là, on pense au bord paropioïdes en fait, la des morts de désespoir. Et alors, ce qui est intéressant euh, c'est la corrélation avec le revenu médian qui est significative mais faible en fait. C'est-à-dire que ce qui est frappant, c'est que le niveau d'étude détermine euh avec un coefficient de corrélation qui en valeur absolue sera de 0,84 euh mais le revenu médian euh a 0,35 seulement. Donc ce qui ce qui pousse

53:31 certains États à aller vers Trump, c'est la structure éducative plus que la pauvreté, ce qui paraît vraiment très important. Alors, quand on voit ce genre d'analyse avec l'éducation tout en haut et finalement l'économie euh plutôt plutôt tout en bas, on comprend un peu mieux ta vision de la lutte des classes qui n'est pas très marxiste en tout cas qui n'est plus marxiste puisque tu as tendance finalement si si je résume un peu hein, si je simplifie dire que le moteur c'est plus fortement l'économique, c'est plutôt l'éducatif. Euh mais est-ce qu'au final ça donne des confils classes qui sont plus ou moins violents que dans dans la vision passée marxiste ? Alors, d'abord, c'est pas ma vision. Tous les sdeurs d'opinion constatent que c'est la variable éducative qui est la plus forte,

54:16 déterminante tout enfin vraiment et les sursur d'opinion dans tous les pays. Alors, il faut, on est dans le contexte de société qui garde un niveau de vie très élevé et où les questions économiques ou les questions d'inégalité, de richesse, malgré l'augmentation des inégalités, ne sont pas encore cruciales. C'est qu'on vit dans des sociétés où personne ne meur de faim. Donc c'est quand même le contexte général. Et dans ce genre de société euh je crois que l'erreur ça serait de se dire bah l'éducation, la culture c'est secondaire, ça donne quelque chose de moins violent que l'économie. Pour moi, c'est une erreur complète. C'est il faut bien voir ce que ça représente psychologiquement euh ce que représente psychologiquement

55:03 ce que l'éducation fait aux individus. Le système éducatif actuel est devenu une machine à trier en fait, une machine à définir les destins. C'est-à-dire, on est beau ou mauvais à l'école euh pour telle ou telle raison, on est face à des professeurs qui sans cesse vous jugent. On est on est valorisé ou infériorisé et surtout on est présenté en tant qu'individu comme responsable de ce qui vous arrive. Être pauvre, être ouvrier dans la société ancienne, c'était peut-être être à la limite de la subsistence, mais personne ne vous disait que vous étiez un crétin. En fait, je veux dire, on était juste au mourit de fin dans la dignité éventuellement, mais le système

55:50 actuel est une machine à trier, une machine inégalitaire qui qui je pense marque profondément les individus. Si on parle à des gens, on voit bien que ce qui leur est arrivé à l'école peut-être parfois tout à fait parfois valorisant euh mais très souvent traumatisant. Et moi, mon sentiment, c'est que ce processus de triscolaire a créé des masses de ressentiments, de violence en fait potentielle tout à fait extraordinaire et que c'est cette violence qui s'exprime à travers la violence pas juste de Trump mais de son électorat, cette violence interne de la société américaine, quelque chose qui n'a rien de traditionnel, quelque chose de nouveau

56:37 peut-être pour comprendre ça, pour sentir ça, bah ça serait le moment de relire certains trucs de bourdieux euh quand même l'un des sociologues les plus populaires et qui est devenu populaire dans la phase de développement de l'éducation secondaire et supérieure. Euh une époque où les distinctions, il y a la distinction, le bouquin de Bourdieu, où les distinctions culturelles sont devenues absolument essentielles. Mais c'est quelque chose qu'on va retrouver en France. C'est si vous si vous comparez les niveaux de revenus des électeurs de LFI, de la France insoumise et du Rassemblement national, il y aura pas tellement de différence. Les différences

57:22 seront des différences de niveau éducatif en moyenne avec beaucoup plus d'éduqués supérieur de pauvres d'ailleurs dans les et jeunes dans l'électorat LFI et beaucoup de gens qui sont restés au stade secondaire pas primaire au stade secondaire d'éducation dans le casadre des électeurs du Rassemblement national et l'erreur serait de sous-estimer donc et d'ailleurs dans le cas de la France avant de repasser aux États-Unis et ben ça donne deux électorats également opprimés qui se méprisent et se détestent avec au final à l'Assemblée nationale deux partis politiques ou deux groupes de députés qui refusent de serrer la main. Je veux dire comme ça ne serait pas arrivé à l'époque des luttes de classe

