Le Christ au coeur de la maladie mentale

Bref Résumé

Cette vidéo explore la relation entre la maladie mentale et la spiritualité chrétienne. Elle aborde des sujets tels que la dépression, la bipolarité et le burnout, en offrant des perspectives sur la manière dont la foi peut aider à traverser ces épreuves. La vidéo met en garde contre certaines erreurs courantes, comme le déni de la maladie, la confusion entre maladie et péché, et l'explication démoniaque systématique. Elle propose une approche basée sur l'acceptation de la volonté de Dieu, en s'inspirant de figures chrétiennes comme le Père Vessière et Chiara Luce Badano.

  • La maladie mentale n'est pas une fatalité, mais peut être intégrée dans un cheminement spirituel.
  • L'acceptation de la volonté de Dieu est essentielle pour trouver un sens à la souffrance.
  • La foi peut offrir un soutien et une perspective unique pour traverser les épreuves psychiques.

Introduction

Le frère Antoine, se présentant comme un malade mental depuis 20 à 30 ans, introduit le sujet de la conférence : la maladie psychique à travers le prisme de la foi chrétienne. Il mentionne son expérience personnelle avec la bipolarité et son traitement médical régulier. Il souligne l'importance d'une vision verticale de l'existence humaine, c'est-à-dire une vie vécue en lien avec un créateur et un rédempteur, chose qu'il trouve manquante dans le livre de Nicolas de Morand, "Intérieur Nuit". Il explique qu'il partagera des récits de vie de saints ayant traversé des épreuves similaires, et mentionne la présence de Caralouch, dont l'acceptation de la maladie et de la volonté de Dieu est exemplaire. Il souligne que les problèmes de santé mentale ne sont pas réservés à une minorité et que beaucoup de personnes peuvent se sentir dépassées par les difficultés de la vie.

Les Idées Reçues sur la Dépression

Le frère Antoine cite Clotilde Margotin pour déconstruire les idées reçues sur la dépression. Il réfute l'idée que la dépression est une maladie réservée aux personnes vivant dans les hôpitaux psychiatriques ou qu'elle touche les paresseux manquant de volonté. Il insiste sur le fait que la dépression n'est pas un simple coup de mou, mais une maladie avec des symptômes durables tels que la tristesse constante, l'abattement, la perte d'intérêt, la dégradation du sommeil et la fatigue intense. Il décrit les quatre étapes des pensées noires, de l'idéation suicidaire au projet défini, soulignant l'importance de consulter un médecin dès la troisième étape. Il rappelle que la dépression est une question de chimie et non de manque de courage ou de volonté.

La Bipolarité et le Burnout

Le frère Antoine aborde ensuite la bipolarité, une maladie dont il a l'expérience personnelle. Il décrit l'alternance entre les phases d'exaltation et les épisodes dépressifs profonds. Il illustre les comportements compulsifs associés aux phases maniaques, comme les achats compulsifs et les comportements sexuels à risque. Il souligne la difficulté de vivre avec cette alternance et la disponibilité d'une personne qui remet son esprit au Seigneur. Il évoque également le burnout, une maladie du don qui touche particulièrement les personnes qui se donnent beaucoup dans leur travail ou leur passion. Il cite Herbert Freudenberger pour décrire le burnout comme un incendie intérieur qui consume les ressources internes.

L'Acédie : La Perte de l'Élan Spirituel

Le frère Antoine introduit le concept d'acédie, une notion utilisée par les moines du désert pour décrire la perte de l'élan et du désir dans le monde spirituel. Il explique que celui qui souffre d'acédie perd son désir de vivre et son investissement dans l'existence. Il cite Thomas d'Aquin, qui pointe le paradoxe du moine éprouvant une tristesse face au bien divin. Il évoque la tentation du "démon du midi", qui pousse le moine à quitter le monastère, et fait le parallèle avec la crise de milieu de vie. Il met en garde contre le risque de confondre toute maladie psychique avec l'acédie et de culpabiliser les personnes souffrantes.

Les Erreurs à Éviter

Le frère Antoine détaille les erreurs à éviter face à la maladie psychique. La première est de se mentir à soi-même et de refuser d'être malade. Il insiste sur le fait que la maladie mentale n'est pas une honte et qu'il est important de l'accepter pour pouvoir avancer. La deuxième erreur est de confondre la maladie et le péché. Il raconte une anecdote personnelle pour illustrer comment la dépression peut être perçue comme un jugement divin, conduisant à la perte de la foi. Il rappelle que la maladie psychiatrique n'est pas un péché ou un châtiment, et qu'un déséquilibre chimique n'est pas une faute morale. La troisième erreur est de tomber dans l'explication démoniaque systématique. Il souligne que l'action démoniaque existe, mais qu'elle est rare et qu'il est important de consulter un médecin ou un psychologue avant de recourir à l'exorcisme.

La Bonne Façon de Faire : L'Acceptation Selon le Père Vessière

Le frère Antoine présente la figure du Père Vessière, un dominicain du début du 20e siècle qui a vécu une longue période d'impuissance et de fatigue permanente. Il explique comment le Père Vessière a transformé cette épreuve en une grâce, en comprenant que la volonté de Dieu est primordiale et qu'il devait accepter d'être le plus inutile des dominicains. Il souligne l'importance de ne pas entretenir volontairement la souffrance, mais de la vouloir telle que Dieu la veut. Il explique que la maladie psychiatrique conduit le malade à un chemin d'acceptation et au jardin des oliviers, où il peut se rapprocher du Christ.

Témoignages et Conclusion

Le frère Antoine partage un témoignage personnel sur une période de dépression profonde et comment, en regardant la croix, il a compris que sa souffrance avait du sens dans le projet de salut de Dieu. Il cite des exemples de saints qui ont rendu grâce pour leur souffrance, comme Mère Teresa. Il évoque Chiara Luce Badano, qui a accepté sa maladie en 30 minutes. Il conclut en soulignant que la maladie n'est pas un obstacle à la sainteté, mais peut devenir un chemin privilégié vers Dieu. Il invite à ne pas faire son chemin de sainteté malgré la maladie, mais par la maladie, en y découvrant l'opportunité de s'abandonner davantage à la volonté de Dieu.

