0:01 Oh, un virus qui puisse attaquer le cerveau et changer notre comportement, nous rendre agressif, ça, ça serait possible. Ce qui est bizarre, les zombies, c'est qu'ils sont capables de faire plein de trucs, mais il leur manque le cœur, il leur manque la moitié des organes. Les personnes, elles nous ressembleraient à peu près. Je m'appelle Hugo Ardaillon, je suis médecin en médecine physique et réadaptation et je suis également chercheur en neurosciences. Mais il faut faire quoi ? Mais je sais pas, je suis en train de chercher là. Ils arrivent là. Arrête, tu me fais paniquer. Moi aussi, je panique. Et ouais, impossible de survivre à une attaque de zombies si on n'est pas bien équipé et surtout si on n'est pas bien organisé. Et vu ma barre d'onglets, je crois que je survivrai pas dix minutes. Merci au navigateur Opera, le partenaire de cette vidéo et grâce à qui je crois que je peux augmenter mes chances de survie. Avec Tab Island,
0:46 fini les millions d'onglets, je peux les regrouper en petits dossiers super pratiques. On peut les renommer et même ajouter des codes couleurs. En plus, le navigateur a intégré Opera AI directement dans la barre d'outils. Pas besoin d'ouvrir un nouvel onglet, d'app ou même de créer un compte, Opera AI est disponible à portée de main et a été repensé pour être plus puissant, plus rapide et encore plus précis. Mais il y a aussi Gemini, disponible dans la sidebar, ainsi que tous les autres services Google comme Gmail ou Google Calendar. Comme ça, on peut y accéder rapidement sans sortir son tel ni ouvrir de nouvel onglet. Ah oui, et je vous ai pas dit, Opera a un VPN gratuit directement intégré au navigateur. Pas besoin d'abonnement, on peut naviguer en toute sécurité depuis n'importe où, le Wi-Fi du train, de l'hôtel, d'un café. Il suffit juste de cliquer juste là et hop, la connexion est sécurisée.
1:33 Et avec Video Pop Out, je peux continuer à travailler tout en regardant ce que je veux en glissant la vidéo où je veux, même en dehors du navigateur. Pour le télécharger gratuitement, vous pouvez cliquer sur le lien en description. Merci encore à Opera de soutenir la chaîne. Là, maintenant, tel que tu me vois, je n'ai jamais été un masochiste. Cet extrait, il a fait quand-même beaucoup de mal aux médecins de rééducation, aux neurologues et puis aux réanimateurs parce que maintenant, les gens, quand on dit coma, ils pensent à Kill Bill alors que ça, ça n'existe pas. Ça fait plusieurs années qu'elle est dans le coma. Pof, elle se réveille, pof, elle prend un fauteuil roulant et elle se propulse comme ça. Là, il y a quelque chose qui va pas, déjà. Elle aurait une faiblesse musculaire énorme,
2:19 elle arriverait pas à se tenir debout, elle aurait des problèmes d'oreille interne. Il faut beaucoup beaucoup de rééducation pour récupérer. On sort pas comme ça. C'est un peu haut pour le transfert, ouais. Bah ça, c'est réaliste, hein. Là, les bras bougent, mais pas les jambes. Bouge le gros orteil. Elle essaye de bouger en pensant au mouvement qu'elle n'arrive pas à faire. Ça, c'est une technique qui s'appelle "l'imagerie mentale".
