0:00 Hello les amis. Alors aujourd'hui, on va parler d'un sujet. On t'entend mal là. On t'entend très mal. Qu'est-ce que tu trafiques ? Excusez-le. Non mais là tu peux pas comprendre c'est une expérience psychoacustique. Bah tu vois écoute, je sais pas si on doit parler de psychologie du son ou de psychiatrie. Là j'ai un appel en absence. Aujourd'hui, on va parler d'un sujet fascinant et méconnu, [musique] la psychologie du son. Comment notre cerveau interprète-t-il ce que l'on entend ? Pourquoi un bon mix nous donne des frissons tandis qu'un mauvais mix nous fatigue ? Et surtout, comment utiliser ses connaissances pour améliorer nos propres prodes ? Quand on écoute une chanson, on entend bien plus qu'un simple mélange de son. Notre
0:46 cerveau, lui reconstruit une image mentale. Il décide ce qui est devant, ce qui est derrière, ce qui est agréable, ce qui est fatiguant. Et c'est exactement ça [musique] la psychologie du son, comprendre comment notre cerveau perçoit le mixage. Et bien dans cette vidéo, on va plonger ensemble dans la science de l'écoute pour mieux comprendre comment notre cerveau traite les fréquences et les dynamiques. Pourquoi certains sons nous semblent chauds ou froids, les pièges psychologiques qui trompent même [musique] les ingénieurs du son expérimentés ? Et on verra des astuces pour mixer en tenant compte de cette perception humaine. Tout un programme. [musique] Le cerveau tri. Imaginez, vous êtes dans un café bondé, tout le monde parle, sa gueule, les
1:34 peintes de Monaco centrecho et pourtant vous arrivez à suivre la conversation de votre ami. C'est ce qu'on appelle l'effet cocktail party. Ton cerveau choisit où porter son attention. Et bien dans un mix, c'est pareil. Si la voix principale n'est pas claire, et bien l'auditeur se fatigue vite. Notre oreille et notre cerveau veulent une hiérarchie. La voix devant, les instruments d'accompagnement derrière. Un bon mix, c'est donc avant tout une mise en scène pour guider l'attention. Oh Gérard, je t'avais pas vu. Oh je suis con. Ça va. Quand je mixe, je m'imagine une scène en 3D où je vais placer mes éléments dans l'espace et je sais quel réglage je dois faire pour que un élément soit proche ou
2:20 loin. Proche in your face comme ils disent au states. Alors, il y a pas seulement cette notion de profondeur ou de droite gauche, il y a un troisème axe. Il y a trois dimensions. Donc l'axe des Z, c'est la profondeur, l'axe des X, c'est droite gauche. Et l'axe des Y, et ben c'est la hauteur. Un son lourd grave va plutôt être en bas. Un son aigu brillant et va plus haut être en haut. Donc il y a ces trois axes sur lesquels on va pouvoir jouer pour construire notre mix. Kevin, je t'avais demandé deux peintes. Elles sont où ? Tu veux que je finisse yophiliser ? C'est ça les bases de la perception sonore. Notre oreille ne perçoit pas le son comme un micro. Elle est non linéaire. Elle va compresser naturellement les sons forts et amplifier les sons
3:07 faibles. C'est pour ça qu'un mix trop compressé peut sembler plat à l'oreille, même si techniquement il est correct. Dans les années 1930, deux chercheurs Harvey Fletcher et Wild Amonson ont voulu comprendre comment nous percevons le son. Ils ont découvert quelque chose de fascinant. Notre oreille n'entend pas toutes les fréquences avec la même sensibilité. Ces courbes révèlent que notre oreille est plus sensible aux fréquences moyennes là où se trouve la voix humaine. [musique] Mais pour que les sons très grave ou très aigu nous paraissent au même volume, il faut [musique] en réalité qu'il soit joué beaucoup plus fort. Alors écoutez bien, je vais jouer un extrait de chanson à bas volume et ensuite à haut volume. Vous allez voir la différence. Je vais réduire de - 20 dB et écouter.