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Transcription

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0:00 Je suis un malade mental depuis 20 peut-être 30 ans. Je prends chaque jour une quantité de médicaments. Je vais deux à quatre fois par mois à l'hobsital psychiatrique. Je suis bipolaire. Mon humeur oscille entre des phases dépressives, longues et profondes et d'autres maniaques, brèves où une énergie malsine me carbonise le cerveau. Dans les moments de calme, j'attends inquiet la prochaine bascule. La dépression, c'est me soigner à l'idée de la mort. Penser à la mort, désirer la mort, la laisser envahir mon esprit. car elle seule pourrait m'abaiser.

0:50 Et dans cet ouvrage fort joyeux donc euh qui s'appelle intérieur nuit, Nicolas de Morand don vous avez la photo ici que vous entendez peut-être à la radio, a balancé devant tous les médias sa maladie euh psychiatrique et il a écrit ce petit livre euh condensé plein de belles choses, plein de simplicité, plein de vérités, plein de de résilience devant quelqu'un qui essaye avec une maladie pas facile à porter et bien à rester debout. bout. Malgré tout, ce qui manque dans ce petit livre formidable, c'est une vision un peu plus verticale de l'existence humaine. Donc ce qu'il n'y a pas, c'est le fait de vivre ou d'essayer de vivre ce qu'il

1:36 traverse en lien avec un créateur, en lien avec un rédempteur. Et puisqu'il manque ce petit quelque chose, j'ai décidé ce soir de vous apporter un petit complément à l'aide de plusieurs figures chrétiennes qui sont passé soit par la dépression, soit par des maladies psychiques, psychologiques, psychiatriqu euh diverses et variées. Alors, comme certains d'entre vous ont pu être au courant, euh Nicolas et moi-même avons la même maladie. avec une intensité variable. Lui, c'est quand même du gros du gros comme il faut, très très violent dans les phases hautes. Et moi, j'ai la

2:23 joie d'être plutôt un peu violent dans les phases basses. Il y a d'autres dominicains de l'histoire, il y a d'autres chrétiens catholiques qui ont écrit sur la dépression, sur la maladie. Et donc le but n'est pas de faire une conférence à succès témoignage, mais les ayer vraiment à travers plusieurs récits de vie ou plusieurs façons dont les saints ont traversé l'épreuve. Caralouch, ma grande amie, sera présente ce soir même si elle est pas dépressive pour un sous, mais on la met devant l'idée de la mort alors qu'elle a 17 ans et elle arrive elle en une demi-heure à accepter la maladie et la volonté de Dieu. Et je fais aussi cette conférence parce

3:08 que on croit toujours que ce genre de chose, c'est vraiment pour la personne très très loin dans la famille qu'on connaît pas du tout, qui était bizarre et dont les parents étaient alcooliques. Et donc c'est normal qu'elle soit bizarre et alors qu'en fait non. Et je fais cette conférence par exemple aussi parce que le vous voyez qui est le frère Albert. Frère Albert est au monier d'hôpital à la Conception et un jour il vient et me dit "Ah frère Antoine euh il y a quelqu'un du groupe mission que j'ai croisé à l'hôpital qui te dit bonjour." Al je fais ah bah super. Enfin je dis pas super mais je dis "Ah d'accord." Et là je me souviens que la conception c'est c'est l'hôpital psychiatrique. Je dis "Ah bon ? C'est une Oui oui et puis il m'explique un petit peu et puis cette personne de fait après je l'appelle elle reste là-bas un mois un mois et demi et étonnant on ne serait pas douté mais il y a des gens qui traversent des choses

3:54 très dures dans la vie et chaque année il y a parmi vous des gens qui viennent en pleurant beaucoup beaucoup qui ont pas forcément une dépression sévère mais qui ont en tout cas quelque chose où ils se disent qu'ils n'arrivent plus avec simplement le l'énergie de d'habitude qui est dit allez j'y retourne je continue je vais y arriver Ça ne fonctionne plus. Et ça n'est pas étonnant parce que statistiquement un jeune sur 5 de 18 25 ans euh vit un épisode dépressif et ben dans cette période de sa vie. C'est beaucoup non ? Moi je trouve ça beaucoup euh beaucoup beaucoup. Et donc en luttant contre cette maladie qui n'est pas marrante, moi j'ai eu l'occasion de découvrir des témoignages vraiment assez bouleversants. En particulier une mère de famille que je vous invite à aller

4:40 lire qui s'appelle Clotilde Margotin. Euh Nicolas de Moran très bon mais ça c'est si vous êtes bip bip sinon ça sert à rien. Et le bon père Visè pour ceux qui viendront à la Sainbaum, il faut connaître le père Visère euh dont je parle tout à l'heure. Juste avant donc on regarde vite fait un petit catalogue des choses qui pourraient vous arriver. ou qui vous sont peut-être déjà arrivé pour euh essayer de pas se tromper de là où on en est. Juste après, on regarde comment bien non comment mal envisager ce genre de phénomène psychique psychologique quelles sont les choses à pas faire quand on vit quelque chose comme ça et qu'on est chrétien puis ensuite on regarde comment bien faire en particulier avec vsière. D'ailleurs, ça

5:26 rime. On pourrait faire un petit slogan. Comment bien faire avec ? C'est une astuce. Commençons donc par la dépression et je cite madame Clothilde Margotin qui nous donne quelques idées reçues et à peu près la moitié d'entre vous les ont dans leur tête. La dépression, c'est une maladie psychiatrique qui concerne des gens qui vivent dans les hôpitaux et qui sont fous. La dépression arrive chez des gens parisseux qui écoutent trop leurs émotions, qui s'écoutent trop et ferait mieux de se remuer un petit peu pour que leur vie soit plus animée. La dépression, c'est pour les gens qui n'ont pas de volonté. Le déprimer devrait s'occuper des autres, donner du temps ailleurs que chez lui, arrêter de se regarder dans le miroir. S'il s'ouvrait aux autres, il serait moins

