0:00 Voir pour comprendre la peine de mort La définition de la peine de mort est la suivante : la peine de mort ou peine capitale est une sanction pénale ordonnant la suppression de la vie d’un condamné. Elle est infligée à une personne, reconnue coupable d’un crime passible de cette peine, à l’issue d’un procès organisé par une juridiction légale appartenant à un État dont la législation prévoit ce châtiment. Ok, bon… Dit comme ça… Mais en fait, en y regardant de plus près, je me rends compte que c’est tout simplement un assassinat étatique. Oui, un meurtre commis par l’Etat, avec préméditation, de sang-froid et infligé au nom du peuple tout entier. Pas la peine d’y aller par quatre chemins : c’est un châtiment cruel, inhumain et dégradant. Comme la torture, une exécution c’est une agression physique et mentale poussées à l’extrême. La cruauté de la peine de mort c’est non seulement l’exécution elle-même
0:46 mais aussi l’attente qui la précède. Pendant laquelle le prisonnier est confronté en permanence à la perspective de la mort. Dans certains pays comme les Etats-Unis ou le Japon les condamnés sont exécutés après des années de détention… parfois 30 ans ! 30 ans de torture psychologique ! Et pourtant, un des droits de l’être humain, nous dit l’article 5 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme c’est, je cite « de ne pas être soumis à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants ». Bingo ! La peine de mort avec son cortège d’horreurs est sans conteste une aberration. Parce que au delà des textes, il y a la réalité. Comme les méthodes d’exécution. C’est vraiment pas beau à voir. Mais il faut faire face. Parce que c’est la réalité. La décapitation. Couper une tête bien vivante avec un sabre ou une guillotine. L’électrocution sur la chaise électrique.
1:31 L’injection létale, présentée comme la méthode la plus « humaine »… On croit rêver… Une série de trois injections une pour endormir, une pour paralyser les muscles et les poumons et une pour provoquer un arrêt cardiaque. La lapidation, très ancienne tradition, avec des pierres de la taille d’une mandarine. Pas trop petites pour être efficace mais pas trop grosses non plus pour que la mort ne survienne pas trop vite. Le peloton d’exécution, yeux bandés, attaché à un poteau, une marque dessinée sur la poitrine pour désigner le cœur et un coup de grâce dans la tête. La pendaison, l’un des plus anciens moyens d’exécution. Bref… Vous l’avez compris c’est effroyable… Pourquoi l'abolir? Sans oublier le contexte d’exécuter un innocent. Et oui car l’être humain est faillible, le risque de commettre une erreur judiciaire est toujours présent. Et une fois que l’exécution a eu lieu et bien… Impossible de faire machine arrière.
2:17 Attention, je ne suis pas en train de dire qu’il ne faut pas punir un acte criminel ! Au contraire, il faut punir, pour que le criminel puisse s’amender et être ramené dans le droit chemin. Avec la peine de mort peu de chance qu’il retrouve le chemin... La peine de mort, c’est une solution brutale et simpliste qui ne fournit qu’une réponse superficielle à la souffrance de la famille de la victime et qui en plus étend cette souffrance aux proches du condamné. C’est l’expression tragique d’une culture marquée par la violence. Certainement pas un remède à ce fléau. Bien au contraire. Il faudra m’expliquer après, droit dans les yeux, ce qui justifie de faire ça à un autre être humain ? En même temps, je les connais les arguments pour justifier toute cette horreur. Aucun ne tient debout. C’est une façon de se « faire justice » ? On parle de vengeance, une vendetta quoi ! Et bien non ! L’élimination d’un meurtrier n’a jamais réparé son crime,
3:03 ni ressuscité sa victime. Tuer les agresseurs n’est pas défendre les agressés. Il paraîtrait qu’elle est dissuasive ? Les chiffres sont parlants : l’existence de la peine de mort ne réduit pas plus le nombre de crimes que l’abolition ne l’accroît. Ecoutez ce que disait Robert Badinter dans son discours à l’Assemblée nationale le 17 septembre 1981. Ça tombe sous le sens : « Et si la peur de la mort arrêtait les hommes, vous n’auriez ni grands soldats, ni grands sportifs. Nous les admirons, mais ils n’hésitent pas devant la mort. D’autres, emportés par d’autres passions, n’hésitent pas non plus. C’est seulement pour la peine de mort qu’on invente l’idée que la peur de la mort retient l’homme dans ses passions extrêmes.