4:07 Et maintenant à haut volume. [musique] à volume. On dirait que les graves et les aigus semblent disparaître. Et c'est normal parce que notre cerveau compense moins bien ses fréquences quand le sang est faible. Et c'est pour ça qu'il faudra mixer avec un volume idéal pour entendre toutes les fréquences. L'effet des fréquences sur les émotions. Les basses profondes et les graves nous font vibrer dans la poitrine. Ça nous rappelle les battements du cœur. Les aigus brillants eux évoquent la clarté,
4:52 l'énergie, parfois même l'excitation. Notre cerveau associe inconsciemment les fréquences à des sensations. Par exemple, trop de médium agressif, bah ça crée de la fatigue, une tension. Un mix doux avec un bon équilibre des graves et des aigues, ça inspire confiance, sérénité. Donc chaque plage de fréquence influence nos émotions d'une manière différente. Dans les 60 à 250 Hz, on retrouve une sensation de chaleur et de corps. C'est là que raésonne la profondeur d'une voix grave ou la rondeur d'une guitare. Entre 250 Hz et 2 kHz, on entre dans la zone de clarté et de l'intelligibilité. C'est ici que les voies prennent toutes leur définition,
5:37 tout comme les instruments mélodiques. Puis de 2 à 5 kHz, on trouve la présence et l'énergie. Cette zone donne de l'impact mais attention, si on en met trop, l'oreille se fatigue. Enfin, entre 5 et 12 kHz, et bien c'est l'air, la brillance, ce sont les cbales qui saintillent, les cibilans des voies qui apparaissent. Bref, c'est ce qui apporte de l'éclat au mix final. Alors, écoutons cet extrait. Je vais faire un boost à 3,3 kHz. Je vais utiliser le manelay. Le manelet, il a des fréquences prédéfinies et c'est pas pour rien. Donc je me mets sur 3, kHz et puis je vais augmenter de quelques DB. Alors écoutons d'abord 100 [musique]
6:27 avec un boost. spin [musique] around whispers and moon vous entendez comme la voix saute aux oreilles et bien ça c'est la magie des fréquences Euh je t'arrête tout de suite. Il y a rien de magique, hein. Ce sont des maths. Mais laisse-moi rêver. Je suis sûr si tu fais un mix, tout va être nickel, asceptisé et ça va être très bien. Donc
7:12 un bon mix, c'est comme une quiche lorine, trop de sel, trop de 3,5 kHz et le plat estangeable. Et pas assez et ben c'est fade. Dis-moi toi, tu aurais un petit peu faim ? Non. L'espace et la profondeur. Mais qu'est-ce qu'il nous fait là ? Non mais c'est pas vrai. Fermez les yeux et imaginez une salle de concert. Notre cerveau sait instinctivement que la voix est proche, que la batterie est derrière et que la réverbération de la pièce enveloppe tous les musiciens. Si notre cerveau sait sans voir, c'est grâce à des indices psychoacoustiques. La réverbération, la différence entre
7:58 l'oreille gauche et l'oreille droite, l'atténuation des hautes fréquences avec la distance. Quand on mixe, utiliser la stéréo, les délais, les réverbes, bah c'est recréer un espace crédible pour l'auditeur. Et plus cet espace paraît naturel, plus notre cerveau se laisse emporter et y croit. Bon, bien sûr, ça dépend le style de musique que vous faites. [musique] Pour placer, par exemple un instrument derrière dans un mix, on jouera avec plusieurs paramètres. Le volume, un instrument plus faible par rapport aux autres éléments principaux semblera automatiquement reculer. Avec l'égalisation, on coupera légèrement les aigus au-dessus de 5 à 8 kHz parce que
8:45 les sons lointains perdent des hautes fréquences et deviennent plus étouffés. On peut aussi atténuer un peu d'attaque, ce que l'on appelle les trans et ça réduit la sensation de proximité. La réverbération, le plus important, la réverbération augmentera l'effet de distance. Plus il y a de réverbe, plus c'est loin. En ajoutant du prédélais très court ou nul, le son semblera intégré dans la pièce plutôt que devant. Un léger délis stéréo avec un temps très court, 15 30 mseondes, peut élargir et flotter l'instrument et le pousser vers l'arrière. Un plugin que j'utilise très souvent pour placer mes instruments dans un même espace. avoir juste une petite sensation qui a quatre murs autour de cet instrument, c'est le Ocean Wave Studio. Alors,
9:31 écoutez 100. Donc la guitare est brute, elle est elle est sèche, il y a aucune réverbe. Et on va la placer dans une pièce. Elle est dans un environnement, ça y est. Donc je vais pouvoir avec ce plugin mettre ma batterie également, ma basse, rajouter un petit peu de cette ambiance de pièce très légère. Après, bien sûr, je pourrais rajouter une autre réverbe pour donner une une sensation de distance. Je vais avoir la possibilité d'utiliser d'autres micros.