6:13 centré sur ses problèmes et il irait mieux. Bonjour. Euh bien évidemment, ce genre de de réflexion, c'est sympa. Mais quand vous dites ça de un à une personne qui a pu vivre ça dans sa vie et de deux à un médecin ou un psychologue, il vous il vous il rigole pas parce que c'est pas drôle, mais il vous dit il vous dit que vous êtes pas tout à fait au point encore et qu'il faudrait peut-être lire deux trois livres et rencontrer deux trois personnes. Donc euh la dépression évidemment ça n'est pas le petit coup de mou, le petit épisode de déprime où j'arrive à m'en sortir si je me mets un petit coup de pied aux fesses. C'est des

6:59 choses qui durent, des symptômes qui durent, qui durent plus que de semaines, qui durent plus que 3 semaines et qui sont présents tout le temps. Ça peut être une tristesse constante, un abattement, une perte d'intérêt pour à peu près tout. Dégradation du sommeil, fatigue intense dès le matin. Puis après, je dors 14h, je suis fatigué. Ouais, j'ai pas fait assez. Je dors 16h, je suis fatigué. Rien à faire, rien n'y fait. diminution de la capacité de penser, de se concentrer, de mémoriser. Ça c'est encore la partie facile. Viennent ensuite les pensées noires qui tournent autour de la mort en quatre étapes que nous rappelons au cas où pour ceux qui sont euh inquiets. Il y a d'abord en vrai les quatre étapes sont importantes parce que une fois qu'on a atteint la 3, c'est là où il faut plus rigoler du tout. Donc idéation

7:46 suicidaire, c'estàd penser de mort, de disparition, ça va comme ça comme une petite voiture qui passe sur l'autoroute. On la voit, on se dit non en fait non, c'est pas vrai, je pense pas vraiment mais clac boum. Après l'idée s'installe, deuxième phase, elle revient et commence à poindre un peu une idée d'un d'un début de ça pourrait être comme ça que je vais me buter. 3è étape, le vrai projet qui commence à s'installer euh un scénario. Alors évidemment, il paraît irréel, il ne peut pas arriver parce que je suis catholique et que j'aime Jésus et que donc jamais je ne peux faire ce genre de choses. Et pourtant le truc revient, il est un projet défini. Voilà, il y a tel truc, tel endroit, telle heure, telle bidule. Et ça c'est la dernière phase donc avant le passage à l'acte. Passage à l'acte qui grâce à Dieu est rarement couronné

8:32 de succès parce que souvent un petit petit quelque chose qui qui retient. Mais quand même si j'arrive à cette phase 3 parce que je vais tellement mal que j'ai ce projet projet projet c'est là où si je suis pas encore léché le médecin c'est c'est mal c'est pas bien du tout. Par exemple, vous voyez ce monsieur là et ben les bipolaires un sur deux dans leur vie font une tentative de suicide. Voilà, là on est deux. Lui il l'a fait pas moi. Statistiquement ça marche. 1 sur 2 et ensuite 1 sur 5 y arrive. Donc ça fait que niveau mortalité c'est quand même c'est pas top quand même. Donc ça n'est pas une question de courage, ça n'est pas une question de volonté. Évidemment, il y a il va y avoir de ça, mais il y a quand même une question de chimie. Et quand le cerveau de quelqu'un lui pousse sans arrêt pour lui dire que la mort est la seule issue

9:20 possible, euh on ne peut pas simplement lui dire "Bouge-toi" et ça ira mieux. Clotilde Margotin toujours Claudde Margotin c'est chou parce qu'elle est mè de famille, les enfants tout ça, ils sont choupis. Enfin, c'est vraiment c'est votre maman he que l'utiliser toute pareil peut-être en plus elle petit fou en m c'est sympa et tout et d'un coup elle va chercher ses enfants à l'école et d'un coup elle n'arrive plus à sortir de la voiture elle comprend pas non ça va pas et son corps est bloqué c'est fini sa vie de mère de famille s'arrête et pendant 2 ans ou 2 ans et demi elle va dans un centre spécialisé de repos et elle voit un psychiatre tous les jours pour aller mieux dingue. Imagine son mari derrière qui est quand même le deuxième sein de l'affaire qui a

10:05 dû gérer toute la famille. Ça s'est arrêté, tout s'est arrêté. Elle avait elle s'était totalement vidé. Donc dit-elle, l'engrenage est déclenché. La fatigue entraîne la fatigue. La tristesse redouble en tristesse, doute, découragement. Il n'y a plus rien à faire. D'habitude, il suffit de se reprendre, il suffit de décider d'avancer. Ça fonctionne, le psychisme est bon. Mais là, les élans courageux ne marchent plus. Les reprises en main ne donnent rien. J'ai décidé d'aller mieux. Je l'ai fait 10 fois, 15 fois de suite. J'ai décidé de reprendre de bonnes disposition. J'ai décidé d'aller me confesser. J'ai décidé de prier davantage. J'ai décidé de chasser les découragements. Il n'y a rien à faire. La maladie s'installe et elle est là. Donc, on ne peut pas décider d'aller mieux dans la dépression. On peut

10:52 décider d'aller mieux quand on a deux trois doutes sur soi-même, qu'on a une remarque pas sympa de quelqu'un. il nous a dit qu'on était plus son ami et ben on se regarde dans le miroir, on dit "Non, mais je suis un mec formidable et j'aurai plein d'amis dans ma vie et hop, ça va mieux." Voilà, ça c'est facile, c'est pas très compliqué. Par contre, au cœur d'une dépression très violente, on ne peut pas faire ce genre de choix décisif, ça ne marche plus. Deuxième baladie donc la bipolarité dont je me permets de parler un tout petit peu plus de l'intérieur. Alternance donc entre des moments de grande exaltation et des épisodes dépressifs tout à fait profonds. Le bipolaire qui souffre le plus, je pense que c'est celui-là du bipolaire de type 1 qui est particulièrement menacé par les moments où il