3:04 Le plus dur est fait. Treize heures après. P*tain, s'il fallait treize heures pour faire de la rééducation après un coma, je serais au chômage, moi. Je préférerais peut-être, je préférerais, mais pour les patients, mais je serais au chômage. Je ferais autre chose. On serait pas à treize heures, on serait plutôt autour des treize semaines. Je dirais peut-être 20 %, mais sinon, non non, ça, ça n'existe pas, ça c'est vraiment une fiction totale. Même quand la personne, elle est éveillée, elle peut avoir ce qu'on appelle une amnésie post-traumatique, d'être confus, d'être très agité,
3:50 de foutre le bordel parce qu'elle sait pas où elle est. Donc ça, c'est quelque chose qui peut arriver après un traumatisme crânien grave et après un coma. Mais c'est pas je me réveille comme ça dans le lit après plusieurs années. Le scanner de votre épouse a révélé une hémorragie intracrânienne. Généralement quand on est dans un coma neurologique, c'est lié à des lésions cérébrales très graves, soit les réanimateurs ont donné des traitements sédatifs pour endormir la personne, pour économiser l'énergie du cerveau qui est en train de souffrir, mettre le cerveau au repos. Voilà. Le cerveau peut pas se réparer tout seul. Quand on a une lésion grave au niveau du cerveau, c'est une grosse cicatrice et la cicatrice, elle va rester, ça ne va pas se réparer. On naît avec un certain nombre de neurones à la naissance, il y a très peu de neurones qui se créent dans le cerveau. Il y a un dogme un peu ancien qui voulait qu'on naissait avec un stock de neurones et que on faisait que en perdre le long de la vie.
4:35 En réalité, on se rend compte que notamment dans le bulbe olfactif, donc derrière le nez et dans les zones autour de l'hippocampe, il y a quand même des neurones qui se créent toute la vie, mais c'est une toute petite partie. Il suffit de voir les souvenirs de Riley. Ils sont joyeux, pour la plupart, grâce à moi. Ça, c'est par contre très vrai. Notre mémoire, elle a besoin de l'émotion pour se fixer et plus le souvenir va être associé à quelque chose de marquant, d'émotionnel, plus le souvenir va s'ancrer profondément. Mais les souvenirs vraiment importants sont là. Je ne vais pas rentrer dans les détails, mais ça s'appelle la mémoire centrale. Elle contient tous les souvenirs vraiment importants dans la vie de Riley. Il n'y a pas une mémoire centrale comme ça. Par contre, il y a des chefs d'orchestre de la mémoire et notamment ce qu'on appelle l'hippocampe, qui est une structure très profonde dans le cerveau, qui est des deux côtés. On montre les souvenirs comme étant des choses fixes.
5:22 En réalité, la mémoire dans le cerveau, c'est pas du tout des espèces de captures d'écran de notre vie. Les souvenirs visuels, ils vont se stocker dans les aires visuelles. Les souvenirs gustatifs de sons, ils vont se stocker dans les aires auditives, par exemple. Et quand le souvenir, il va revenir, et ben il va réallumer toutes les aires cérébrales. C'est pas stocké à un endroit et on va le chercher. Donc ça, c'est pas tout à fait vrai. Vous connaissez déjà Tristesse, elle est, comment dire... Voilà Colère, il est très à cheval sur la justice et l'impartialité. On va te la finir ton assiette, mais c'est surtout toi qui va déguster. Est-ce que les émotions sont universelles et est-ce qu'il y a des émotions de base ? Tous les neuroscientifiques qui étudient les émotions, ils ne sont pas forcément d'accord entre eux. Il y a la première chapelle qui pense qu'il y a d'abord quelque chose dans notre cerveau
6:07 qui crée notre comportement. Et il y a la deuxième chapelle qui pense autrement. Elle dit : "en fait, c'est une interprétation, finalement l'émotion." Pourquoi je pleure ? Le contexte était triste, le film était triste. Je vous rassure tout de suite, les deux, ils ont raison. Mais effectivement, Vice Versa, c'est la chapelle numéro un. Et voilà, on adore Riley. Et puis Riley a onze ans. Je vois pas ce qui pourrait arriver. Moi, je mettrais 50/50, parce qu'il y a quand même des choses intéressantes autour du lien entre émotions, mémoires, souvenirs. Après, on a vu que les souvenirs, ça ne marchait pas trop comme un ordinateur. C'est une évolution qui est continue, mais il y a des phases. C'est-à-dire que pendant l'adolescence, le développement des relations sociales avec les amitiés, c'est un reflet finalement de cette maturation de notre cerveau social. Il y a cette croissance jusqu'à l'âge adulte. La dernière étude, elle parle du cerveau
6:54 qui finit de maturer jusqu'à une trentaine d'années. Et puis après, quand on commence à vieillir, le cerveau peut rétrécir légèrement en taille. C'est-à-dire que ce n'est pas tellement les neurones qui meurent, mais c'est leurs bras, leurs jambes qui rétrécissent. Ça peut diminuer la vitesse de traitement de l'information. On peut être légèrement plus lent quand on est un peu plus âgé. Et ça, c'est compensé aussi par le fait que plus on vieillit, plus on a de l'expérience. Cent milliards de neurones par être humain, parmi lesquels seulement 15 % sont activés. On a à peu près cent milliards de neurones dans notre cerveau, quatre-vingt-six. Certes, il y a des zones qui vont être moins actives, des zones plus actives en fonction de ce qui se passe dans notre cerveau, mais un cerveau vivant, il est tout le temps actif à cent pour cent. Pardon monsieur. Oui ? J'adore le gars qui pose la question : "Mais professeur."
