Le document du Vatican sur les titres de Marie, 4 novembre 2025, Explication d'Arnaud Dumouch /

Bref Résumé

Cette vidéo résume un document du Dicastère pour la Doctrine de la Foi concernant les titres mariaux, en rassurant ceux qui craignent un blocage de certains titres. Elle explique l'historique des titres mariaux, notamment celui de Mère de Dieu, et comment l'Église distingue les titres sans ambiguïté, ceux nécessitant des explications, et ceux nécessitant une maturation. La vidéo aborde les titres de médiatrice et de corédemptrice, en soulignant l'importance de comprendre la collaboration de Marie à la rédemption sans occulter le rôle unique du Christ.

  • L'Église distingue trois types de titres mariaux : clairs, ambigus nécessitant des explications, et ceux nécessitant une maturation.
  • Le titre de "Mère de Dieu" est historiquement polémique mais fondamental.
  • Les titres de "médiatrice" et "corédemptrice" sont ambigus et nécessitent une compréhension nuancée pour éviter l'hérésie.

Introduction

La vidéo introduit un nouveau document du Dicastère pour la Doctrine de la Foi concernant les titres de la Vierge Marie. L'auteur rassure ceux qui craignent un blocage de certains titres, affirmant que la vidéo apportera des éclaircissements. Il souligne l'importance de comprendre le document à la lumière des enseignements du pape Benoît XVI.

Historique des Titres Mariaux

Le premier titre marial, "Mère de Dieu", a été institué lors du Concile d'Éphèse en 431 à l'instigation de Saint Cyril d'Alexandrie. Ce titre a suscité des polémiques, certains accusant l'Église de faire de Marie une déesse. L'Église a toujours expliqué que Marie est la mère de Dieu dans sa naissance terrestre, et non une déesse ayant donné la vie à Dieu. Au XVIe siècle, les protestants ont relancé la polémique, mais le titre, bien expliqué, n'est pas ambigu pour les catholiques et les orthodoxes.

Distinction des Titres Mariaux

L'Église, forte de son expérience, distingue trois types de titres mariaux : ceux sans ambiguïté, ceux ambigus nécessitant des explications, et ceux très ambigus nécessitant une maturation. Les titres sans ambiguïté, présents dans les litanies de la Vierge Marie, incluent "Mère des croyants", "Mère spirituelle" et "Mère du peuple fidèle". Ces titres sont considérés comme vrais et reflètent le rôle de Marie en tant que mère spirituelle, établie par Jésus sur la croix.

Titres Mariaux Ambigus

Certains titres mariaux sont ambigus et doivent être expliqués. Le titre de "Mère de Dieu" est ambigu, mais le risque est écarté avec une explication appropriée. Le titre de "médiatrice de toutes les grâces" est également ambigu et pourrait être considéré comme hérétique si Marie était considérée comme la seule médiatrice, excluant le Christ et les saints. Cependant, si ce titre est compris comme voulu par le Christ, le seul médiateur, il devient clair et sans ambiguïté. Le Christ a voulu créer des médiateurs avec lui, comme la Vierge Marie, instaurée Mère de Dieu à la croix.

Critiques et Défense du Titre de Médiatrice

Les protestants critiquent le titre de médiatrice, arguant qu'il retire au Christ son statut d'unique médiateur. L'auteur répond que cela diminue l'honneur du Christ, car il est humble et a voulu créer des médiateurs avec lui. De plus, les chrétiens prient les uns pour les autres, agissant ainsi comme des médiateurs. Le document du Dicastère pour la Doctrine de la Foi souligne que le titre de médiatrice de toutes les grâces n'est pas clairement fondé sur la révélation divine. L'auteur répond qu'il est fondé sur la tradition, citant Saint-Augustin qui compare Marie à la nouvelle Ève, mère de tous les vivants spirituels.

