Paris haussmannien : ce que l’on ne voit plus | Franck Ferrand

Bref Résumé

Cette vidéo explore les transformations de Paris sous le Second Empire, souvent attribuées au baron Haussmann, mais en réalité orchestrées par Napoléon III. Elle corrige deux erreurs courantes : la période de construction des immeubles haussmanniens et le véritable maître d'œuvre de ces changements. La vidéo aborde également l'impact de ces transformations sur la société parisienne, notamment la stratification sociale verticale dans les immeubles et les différences marquantes entre le Paris d'alors et celui d'aujourd'hui, en termes de commerce, d'ambiance sonore et d'importance de l'apparence.

  • Les travaux d'Haussmann visaient à moderniser et sécuriser Paris.
  • Napoléon III était le véritable architecte de la transformation de Paris.
  • La stratification sociale se reflétait dans la structure des immeubles parisiens.
  • Le Paris du XIXe siècle était marqué par une forte activité commerciale de proximité et une ambiance sonore particulière.
  • L'apparence et le spectacle étaient primordiaux dans la société parisienne de l'époque.

L'héritage d'Haussmann et le rôle de Napoléon III

L'auteur explique que les annonces immobilières parisiennes font souvent référence au style haussmannien, évoquant les grands travaux menés par le baron Haussmann sous le Second Empire. Il souligne que Paris avant Haussmann était une ville médiévale avec des rues étroites et insalubres, tandis qu'après Haussmann, elle est devenue une ville de larges avenues, rationnelle et facile à surveiller. Ces transformations facilitaient également le déplacement des troupes pour réprimer les insurrections. L'auteur corrige une première erreur courante : la plupart des immeubles dits haussmanniens ont été construits après le passage d'Haussmann, entre 1890 et la Première Guerre mondiale. Il insiste sur le fait que le véritable maître d'œuvre de ces transformations n'était pas Haussmann, mais Napoléon III lui-même, qui souhaitait faire de Paris une capitale internationale moderne et efficace.

Le style Napoléon III et les destructions

L'auteur raconte une anecdote sur la présentation des plans de l'Opéra de Paris par Charles Garnier à l'impératrice Eugénie, où Garnier qualifie le style de l'opéra de "style Napoléon III" pour éviter les critiques. Il souligne que Napoléon III a supervisé personnellement la rénovation de Paris, en s'inspirant des plans de son oncle Napoléon Ier. Ces rénovations ont entraîné la destruction de nombreux bâtiments, y compris de magnifiques hôtels particuliers datant de l'époque de Louis XVI. Paris comptait alors plus de 280 hôtels particuliers, de véritables palais remplis d'œuvres d'art et entourés de grands jardins. La richesse de Paris à cette époque était extravagante, mais la ville était construite de manière incohérente, nécessitant de vastes percées et des destructions pour créer la ville haussmannienne.

L'ambiance olfactive et la stratification sociale

L'auteur décrit l'atmosphère de Paris en 1870, marquée par une forte odeur de crottin de cheval due à la présence d'environ 120 000 chevaux dans la ville. Cette odeur était principalement poussée vers l'est par les vents dominants, expliquant en partie pourquoi les beaux quartiers se sont développés à l'ouest. Il explique que la répartition sociale à l'époque était verticale, en fonction de l'étage dans les immeubles. Les commerçants étaient au rez-de-chaussée, les familles modestes à l'entresol, la noblesse au premier étage (l'étage noble), la bourgeoisie aux étages supérieurs, et les domestiques dans les chambres de bonne sous les toits.

