Le “Trump Trade” a-t-il déjà échoué ?

Xavier Delmas www.youtube.com

Bref Résumé

Cette vidéo examine comment les marchés financiers réagissent souvent de manière inattendue aux élections présidentielles, en particulier aux États-Unis et en France. Elle souligne que les promesses de campagne et les narrations politiques ont tendance à influencer les investisseurs à court terme, mais que les fondamentaux économiques et les tendances mondiales ont un impact plus significatif à long terme. La vidéo met en évidence le "paradoxe présidentiel", où les marchés boursiers ont historiquement mieux performé sous les présidents démocrates, malgré la perception que les républicains sont plus favorables aux entreprises.

  • Les marchés se trompent souvent sur l'impact des élections.
  • Les fondamentaux économiques et les tendances mondiales sont plus importants que la politique.
  • Le "paradoxe présidentiel" montre que les démocrates ont souvent de meilleurs résultats boursiers.

Introduction : Réélection de Trump et Réaction Initiale du Marché

L'auteur invite à se projeter en tant qu'investisseur juste après la réélection fictive de Donald Trump en 2024, où le Congrès bascule entièrement du côté républicain, enflammant Wall Street. À l'époque, on parlait d'un "red sweep", une vague républicaine, synonyme d'une nouvelle ère pro-business avec moins d'impôts, moins de réglementations et plus de protectionnisme. Les investisseurs se sont alors rués vers les actifs symbolisant l'économie américaine, favorisant les secteurs bancaires, l'énergie, les petites valeurs américaines, les cryptomonnaies et même le dollar. Même Tesla a connu une hausse, malgré le scepticisme de Trump envers les voitures électriques, grâce au soutien d'Elon Musk.

Désillusion Post-Élection : L'Essoufflement des "Trump Trades"

Un an après cette réélection fictive, la plupart des "Trump trades" se sont essoufflés. Les actions mondiales hors États-Unis ont surpassé les actions américaines, les petites valeurs américaines ont été distancées, et les valeurs énergétiques ont déçu. Le dollar s'est affaibli face à l'euro et au yen. Les secteurs les plus performants en 2025 ne sont pas ceux favorisés par Trump, à l'exception des financières. Les valeurs technologiques, les services aux collectivités (liés à l'électricité pour les data centers) et les valeurs de la communication, tirés par l'IA, ont dominé. Le marché a suivi les semi-conducteurs et les data centers, contrairement aux attentes de Trump axées sur l'industrie et le pétrole.

Le Décalage entre Promesses et Réalité : L'Exemple de Trump

Les marchés adorent les histoires basées sur les promesses de campagne avant les élections, mais la réalité reprend le dessus dans les mois qui suivent. Trump a mis en œuvre ses promesses électorales, baissant massivement les impôts des entreprises, lançant une guerre commerciale avec la Chine, renégociant des accords de libre-échange et soutenant les vieilles industries comme le pétrole, l'acier et le charbon. Cependant, cette politique a entraîné un envol du déficit public, une augmentation de la dette américaine et un retour de l'inflation. Même le déficit commercial n'a pas reculé malgré les tarifs douaniers. Le champion du "moins d'État" a surtout creusé la dette, illustrant le fossé entre les discours et la réalité économique.

Le "Presidential Puzzle" : Les Marchés se Trompent Régulièrement

Les marchés se trompent régulièrement sur les effets des élections. Sous Biden, le secteur pétrolier a surperformé, contrairement aux attentes. Sous Obama, les actions ont connu l'un de leurs meilleurs cycles de hausse, malgré sa réputation anti-business. Les économistes appellent ce phénomène le "presidential puzzle". Historiquement, la bourse américaine a mieux performé sous les présidents démocrates que sous les républicains, contredisant la perception que les républicains sont plus favorables aux entreprises.

L'Exemple de Joe Biden et du Secteur de l'Énergie

Pendant la campagne de 2020, Trump affirmait que Biden allait détruire l'industrie pétrolière, et beaucoup d'investisseurs l'ont cru. Pourtant, entre 2021 et 2023, le secteur pétrolier et gazier a été le meilleur de la bourse américaine. La production de pétrole des États-Unis a atteint un niveau record sous Biden, dépassant même celui du premier mandat de Trump. Les cinq géants du secteur ont cumulé plus de 250 milliards de dollars de bénéfices. Cela était dû à la reprise post-Covid, à la guerre en Ukraine et à la hausse des prix du baril, et non à la politique de Biden. Les investisseurs ont voulu interpréter la politique au lieu de regarder le cycle économique et la demande mondiale.

