Résumé
Le documentaire relate le massacre de Srebrenica en 1995, un événement marquant de la guerre de Bosnie. Il explique le contexte de la désintégration de la Yougoslavie, la complexité ethnique et religieuse de la Bosnie-Herzégovine, et le début de la guerre civile. Le rôle impuissant des Casques bleus de l'ONU face à l'offensive serbe, le siège de Srebrenica, et l'exécution de milliers d'hommes et d'adolescents bosniaques sont détaillés. Enfin, il aborde les conséquences du conflit, la création du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie, et les efforts continus pour identifier et honorer les victimes.
- Contexte de la guerre de Bosnie et de la désintégration de la Yougoslavie.
- Le massacre de Srebrenica et l'implication des forces serbes sous le commandement du général Mladic.
- L'impuissance des Casques bleus de l'ONU face au massacre.
- Les efforts pour traduire en justice les responsables et honorer les victimes.
Introduction : Le contexte du massacre de Srebrenica
Le 11 juillet 1995, pendant la guerre de Bosnie, les troupes serbes du général Mladic prennent Srebrenica. Sous les yeux des Casques bleus de l'ONU, les femmes, les enfants et les vieillards sont séparés des hommes, qui sont ensuite exécutés par milliers. Ce génocide est le point culminant de la guerre civile en ex-Yougoslavie, déclenchée par la chute de l'URSS en 1991 et la montée des nationalismes. La Yougoslavie se disloque, avec la Slovénie, la Croatie et la Macédoine qui proclament leur indépendance.
La complexité de la Bosnie-Herzégovine et le début de la guerre civile
En Bosnie-Herzégovine, la situation est complexe en raison de la diversité ethnique et religieuse, avec des Bosniaques musulmans, des Serbes orthodoxes et des Croates catholiques. En mars 1992, les Bosniaques et les Croates votent pour l'indépendance, mais les Serbes boycottent le référendum, marquant le début d'une guerre civile meurtrière. Les forces serbes de Bosnie mènent un nettoyage ethnique, déportant et massacrant les populations musulmanes. En avril 1992, les troupes serbes attaquent Sarajevo, la capitale, où le siège durera près de quatre ans, faisant plus de 10 000 victimes civiles.
Le rôle de l'ONU et le siège de Srebrenica
En juin 1992, l'ONU déploie des soldats en Bosnie, mais leur mission se limite à sécuriser l'aide humanitaire et à surveiller le cessez-le-feu. Les Casques bleus, limités en nombre et en moyens, restent impuissants face aux massacres. En janvier 1993, les forces serbes du général Mladic lancent une offensive sur Srebrenica, une ville majoritairement musulmane où de nombreux réfugiés se sont rassemblés. La population assiégée souffre de la faim et implore l'aide de l'ONU. En avril 1993, l'ONU déclare Srebrenica zone de sécurité, mais cette protection reste théorique.
La prise de Srebrenica et le massacre
Malgré la présence de 400 Casques bleus néerlandais, les attaques contre Srebrenica redoublent d'intensité pendant plus de deux ans. Le 11 juillet 1995, après cinq jours de bombardements massifs, la ville est prise. Près de 25 000 civils fuient vers le camp de l'ONU à Potočari, espérant la protection des Casques bleus, mais ils sont rattrapés par les forces serbes. Sous les yeux des soldats de l'ONU, les hommes de Ratko Mladic séparent méthodiquement la population.
L'exécution des hommes et les conséquences du massacre
Les femmes et les enfants sont évacués vers des camps serbes, tandis que les hommes et les garçons en âge de se battre sont emmenés vers des lieux d'exécution sous prétexte d'interrogatoire. En moins d'une semaine, près de 8 000 hommes et adolescents bosniaques sont abattus. Les Serbes enfouissent les corps dans des fosses communes pour effacer les traces du massacre. Les accords de Dayton en décembre 1995 mettent fin à la guerre de Bosnie, laissant un pays dévasté.
Justice et mémoire
L'inaction de la communauté internationale et l'impuissance des Casques bleus à Srebrenica suscitent la colère des populations civiles, qui réclament justice pour les victimes. En mai 1993, le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie est créé pour juger les responsables des crimes de guerre. En 2011, le général Mladic est arrêté et condamné à la prison à perpétuité pour génocide, crime de guerre et crime contre l'humanité. Des fouilles sont menées dans la région de Srebrenica pour exhumer les victimes, et chaque année, les corps identifiés sont inhumés au cimetière mémorial de Potočari.