L'organisation intérieure des appartements et les fiacres

L'auteur décrit la distinction entre les pièces de réception et les pièces de service dans les appartements bourgeois du XIXe siècle. Les appartements étaient divisés en deux : une partie pour recevoir les invités (vestibule, salon, salle à manger) et une partie privée pour la famille. Un appartement de service était adjoint, avec des couloirs, des cuisines et des lingeries pour le personnel. La partie réservée au service était plus petite mais plus densément peuplée en raison du grand nombre de domestiques employés par les familles bourgeoises. Pour se déplacer dans Paris, les gens utilisaient des fiacres, des voitures de location dont le prix était déterminé par un taximètre, ancêtre du taxi moderne.

Trois différences marquantes entre le Paris d'hier et d'aujourd'hui

L'auteur met en évidence trois différences majeures entre le Paris du XIXe siècle et le Paris contemporain. Premièrement, le tissu commercial était caractérisé par une multitude de petits commerces de proximité, essentiels en raison des moyens de transport limités. Deuxièmement, la présence de nombreux crieurs de rue et le bruit des chevaux et des charrettes créaient une ambiance sonore particulière. Troisièmement, l'apparence et le spectacle étaient primordiaux, avec une société où l'on s'habillait avec soin et où l'on se promenait en landau pour admirer les façades haussmanniennes, créant ainsi un spectacle de prospérité et de grandeur.

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Transcription

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0:11 [musique] Si vous entrez dans une agence immobilière parisienne. Vous verrez que de très nombreuses annonces parlent d'osmanien, immeuble osmanien, [musique] quartier osmanien. De quoi parle-t-on ? On parle bien sûr des énormes travaux [musique] qui ont été menés par le préfet de la scène. Il s'appelait le baron Osman à l'époque du second [musique] empire. Il faut imaginer ce qui était Paris avant Osman et Paris après Osman. Nous avions une ville qui était encore en grande partie médiévale

0:58 avec des petites [musique] rues plus ou moins étroites, souvent un peu encaissé où l'air ne circulait pas, où l'on ne voyait pas facilement la lumière. et après [musique] Ostman, des boulevards, des avenues de grandes artères, une rue, une ville rationnelle et une ville qu'il était possible de surveiller. Ça c'est un des aspects pour comprendre ce qu'a travail d'Ossman. c'est qu'avec ces grandes places et avec ces grandes avenues, on pouvait très facilement faire circuler des régiments qui pouvaient prendre possession de la capitale, qui pouvaient liquider les insurrections possibles qui empêchaient ce qu'on appelait les barricades. Et oui, [musique] on se rappelait les barricades de 1792, celles de 1830,

1:44 [musique] celle de 1848. On avait pas envie que ça recommence. Le Paris de 1875 est donc un paris osmanien, même si la plupart des immeubles que vous voyez [musique] nom d'Osmaniens que le nom, car ils ont été construits plutôt dans les années 1890, 1900, 1910 en [musique] gros jusqu'à la Première Guerre mondiale. On construit encore de l'Omanien dans Paris jusqu'à la Première Guerre mondiale. Ça c'est la première erreur qu'on commet quand on emploie le terme Osmanien. Il y a une deuxième erreur qui est encore plus importante, c'est que celui qui est à la manœuvre, celui qui a tout organisé, l'homme qui a redessiné Paris pour en faire une grande capitale internationale efficace et rationnelle, ce n'est pas le préfet de la scène, ce n'est pas le baron Osman. En vérité, c'est l'empereur

2:29 lui-même. Napoléon I connaissait très peu la France. Il avait presque toujours vécu en exil. Il avait vécu en Suisse, en Italie beaucoup. Il avait vécu en Angleterre. Il avait ensuite été fait prisonnier au moment de son coup d'état. manqué. Le roi Louis-Philippe l'avait fait incarcérer au fort de âme, ce qui fait qu'il ne connaissait pas la France et qu'il ne connaissait quasiment pas Paris. Quand il arrive et qu'il découvre cette capitale dont le monde entier parlait et qui se trouvait insalubre très difficile d'accès, Napoléon I a dit "Je veux que la grande œuvre de mon règne soit la rénovation de la capitale." Et c'est lui à titre personnel qui sur les plans de son oncle Napoléon Ier a tracé les grands axes, a