10:23 Avec ce plugin, je vais pouvoir approcher ou éloigner mes micros de mon de ma source pour donner plus ou moins une sensation d'espace. Avec le panoramique, les éléments proches sont souvent plus centrés et nets. Les éléments en arrière-plan peuvent être plus larges, diffusés dans le champ stéréo, ce qui les rend moins précis et donc plus lointain. Et dernier paramètre qui influence la distance, c'est la compression et la dynamique. Les sons proches ont plus de dynamique et plus d'attaque. Pour éloigner un instrument, compressez-le, réduisez son attaque et il semblera fondu dans l'arrière-plan. Les illusions auditives et les pièges du mixage. Notre cerveau adore les illusions. Par
11:08 exemple, l'effet has si un son arrive avec un délai de 10 à 30 mise entre les deux oreilles, on perçoit un son unique mais décentré. C'est utilisé pour en stéréo élargir l'image sonore. En mixage, ce principe est une petite révolution. À partir d'un simple son en mono, on peut créer une sensation de largeur naturelle. presque physique. [musique] Le plugin Pana de Clève Grande est très efficace pour ça. [musique] [musique] On va voir maintenant comment utiliser l'effetace pour créer un panoramique naturel sur un élément qui est mono. Vous voyez dans l'image stéréo, on a
11:55 vraiment du mono. [musique] Je vais donc faire rentrer mon signal mono dans un délai stéréo avec 10 miseondes de délai. [musique] Et voyez que le signal prend de l'ampleur dans le panoramique. On va obtenir quelque chose de plus naturel et de plus organique. [musique] Le masquage fréquentiel. Un son fort peut cacher un son faible dans la même plage de fréquence. C'est pour ça qu'un kick et une basse mal mixée s'écrasent mutuellement. Autre piège, la fatigue auditive. Après 20 minutes d'écoute intense, notre cerveau s'habitue et on perd toute objectivité. D'où l'importance de faire des pauses pendant le mix. Bah oui, parce que notre oreille s'habitue aux fréquences. Un petit test.
12:40 Écoutez cet extrait. [musique] And [musique] may we could get the right. I'll take it all. [musique] On a l'impression que celui-là est plus plat, hein, plus étouffé. Et bien en fait non, ça c'est le mixage original. Ce qu'on a entendu avant, bah c'était le mix avec un boost de malade de 5 DB dans
13:27 les aigus. Donc sur ces quelques secondes, on s'est habitué à entendre cette brillance, ses aigus un peu trop fort, beaucoup trop fort. Et quand on réécoute l'original, on a l'impression qu'il est plus étouffé. Et bien, notre cerveau nous ment. C'est pour ça que c'est important de travailler avec des musiques et des chansons de référence, hein, des albums qui ont qui sont sortis que vous aimez, vous aimez le mix, vous aimez vous aimez comment ça sonne. Et bien, il va falloir se référer à cette chanson pour prendre les bonnes décisions et vous allez vous rendre compte en comparant que vous avez trop boosté les graves, que vous avez trop boosté les aigus et vous allez pouvoir rééquilibrer tout ça avec quelque chose, une référence en terme de mixage.