7:39 Pouvez-vous nous dire ce qui se passerait si pour une raison que nous ignorons, quelqu'un pouvait utiliser sa capacité cérébrale à hauteur de 100 % ? On ne sait pas trop d'où ça vient, cette histoire des 10 %, 90 %. Probablement que c'était lié à la confusion que dans notre cerveau, il y a nos neurones qui sont les cellules intelligentes qui vont traiter l'information, qui sont les petits transistors de notre ordinateur. Et ces neurones, effectivement, ils sont minoritaires dans le système nerveux central. Ce qui est majoritaire, c'est des cellules qui ne sont pas des neurones, mais qui sont les cellules gliales, la glie. C'est ce qui entoure les neurones, qui va les soutenir, qui va les nourrir. Mais en fait, on ne peut pas les activer, ces cellules gliales. Les personnes qui ont mal compris, elles ont fait un raccourci. Emmenez-moi à l’hôpital. Oh, j’aimerais trop.
8:25 mademoiselle, s’il vous plaît. On fait ça quand on est étudiant en médecine, on se fait virer hein, mais direct. Vous ne devez pas rester. On est en train d’opérer. C’est du Luc Besson, c’est hardcore. Vous n’auriez pas pu le sauver, de toutes façons. La tumeur avait déjà envahi le cortex et le côté droit des vertèbres. On m'a mis un paquet de drogue dans le ventre. Il faut que vous l'enleviez. Ça fuit. 1 % ? Neuroscientifiquement, bof, c'est du spectacle. Je ressens tout. L'espace, l'air, le sang dans mes veines. Je sens mon cerveau. Elle finit par souffrir d'être hyper consciente de tout. Notre cerveau, il ne peut pas se concentrer sur tout en même temps. Au contraire, notre attention,
9:11 notre conscience, se focalise sur une toute petite partie de ce qui nous entoure. Si on se met à prendre conscience de trop de choses en même temps, dans certaines maladies psychiatriques, ça peut être le cas, finalement, les gens finissent par s'épuiser et saturer totalement, un peu comme le personnage de Lucy. Qu'est-ce que c'est ? Tu sais ce qu'on dit sur le cerveau ? Qu'on utilise que 10 % de ses capacités. Tu prends ce cachet et ça te donne accès à la totalité. Pour le moment, il n'y a pas de drogue qui nous permette d'augmenter nos capacités. Je pense que probablement, il n'en existera jamais des comme ça, en tout cas, parce qu'améliorer certaines fonctions de notre cerveau, généralement, ça se fait au détriment d'autres fonctions. Si on améliore la mémoire, peut-être que c'est une autre fonction qui va diminuer. Si on prend des amphétamines ou des drogues comme ça, peut-être qu'on peut tenir un jour, deux jours, trois jours et puis je pense que rapidement, on sera HS
9:58 et on ne pourra plus rien faire. Oui, le cerveau, c'est finalement un muscle qu'on peut travailler. C'est ça la plasticité cérébrale. Dans une étude chez les chauffeurs de taxi londoniens, à l'époque, on n'avait pas encore le GPS. Les chauffeurs devaient apprendre par cœur le nom de toutes les rues de Londres. Des chercheurs ont constaté que l'hippocampe avait grossi en taille. Ils avaient stocké une mémoire spatiale dans leur tête. Les gens qui sont très intelligents, ils n'ont pas forcément un cerveau plus gros que les autres. Notre cerveau, il ressemble à ça. Il est tout ridé. Ça, c'est parce que pour augmenter la surface de notre cerveau, qui est la surface intelligente, on a dû pousser un petit peu pour faire tout rentrer. Et on peut voir chez d'autres animaux qui sont, entre guillemets, moins intelligents que nous, le cerveau, il est beaucoup plus lisse. Donc finalement, ce n'est ni la taille ni le poids du cerveau qui fait notre intelligence. Le cerveau de l'éléphant, il est plus gros que nous,