Titre de Corédemptrice

Le titre de "corédemptrice" est considéré comme très ambigu et problématique. Le pape François a déclaré que la Vierge Marie n'a jamais demandé à être désignée comme corédemptrice. L'auteur explique que ce n'est pas Marie qui a demandé ce titre, mais son fils qui l'a voulu pour elle. Le Concile Vatican II n'emploie pas cette expression, mais le pape Jean-Paul II l'a utilisée à plusieurs reprises. En 1996, une demande a été faite à la congrégation pour la doctrine de la foi pour examiner ce titre.

Positions des Papes sur le Titre de Corédemptrice

Le pape Jean-Paul II estimait que la corrédemption avait une base scripturaire, citant Colossiens 1:24. Le cardinal Ratzinger, futur pape Benoît XVI, n'était pas favorable à ce titre, estimant que sa signification précise n'était pas claire et que la doctrine qu'il contenait n'était pas mûre. Benoît XVI a insisté sur le fait que toute la rédemption procède du Christ, le seul rédempteur, et que le titre de corédemptrice portait en lui beaucoup d'ambiguïté. Le pape François a également exprimé des préoccupations, estimant que ce titre risquait d'obscurcir l'unique médiation salvifique du Christ.

Conclusion et Explication du Titre de Corédemptrice

L'auteur donne sa conclusion, soulignant que la porte n'est pas fermée concernant le titre de corédemptrice. Il utilise une analogie avec le texte de Matthieu 23:9, qui dit de n'appeler personne "père" sur la terre, pour expliquer que notre paternité est déléguée et dépendante de la création du Père. De même, le Christ est le seul rédempteur, mais Marie a collaboré à la rédemption en donnant son consentement à l'alliance à la croix. Comme dans un mariage, il ne peut y avoir rédemption sans la réponse de Marie. L'auteur pense qu'un jour, un pape proclamera le dogme de la corrédemption en l'expliquant clairement, comme pour le dogme de la maternité divine. Il cite également Colossiens 1:24, où Saint-Paul dit compléter en sa chair ce qui manque aux épreuves du Christ pour son corps qui est l'Église, soulignant que le Christ veut notre participation à sa croix.

Appel à la Confiance et à la Compréhension

L'auteur conclut en rassurant ceux qui ont été troublés par le document du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, affirmant qu'il ne ferme pas la porte de manière dogmatique. Il encourage à laisser mûrir les choses, soulignant que Jésus a fait de nous des rois et des prêtres, des médiateurs et des sacrificateurs. Il exprime l'espoir qu'un jour, un pape donnera une explication claire et concise du dogme de la corrédemption, en utilisant l'analogie du mariage.

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Transcription

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0:03 Bonjour, nous sommes le mardi 4 novembre 2025 et comme le dicaster pour la doctrine de la foi l'avait promis est sorti aujourd'hui. Un document de théologie dogmatique à propos des titres concernant la Vierge Marie. J'ai reçu déjà une dizaine d'email et qui me disent "Mais il y a donc blocage définitif de certains titres auquels nous croyons et certains sont extraordinairement blessés. Je préviens à l'avance, cette vidéo va complètement les rassurer. J'ai pris le soin de lire avec un ami qui a travaillé pour moi, je peux le dire hein, de lire ce document avec précision. Et je donne ici à la lumière de ce que nous avait dit le pape Benoît X la juste façon, me semble-t-il, de le comprendre, de le

0:50 prendre vraiment. D'abord, il faut saisir l'historique des titres Mario. Le premier titre marial a été institué lors du Concile d'Éphèse en 431 à l'instigation de Saint de Saint Cyril d'Alexandrie. C'est un titre précis, très important. Marie est proclamée mère de Dieu. Et ce titre au cours de l'histoire et jusqu'à maintenant n'a pas cessé de faire polémique, une polémique bien inutile. Mais si je parle de cela, c'est pour bien expliquer la position de la congrégation pour la doctrine de la foi. Et donc, de cette manière-là, son souci à la fois pastorale et doctrinale. La pastorale étant, je dirais, de ne pas blesser nos frères chrétiens, mais la