14:13 des astuces pour mixer psychoacoustiquement. Ce que l'on retient d'un morceau, c'est pas seulement la mélodie, mais c'est aussi une sensation sonore. Si le refrain explose avec une stéréo large et des graves puissants, notre cerveau va associer ça à un moment d'intensité. Si au contraire on coupe presque tout pour laisser une voix seule et fragile, on retient l'émotion brute. Le mixage influence donc la mémoire. Il inscrit des moments dans la tête de l'auditeur en jouant sur contraste et surprise. Alors, voici comment appliquer tout ça dans vos mix. Équilibreer les fréquences en tenant compte [musique] des courbes Fletcher Manson. On va pouvoir utiliser le Tonal Balance d'isotope qui permet de faire un mix équilibré selon la façon dont notre
14:59 oreille entend la musique. Comme nous percevons naturellement les graves comme moins puissants que les médiums, c'est pour ça qu'il y a cette bosse entre 50 et 120 Hz. pour compenser cette perception et puis mixer un volume modéré entre 70 et 80 dB SPL pour éviter de tromper votre oreille. Oui. Et puis mixer avec un fort volume par exemple, bah vous allez très vite vous fatiguer et puis pas forcément prendre les bonnes décisions. Donc volume modéré. Donc comment trouver un volume modéré ? Comment mesurer ce volume modéré ? Bah vous avez des applications comme décibel X qui est gratuit qui vous permet de mesurer les décibels dans votre Home Studio. Vous vous placez à 80 dB. Vous êtes bien, vous allez pouvoir entendre toutes les fréquences correctement et avoir un mix
15:45 bien équilibré. Alors bien sûr, de temps en temps, on poussera un petit peu le volume pour voir comment ça sonne, hein, parce que on peut pas s'en empêcher. Utilisez le masquage à votre avantage si deux instruments se marchent dessus, coupez légèrement les fréquences chevachantes sur l'un d'eux. Le Pro Q4 fait ça super bien. Il affiche les zones de masquage sur toutes les pistes sur lesquelles il y a le plugin et on viendra réduire quelques DB sur les fréquences qui posent problèmes. Jouer avec la stéréo. Les aigus larges comme les cymbales donnent une sensation d'espace tandis que les graves centrés comme le kick ancrent le mix. Alors pour élargir la stéréo, il y a pas mal de plugins qui font le travail. Il y a par exemple le BrainWorks, le BX1 qui va ouvrir la stéréo avec ce
16:32 paramètre. Vous avez également chez UAD le CAS stéreo, très intéressant. On peut aussi utiliser le center de chez Waves en baissant le centre et en augmentant le le side par exemple, en augmentant les aigus uniquement sur le side, sur les côtés. Et on peut utiliser certains compresseurs comme le manimu pour compresser différemment le mid du side. Ça aura pour effet de d'élargir la stéréo et d'ouvrir le mix. Ensuite, pour faire en sorte que vos graves en dessous de 100 Hz par exemple soient vraiment centré, et bien on va utiliser un monomaker. Toujours chez Brainworks, le BX1 fait ça. Il y a le monomaker où on va définir euh en dessous de quelle fréquence on va avoir du mono. Et donc
17:18 là, il va tout nous recentrer tous nos graves. On aura quelque chose de plus propre, de plus net dans les dans les graves. Et faites des pauses toutes les 30 minutes. Sortez de votre studio. Votre cerveau a besoin de réinitialiser sa perception. Ouais, mais et un moment faut revenir bosser là. Alors ça c'est classique hein. Vous revenez le lendemain matin, vous écoutez avec une oreille neuve votre mix et là c'est la cata hein. C'est désastreux, c'est misérable, c'est encore pire que le prémix. Et ben faut tout refaire. Le mot de la fin. [musique] Alors, vous êtes prêt à mixer en tenant compte de la psychologie du son ? Alors, tous ces principes que vous connaissez peut-être, que vous appliquer sans le savoir peuvent vraiment transformer vos
18:05 productions. [musique] Alors, n'hésitez pas à tester ces astuces et à me dire en commentaire ce que vous en pensez. Ah, et je vous mets dans le lien un analyseur de spectre gratuit. [musique] Ça peut servir.