L'Importance des Fondamentaux et des Tendances Globales

Les marchés oublient à chaque élection de se concentrer sur les fondamentaux et les cycles économiques, qui sont plus importants que les narrations politiques à court terme. Le "Trump trade" illustre ce biais de narration, où l'on aime les histoires simples et catégoriser les présidents. Cependant, dans une économie mondialisée, l'impact d'un président, même américain, reste limité. Les entreprises s'adaptent aux tarifs douaniers en délocalisant ou en changeant de fournisseurs. À long terme, ce sont les tendances globales comme la technologie, l'IA, la transition énergétique et la transition démographique qui impactent la productivité des entreprises.

Le Paradoxe en France : Performances du CAC 40 et Politique

En France, on retrouve le même paradoxe en comparant les performances du CAC 40 avec la couleur politique du président au pouvoir. Les crises boursières ont eu lieu sous des présidents de droite, tandis que sous François Hollande, considéré comme moins favorable aux marchés, le CAC 40 a connu des hausses quasi ininterrompues. Ni le président, ni le gouvernement n'ont vraiment la main sur les performances des grandes entreprises, qui sont plus influencées par la croissance chinoise, les taux américains ou le prix du pétrole. La vidéo invite les spectateurs à partager en commentaire l'importance qu'ils accordent à la politique dans leurs décisions d'investissement.

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0:00 1 an maintenant que Trump a été réélu 10 mois qu'il est au pouvoir pour son deuxème mandat. Alors, je sais pas vous mais moi j'ai l'impression qu'il est revenu au pouvoir il y a 3 ans tellement il est sur le devant de la scène tellement il a pris des décisions drastiques d'un côté et de l'autre sur les droits de douane mais pas mais pas seulement. Et justement, j'aimerais qu'on se remette dans les chaussures d'un investisseur en novembre 2024 juste après la réélection de Donald Trump, quand le Congrès a basculé entièrement du côté républicain et que Wall Street s'est enflammé. À l'époque on parlait d'un red sweep, c'est-à-dire d'un rat de maré républicain, d'une nouvelle ère prousiness avec moins d'impôts, moins de réglementation, plus de protectionnisme et logiquement tous les investisseurs se sont rués vers les actifs qui symbolisaient l'économie américaine. La mode, c'était de jouer les actifs et les entreprises que Trump allait favoriser. Donc, on avait les

0:45 bancaires, on avait l'énergie, on avait les petites valeurs américaines, les cryptonnaies et même le dollar. Et si vous souvenez, même Tesla a doublé en quelques semaines alors que normalement les voitures électriques, c'est pas trop le truc de Trump. Mais comme son plus grand supporter à l'époque s'appelait Elon Musk, ça un petit peu changé depuis, bah ça marchait aussi. Donc tout ce qui était lié de près ou de loin à Trump a explosé au moment de son élection. C'était l'euphorie, c'était America First, c'était vraiment le reste du monde ensuite. Donc on peut faire un petit peu les comptes un an plus tard et on voit que la la plupart de ces fameux tram trades se sont vite essoufflés. On a par exemple le trade purement américain ben qui marche moins bien. Les actions mondiales hors États-Unis ont battu les actions américaines. Les petites valeurs américaines sont encore plus loin derrière et les valeurs de l'énergie ont dessus. Et quand on regarde du côté des monnaies, bah le dollar s'est affaibli face à l'euro et