10:44 mais c’est comment le cerveau est organisé qui fait sa complexité. Ça fait 2 % de notre poids du corps, mais ça consomme 25 % de notre énergie de repos. Monsieur Turner, Monsieur Turner, souriez, s'il vous plaît. Essayez de me sourire. Vous êtes qui, vous ? Allez-y, essayez de sourire, s'il vous plaît. Il est paralysé du visage, partie gauche. Allez-y, levez les bras. Pourquoi ? Docteur Gray ? Tout va bien ? Non, ça ne va pas. On a un AVC. On va avoir besoin d’un brancard tout de suite. Moi, je pense que la personne, là, elle a un AVC à peu près ici. Elle a probablement un accident vasculaire cérébral dans la zone motrice de la partie droite du cerveau. Monsieur Turner, répétez après moi : le chien a pourchassé le chat. Le chien a pour... le ch... le... Une paralysie brutale, un trouble de la parole brutal, un trouble de la vision brutal. Même si c'est temporaire,
11:29 il faut agir très vite. Donc, il ne faut pas hésiter dans ces cas-là à appeler le 15 ou le 112. Vous aurez un interlocuteur de la régulation qui pourra vous poser les bonnes questions pour essayer de mieux circonscrire l'urgence de la situation et faire un prédiagnostic. Il faut qu'on l'allonge par terre. D'accord. Allez, mettez votre sac sous sa tête s'il vous plaît. Et aidez-moi à maintenir son bras. Tenez-le bien comme ça. D'accord, mais pourquoi on fait ça ? Parce qu'il est en train de faire une attaque. Alors, je sais pas ce que c'est qu'une attaque. Moi, j'ai jamais entendu dire un médecin : "il fait une attaque". Bah, c'est vachement bien foutu cet extrait parce qu'en fait là on a fait un diagnostic en direct et là l'extrait, on va pas dire que c'est du 100 % vrai, mais, quasiment. L'AVC, il faut agir vite parce que si c'est un AVC ischémique, c'est-à-dire par manque de sang, il y a un caillot qui vient boucher l'artère. À la différence d'un AVC hémorragique
12:15 où c'est du sang qui va aller dans le cerveau. Cet AVC ischémique, si on le débouche le plus rapidement possible on peut économiser des zones du cerveau pour que la personne, elle ait le moins de séquelles possible. Parfois il y a des mini-AVC entre guillemets, des accidents ischémiques transitoires. Et ben c'est pas parce que ça a récupéré tout seul rapidement qu'il faut pas consulter puisque on est peut-être susceptible d'en refaire un autre plus tard. Si on parle de l'accident vasculaire cérébral ischémique, quand on est un homme, on a plus de risques, quand on est plus âgé, on a plus de risques parce que les artères sont en moins bon état. Ça, c'est des facteurs qui sont pas modifiables, mais du coup, il faut mettre le paquet sur les facteurs qui sont modifiables, comme l'hygiène de vie. Et si on parle des AVC hémorragiques, ça peut être soit lié à des anévrismes, des fragilités de la paroi de l'artère,
13:00 ça peut être lié à l'hypertension artérielle qui va abîmer les petits vaisseaux sanguins vaisseaux sanguins qui vont se rompre et faire une hémorragie dans la partie profonde du cerveau ou ça peut être lié à rien du tout. On ne retrouve pas de cause. En tout cas, généralement, c'est beaucoup lié à l'alcool et au tabac. Bon, tu me lâches oui ? Quoi ? J'aimerais bien nager tranquille. L'océan n'est peut-être pas assez grand pour toi, c'est ça ? T'as un problème, petit ? Hein ? Qu'est-ce t'as ? Tu veux te battre ? C'est mythique. Qu'est-ce t'as ? Mais qu'est-ce que vous racontez ? Vous étiez en train de me montrer par où est parti le bateau. Un bateau ? J'en ai vu un beau qui passait y a pas une minute. il est parti... par là ! Là, elle a des problèmes d'attention et pas que de mémoire. Là, c'est assez intéressant. Bon écoutez, si c'est une blague que vous me faites, elle n'est pas drôle du tout et je m'y connais en blagues, je suis poisson-clown.