3:14 développé le plan urbain de Paris et derrière Osman, il y avait en vérité Napoléon Itait personnellement à la manœuvre. On se rappelle toujours cette anecdote hein au moment de la présentation des plans de l'opéra d'une nouvelle opéra de Paris qui a été confié à un jeune architecte Charles Garnier. Garnier est là, il vient au tuilerie présenter sa maquette à l'empereur à l'impératrice Eugénie. Et l'impératrice fait le tour. Elle voit qu'il y a des pilastres [musique] Louis X, qu'il y a des feuilles d'Acante très Louis XIV, que les encadrements de fenêtres sont plutôt Louis XV. Mais elle [musique] comprend pas bien, dit "Mais on a l'impression qu'il y a tous les styles, monsieur monsieur Garnier, sur votre maquette. Quel est ce style que je ne reconnais pas ? Madame, vous ne pouvez

4:01 pas le reconnaître", répond Garnier. "Votre majesté doit savoir qu'il s'agit du style Napoléon I. C'était une façon de faire sa cour et c'était une façon évidemment de liquider les critiques. Qui aurait osé critiquer le style Napoléon 3 ?" L'empereur est donc à la manœuvre pour rénover sa ville, pour liquider tous ces îot d'insalubrité. Au passage, on a fait beaucoup de destruction. On a détruit des choses qui étaient moches, qui étaient complètement de briquet de broc. Mais on a aussi, et c'est plus grave, euh détruit un certain nombre de très belles demeures. Dites-vous que sous le règne de Louis 16, donc on remonte là euh un siècle en arrière avant la révolution, dites-vous que sous Louis X, il y avait dans la seule ville de Paris plus de 280

4:48 hôtels particuliers. Qu'est-ce qu'on appelait les hôtels particuliers à Paris ? C'était de véritables palais, des palais gigantesques de deux et trois étages qui étaient remplis jusqu'au plafond d'œuvre d'art, qui avait des parquets marquetés, des boiseries sculptées somptueuses, de grands miroirs. Il y avait dans chacun de ces palais des écuries, des ateliers, des cuisines, des laveries, des lingeries. Il y avait de grands jardins qui étaient constamment entretenus par une armée de jardiniers. Tous ces palais étaient à chaque fois des chef-dœuvres à peu près indescriptibles. Or, il n'y en avait pas 10. Il n'y en avait pas 30 de ces palais comme dans beaucoup d'autres capitales dans le monde. Il y en avait 280.

5:36 On ne peut même pas se faire aujourd'hui une idée de la richesse extravagante de cette ville, mais une ville qui s'était construite au hasard, au gré des circonstances, à la petite semaine et qui finissait par donner un ensemble qui n'était pas cohérent. Il a donc fallu faire de grandes trouées. Il a donc fallu abattre immeubles entiers. Il a fallu raser des quartiers et des pâtées de maison [musique] pour construire la ville osmanienne nouvelle. [musique] Alors évidemment avec ces beaux quartiers et ces quartiers [musique] moins beaux, ce qu'il faut pas oublier, c'est que quand vous entriez à Paris en 1870, ce qui vous frappait d'abord et avant tout, c'était l'odeur. Ah, vous allez me dire "Oui, il y avait pas d'égûts." On

6:22 était en train d'en construire des égouts. Vous allez me dire "Oui, il était difficile d'évacuer les ordures." Donc ça sentait un peu partout les poubelles. Oui, sans doute. Mais ce que ça sentait surtout, c'est le crottin de cheval. On a estimé qu'en 1890 à l'intérieur des murs de Paris, il y avait quelques 120000 chevaux. Je sais pas si vous imaginez ce que ça représente. Je sais pas si vous imaginez les montagnes de crottin que ça représente. On marchait quand on traversait les avenues, on marchait littéralement dans le crottin. Cette odeur extraordinaire, elle avait tendance à être déportée vers l'est parce que dans la région parisienne, la plupart des vents, 9 jours sur 10, les vents sont des vents d'ouest. Donc le vent pousse l'odeur du crottin vers les quartiers de l'Est. C'est la raison pour laquelle les beaux quartiers à Paris