1:36 doctrine ne devant jamais être écrasée par le souci pastoral. La doctrine, c'est la vérité. La vérité doit être absolument défendue. C'est d'ailleurs le rôle de cette congrégation. Le titre de Mère de Dieu a été déclaré très vite ambigu par certains qui voulaient s'opposer au magistère de l'Église en disant "Vous faites de Marie une déesse. Si elle est la mère de Dieu, ça veut dire qu'elle existait avant Dieu et qu'elle a donné la vie à Dieu comme les dieux grecs, comme les dieux païens." L'église a eu beau expliquer pendant 2000 ans que Marie était la mère de Dieu dans sa naissance terrestre, qu'elle n'était pas la mère simplement d'une nature humaine, mais d'une personne qu'elle avait vraiment mise au monde, que Jésus-Christ était Dieu fait homme avec deux natures. Sa nature

2:23 divine immuable, sa nature humaine conçue dans le ventre de Marie, que les deux étaient unis par une union qui faisait un seul être l'union hypostatique. Il n'y a eu rien à faire et au 16e siècle, la polémique a reprise de la part des protestants. On voit bien, c'était plutôt un souci polémique. Le titre de Mère de Dieu, quand il est bien expliqué, n'est pas du tout ambigu et chaque catholique, chaque orthodoxe le comprend. Cependant, à partir de cette leçon d'histoire, l'église ayant pris de l'expérience a bien compris qu'il fallait établir les titres de les bien les poser théologiquement, qu'il fallait donc distinguer trois sortes de titres, ceux qui étaient sans ambiguïé clairement et qu'on devait affirmer dès maintenant, ceux qui possédaient une ambiguïté qu'on

3:10 devait donc expliquer et ceux qui étaient encore très ambigu qu'il fallait mûir, il fallait prendre le temps. Je vais donc traiter d'abord en suivant ce document des titres sans ambiguïé qu'on peut d'ors et déjà donner à la mère de Dieu. Ils sont dans les litanie de la Vierge Marie. Quand donc elle est dite mère des croyants, mère spirituelle, mère du peuple fidèle, c'est absolument sans ambiguïté. C'est vrai. C'est d'ailleurs le titre que Marie finalement reçoit à la croix quand son fils prenant le disciple qu'il aimait, il est crucifié et disant voici ta mère. puis disant à sa mère, voici ton fils. Il a établi bien évidemment pas seulement un petit estament pour s'occuper de la retraite de sa mère,

3:56 d'autant plus que ce disciple n'avait que 15 ans, paraît-il, mais qu'il l'a établi pour ceux qui voudraient bien comprendre, mère spirituelle, nouvelle Ève, mère de tous les vivants. C'est ce qu'a dit tout de suite Saint-Augustin quand il a commenté. Les protestants évidemment qui disent qu'il y a là quelque chose qui enlève de l'honneur au Christ ont dit "Mais non, c'était juste une parole humaine". Là, il s'occupait que sa mère ait une pension de retraite. On voit bien que ça ne va pas. Deuxièmement, il y a des titres qui sont donc ambigus, qu'on peut garder mais à condition de les expliquer toujours. Et là, il y aura des polémiques. Parmi ces titres, il y a celui dont je viens de parler, Mère de Dieu, titre ambigu. Mais comme je l'ai expliqué, il n'y a plus de

4:41 risque. Et ceux qui veulent continuer dans la polémique, c'est bien parce qu'ils veulent la polémique. Ainsi, par exemple, le titre de médiatrice, mère de la grâce, médiatrice de toutes les grâces. Et bien ce titre est ambigu, il faut le reconnaître. Il y a un sens qui pourrait même être hérétique si on faisait de Marie, la médiatrice de toutes les grâces, de manière exclusive au point d'exclure son propre fils mort pour nous sur la croix. Que on disait que elle a un rôle ainsi qui exclut, je dirais, les autres personnes du ciel comme par exemple les saints et les anges qui peuvent prier aussi. Alors, ce serait franchement une hérésie. Par contre, si on dit que ce titre est voulu par son fils, qui est lui le seul médiateur et