11:39 je vais pas dire pète un plomb, mais il part vraiment dans une espèce d'euphorie d'exaltation de projet extraordinaire. Il se met à acheter n'importe quoi, lui dit dans son bouquin qu'il était devenu très copain avec tous les livreurs de toutes les surfaces, de toutes les boutiques en ligne parce qu'il avait des colis genre 5 6 8 9 10 par jour. Et je dis ça monsieur ça va toujours bien ? Ah ouais ou il acheté il acheté il acheté il l'achetait terrible et après il jetait parce qu'il y avait plus de place pour le ranger chez lui. Donc achat compulsif, comportement sexuel compulsif. Moi j'ai une dame que je connais qui a acheté enfin c'est triste he une famille assez simple. Papa médecin généraliste, il roule pas sur l'or. D'un coup, elle se lève le matin, elle va acheter une énorme BM. Mais le truc, le ça existe plus X5, plus gros que X5. Enfin, un gros truc, hein. Et elle

12:25 revient là là là et son mari dit "Mais qu'est-ce que [Musique] dit "Bah c'est la voiture, elle est bien dans cette voiture. On va être bien dans cette voiture." Tu Mais comment on a payé la voiture ? Ah ben j'ai payé, ah mais si j'ai payé la voiture. Donc plus rien. Elle avait pris le leasing et tout signé. récupère plus d'argent fini plus c'est bête finalement pour une automobile. Euh donc c'est une c'est une maladie il a ça revient de taper dessus. C'est pour elle c'était comme inarrêtable. Et donc ce qui était prouvant dans cette maladie, c'est l'aspect qui se promène d'avant en arrière et donc qui est le côté j'achète 10000 trucs et puis 3 jours après, je suis dans mon canapé et je me relève plus et j'arrive plus à bouger. Donc quand ça dure 3 jours, ça

13:10 va. Mais quand un épisode dépressif dure 3 semaines, 4 semaines, 3 mois, 6 mois, ça devient un petit peu long. Mais euh tiens, petit euh petite quoi petite sortie spirituelle qui est pour pour plus tard dans la conférence mais pourquoi pas. Euh il y a quelque chose dans cette dans cette alternance qui finalement est assez est assez spirituel dans la mesure où au complit euh on parle du psychisme, on dit "En tes mains, Seigneur, je remets ma ma psuquée, je remets mon esprit." Donc je te le remets tel qu'il est. Et donc s'il est tout cassé euh tout abîmé, le dépressif a la joie au compli de dire bah voilà, je te donne, tu en fais ce

13:56 que tu veux que ta volonté soit faite. Et le lendemain, il se réveille, il sait pas encore comment. Et s'il est toujours tout cassé, il dit "Et mais que ta volonté soit faite, pourquoi pas autrement ?" Mais comme ça aussi, c'est bien. Donc, il y a une disponibilité d'une un abandon à la providence dans le fait de remettre son esprit tel qu'il est euh au Seigneur. Assez puissant évidemment, quand ça va bien aussi le côté spirituel, vous levez après 4 mois, vous êtes au bout de votre vie. D'un coup, le réveil sonne et là première seconde, ça c'est pour le coup excitant. Première première seconde de conscience d'un coup certitude absolue que tout va bien. Et là d'un coup le café, le frère qui chante faux, la une feuille

14:43 de salade même peut peut acquérir une espèce de de densité de bonté d'être ou c'est extraordinaire. une voiture, un chien. Benoît euh tout chante la vie parce que il y a cette espèce de d'immense contraste avec un monde qui n'a plus de saveur et d'un coup tac, tout a du goût et ça force à à ça conduit à la louange. Trisème maladie qui n'est pas tellement dans le catalogue des maladies mais qui vous concernera sans doute puisque vous vivez dans un monde horrible qu'on appelle donc le burnout. En 1970, Herbert Freudenberger écrivait, je le fais en français peut-être, "Les gens sont parfois victimes d'incendie, tout comme les immeubles. C'est lui qui

15:28 invente l'idée. Les gens sont victimes d'incendie sous la tension produite par la vie. Leurs ressources internes en viennent à se consumer comme sous l'action de flamme, ne laissant qu'un immense vide. La machine s'arrête. Le mec est surpuissant, le prêtre est surperformant. Jean-Bastien est sur bien habillé. Il arrive, il a fait des horaires de dingot. Il finit à 20h15, il a commencé à 7h ce matin, il fait ça tous les jours pendant 10 ans et d'un coup chlac, burnout, tout s'arrête. la maladie du don comme dit Pascalide et qui concerne en particulier les gens qui sont donnés les gens qui se comptent pas qui se comptent pas on dit ça non qui ne comptent pas leurs œuvres qui ne se qui ne se qui ne seure qu'il y a un verbe

16:15 bien qui se dépense hein dans leur travail dans leur métier dans leur passion donc les soignants, les enseignants, les mères et pères de famille qui sont à fond, les prêtres euh toutes ces toutes Ces métiers où on se donne beaucoup sont des des lieux vraiment d'un risque fort. Mais comme vous êtes tous des gens qui vous donnent beaucoup, vous êtes sujet à ce risque fort. Voilà pour trois petites maladies qui sont pour le coup vraiment dans la case psychologue, psychiatre, psychisme. Il y a une case un peu intermédiaire qui était utilisée et qui est encore utilisée par les moines les moines du désert ou les théologiens qui repéraient ces phénomènes en particulier dans les monastères, dans les communautés

17:01 par un péché qu'on appelle ça finit par dire Ah mais très bien, il y a des gens qui ont été formés dans cette salle. Formidable, fabuleux. Vous me direz vous étiez quand vous étiez petit. Euh l'assédédie qui est euh la perte de l'élan, la perte du désir dans le monde spirituel. Et donc les moines qui ont qui ont qui sont observés les uns les autres pendant des siècles ont acqu ont acquis cette sagesse de voir et d'essayer de discerner quels sont les éléments qui mènent à ce dégoût de la vie, à ce dégoût des choses spirituelles. Donc celui qui souffre d'assédit perd son désir de vivre. Il perd l'investissement dans l'existence.