13:46 Non, non, je sais, c'est pas drôle. Je suis vraiment désolée. C'est que j'ai des troubles de la mémoire immédiate. Des troubles de la mémoire immédiate ? Qu'est-ce qu'il faut pas entendre ? C'est compliqué d'expliquer qu'on a des problèmes de mémoire. On va avoir tendance à dire que la personne, elle fait pas attention, que c'est de sa faute alors que c'est vraiment le cerveau qui est trop fatigué, n'est pas capable de retenir telle ou telle information. Là, pour le coup, je mettrais plutôt une note de 100 %. Ça me fait directement penser à un certain nombre de mes patients qui peuvent avoir, après un accident vasculaire cérébral ou un traumatisme crânien, des problèmes de mémoire, d'attention. Et c'est un handicap terrible au quotidien. Je vous jure, j'oublie tout au fur et à mesure. Il paraît que c'est de famille. Enfin en tout cas, je crois.
14:32 Qu'est-ce que je disais ? Si c'est génétique de naissance, ça sera probablement plus difficile à rééduquer. Mais si c'est lié à un accident vasculaire cérébral, à un traumatisme crânien, ça dépend aussi à quelle période après l'accident on est. Si on est très précocement, on peut faire de la rééducation avec des professionnels de rééducation qui vont venir faire travailler notre mémoire, notre organisation, notre planification pour nous permettre de mieux récupérer. Ça va pas ? Je sais pas où je suis, je sais pas ce qui m'arrive. Je crois que j'ai perdu quelqu'un mais, j'arrive pas à me rappeler. Dory, elle a une mémoire de poisson rouge, ça s'efface au fur et à mesure. C'est plutôt une mémoire antérograde. C'est-à-dire, elle est pas capable de se rappeler des événements au fur et à mesure. Mais en même temps, il y a les problèmes de mémoire et les problèmes d'attention. Et c'est une atteinte de toutes les fonctions du cortex préfrontal. Ça s'appelle les fonctions exécutives, les fonctions qui nous permettent
15:17 d'aller jusqu'au bout d'une action, d'organiser notre action, d'organiser notre mouvement, nos décisions, etc. C'est finalement les trucs les plus compliqués dans le cerveau. Et l'attention soutenue, l'attention divisée, ça fait partie aussi de ces de ces fonctions exécutives. Et quand il y a une personne a des difficultés dans ces fameuses fonctions exécutives, c'est un handicap qui peut être majeur dans la vie de tous les jours. Il y en a plein des maladies de la mémoire. Celles qu'on connaît le plus finalement, dans le grand public, c'est la maladie d'Alzheimer qui est une maladie vraiment de l'hippocampe, du stockage des souvenirs. Donc c'est des personnes qui vont se rappeler des vieux souvenirs, mais qui ne vont plus du tout être capables de fixer de nouveaux souvenirs. Et puis finalement, plus la maladie se dégrade, plus les souvenirs s'effacent.