5:28 que la première chose qu'il a faite lorsqu'il a lorsqu'il est intervenu sur terre, qu'il est venu nous sauver, c'est de créer des médiateurs avec lui. Et par exemple la Vierge Marie quand il instaure Mère de Dieu à la croix, alors oui, ce titre participer est tout à fait clair. Il n'y a plus d'ambiguïté. En fait, c'est assez simple à comprendre. L'unique médiateur, celui qui a pris l'initiative de notre salut, le Christ, a voulu lui-même parce qu'il est le fondateur de cette nouvelle alliance, nous créer médiateur avec lui. Vraiment, il nous a instauré et c'est sa liberté. Donc, lorsque des protestants critiquent ce titre en disant "Vous enlevez au Christ son statut d'unique médiateur", et bien en réalité ils

6:13 enlèvent de l'honneur Christ puisque ils disent que le Christ n'est pas assez humble et que sa place de premier, il voudrait la défendre, que la Vierge Marie viendrait donc lui enlever cet honneur. Bien sûr que non. Au contraire, en se posant ainsi, il nous est révélé l'immense humilité du cœur du Christ. Et donc la rédemption est manifestement plus révélée. Les protestants très souvent s'opposent à nous catholiques et orthodoxes en disant "Vous voyez, vous retirez au Christ le fait qu'il est l'unique médiateur." Et nous leur répondons facilement, "Mais est-ce que par hasard nous nous chrétiens ici sur la terre, nous n'avons pas à prier pour notre prochain ? Si nous avons à prier pour notre prochain, c'est bien que nous sommes quelque part médiateurs,

6:59 intercesseurs. Alors, sous ce rapport là, on peut le dire, il cède et il ne reste comme argument simplement de dire "Ben d'accord, on peut prier les uns pour les autres, admettons." Mais en tout cas, on ne peut pas demander au seint du ciel de prier pour nous. Ils dorment actuellement. Nous leur répondons et bien discutons-en. Est-ce qu'ils dorment actuellement ou est-ce qu'ils sont vivants ? Est-ce que dans la parabole de du riche et de Lazar, est-ce que Abraham est en train de dormir ? Est-ce que quand il est apparu à Jésus et Moïse et Élie à la transfiguration, est-ce que Moïse et Élie dormaient ? Je passerai, c'est en dehors du sujet. Les musulmans quant à eux sont beaucoup plus durs que les protestants. Ils

7:45 disent toute personne qui associe au Dieu unique le seul qui peut ainsi pour nous faire quelque chose. Toute personne qui associe un homme quel qu'il soit ou un ange, il est associateur et c'est un péché qui jamais ne sera pardonné ni en ce monde ni dans l'autre. Ils iront tous en enfer. Et donc, il considère que nous qui faisons de Jésus-Christ Dieu fait homme et qui prions aussi la Vierge Marie comme une petite femme qui n'est pas Dieu, mais qui l'associons à Dieu, nous irons en enfer tout cas pour les plus les plus disons les plus durs parmi les musulmans. Mais là, en ce qui concerne cette critique musulmane, nous n'avons pas à répondre. Après tout, ils ne sont pas chrétiens, ils sont d'une autre famille et ce serait bien malheureux si au prétexte de discussion avec une autre