17:48 Le moine assez dique souffre. Il ne sait pas pourquoi. Il ne sait pas pourquoi il souffre. Il ne sait pas pourquoi il est triste. Il est englué dans cette tristesse sans objet précis. Son sa vocation, le sens de sa vie lui échappe et chaque jour, il dit tiens, je devrais partir du monastère. Thomas Dakin, vous connaissez Thomas Dakin ? Saint Thomas Dak pointe un paradoxe. Le moine qui est pris de la séd éprouve une tristesse face au bien divin. Et donc c'est ce qui est le cœur de sa vie. c'est qui lui donne le plus de joie qui lui procure de la tristesse, l'amour de Dieu.

18:34 Et donc vous avez cette tentation, ça qu'on appelle le démon du midi qui est à la moitié de la vie euh de l'homme. Donc le moine qui sent que ça y est, c'est l'heure où il doit partir du monastère parce qu'il a fait son temps et que ce qui était son projet ne marche plus. Et ben pareil pour ce qu'on appelle la midlife crisis. Vendr qui est marié depuis maintenant euh 30 ans. Euh ils disent voilà, ça y est là, j'ai fait le tour. Et donc il dit à sa femme tu sais voilà maintenant je pense c'est important qu'on prenne conscience du fait que tu ne m'apportes plus aucune satisfaction et que j'avais beau t'aimer. Je crois que c'est fini. Je crois que c'est fini, qu'il faut passer à la suite. Donc la vie toute entière, matrice. Tout ce qui était ma joie euh

19:20 se dérobe à moi. Je n'entends plus la présence de Dieu dans les choses. Je suis devant le vide de mon existence. Donc la ressemblance troublante avec évidemment la dépression et sans doute que les paires du désert euh ont un petit peu associé les choses. Et le risque c'est euh de faire de toute maladie psychique de la Cédit. et donc de trouver de la culpabilisation, de trouver du péché là où il y a peut-être simplement de la chimie. C'est donc les erreurs à éviter. Première erreur à éviter. Je me mens à moi-même. Je refuse d'être malade. Là pour le coup, le gars, première phrase, je suis un malade mental. Ça a l'air sympa ce livre. Euh

20:07 refuser d'être malade, refuser d'être fragile et ben c'est refuser de vraiment avancer. Alors, le mot malade n'est pas un mot sympa, mais ça n'est pas non plus un mot honteux. Personne n'est honteux d'être diabétique. Personne n'est honteux d'être belge. Non, pardon. Euh ce n'est pas une maladie, je vous rappelle. Le le diabète, c'est une maladie. Le la dépression est une maladie. Et on n'est pas plus honteux en principe pour une maladie de l'esprit que maladie pour que pour une maladie de du corps. Évidemment, c'est le cas. Évidemment, c'est ce qui se passe mais au fond euh il n'y a pas de raison. Et donc cette résistance à accepter une maladie psychiatrique est d'autant plus forte qu'aujourd'hui on valorise beaucoup l'autonomie, le succès, l'indépendance

20:54 et on accepte assez facilement qu'un de nos organes soit malade parce qu'on peut assez facilement le remplacer, on peut faire des traitements, tout ça et on a de la peine avec le fait que notre cerveau qui est quand même l'intime de notre personnalité, le siège de notre personne pour le monde moderne euh soit malade. ça peut pas être malade puisque c'est moi et que moi je suis pas malade. J'ai juste pas envie de vivre mais je suis pas malade. Pas de aucun lien. Or, c'est donc le contraire. À partir du moment où euh monsieur le chroniqueur radio qui tous les jours depuis 15 ans va au boulot sans dire à ses collègues qu'il est au bout de sa vie, à partir du moment où il est où il dit qu'il est malade, il ne pose pas un acte de faiblesse bien sûr, mais il pose un grand acte de courage, de lucidité et

21:41 d'un coup, il est dans la vérité avec les autres autour de lui, dans la clarté par rapport à ce qu'il est et pas dans le déni, la tromperie, de devoir sans arrêt faire semblant. Il est marrant parce qu'il recomte, il raconte c'est le pire truc dans sa vie, c'est les vacances. Donc la radio ça le cadre, il est là avec les horaires tac tac tac tac, il rentre chez lui, tam bam bam, il prépare sa matinale et il rentre puis d'un coup vacances, poum canapé, il bouge plus et puis il arrive ensuite au bureau et il redoute le moment où on va lui dire "Alors, qu'est-ce que tu as fait ?" Et lui il a il a pas envie de mentir parce que c'est donc il dit euh vraiment je me suis occupé de moi. Il il a rien fait du tout en fait le pauvre. Euh et donc les gens disent tu es parti. Non, j'ai décidé, tu vois, de m'occuper de moi, de rester un peu tout ça. Et c'est donc vit sans arrêt dans un

22:29 espèce de de mensonge parce que c'est trop difficile. Imaginons euh Pierre Foucou qui marche dans la forêt et d'un coup il se prend le pied dans un piège à ours parce que il y a des ourses dans l'ER comme chacun le sait. Et donc là clac, il a la jambe prise dedans. À partir du moment où il tire dessus, ah j'ai mal, j'ai mal, j'ai mal. Et qu'il ne regarde pas en me disant là vraiment je ne peux plus enlever mon pied puisqu'il est pris dans une machine qui est faite pour retenir des animaux qui pèsent quatre fois mon poids, cinq fois mon poids. Et à partir du moment où il refuse de de dire "Je ne pourrais pas sortir mon pied", et ben il va se blesser parce qu'il va tirer, il

23:14 va tirer, ça va être atroce. À partir du moment, il regarde, il dit "Là j'ai le pied dans un piège à ours, mais la main là, elle va bien, l'autre main va bien aussi. Mais j'ai un problème. Il va falloir que je sois aidé sur ce point-là. Donc je regarde mon pied comme euh quelque chose qui n'est pas toute ma personne, d'accord ? Et je regarde le piège à ours comme quelque chose qui n'est pas moi, qui est étranger à moi-même et qui me pourrit la vie. Je le regarde en face, je m'extériorise de lui et je vais mieux déjà. Deuxème danger, confondre la maladie. et le péché, c'est sans doute le truc le plus important pour vous autres ce soir qui peut-être passeraiit dans ce cas d'une personne sur 5 dans les deux trois prochaines années. Donc ne pas confondre l'état de