58:08 de la 3e République où il y avait encore des ouvriers pauvres. Donc, il y a une violence implicite euh dans ces euh dans ce processus d'une éducation qui ne devient qui n'est plus simplement une éducation d'émancipation, mais une émancipation de triocial et intellectuel et qui dit aux gens qui ne sont pas pauvres ou qu'ils ont raté par hasard, mais parce qu'il va le moins intrinsèquement, il y a un potentiel de ressentiment extraordinaire qui est probablement l'un des ressorts fondamentaux du du trumpisme et de sa vulgarité et qui est une sorte de réhabilitation de la nonéducation. Je je suis mal élevé, je me conduis comme un port et je suis formidable.

58:55 Maintenant, afin de rendre tout ceci un petit peu plus tangible, on va vous présenter les cartes des États-Unis qui correspondent à tous ces ces éléments. On va passer assez vite quand même puisqu'il y en a un certain nombre, mais vous pouvez les retrouver évidemment sur le site élucide parce que je rappelle que c'est pas seulement cette formidable chaîne que vous suivez régulièrement, mais c'est aussi un site et c'est même d'abord un site internet que vous pouvez retrouver sur www.elucide.media. Vous allez retrouver plein d'informations, d'analyses, des résumés de livres très importants pour comprendre tout ce qui se passe. Alors, première carte, celle-là, c'est pas une variable puisque c'est la résultante. En tout cas, c'est par rapport à cette carte qu'on va faire toutes les corrélations ici. C'est donc la part de vote pour l'élection de Donald Trump aux États-Unis en 2024. Bah là, on voit la structure centrale fondamentale, ce qu'on appelle l'Amérique rouge en fait,

59:41 qui a plus qu'une partie intérieure euh avec sur les côtes est et ouest des zones non trompiennes. J'invite tout le monde à garder ses yeux sur le Texas au sud qui est un état très important, l'un des plus grands état trumpien et et qui est de mon point de vue l'état dirigeant de l'Amérique trumpienne maintenant et je cro je crois que dans les années qui viennent, on va de plus en plus entendre parler du Texas. Alors maintenant, on va regarder les cartes des variables. Donc on a dit bah la première la plus importante, la carte des la proportion de diplômés du supérieur aux États-Unis puisque moins il y a de diplômés du supérieur, plus on vote Trump. Alors généralement, on attire

1:00:27 l'attention sur la grande plaisance d'éduqués supérieur sur les côtes. Dans le cadre de du nord-est, c'est là où il y a les grandes universités. Et dans le cas de la Californie, c'est là où il y aura le plus grand dynamisme culturel et autres. Euh, on peut remarquer que le Texas est pas tellement élevé sans être très bas sur ses cartes. J'invite les gens à regarder en haut au milieu à l'opposé du Texas des Grand lac en vers le Minnesota dont on parle beaucoup qui est un petit état. Il pas plus de je crois de la population du Minnesota. Ça doit être la Bretagne plus la Loire Atlantique, hein. C'est 4 millions et demi, 5 millions de personnes, mais qui lui a une propos proposé proportion élevée de supérieur

1:01:14 et je dirais qui est consubstantiellement euh antitrumpiste en fait, sans avoir la masse d'État comme la Californie ou l'État de New York. Carte suivante, le taux de fécondité. Et ben, on voit euh tout à fait euh le bloc central Trumpiste en vert avec des fécondités plus élevées. Euh là, on voit la corrélation à l'œil. En fait, finalement, un statisticien euh adapté pourrait dire que c'est une corrélation à 0,75 à vue de nez. Maintenant, la carte des restrictions à l'avortement. Voilà. Bah, pareil, on sent aussi, c'est un peu moins bien mais c'est très joli quand même. Carte suivante, les États avec la peine de mort aux États-Unis. Là, on voit que c'est plus faible. On voit qu'il y a d'autres facteurs finalement historiques ou autres que le trompis ou le ou la guerre culturelle