16:10 Les personnages ont le même visage que le personnage principal. On comprend pas trop pourquoi, il y a des absurdités. Le temps, l'espace ont plus beaucoup de sens. Là, c'est assez crédible parce que notre jugement qu'on a quand on est éveillé, et ben finalement, il va se dissoudre dans le rêve et dans le rêve, il va se passer plein de choses absurdes mais qui pour nous vont nous paraître totalement normales. C'est très bizarre, les rêves. Pourquoi finalement rêver de choses très compliquées quand on dort plutôt que de se reposer ? Une des fonctions supposées du rêve, c'est finalement de pouvoir gérer nos émotions, se préparer à l'avenir et finalement nous exposer peut-être à des scénarios un peu bizarres, avec du contenu émotionnel très fort. Une des fonctions du rêve serait d'aider la régulation émotionnelle chaque nuit. Pourquoi ont-ils tous mon visage ? C'était vraiment troublant. Les rêves du sommeil paradoxal
16:56 que l'on fait à l'aube sont plutôt longs et donc plus faciles à analyser. On pensait qu'on rêvait que pendant le sommeil paradoxal, en réalité probablement qu'on rêve pas que pendant le sommeil paradoxal, mais qu'on s'en souvient mieux. Ça a été découvert par Michel Jouvet en France. Il s'est rendu compte qu’il y avait des phases dans notre sommeil qui étaient très profondes, où la personne ne bougeait pas. Il y avait très peu d'activité au niveau de l'activité électrique du cerveau. Et puis il y avait une phase, ce fameux sommeil paradoxal qui se produit plusieurs fois par nuit où finalement, alors même que le corps, il est très mou et bien notre cerveau, il augmente en activité avec une activité qui est finalement proche de l'état de veille. Donc effectivement, quand on rêve, le cerveau, il est allumé de partout. Et lui, qui est-ce ? La victime du meurtre sur lequel je suis en train d'enquêter. J'ai toujours pas réussi
17:42 à coincer le coupable. Alors peut-être- Névrose d'angoisse. Ça viendrait de là, tu crois ? Il faut être patient. On vient tout juste de commencer la thérapie. Pour le caractère cinématographique des rêves et puis certaines choses intéressantes sur le sommeil paradoxal ou les rêves, je dirais 70 %. Et sur le côté technologie qui nous permet d'accéder aux rêves, non, on n'y est pas encore là. Mais par contre, ça soulève des débats éthiques très très importants. Quelle est la place de la technologie et quel est le risque de la technologie ? Surtout quand ça s'applique aux neurosciences. La DC Mini, la clé scientifique qui ouvre la porte de nos rêves. La DC Mini, elle permet de télécharger les rêves de la personne, de visionner les rêves de la personne.
18:28 Mais elle permet une deuxième chose, elle permet à plusieurs personnes de partager le même rêve ou à une personne extérieure d'accéder au rêve d'une personne. Ça, ça n'existe pas du tout. Il y a eu des travaux de chercheurs du rêve qui ont été capables de communiquer avec les rêveurs et de déterminer de quoi la personne était en train de rêver. Avec leurs doigts, ils avaient un code, etc. Ils s'étaient entraînés avant. Et puis heureusement, ce n'est pas possible de rentrer dans les rêves de quelqu'un parce que ça pourrait être très très dangereux. Dans le film, c'est en partie la question. Notre objectif n'est pas de contrôler les rêves d'autrui. Nous voulons seulement aider nos patients. Je doute que le terroriste qui s'est emparé des DC mini ait les mêmes objectifs que vous. Il s'agit plus précisément d'une greffe partielle. La partie de ton cerveau connectée à ton système nerveux doit rester en place
19:15 afin de garder tout le réseau complexe de connexions intactes. J'aurai le contrôle des fonctions motrices, je serai par conséquent... Moi. Vous deviendrez moi. La greffe du cerveau, il y en a qui veulent le faire. Il y a un neurochirurgien italien qui essaye de faire ça en Chine ou en Russie depuis plusieurs années. Évidemment, il y aurait un certain espoir. Là, actuellement, on ne peut pas. On peut couper, on peut rabouter un truc, mais en fait, les neurones qui sont coupés, ils ne vont pas se remettre les uns sur les autres. On est chez des personnes différentes qui ont deux cerveaux, deux systèmes nerveux totalement différents. Donc quoi qu'il en soit, ça, ça ne sera pas possible. Et puis même si on fait le fantasme de dire : "OK, on a coupé le cerveau, on a rabouté le truc," la personne, il faudra qu'elle fasse de la rééducation pendant des mois, des années pour que ça repousse, pouvoir survivre à la post-chirurgie.