24:00 tristesse intérieure que je peux ressentir par une maladie psychiatrique avec le péché personnel. Mini anecdote personnelle, j'avais 18 ans, je crois, lors de la première grosse phase basse, sans du tout savoir pourquoi ni comment ni mettre le mot dessus. Donc dans le piège à Pierre Fou, le piège à Ours bien enfermé, bien enfermé dedans. Et euh j'étais en Suisse à l'époque. À Marseille, c'est différent. Enfin, quand on est en Suisse et qu'on a 18 ans, on est parfois un peu euh en prise avec des péchés de gens qui ont 18 ans. Et quand arrive la tristesse massive, la dépression, le manque d'énergie,

24:45 l'incapacité à prier, les idées suicidaires, le projet suicidaire, bref euh forcément vient à un moment l'idée si je me sens aussi mal, si je suis aussi pas bien, c'est que je suis vraiment horrible aux yeux de Dieu. Je suis tellement sale, je suis tellement abîmé, je suis tellement pêcheur que je suis devenu odieux. atroce. Dieu ne peut plus m'aimer tellement je suis dégueu. Je ne vaut plus rien à ses yeux. Et ça c'est dévastateur comme raisonnement parce que la dépression devient euh jugement divin et il fait du péché ou d'un péché que Dieu efface en une demi-seonde sans se fatiguer le motif de perdre la foi ou de perdre la confiance en Dieu. Parce que Mère Thesa, elle quand elle vit la nuit

25:31 obscure et le sentiment d'être détestée par Dieu et ben elle se dit "Je sers les dents, je tiens 25 ans." Bon mais en Suisse on fait pas ça nous quand on a l'impression que Dieu nous déteste. Première action c'est pas tu tu veux pas de moi, tant pis pour ta gueule. Moi j'étais là, j'étais sympa et on fait des on fait des bêtises dans la relation à Dieu parce qu'on a l'impression qu'on a été rejeté par lui. Donc attention la maladie psychiatrique n'est en aucun cas un péché ou un châtiment. Certes, nos péchés peuvent avoir des conséquences psychologiques. Je ne le n pas. Il suffit de faire des péchés pour se rendre compte. Euh tristesse, honte, culpabilité, baisse de l'estime de soi. Très bien. Mais on n'est pas sur la dépression clinique, celle qui euh pousse au suicide en principe. Ce sont là des maladies. Donc tristesse

26:18 spirituelle peut venir du choix de vie, mais cette tristesse de cet ordre-là n'est pas la conséquence d'un mal que j'aurais fait à Dieu. De même si on vous découvre un jour un cancer du coude, euh ça n'est pas parce que vous avez fait un truc pas bien. J'ai pris cou parce qu' quelqu'un qui a un vrai cancer dans j'aurais l'air bête, n'est-ce pas ? Hein ? Ça n'existe pas le cancer du du coude, je ne crois pas. Euh donc confondre les deux, c'est ajouter une souffrance, souffrance morale insupportable à ce qui est déjà une souffrance psychique, une souffrance même physique. Si je ne guéris pas alors que je prie, si je ne guéris pas alors que je me remets à Dieu chaque jour, c'est

27:04 forcément que je ne prie pas assez bien ou que Dieu ne veut pas de moi. Bon, terminé. C'est bête mais c'est un raisonnement qu'on fait assez rapidement et on a l'impression d'être dané et donc suicide pas suicide, on s'en fout, ça change rien. Une molécule n'est pas un péché. Unéquilibre chimique n'est pas un péché. C'est un problème clinique. Bien. Parfait. Dernier piège un peu plus rigolo, le piège de l'explication démoniaque qui n'est pas impossible mais qui n'est pas probable. Donc c'est le dernier danger de celui

27:49 qui déprime. On a l'impression qu'il est vidéement de sa joie, de sa personne. Il une tristesse qui s'installe en lui et il se dit "Mais le seul acteur qui veut ça pour moi dans ce que je connais de la Bible, c'est Satan. Parce que Dieu ne veut pas cette tristesse immense. Moi, je la veux pas. Personne ne la veut autour de moi. Il y en a un seul qui est en train de gagner dans cette affaire, c'est le diable." Alors oui, il existe. Oui, l'action démoniaque est réelle et oui, une personne infestée, une personne possédée va ressentir cette tristesse absolument immense, cette impression d'être vidé d'elle-même, euh de ne plus jamais pouvoir s'en sortir. Mais si on compare les statistiques des gens qui ont été reconnus par un

28:36 exorciste comme possédé et du nombre de dépressifs, c'est un peu comme quand on compare les gens qui ont gagné Colanta avec ceux qui ont gagné au chifumi. C'est pas ça n'a pas beaucoup de rapport. Donc le nombre de dépressifs sur terre c'est juste quelque chose d'hallucinant. Le nombre de possédés c'est quelque chose de très petit. Donc si je me sens pas bien, si je sens une tristesse, si je sens un vide, ça ne peut pas être mon premier réflexe de bah de faire des prière de délivrance ou d'aller voir tout de suite à notre de la garde voir si on peut rencontrer l'exorciste. De toute façon, lui, il vous enverra sans doute par la case médecin, la case psychologue avant de cocher la case possédée.