8:31 religion, nous abandonnions le contenu de notre foi. Alors, regardons plutôt une critique qui est portée par le document du dicaster à propos du titre accordé à la Vierge Marie de médiatrice de toutes les grâces. Qu'est-ce que dit le document ? Et bien ce titre n'est pas clairement fondé sur la révélation divine. Et en accord avec cette conviction, nous ne pouvons reconnaître, nous ne pouvons que reconnaître les difficultés qu'il comporte. Je répondrai qu'il n'est certainement pas fondé sur l'écriture, mais qu'il est certainement fondé dans la tradition et que Saint-Augustin en parle. Il fait même une comparaison en disant, "Regardez, il y a la mort, la mort du Christ sur la croix avec cette femme au pied de la croix qui reçoit

9:19 l'Esprit Saint pendant que son fils est dans son sommeil mystérieux et tout d'un coup naît l'Église et il fait le parallèle avec ce qui s'est passé à l'époque d'Adam et Ève dans le deuxième récit de la création. Quand Adam tombe dans un sommeil mystérieux, que Dieu prend sa côte, il façonne la femme et elle devient Ève, la mère de tous les vivants biologiques, tous les êtres humains qui ont un esprit. Et Saint-Augustin dit, il y a un parallèle, c'est évident, de même que l'ancienne Ève est la mère de tous les vivants biologiques, la noulève élève Marie et donc la médiatrice, la mère de tous les vivants spirituels. Aucun vivant spirituel ne peut naître à la vie de la grâce sans elle. Ça c'est bien la tradition. On peut le dire, mais est-ce que je fais une critique ici contre le document du préfet du caster de la

10:06 doctrine de la foi ? Non, disons que il n'y a pas d'infaillibilité en ce qui concerne l'approche historique de la tradition. Il y a l'infaillibilité ne porte quand un pape signe un document que sur le dogme, la doctrine universelle, pas sur l'étude historique. Donc voilà une petite critique. Le document continue et dit "Aucun être humain, pas même les apôtres ou la trèssainte Vierge Marie, ne peut agir en tant que dispensateur universel de la grâce. Seul Dieu peut donner la grâce et il le fait à travers l'humanité du Christ." Je répondrai : "C'est tout à fait vrai. C'est tout à fait vrai. Mais qu'est-ce qui empêche le Christ de vouloir passer par sa mère et par les autres saints du ciel ? Qu'est-ce qui l'empêche ? Lui, le

10:53 dispensateur de la grâce. Et ainsi, la grâce prend une teinte particulière, une teinte féminine, une teinte de douceur. C'est évident, c'est ainsi que fonctionne le ciel. Bref, en tout cas, maintenant pour le moment que le titre médiatrice de toutes les grâces est ambigu qu'il devra être creusé par l'église. Passons maintenant à des titres vraiment vraiment très ambigus qui posent problème. Et là, j'ai entendu dans les mails qu'on m'a envoyé que le document disait "C'est fini, s'en est fini" du titre de corédemptrice en fait. Il s'appuyait sur une parole qu'avait donné le pape François récemment quand il avait dit et c'est vrai, il s'était prononcé ainsi. Jamais la Vierge Marie n'a demandé d'être

11:39 désigné à titre de médiatrice de toutes les grâces, de corédemptrice et je me rappelle à l'époque, j'avais fait une petite vidéo en disant "Mais c'est très vrai, c'est très vrai. Elle n'a jamais demandé cela. Ce n'est pas elle qui a demandé cela, mais c'est son fils qui a demandé ça pour elle. Jamais elle, elle n'aurait osé demander une telle chose. Elle n'a jamais rien demandé d'ailleurs, jamais. Elle est infiniment, immensément humble. Donc, lorsqu'à l'époque certains s'étaient inquiétés de la parole du pape François en disant qu'il fermait une porte, et bien j'ai répondu "Non, c'est pas comme ça qu'il faut prendre les documents doctrinaux, mais dans leur précision presque géométrique." Et donc, il n'y avait pas en clair une condamnation solennelle et dogmatique du titre de corédemptrice, mais une parole