20:01 De la réanimation probablement pendant plusieurs mois, plusieurs années. De la rééducation pendant plusieurs années. Impossible. Et puis non, on ne sort pas de la salle d'opération en marchant en nous ayant greffé le cerveau comme ça, comme un câble jack qu'on aurait branché. Donc, je dirais 1 %. La lobotomie, c'est-à-dire couper un lobe du cerveau, ça date des années vingt. Ça partait du principe qu'on voulait soulager les gens des maladies mentales avec un traitement chirurgical. Et c'était couper cette substance blanche au niveau du cortex frontal. Cette partie extérieure du cerveau c’est ce qu’on appelle le cortex cérébral. L'unité centrale du neurone, ça va se situer dans ce cortex cérébral et ça va former la substance grise, nos fameuses petites cellules grises. Et les prolongements de ces neurones, leurs bras, leurs jambes qui vont venir connecter tout notre corps
20:48 jusqu'à notre moelle épinière, ça, c'est une substance qui est blanche. La lobotomie, probablement certaines personnes, ça a dû les aider. Le souci, c'est plus les dérives qu'il y a eu après. Il y a des gens qui, un peu artisanalement dans des camions, se sont mis à lobotomiser avec des pics à glace. La sœur de Kennedy, le père de Kennedy, avait honte de cette fille qui était différente des autres et il a demandé à ce qu'on lui fasse une lobotomie et elle en a gardé des séquelles toute sa vie. Ce que nous attendons de vous, monsieur Barish, c'est que vous rentriez chez vous et que vous rassembliez tout ce que vous possédez qui peut avoir un rapport avec Clementine. Le personnage principal, il subit un deuil amoureux et il demande qu'on lui efface ses souvenirs. Nous nous servirons de ces objets pour dresser une carte des souvenirs de Clementine dans votre cerveau. D'accord ?
21:35 Et une fois que la carte sera établie, nos techniciens procéderont à l'effacement chez vous ce soir. Objet suivant. Voilà, monsieur patate. Concentrez-vous sur les souvenirs. Le fait qu'il y ait des objets qui vont venir déclencher un souvenir, ça, c'est vrai. Mais essayer d'établir une carte mentale à partir d'objets d'une personne ou d'événements dans notre tête, ça, ce n'est pas bien possible. Je suis tout à fait là où j'ai envie d'être. Clem ? Je veux qu'on arrête tout. Je ne veux plus continuer ! Je veux qu'on arrête l'opération ! 50/50. Effacer les souvenirs de quelqu'un, ce n'est pas possible à part le plonger
22:20 dans le coma ou lui provoquer de graves lésions cérébrales. C'est un de mes films préférés et non, c'est quand même très bien rendu. Je ne sais pas faire en tout cas. Notre cerveau, il a besoin de faire du vide et de ne pas se rappeler de tout. Mais ça, c'est un traitement que le cerveau fait de façon un peu inconsciente. Les souvenirs qui sont importants pour lui, il va les garder. Les souvenirs qui ne sont pas très intéressants, il ne va pas forcément s'en rappeler. D'accord. Clementine Kruczynski a fait effacer Joel Barish de sa mémoire. Merci de ne plus lui parler de leur relation. On est capable de prendre de la distance avec des souvenirs. Ça, c'est de la mémoire effectivement normale. Il y a des mémoires malades. C'est notamment le cas du syndrome de stress post-traumatique. C'est des gens qui vont revivre le souvenir, revivre le passé, mais comme si c'était présent. On parle de reviviscence.