29:22 Donc quand vous lisez les bouquins des exorcistes, ils disent toujours ça. 60 enfin la grosse grosse grosse majorité des gens qui croisent, c'est d'abord prière, confession, vie chrétienne. Ça déjà c'est assez balaise quand le démon. C'est c'est très impressionnant. Après, il y a une très très grosse partie qui part chez le médecin ou à l'hôpital et après il reste un petit bout pour prière de délivrance et après il reste un tout petit bout pour le grand exorcisme, ce qui doit être hyper désent quand on est exorciste. Non, on a le bouquin et tout, on peut faire le truc et on le fait pas souvent. Non, j'aurais Bref, donc ça c'est les mauvaises façons de faire. vient maintenant la bonne façon de faire la façon du père vessier je sais plus

30:09 était slogan mais c'était c'était pas mal donc un homme extraordinaire ce père vestière dominicain du début du 20e au début du 20e c'est un peu anachronique de parler de dépression de troube bipolaire de schizophrénie ou de ou de burnout on fait pas ça par contre on voit un monsieur un jeune homme 24 ans euh tout plein de projets supers études il Il a envie de faire des tas de choses dans sa vie. Il veut être à la fois prof comme saint Thomas d'quin et apôtre comme Saint-Vincent Ferrier et saint comme Saint-Dominique. Et voilà qu'il a 24 ans et que tout s'arrête. Mot de tête, impuissance totale, fatigue permanente. Il n'arrive plus rien à faire, totalement HS. Et donc on sait pas trop ce qu'il a, on le met dans un petit coin

30:55 et il a une fatigue permanente. Il ne bouge plus. Alors à l'époque, on appelle ça neurasténie. On sait pas trop ce que ça veut dire d'ailleurs. Euh lui c'est très c'est très clair ce qu'il décrit. Il dit il peut pas lire, il peut pas confesser, il peut rien faire. Il n'arrive pas à tenir une conversation euh et donc il fait rien. Le seul truc qui lui reste, c'est la messe. Et tout le monde témoigne qu'il célèbre la messe d'une façon absolument unique. Il y a cette expression, c'est comment déjà ? La plupart des prêtres avalent la messe, le perversière, la savoure. C'est beau. Euh, et donc on le met dans les endroits où il peut pas faire trop de mal, en particulier en haut d'une montagne perdue où personne viendra à l'embêter. La Sainbaum, hein, il faut suivre les enfants à la Saint-Baum. Et c'est là où sa vie change. Au contact de

31:40 Marie-Madeleine et au contact de la prière quotidienne. Il va témoigner peu à peu que cet état d'impuissance totale est la plus grande grâce que Dieu lui est faite dans sa vie. parce que il a compris à travers cela que ce qui compte en premier c'est la volonté de Dieu. Et que si cette maladie c'est la volonté de Dieu, alors la seule chose qu'il peut faire lui c'est accueillir cette maladie. Il apprend que sa volonté propre, son désir d'être le meilleur dominicain du monde doit être mis sur le côté et qu'il doit accepter d'être le plus inutile dominicain de la province de Toulouse. Et il est là à sa grotte et il apprend peu à peu, jour après jour qu'il ne peut que compter sur

32:26 l'action de Dieu. Il va écrire des magnifiques lettres, il va écrire des livres et il devient du haut de sa grotte une immense figure spirituelle. Et c'est là aussi rigolo parce que la providence s'amuse de temps en temps. À ce moment-là, c'est un peu la crise dans la province. On narrive pas trop à trouver quelqu'un pour gouverner parce que lui il est trop comme c lui est trop comme ça, lui trop comme ça. Donc il nous faut un sein et les mecs Élise vinsière provinciale de Toulouse il descend de sa grotte dingo quoi. Et il va être un super provincial, une magnifique paternité et il va pouvoir vraiment transmettre ce qu'il a vécu à un haut de sa grotte. simplement accepter et voir que Dieu c'est ce qu'il fait et que donc il faut

33:11 accepter sa volonté. Il faut lui dire oui et il faut vouloir euh tout ce que Dieu veut, même la souffrance. Avec cette magnifique équilibre, je vous cite une phrase, il ne faut pas entretenir volontairement la souffrance intime. Il faut la vouloir simplement tel que Dieu la veut et la fait. C'est beau ça, non ? Donc j'ai quelque chose, une épreuve, j'ai une maladie, j'ai un truc pas bien. Je ne dois en aucun cas entretenir cette souffrance là qui n'a pas de valeur en elle-même, mais je dois vouloir la souffrance telle que Dieu la veut. Et il finit car ce n'est pas elle qui est bonne, mais c'est la volonté divine qu'elle incarne. Donc la maladie n'est pas bonne en elle-même. Faut pas se dire "Ah pourquoi moi je suis pas

33:57 cancéreux du coude ?" Ça n'a pas de valeur. Ce qu'il y a de la valeur, c'est "J'ai un cancer du coude, Dieu l'a permis, je l'accepte, je fais tout ce que je peux pour m'en sortir mais je l'accepte." Donc la vraie maladie psychiatrique, celle qui revient sans cesse, conduit le malade à ce chemin de l'acceptation et conduit le malade à un très beau lieu qu'on appelle le jardin des oliviers. Il est là tranquille, il se dit "Je vais pas bien." Et là, il voit un mec à côté qui transpire du sang. Oh là, ça pas rigolo sa vie à lui. Et il croise ce monsieur donc qui allait tout bien dans sa vie et qui a décidé d'accepter un truc abominable, une

34:42 souffrance innommable. Il l'accepte par avance en connaissance de cause alors que son humanité la rejette absolument. éloigne de moi cette coupe. Je n'en veux pas, ça va me faire souffrir mais son esprit, sa personne humano divine accepte, porte, prend parce que c'est la volonté du père. Donc il y a quelque chose de ça, je pense chez celui qui décide d'accepter ce que Dieu lui impose en terme d'état moral ou physique, de se relever chaque matin avec juste pas d'énergie du tout. Ce que fait Jésus est extraordinaire. Il y éprouve la tristesse et l'angoisse. Il a le sang qui sort de ses temples et il dit "Non pas ma volonté mais la tienne."