1:31 face au yen. Et quand on passe du côté des secteurs pour voir quels sont les secteurs qui ont le mieux performé en 2025, on voit que ce sont pas les secteurs favoris de Trump à part les financières qui s'en sont bien tirés parce que ce qui a le mieux marché, ce sont les valeurs technologiques, les services aux collectivités et les valeurs autour de la communication. autrement dit tous les secteurs qui sont tirés par l'IA puisque la partie service au collectivité c'était surtout tout ce qui est lié euh à l'électricité puisque vous le savez les data center ont des euh demandes électriques qui sont énormes. Donc finalement c'est l'IA qui a tiré les performances de l'année écoulée notamment du côté des actions américaines et pas du tout ce que nous disait Trump. Trump lui il parlait surtout d'industrie, il nous parlait d'usine de pétrole mais le marché lui a suivi les semi-conducteurs et les data centers. Et c'est là qu'on voit le problème. Avant l'élection, les marchés adorent inventer des histoires basées

2:17 sur les promesses de campagne, basé sur le storytelling des candidats. Mais finalement, dans les mois qui suivent une élection, bah typiquement ce qu'on vit maintenant, c'est la réalité qui prend le dessus et les promesses de campagne, elles nous paraissent un petit peu loin. Et pourtant, Trump, on peut pas lui reprocher de ne pas avoir mis en application ses promesses électorales sur le terrain. Il est pas resté les bras croisés, il a vraiment agi parfois de façon brutale. Donc, il a massivement baissé les impôts des entreprises. Il s'est lancé dans une guerre commerciale avec la Chine. Il a renégocié beaucoup d'accords de libre échange. Il a soutenu les vieilles industries, donc j'en ai déjà parlé, le pétrole, mais aussi l'acier, le charbon et cetera. Mais bien sûr, cette politique économique a eu un coût. Le déficit public s'est envolé, la dette américaine a continué à augmenter et l'inflation est revenue. Et même le déficit commercial, malgré les tarifs doigniers, il a pas vraiment reculé. Donc au final, le grand champion du

3:03 moins d'État aura surtout réussi à creuser la dette. Comme quoi, entre les discours et la réalité économique, il y a souvent un monde. Et c'est pas un cas isolé depuis près d'un siècle. Les marchés se trompent régulièrement sur les fait des élections. Sous Biden, par exemple, le secteur pétrolier a surperformé alors qu'on attendait exactement l'inverse. Sous Obama, par exemple, les actions ont connu l'un de leurs meilleurs cycles de hausse alors qu'il était présenté au début comme antibusiness. Aujourd'hui, on va donc essayer de comprendre pourquoi les investisseurs se trompent presque toujours lorsqu'ils parient sur la politique. Est-ce que l'histoire et les chiffres nous apprennent sur ces fameux traits éélectoraux ? Et d'ailleurs, les économistes ont un nom pour parler de l'un de ses effets les plus surprenants. Ils appellent ça le presidential puzzle le paradoxe présidentiel. Historiquement, la bourse américaine a nettement mieux performé sous les présidents démocrates que sous les

3:50 républicains. Oui, vous avez bien entendu. Ce sont ceux qu'on présente comme étant le moins pro business qui était au pouvoir pendant les meilleures hausses de marché. Pourtant, depuis que j'investis en bourse, à chaque élection les investisseurs répètent le même réflexe. C'est-à-dire un président républicain, c'est bon pour les entreprises, un président euh démocrate c'est plus de réglementation, donc c'est mauvais pour les marchés. Et à chaque cycle, les données viennent nous rappeler que la réalité est complètement différente et même souvent assez bizarrement, c'est l'inverse. Et s'il y a bien un exemple qui résume tout ça c'est celui de Joe Biden et du secteur de l'énergie. Alors, je sais pas si vous vous en souvenez, mais pendant la campagne de 2020, Trump répétait à chaque meeting que Joe Biden allait détruire l'industrie pétrolière. Et au lendemain de l'élection, beaucoup d'investisseurs l'ont cru. Ils anticipaient un craque sur les valeurs énergétiques. Et c'est finalement assez logique. Quand on regarde le programme

4:37 démocrate à cette époque, il promettait une transition rapide vers les renouvelables. Il promettait plus de contraintes environnementales et il promettait aussi des incitations fiscales massives pour tout ce qui est énergie verte. Et pourtant, entre 2021 et 2023, le secteur pétrolier et gazier a été le meilleur de la bourse américaine. Plus 55 % en 2021 et plus 66 % en 2022. Sous Joe Biden, la production de pétrole des États-Unis a atteint un niveau record, dépassant même celui du premier mandat de Trump. Les cinq géants du secteur ont cumulé plus de 250 milliards de dollars de bénéfices entre 2021 et 2023. Alors en réalité évidemment ça n'a rien à voir avec Joe Biden. Ce sont la reprise post Covid, la guerre en Ukraine et la hausse des prix du baril qui ont dopé les profits dans un marché mondial où la demande a

