Bref Résumé
Cette vidéo explore la disparition de la "Twin Culture", la culture préadolescente des années 2000, et son remplacement par une culture adulte précoce influencée par les réseaux sociaux. Elle examine l'impact de ce changement sur les jeunes, qui sont exposés à des contenus et des pressions qui ne sont pas adaptés à leur âge.
- Disparition de la culture préadolescente au profit d'une culture adulte précoce.
- Influence des réseaux sociaux et des influenceurs sur les jeunes.
- Pression sociale et esthétique accrue sur les préadolescents.
Introduction
L'auteur se souvient de son enfance dans les années 2000, marquée par des posters de Justin Bieber, des séries Disney Channel et des magazines pour adolescents. Elle constate qu'aujourd'hui, les jeunes du même âge s'intéressent à des produits de beauté coûteux et suivent des influenceurs plus âgés. Ce phénomène est appelé la "mort de la Twin Culture", où l'enfance est supprimée au profit d'une culture adulte précoce.
Qu'est-ce que la Twin Culture ?
La Twin Culture est la culture adolescente, plus précisément entre 9 et 13 ans, une période cruciale où l'on se cherche et où l'on a le droit d'être "cringe". Le terme "twin" vient du mot "between", car c'est une phase entre l'enfance et l'âge adulte. Les marketeurs ont inventé ce terme dans les années 90 et 2000 pour cibler les jeunes avec de l'argent de poche qui ne sont plus des enfants mais pas encore des adultes. C'est une période d'expérimentation où l'on teste ses goûts musicaux, vestimentaires et où l'on se crée une base de données pour l'avenir.
Retour sur l'âge d'or de la Twin Culture
L'auteur, née en 1999, se souvient de la période 2008-2014 comme l'âge d'or de la Twin Culture. Les "Twin Médias" étaient Disney Channel et Nickelodeon, avec des sitcoms comme Hannah Montana, Zack et Cody, et Les Sorciers de Waverly Place. Ces émissions colorées et légères proposaient une multitude de personnages avec des styles et des personnalités variés, permettant aux jeunes de s'identifier et de s'inspirer. Les magazines comme Trinity Stars étaient le meilleur moyen de suivre les stars de ces programmes, avec des posters, des quiz et des interviews. La musique jouait également un rôle important, avec le label Hollywood Records qui centralisait les soundtracks des séries et les albums des stars. Les parents faisaient confiance à ces contenus encadrés par Disney, considérés comme "safe" pour leurs enfants.
Les produits dérivés et les boutiques dédiées
La Twin Culture se caractérisait également par des produits dérivés et des boutiques dédiées dans les centres commerciaux, comme Claire's et Jennifer. On achetait des gloss Hannah Montana et des vêtements colorés et fluo. Ces boutiques étaient un terrain de jeu où les jeunes pouvaient s'exprimer et affirmer leur identité. Aujourd'hui, les jeunes achètent des produits de beauté chez Sephora et des vêtements chez Zara, des marques destinées aux adultes. Un enfant de 11 ans qui achète un correcteur de teint cherche à corriger des défauts qu'il n'a pas encore, alors qu'avant, on achetait une part de rêve en achetant un produit dérivé de son personnage préféré.
La chute de la Twin Culture
Internet et les réseaux sociaux sont les principaux responsables de la disparition de la Twin Culture. La nouvelle génération ne regarde plus la télé et consomme des séries sur des plateformes de streaming où il n'y a pas de contrôle parental. Les chaînes de l'enfance disparaissent, et les jeunes sont exposés à des contenus qui ne sont pas adaptés à leur âge, comme la série Euphoria. Les influenceurs sont devenus les nouveaux modèles, vendant des produits de beauté et de skincare. Les jeunes deviennent des "Sephora Kids", voulant ressembler à des "clean girls" ou des "Bratz girls" alors qu'ils ont à peine 12 ans. L'algorithme des réseaux sociaux ne fait pas la distinction entre un enfant et un adulte, et les jeunes sont exposés à des techniques de contouring professionnelles.
Le capitalisme et la pression sociale
Les marketeurs ont abandonné la cible des 9-13 ans pour l'intégrer à une cible adulte plus globale, influencée par les créateurs de contenu. Les préados se retrouvent à se laisser influencer et à être dans le même bateau que les adultes, alors qu'ils sont censés avoir d'autres choses à faire. Internet a tué le droit à l'erreur esthétique, et les jeunes ont peur d'être "cringe". Ils ont conscience du regard global et de la pression du bien paraître, car tout ce qui arrive peut laisser une trace indélébile sur internet. Les magasins qui ciblaient spécifiquement les Twins mettent la clé sous la porte, et les jeunes peuvent acheter n'importe quel produit à la mode grâce à la fast fashion et aux sites de revente.
Nuances et optimisme
Il est important de nuancer ce discours et de ne pas dire que cette nouvelle génération est perdue. Il y a bien une différence entre les modèles d'avant et d'aujourd'hui, mais cela n'empêche pas les jeunes d'être créatifs et de se chercher. Ils ont tout plein d'outils en main, comme CapCut et TikTok, qui font d'eux des créateurs précoces. La créativité n'est pas morte, elle a juste changé de support. Même si les jeunes regardent des séries comme Euphoria, l'auteur rappelle qu'elle avait accès à Skins et Beverly Hills 90210 à leur âge. Les jeunes sont conscients du monde dans lequel ils vivent, même s'il est dommage de leur enlever cette période où ils peuvent rêver à fond.
Conclusion
Il faut pointer du doigt les médias et les marketeurs qui ont décidé d'effacer cette cible en ne proposant plus de programmes ou de produits qui leur sont destinés. En France, il y a l'intention de vouloir les protéger au mieux, notamment avec la réforme de Macron sur la vérification d'âge sur les réseaux sociaux. Cependant, il est difficile d'enlever les réseaux sociaux aux jeunes, car quel serait leur divertissement ? L'auteur conseille de laisser les enfants être "cringe" et d'apprendre à avoir des goûts discutables, car c'est dans ce désordre qu'on se construit vraiment.