35:31 Petit témoignage perso numéro 2, c'est le moment vistière Clara Louché de mon existence. Pour l'instant, il y en a eu un. J'espère que il y en aura il y en aura d'autres. Mais euh après pour le coup une petite phase vraiment profonde profonde profonde qui a duré je crois qu'on est au maximum 7 mois. 7 mois c'est drôlement long hein. 7 mois tous les matins, vous avez envie de vous butter. C'est très très long. Euh 7 mois nous arrivons au tridum pascal et là vendredi saint adoration de la croix. Poum poum poum poum. Euh alors que tous les jours quand même on demande à Dieu parce qu'on est quand même chrétien. On en a à Dieu de s'en sortir que ce soit fini que tatati que tatata. En regardant la croix, en regardant ce que Jésus a fait, on a eu la passion, ça fait on a tout bien fait, l' tac, on comprend, enfin, je comprends ou Dieu me

36:16 donne de comprendre, c'est mieux ça à quel point tout ce qui a pu arriver pendant 7 mois puis pendant tout avant et et a du sens dans ce projet de salut que Dieu a pour l'humanité et dans ce qu'il a fait lui-même sur la croix. A du sens dans le fait qu'il veut et il propose aux hommes de porter avec lui la croix. Et donc il y a ce moment merveilleux, incompréhensible et merveilleux de réussir à remercier le Seigneur pour la la souffrance absolue, pour le truc atroce, de lui dire vraiment merci parce que euh s'il y avait pas eu ça, on aurait moins pu l'aider à sauver le monde en gros. Et vous avez plusieurs cinq qui ont comme ça des citations invraisemblables. Mère Thesa qui visite

37:02 un monsieur avec des verrs partout, il y a plus de membre. Enfin, c'est atroce. qu'une sorte de morceau de viande pourrie et et lui dit "Vous savez, Dieu doit vous aimer vraiment beaucoup." Ah bon ? Ben oui, puisqu'il vous donne de souffrir autant. Et oui, mystérieux. Dieu doit vous aimer vraiment beaucoup si il vous donne de souffrir autant. Euh, il y a une sœur que j'avais appelé une fois, j'étais au bout de ma vie, elle m'a dit "Mais tu sais, elle avait un peu les mêmes petits soucis." Elle dit "Mais tu sais, nous avons le privilège euh de pouvoir souffrir euh ce que le Christ veut que nous souffrions pour le rachat de l'humanité." Euh ouais, ma sœur, tu es sympa. Euh donc, il y a quelque chose de cet ordre là. Je pense que c'est la seule c'est la seule euh

37:49 Ouais. C'est le seul lieu vraiment de fécondité de ce genre de choses. C'est pour ça je vois pas tellement comment notre ami ici ou d'autres arrivent à vraiment sortir par le haut de la souffrance ou de la maladie. Mais c'est à partir à à partir du à partir du C'est chaud. à partir du moment où euh j'arrive à rentrer dans cette obéissance du Christ euh que ma vie prend du sens. Paul, ferme la porte, s'il te plaît. Euh et là, nous avons notre ami Kiara Louché et avec sa magnifique demi-heure. Donc ce qui prend à au Perverissière 30 ans, Carl le fait en 30 minutes. Donc

38:37 elle a l'annonce de son, je sais plus comment ça s'appelle, sarcosme. C'est pas le non clé, je crois pas. Non, non, c'est Sarcosme. Un charnos. Enfin, il y a un bidule dans son dos. elle va mourir. Elle en a pour je sais plus combien euh 6 mois. Et là, elle s'effondre sur son lit ou 3 mois. Elle s'effondre sur son lit. Refus absolu euh détresse totale. Et là, elle on prend son chronomètre, on appuie sur le bouton start et après 30 minutes, elle dit euh s'il le voit toutes si tu le veux Jou euh je le veux aussi. Elle ressort de sa chambre la banane et sa mère mais qu'est-ce ça va pas ? Si si ça va super, c'est génial. Bam ! 30

39:24 minutes euh très impressionnant. Et donc ces nous apprennent que la souffrance a une espèce de fécondité immense et qu'on peut du coup non pas la vouloir comme telle, mais l'accepter et même rendre grâce pour cette souffrance parce que avec ce que je souffre, avec ce que je vis, le Seigneur sauve le monde. C'est la petite clé personnelle du partage de ce soir. Après avoir pris tous les moyens techniques, pratiques, psychologiques, le support amical, le soutien, tout ce que vous voulez. Si vous êtes vraiment au bout du bout du bout du bout du bout où seul le le la mauvaise idée apparaît la bonne option, vous êtes peut-être plus proche de Jésus que vous ne l'avez jamais été dans toute votre vie. Vous êtes au Golgotha,

40:13 vous êtes là. C'est Charles Journet qui dit ça, le cardinal Journet, il dit "C'est peut-être les moments les plus abominables, les plus incompréhensibles de notre vie qui sont en fait les plus lumineux." Là, on a l'impression d'être dans les ténèbres absolus. Nous sommes peut-être proches de Dieu. Donc à ce moment-là, dans la vie du pervère, dans la vie du caralouché et dans les 25 secondes de grâce de la vie du frère Antoine, vie spirituelle et trouble ou maladie psychologique se sont associé magnifiquement, non pas pour oublier l'une avec l'autre,

41:01 mais pour que l'une donne à l'autre son sens, sa raison d'être. Il faut pas spiritualiser à outrance la maladie psychologique, mais il faut pas oublier que c'est moi qui suis censé être saint. C'est pas la version de moi qui n'a pas de cancer du coude. C'est moi avec mon cancer du coude, avec tout ce que je suis. Et donc si Dieu m'appelle à la sainteté avec tout ce que je suis, nécessairement ce que je suis, la maladie que je porte fait partie de mon chemin de sainteté. C'est obligé. Alors si j'arrive à être en être soulagé ou guéri, tant mieux. Mais si ça reste et si c'est là, je peux pas juste me dire que je vais faire ma vie à côté et ma vie avec Jésus à côté de ce que je porte.

41:48 Et donc la maladie, la dépression occasionnelle, la grande difficulté, le trouble profond que je ressens n'est pas un obstacle à l'épanouissement de ma vie spirituelle. Elle peut devenir mystérieusement, paradoxalement un chemin qui unit au Christ, un chemin privilégié, unique vers Dieu. Et donc le bilan du jour, après j'en aurais fini, ne pas faire son chemin de sainteté malgré une maladie que l'on porte ou une crise que l'on vit, non pas avec ou à côté de la maladie que je porte, de la crise que je vis, mais par la maladie que je porte ou la crise

42:35 que je en y découvrant chaque jour l'opportunité de s'abandonner davantage à la volonté de Dieu.

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