7:07 [musique] sont à l'ouest et les quartiers plus populaires sont à l'est. Ça existe encore aujourd'hui ? On parle de l'Ouest parisien hein, le 16e, le 8e, le 7e arrondissement et puis [musique] les quartiers le 20e, le 13e et cetera qui sont des quartiers plus populaires. Ça vient de là, c'est l'origine de la chose. Mais cette répartition horizontale, si l'on peut dire, en fonction des classes sociales [musique] qui est notre répartition actuelle, elle était beaucoup moins vraie à l'époque parce qu'à l'époque la répartition sociale, elle se faisait plutôt de manière verticale. Il y avait selon l'étage où vous vous trouviez dans un immeuble et bien vous aviez affaire à une classe sociale différente. Vous aviez les commerçants qui étaient au rez-de-chaussée [musique] avec leurs boutiques, avec leurs entrepôts et cetera. Il partageait d'ailleurs le rez-de-chaussée avec [musique] les

7:53 palfreners, avec les cochers, avec les gens qui s'occupaient des chevaux et des voitures bien entendu. Et puis vous aviez un petit entesol [musique] qui était au-dessus, juste au-dessus du rez-chaussée où l'on mettait à la fois euh les familles de tous ces gens, le petit personnel et puis aussi, disons-le, les enfants de la bourgeoisie qui [musique] n'avaient pas encore les moyens de s'offrir de beaux logements. Et puis quand vous montiez, alors vous aviez le premier étage qui généralement était l'étage noble. Alors là, d'un grand appartement qui faisait des 4 et 5 m sous plafond avec des moulures, avec des grands parquets, des cheminées en marbre, avec [musique] des grands balcons assez somptueux qui faisaient d'ailleurs la fierté d'un immeuble qui ressemblait plutôt à une salle d'opéra si vous voulez. Et puis vous montz 2e 3e

8:39 étage. Là c'était pour la bourgeoisie [musique] avec souvent des appartements qui faisaient 3 m sous plafond avec de belles fenêtres mais [musique] qui n'avaient pas forcément de balcon et cetera. Puis quand vous montiez au 4e 5e étage, alors là ben là c'était pour les gens plus modestes, [musique] c'était pour les couturières. Vous n'oubliez pas qu'à l'époque il y avait pas de prêt à porter hein. Donc dans presque tous les immeubles, il y avait des couturières [musique] qui faisaient les vêtements des gens de la maison. C'était pour les artisans, c'était pour les gens plus modestes [musique] et puis alors encore au-dessus vous aviez l'armée des domestique. [musique] Parce qu'il faut imaginer ce que c'est que le 6e parfois le 7e étage. Là c'est une espèce de dédales impénétrable de petites chambres de bonne. Certaines des chambres faisaient 3 m². Je dis bien 3 [musique] m². Il y avait à peine de quoi

9:25 mettre une petite couche dans la chambre hein et on s'entassait dans ces chambres de bonne manière relativement insalubre. Et vous allez me dire pourquoi ? Ben parce que dans les beaux étages en dessous, [musique] on avait beaucoup de personnel. C'est l'époque où l'on fait la distinction entre les pièces de parade et les pièces de service. Quand vous entrez dans un appartement aujourd'hui, bah vous avez une grande pièce à vivre. Généralement, vous avez selon les moyens de de la famille, vous avez une deux trois chambres, vous avez une ou deux salles de bain et puis une cuisine. Et souvent la [musique] cuisine sert elle aussi de pièces à vivre. D'ailleurs, depuis une trentaine d'années, on s'est mis à ouvrir les cuisines. On fait ce qu'on appelle des cuisines à l'américaine avec une sorte de grand comptoir qui [musique] permet à la personne qui fait la cuisine de rester en contact avec les gens qui sont dans la pièce à vivre, dans le living