12:26 qu'on pouvait retourner un de cette façon-là. Alors, quelle est la vie de la congrégation ? La vie est ceci. D'abord, une étude historique. On voit que certains papes ont cité pour Marie dans ce titre de corédemptrice. Première constatation très vraie. Là, il y a eu une étude sérieuse. Le concile Vatican 2 n'emploie pas cette expression. Par contre, le pape Saint-Jean-Paul II utilise sep fois au moins dans sa prédication publique le titre de corédemptrice en l'appliquant à la Vierge Marie. Il y avait même eu en février 1996 une demande faite à l'ancienne congrégation pour la doctrine de la foi. Maintenant, c'est le dicast pour la doctrine de la foi pour examiner ce titre de corédemptrice. Et le pape Jean-Paul II

13:14 avait expliqué en disant ceci : "Manifestement, la corrédemption à quelque chose de scripturaire." Par exemple en Colossiens chapitre 1 verset 24 quand Saint- Paul dit alors qu'il souffrait énormément "En ce moment je trouve ma joie dans les souffrances que j'endure pour vous et je complète en ma chair ce qui manque aux épreuves du Christ pour son corps qui est l'Église." Il y a quelque chose de très fort mais c'est vrai. Ce n'est qu'une seule phrase dont le pape Jean-Paul II demandait à ses théologiens, le cardinal Ratzinger, en l'occurrence, d'étudier, de voir s'il y avait possibilité d'expliquer les choses. Quelques temps plus tard, le cardinal Ratzinger, qui deviendra plus tard le pape Benoît X avait répondu et avait dit

14:00 "Non, je ne suis pas favorable pour le moment. La signification précise de ce titre n'est pas claire et la doctrine qu'il contient n'est pas mure. Après la mort de Jean-Paul II, quand le cardinal Ratzinger était devenu le pape Bonoît X en 2002, il s'était exprimé de la même façon il avait dit "La formule corédemptrice est trop éloignée du langage habituel de l'écriture et même chez les pères de l'Église et il provoque ainsi des malentendus. Et le pape Bonoî Xais insistait sur le fait que toute la rédemption procède du Christ. C'est lui qui prend l'initiative. Il est donc bien le seul rédempteur. Et il disait donc le titre

14:45 porterait en lui beaucoup d'ambiguïé. C'est un terme mime qui dans l'expression semble erroné, difficile à utiliser. Le pape François quant à lui avait commenté, était allé plus loin et disait : "Ce titre ambigu risque d'obscurcir l'unique médiation salvifique du Christ et peut donc générer une confusion et un déséquilibre dans l'harmonie des vérités de la foi chrétienne. Il y a donc un souci pastoral, souci d'éviter des ambiguïtés. Et il le disait, lorsqu'une expression nécessite des explication nombreuses et constantes afin d'éviter qu'elle ne s'écarte d'un sens correct, alors elle ne rend pas service à la foi du peuple de Dieu et elle devient même gênante. C'est donc une position pastorale pour

15:33 le moment. Donc voilà, rien d'autre, la porte n'est pas fermée. Je voudrais pour ma part donner ma conclusion, que chacun en fasse qu'il le veulent. On a dans l'écriture un texte très carré, un texte qui semble s'approcher de cette question. Par exemple, en Matthieu chapitre 23 verset 9, je lis n'appelez personne votre père sur la terre, car vous n'en avez qu'un, le père qui est au cieux. Ne vous faites pas non plus appeler directeur, car vous n'avez qu'un directeur, le Christ. Les protestants ont eu tendance à appliquer cette parole matériellement en disant et en reprochant aux catholiques et aux orthodoxes. Pourquoi je dis ce cite souvent les orthodoxes ? Parce que c'est exactement la même foi que nous.