5:23 rebondi bien plus vite que l'offre. On se retrouve donc avec l'administration la plus verte de l'histoire américaine à la tête du pays pendant le plus grand boom pétrolier jamais observé. Pour moi c'est vraiment un cas d'école. Les investisseurs ont voulu interpréter la politique alors qu'il fallait simplement regarder le cycle économique, les prix de l'énergie, la demande mondiale, les ruptures d'approvisionnement, tout ça a compté bien plus que le parti au pouvoir. Et ça, c'est une leçon que les marchés oublient à chaque élection. À chaque fois, on se focalise sur les narratives politiques alors qu'ils vont durer quelques semaines, maximum quelques mois alors que les fondamentaux eux n'ont pas drastiquement changé lors du passage d'un président à un autre. pareil pour les cycles, c'est ça qui compte réellement en bourse. Et finalement le Trump trade, c'est une parfaite illustration de ce biais de narration parce qu'on aime les histoires simple. Voilà, tel président est pro

6:08 business, l'autre il va tout casser, ça rassure, c'est simple, on met les gens dans des dans des boîtes, on adore la simplicité surtout en en bourse. Mais pour moi, le monde il fonctionne plus du tout comme ça. Dans une économie mondialisée comme aujourd'hui. L'impact d'un président, même américain, il reste finalement assez limité. Et quand Trump a dégainé de nouveaux tarifs doigniers bah les autres pays répliquent les entreprises, elles elles s'adaptent elles vont délocaliser, elles vont changer de fournisseur, elles vont trouver d'autres marchés. Donc finalement l'impact est bien plus limité que ce qu'on s'imaginait. Alors attention, évidemment un tweet, une mesure politique, elle peut créer du bruit à court terme, mais finalement à long terme, ce sont toujours les tendances globales qui vont réellement impacter la productivité des entreprises en ce moment. ça va être la technologie l'IA, la transition énergétique, la transition démographique et tout ça. Je

6:54 trouve que c'est flagrant quand on regarde la politique américaine et c'est évidemment encore pire quand on regarde la politique française. Donc j'ai comparé les performances du CAC 40 dividend inclus avec la couleur politique du président au pouvoir. Et là aussi, on retrouve le même paradoxe. Pour moi, c'est un petit peu du hasard si on veut, mais c'est que les crises boursières, les pires crises boursières ont eu lieu sous des présidents de droite, pourtant considérés comme prousiness. Si on regarde l'éclatement de la bulle internet, c'était sous Jacques Chirac. La crise financière de 2008, c'était sous Nicolas Sarkozy. Et à l'inverse, sous François Hollande qui était pourtant pas vraiment le chouchou des marchés, on a vu des hausses quasi ininterrompuses du CAC 40 et en plus pas une seule année négative. Mais pour moi en réalité, c'est très logique parce que ni le président, ni le gouvernement, ni l'Assemblée nationale, ni n'importe qui du côté politique n'a vraiment la main

7:40 sur les performances des grandes entreprises. Et dans une économie mondialisée, euh les entreprises vont être bien plus influencées par, je sais pas, la croissance chinoise, les taux américains ou bien le pire prix du pétrole que euh qui se trouve réellement à l'Élysée. Et vous, je sais pas à quel point vous tenez compte de ce qui se passe par exemple dans la politique française en ce moment ou bien à l'époque de l'élection des présidents américains. Est-ce que pour vous c'est un gros critère, petit critère ou absolument pas un critère ? Les données nous laissent penser que c'est absolument pas un critère que ce soit aux États-Unis ou en ou en France, mais ça m'intéresse de savoir si pour vous la politique a réellement un impact sur la bourse ou bien pas du tout. Voilà n'hésitez pas à me mettre ça en commentaire. Merci encore pour votre fidélité et à bientôt pour une autre vidéo.

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