1:02:01 dans la peine de mort. Maintenant, la mortalité infantile avec plusieurs cartes ici, ça c'est la situation de la mortalité infantile en 2023. la corrélation est plus faible et à l'œil rien qu'en regardant la carte je dirais que c'est parce que la part de la mortalité spécifique des noirs commence à jouer un rôle important puisqueon retrouve la carte des noirs. La mortalité infantile des latino-américains est faible traditionnellement. Il y a même une époque où elle était plus faible que celle des blancs pour des raisons qu'on s'expliquait mal. Et et quelle relation entre le fait d'être noir et la mortalité infantile ? Non mais ça c'est je dire c'est traditionnel. être noir porte avec soi toutes sortes de je dirais de de désavantage ou euh la le la remontée en évidence de ça suggère une détérioration nouvelle qui

1:02:47 irait bien d'ailleurs avec les politiques antidiscrimination euh annulé par Trump. Enfin, il y a quelque chose, il se passe quelque chose de ce côté-là. Mais dans une émission, j' on j'avais évoqué à lucide, j'avais la dernière sans doute, j'avais évoqué longtement euh le caractère de contre révolution blanche du trumpisme euh euh de revanche contre les Obama et toutes ces choses de ressentiment euh racial extrême, pas typique forcément de Trump mais des gens qui sont autour de lui. Oui, le racisme qui dégrade les conditions de vie des noirs, d'où l'augmentation entre autres de de la mortalité infantile. Ici toujours mortalité infantile mais on regarde simplement l'évolution entre 2020 et 2023 puisque la mortalité infantile a augmenté dans un certain nombre d'états. Bon alors pas d'antaméricanisme

1:03:33 primaire, la mortalité infantile augmente aussi en France signe certain de l'approche d'une crise sociale grave. Mais dans le cas des États-Unis, là ce qu'on voit au premier coup d'œil, comme j'avais dit tout à l'heure, c'est on voit les États noirs enfin à fortes populations noires, les États du sud euh comme particulièrement touché par l'augmentation de la mortalité infantile. Maintenant l'espérance de vie aux États-Unis, on va retrouver quelque chose qui est très proche de l'averse, la mortalité. On en parlait tout à l'heure. Donc voici le la carte des revenus médiants aux États-Unis. Et ben là, elle colle un petit peu mais moins bien au vote Trump. Donc là, on a une carte qui va mener un coefficient de corrélation à 0,35 plutôt qu'à 0,80

1:04:18 comme dans le cas de l'éducation supérieure. Alors maintenant, carte suivante, là c'est plus une carte avec des variables pour le pour le vote Trump, mais tu as souhaité qu'on qu'on fasse un petit coup de projecteur sur la production de pétrole aux États-Unis. Oui, ça n'a pas vraiment de rapport, sauf qu'on est dans une description des États-Unis en terme d'État. C'est simplement que je pense que pour comprendre l'évolution du trumpisme et en particulier de j'ose pas dire son élite dirigeante ou des gens qui déterminent euh sa politique, ses obsessions, euh bah la question du pétrole est très très importante et le Texas c'est l'état pétrolier et gazé par excellence. Alors

1:05:04 ça ça ça dépend le forcément le pétrole et le gaz des multinationales du type Chevron ou Exon c'est çaêre beaucoup du gaz obtenu par le le gaz de chiste ou des choses comme ça si si je ne me trompe pas car je ne suis pas spécialiste de ces questions mais dans la mesure où dans les années qui viennent euh où tout de suite comprendre le trumpisme c'est comprendre comment euh les forces motrices du trumpisme sont dans la finance, dans la tech euh ou dans le pétrole. Prendre conscience euh de l'existence à la fois d'une production pétrolière, d'une rich richesse pétrolière et d'une idéologie pétrolière

1:05:50 euh dans le trumpisme me paraît très important. C'est quand on analyse la politique extérieure, qu'il s'agisse de taper sur l'Iran, de taper sur le Venezuela ou de taper sur le Nigéria, il y a une sorte d'idéologie pétrolière que qu'on doit d'ailleurs distinguer de pure et simple questions d'intérêt en fait. Je dire, il y a une réalité de l'intérêt pétrolier qui va être encourager certains investissements ou

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