16:18 C'est pas sur ce point-là qu'il y a une différence hein, mais ça encore c'est hors sujet. Et bien en réalité notre paternité à nous, elle est déléguée, elle est je dirais dépendante de la création du Père. Et quand le Père nous a créé, quand il a créé Adam et Ève, qu'a-t-il fait ? La première chose qu'il a fait, c'est de faire d'Adam et d'Ève un père et une mère. Dès le premier récit de la création, il les fit à son image et leur dit : "Multipliez, multipliez-vous." Ce qui veut dire que si quelqu'un en s'appuyant sur ce texte refusait d'appeler son père papa, évidemment, il ne serait pas dans la tradition, il ne comprendrait pas. Il faut simplement savoir que quand nous sommes pères, nous créons, nous procréons le corps de notre

17:04 enfant avec notre femme et Dieu crée son âme. Quand nous sommes pères, nous avons vraiment un rôle éducateur. Mais c'est Dieu qui crée la grâce au moment du baptême. Mais nous communiquons vraiment une éducation humaine avec de l'amour, de l'autorité et l'enfant grandit. Donc, nous sommes de vrais pères par délégation. Est-ce que c'est une explication compliquée ? Bien sûr que non, tout le monde la comprend. De la même façon quand nous appelons mon père un prêtre, c'est parce que nous savons, il nous communique les sacrements la vie de la grâce quand nous t'appelons non mon père un directeur spirituel en utilisant le terme de directeur, c'est parce que il nous communique un enseignement qui nous fait grandir dans la grâce. Il a une vraie paternité sur notre âme pour que nous grandissions vers Dieu. Le titre

17:51 est tout à fait acquis. Il est dans la tradition et pourtant en apparence contre l'écriture. Appliquons maintenant la même chose à la corédemption de Marie et vous allez voir tout devient simple et clair. C'est important. Il faut se souvenir de ce qu'avait dit bois l'eau. Quand une vérité s'exprime et se comprend facilement, alors elle s'exprime en peu de mots. Il faut peu de mots pour l'expliquer. C'est très simple à comprendre. Oui, le Christ est le seul rédempteur. Il vient lui du haut du ciel, il se fait homme, il choisit sa mère, il vient sur la terre, il prêche et puis il choisit le moment où il va mourir sur la croix. Personne ne l'aurait arrêté s'il ne s'était livré. Et donc, il est mis sur la croix. C'est bien lui qui est source

18:37 de la grâce. Nous ne sommes nous source de rien du tout. Nous sommes des serviteurs quelconques. Nous ne servions pas à grand-chose. Mais qu'est-ce qu'il fait à la croix ? Quelle est cette rédemption ? C'est la nouvelle alliance, n'est-ce pas ? Alliance, c'est-à-dire mariage, un mariage d'amour. Or, quand Saint- Paul dit, "Regardez le mariage", c'est dans l'épitre aux Éphésiens, c'est l'image de cette nouvelle alliance. Vous voulez comprendre le mariage, regardez le rapport entre le Christ et l'Église. Donc nous nous traduisons entre le Christ et la Vierge Marie qui était toute l'Église à la croix. L'Église se réduisait à la personne de la Vierge Marie. Tous ceux qui étaient là ne faisaient pas encore partie de l'église. Saint-Jean ne croyait plus. Marie-Madeleine était venue par amour humain.

19:23 Et bien dans un mariage, si le mari dit oui, oui, je te veux comme épouse et que l'épouse, simple petite chose, qui reçoit dans la confiance ne répond rien. Il n'y aura pas mariage. Il fallait donc absolument que nous représentants à la croix, une personne lucide, sachant tout, ayant tout compris, répond oui au nom de l'humanité, à l'alliance. Et ainsi l'alliance a été créée. Si donc la nouvelle alliance est un échange de consentement comme dans un mariage entre un époux, le Christ qui prend l'initiative, une épouse adulte, mû comprenant les choses, qui accepte et collabore. Alors, il y a bien corrédemption. Il ne peut pas y avoir