10:12 comme on disait dans les années 80. [musique] C'est pas du tout le cas au 19e siècle. Au 19e siècle, vous avez deux appartements qui sont dans les mêmes murs si vous voulez. Vous avez un appartement de parade avec les [musique] pièces de réception. Généralement, un grand vestibule, une entrée, une bibliothèque, un salon, une salle à manger. Ça c'est pour recevoir, c'est pour la vie présentable de la famille. Et puis l'appartement qu'on appelait le particulier. quand on disait je me retire dans mes appartements c'est-à-dire que j'allais dans le particulier et là il y avait une de tr [musique] qu chambres avec peut-être un salon de compagnie, un boudoir et puis [musique] dans le meilleur des cas des salles de bain. Mais vous savez que les salles de bain ne sont arrivées que très tard à Paris à partir des années 1900 seulement. Les premières grandes salles de bain utiles avec l'eau courante [musique] et cetera, l'eau courante

10:58 chaude et froide comme on mettait dans les publicités des hôtels. Ça c'est les années 1925 1930 [musique] seulement. Et bien ces appartements, ils étaient doublés d'un appartement de service. C'est-à-dire que vous aviez des couloirs, des corridors, des petitte [musique] porte des robé avec des lingeries, [musique] avec des cuisines, des offices, avec des chauffes plats et cetera. Ça c'était destiné au personnel qui étaient là au service de la famille. Et ce qui est très étonnant, c'est que la partie réservée au service était cinq fois moins grande que la partie réservée à la famille, mais elle était cinq fois plus peuplée parce qu'à l'époque, on avait ce qu'on appelait un train de maison. C'est-à-dire que n'importe quel bourgeois digne de ce nom avait au moins 5 6 7 personnes à son service sans

11:43 parler des cochers et cetera. Alors, je parle des cochers et des chevaux. Il y avait un système qui permettait de se promener de de circuler dans cette grande ville, une grande ville qui était devenue rationnelle grâce aux travaux du baron Ossmane. C'était les fiacres. Qu'est-ce que c'est qu'un fiacre ? C'est une petite voiture de louage que vous appelez dans laquelle vous montez et qui vous emmène où vous avez besoin d'aller. Ça évite d'avoir son propre équipage. Bien sûr que dans les grands hôtels particuliers, les gens qui en avaient les moyens disposaient d'un équipage. C'està-dire qu'ils avaient leurs propres voiture, leurs propres chevaux et leur propre cochet. Mais ça c'était rare. La plupart des gens euh prenaient les cochers publics dans des voitures de louage. Et euh petit à petit pour euh établir le prix des courses, on appelait ça une course parce que le les chevaux

12:29 couraient à l'époque, n'est-ce pas, pour euh établir le prix des courses et bien on avait ce qu'on appelle un taxytre. Le taxi, le taximètre, c'est-à-dire une mesure de distance tout simplement si on fait un petit peu de grec. Et ce taximètre permettait de savoir si l'on devait payer cher euh ou très cher ou pas cher du tout la course qu'on venait de faire. C'est ce qui a donné naissance au moment où les Fiacres à chevaux ont été remplacés par des automobiles. C'est ce qui a donné euh le nom des taxis qu'on appelle un taxi. Ça vient des anciens taximètres des fiacres de loage parisiens. Si l'on devait et il y aurait beaucoup de choses à dire mais si on devait établir trois grandes différences entre le paris de l'époque et le paris de maintenant. La première différence, c'est une différence de tissu commercial. Il faut bien comprendre qu'à