23:05 Il y a des thérapies. Le but du jeu, ce n'est pas d'oublier, ce n'est pas de refouler le souvenir, mais c'est de faire que la personne, elle se rende compte dans son corps que ce n'est plus du présent. Je ne suis plus en danger maintenant, c'est du passé. Peu de gens ont eu la chance de voir ce que je vais vous montrer. C'est un cerveau, ça ? Un cerveau des plus brillants. C'est quoi ces lumières ? C'est la vie d'un individu. Ouais, des neurones qui s'activent, il y a de l'électricité qui passe. Pourquoi pas ? Mais c'est une vue d'artiste. Les neurones, ils ne sont pas dans le vide comme sur la photo. Au contraire, il y a plein de cellules qui les aident, qui les soutiennent, qui les nourrissent. Ça attaque le cerveau comme la méningite. Ça provoque une hémorragie des glandes surrénales. Je ne sais pas ce que c'est l'hémorragie des glandes surrénales. Et puis c'est autour des organes principaux. Et c'est la mort.
23:51 La définition de la mort cérébrale, c'est que le cerveau, il va se gorger d'eau, il va grossir, grossir, grossir. Si bien que le sang, il n'arrive même plus à rentrer dans le cerveau et le cerveau finit par mourir. Avance jusqu'à la seconde phase. Visualisation de la seconde phase. Le cerveau entier redémarre ? Non, juste le tronc cérébral. Pas possible. Le tronc cérébral, il est aussi atteint, si le cerveau, il est mort. Le tronc cérébral, c’est la partie qui est en dessous du cerveau et qui va se prolonger par la moelle épinière qui passe dans notre colonne vertébrale et qui fait circuler toutes les informations de la motricité jusqu'à jusqu’à nos muscles, qui fait remonter toutes les informations de la sensibilité et du corps jusqu'à notre cerveau. Donc oui, le tronc cérébral fait plein de choses de très très primitives entre guillemets, la respiration, le rythme cardiaque, etc. Mais ça suffit pas du tout, même à être un zombie.
24:37 Le lobe frontal, le néocortex, toutes ces parties ne se réactivent pas et ce sont elles qui font de vous ce que vous êtes. Il ne reste qu'une coquille guidée par des instincts bestiaux. 30 %, parce que c'est des jolies images et qu'ils parlent de fonctions cérébrales, mais c'est quand même assez bancal. La mort cérébrale, les fonctions du tronc cérébral, ça marche pas du tout comme ça. Moi, je remercie mon tronc cérébral tous les jours parce qu'il me fait vivre. Il respire pendant que je dors, il respire même là, j'ai pas besoin de penser à respirer. Je me méfierais beaucoup plus de personnes qui ont un cerveau sain qu'un cerveau malade avec le tronc cérébral. Les zombies me font pas trop peur. Grosso modo, la motricité, ce qui nous permet volontairement de bouger nos muscles, c'est plutôt dans le lobe frontal. En avant, le lobe préfrontal, c'est un peu le cerveau social, ce qui nous permet d'analyser
25:22 les choses de la vie de tous les jours. Le lobe temporal, il fait beaucoup les émotions et la mémoire. Le lobe pariétal, il fait beaucoup tout ce qui est représentation dans l'espace, le mouvement. Et le lobe occipital, c'est là qu’il y a les zones de la vision en arrière du cerveau. Alors c'est un peu bizarre parce que nos yeux, ils sont à l'avant de notre cerveau et en fait, l'information, elle est traitée par l'arrière du cerveau. C'est pas finalement très intéressant de parler que de cerveau. Il faut parler du système nerveux. On a un système nerveux central, le cerveau, le tronc cérébral, la moelle épinière et puis on a un système nerveux périphérique. C'est les nerfs qui vont jusqu'au bout de nos doigts, qui vont activer nos muscles, etc. Donc en fait, les neurones, ils sont partout dans le corps. Ils sont même dans nos intestins, dans notre estomac, dans tous nos organes. C'est fondamental de s'intéresser un peu à la culture pop pour mieux comprendre le cerveau et puis que les médecins sortent de leur service.
26:08 Non pas forcément pour critiquer, mais pour un peu décrypter tout ça. Parce que quand on doit parler aux patients, à la famille, c'est ces représentations-là qu'on a. Le handicap neurologique, qu'il soit visible ou invisible, ça touche énormément de personnes et c'est hyper important qu'on puisse avoir le maximum d'informations autour de ces enjeux-là, qui sont des enjeux personnels, médicaux, mais qui sont aussi des enjeux de société.