20:08 mariage si la femme n'a pas dit oui. Il ne peut pas y avoir rédemption s'il n'y a pas la réponse d'abord de la Vierge Marie. D'où son titre chez les orthodoxes 10 pères du lit de mère de tous les vivants. Mais si nous-mêmes nous ne répondons pas oui en ce qui nous concerne nous-mêmes et l'éducation de nos enfants, nous devenons donc nous aussi corrédempteurs. Voilà, il n'y a rien d'autre à comprendre, tout est là. Donc je pense vraiment qu'un jour un pape qui viendra s'appuyant sur toute la tradition sur cette méditation des chrétiens proclamera le dogme de la corrédemption mais en l'expliquant exactement comme on l'a fait pour le dogme de la maternité divine qui possédait en lui aussi de l'ambiguïté.

20:54 Mais pour ceux qui voulaient le maintenir dans l'ambiguïté, j'en ai parlé. D'autre part, cette phrase de Saint- Paul, je voudrais la rappeler. Elle va plus loin que ce que je dis. Colossiens 1:24. En ce moment, je trouve ma joie dans les souffrances que j'endure pour vous. Je complète en ma chair ce qui manque aux épreuves du Christ pour son corps qui est l'église. Quoi ? Il manquerait quelque chose aux souffrances du Christ ? Le Christ a tout accompli, disent les protestants. Je me suis amusé plus d'une fois à leur donner cette parole sans dire qu'elle venait de l'écriture en disant qu'elle venait par exemple de Saint-Maximilien Colbe ou de Saint-Louis-Marie Grignon de Monfort. Il me disait "Vous voyez, vous êtes hérétique." Et puis quand je leur disais, "Regardez la vraie référence. Ah, ils étaient tout, c'était dans l'écriture." Oui, cette phrase semble

21:40 hérétique. Il manquerait quelque chose à la rédemption du Christ, lui qui a tout accompli. Ben oui, à savoir que il veut lui le seul rédempteur notre participation. À sa croix, nous pouvons porter sa croix et je dirais même plus les religieuses contemplatives l'ont tout de suite comprise. À savoir que au-delà des temps, tel que c'était il y a 2000 ans, une religieuse qui souffre, qui offre sa souffrance, et bien il y a 2000 ans, parce que Dieu est au-delà des temps qu'à la croix il contemplait tout, elle diminue la souffrance du Christ. Elle prend une part de la croix du Christ comme saint Paul au point que le Christ n'est resté sur la croix que 6 heur grâce à cela, grâce à ceux qui dans tous les temps et tous les lieux l'ont aidé à porter sa croix

22:27 comme Saint-Simon de sirène. Alors que concluraiis-je et bien pour ceux qui ont eu des doutes, qui ont eu le cœur percé par ce document venant du dicaster de la doctrine de la foi, qu'il ne s'inquiète pas. Ce dicaster ne ferme pas par un document dogmatique infaillible la porte ? Non. Il dit "Laisons mûir les choses, on verra. En son temps ça viendra." Et d'ailleurs, pour bien le comprendre hein, le texte qui dit tout ça en clair dans l'écriture se trouve à la fin de l'Apocalypse au chapitre 1 verset 6. Jésus a fait de nous des rois et des prêtres. Un prêtre c'est quoi ? C'est un médiateur et c'est un sacrificateur. Il se sacrifie le prêtre, il s'offre en sacrifice. Donc le

23:12 Christ a fait de nous des rois et des prêtres pour son Dieu et Père. À lui donc la gloire et la puissance pour les siècles des siècles. Donc comme nous connaissons l'église, comme nous connaissons le fonctionnement avec l'Esprit Saint, viendra un jour où un pape dira "C'est mur Et donc ce sera donné dogmatiquement avec l'explication qui j'espère et je le dis peut-être pour l'avenir qu'elle tiendra. Pas besoin de 5 pages de 30 pages de texte. Ce qui se comprend bien s'explique en peu de mots. En 10 lignes. On peut tout expliquer avec l'analogie du mariage que je viens de donner.

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