13:15 l'époque, il n'y a pas de grande distribution. Bien entendu, vous avez compris que les moyens de déplacement sont très limités. Donc il faut disposer de la viande, des légumes, de la boulangerie, de tout ce dont des besoins immédiats. Il faut les avoir à proximité. Et comme il y a beaucoup d'habitants dans ces immeubles où l'on s'en tasse, cinq immeubles suffisent à justifier l'activité d'une d'une boulangerie. Donc vous avez énormément de petits commerces. Je vous dis pas que tous sont florissants et que tous gagnent beaucoup d'argent, mais en tout cas il y en a partout tout le long des rues. Donc il y a au rez-de-chaussée quand vous passez dans les rue, il y a une activité fourmillante. Activité [musique] c'est la deuxième différence qui est accrue par ce qu'on appelait les crieurs. Vous aviez énormément de

14:01 marchands ambulants qui par exemple vendaient des vitres. Il y avait des vitriers. Quand vous cassiez un carreau, vous ne pouviez pas aller euh comme aujourd'hui euh chez le Roi Merlin ou encore moins sur internet pour commander le nouveau carreau et vous n'étiez pas de toute façon du tout capable de le remplacer parce que les [musique] techniques étaient euh beaucoup plus rudimentaires qu'aujourd'hui. Donc il faut fallait avoir affaire à des professionnels. Donc vous attendiez tout simplement en attendant vous mettiez un carton sur votre carreau cassé et vous attendiez que passe un vitrier. Il en passait au minimum tous les deux jours qui criait vitrier. vitrier. Vous vous mettiez à la fenêtre, vous appeliez le vitrier, il montait, il vous découpait avec son diamant, le carreau à la bonne dimension et il vous le posait lui-même. Il y avait comme ça des crieurs de journaux, des marchands ambulants de

14:48 toutes sortes de primeurs, des marchands de fleurs. Les marchands de fleurs n'avaient pas pignon sur rue à l'époque. Il se déplaçait avec des charrettes roulantes. Donc la deuxième grande différence, c'est cette présence des crieurs qui faisaient beaucoup de bruit. Vous imaginez les chevaux avec leurs sabots, les carrosses, les fiacres, les charrettes avec leur grosses roues qui la plupart était ferré et qui sur le pavé des rues faisait un bruit terrible. Et puis tous ces gens qui criaient, ça devait faire une sorte de bourdonnement. On dit que le moteur des voitures fait beaucoup de bruit dans la ville, mais je vous assure que le moteur des voitures fait beaucoup moins de bruit qu'il n'y en avait à l'époque. Et la troisième différence, et c'est par elle que j'aimerais finir parce qu'on [musique] pourrait sinon passer la nuit à parler du Paris d'il y a 150 ans. [musique] La troisième grande différence, c'est ce

15:34 qu'on pourrait appeler le coup d'œil. Tout était fait dans une société de parade où la façade comptait plus que ce qu'il y avait derrière. Tout était fait pour le coup d'œil. On s'habillait, les gens avaient des tenues dont ils étaient fiers et selon le jour de la semaine, on mettait la tenue du dimanche ou pour les enfants la tenue du jeudi puisque'à l'époque c'est le jeudi qui était le jour de repos de l'école. Il y avait des tenues qui désignaient les métiers et les fonctions, le rang de chacun. Il y avait ces dames qui se promenaient avec des grands chapeaux, les enfants avec des cerceaux, les messieurs avec la canne et la houplande. Tout ça faisait partie du décor et du paysage. Et ce paysage, il avait été conçu pour être vu d'où ? Pour être vu d'un landau.

16:19 C'est-à-dire qu'on montait dans une calèche à découvert, fouette coché. On se promenait dans ses avenues au milieu des somptueuses façades osmaniennes et le spectacle qui comme une sorte de rideau défilait sous les yeux. du spectateur était le spectacle de la prospérité de l'empire, de la grandeur de la France, de la beauté d'une capitale qui voulait aux yeux du monde entier rester la ville lumière. M.

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