3:50 Ce n’est pas exact. » La peine de mort empêcherait la récidive ? C’est clair ! Mais à quel prix ! Et quelle brutale simplification ! Une politique judiciaire ne peut pas tabler sur le seul fait que les morts ne peuvent plus commettre de crimes. Ca repose sur l’hypothèse que l’État peut déterminer, lors de la sentence, quels prisonniers vont récidiver. Ce qui suppose que l’humain est une mécanique prévisible. La peine de mort est efficace contre le terrorisme ? Comme si elle pouvait avoir un effet dissuasif sur quelqu’un qui a décidé de mourir pour servir sa cause ! La suprématie de l’idéal du terroriste sur la vie humaine, que ce soit la sienne ou celle de ses victimes le rend insensible à cette menace. En plus son exécution en fait un martyre qui galvanise les troupes. Utiliser la peine de mort contre les terroristes, c’est faire nôtres leurs méthodes. Un comble pour une démocratie non ?! rien ne justifie la cruauté de la peine de mort.
4:37 Son abolition est impérative et aucune exception n’est envisageable. Comme tout droit, le droit à la vie est indivisible, c’est tout ou rien. Plus de 60 ans après l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’homme, w la tendance mondiale en faveur de l’abolition de la peine de mort est indubitable. Les consciences s’éveillent, les décisions politiques allant dans le sens de l’abolition sont de plus en plus nombreuses. Plus de 2/3 des pays dans le monde l’ont quand même compris et ont aboli dans leur législation ou en pratique la peine de mort. Mais il reste encore des pays qui la pratiquent. Et pas des moindres ! 95 % des exécutions dans le monde se déroulent dans cinq États. Qui sont… l’Arabie saoudite, la Chine, les Etats-Unis, l’Iran et le Pakistan ! Et ça ne vous aura pas échappé que certains sont à toutes les tables des grandes décisions pour l’avenir du monde.
5:24 Rassurant… Le champion c’est la Chine. Il y avait même des témoignages de journalistes, d’hommes politiques et dissidents chinois qui dénonçaient la multiplication des prélèvements d’organes sur des condamnés à mort.Les exécutions auraient eu lieu en fonction de la demande d’organes… En Iran la peine de mort est appliquée dans les cas d’homicide, de vol à main armée, de viol, de blasphème, d’apostasie, de conspiration contre le gouvernement, d’adultère, de prostitution, d’homosexualité et des délits liés à la drogue. Et il s’avère que de nombreuses personnes exécutées pour des délits communs, et notamment pour des délits liés à la drogue, sont en réalité des opposants politiques. Tiens tiens… Le Japon est, avec les États-Unis, l’Inde et Taïwan, l’un des seuls pays démocratiques à pratiquer la peine de mort. Celle-ci est prévue dans la loi de procédure pénale et dans le Code pénal pour treize délits
6:09 mais, en pratique, elle est appliquée seulement pour l’homicide. Actuellement, aux Etats Unis, plus de 3 000 personnes se trouvent dans le quartier des condamnés à mort. Si de nombreux acteurs politiques et législateurs des États-Unis ont remis en cause la peine capitale, le gouvernement fédéral s’accroche fermement à sa position antiabolitionniste. Dans le monde, il ne faut pas perdre de vue que le plus souvent la sentence de la peine de mort ne se décide pas uniquement en fonction de la nature d’un crime: l’origine sociale et ethnique, les moyens financiers ou l’opinion politique de l’accusé font dangereusement pencher la balance… C’est donc ça la justice ? Et la France dans tout ça ? La peine de mort qui existait depuis l’époque gallo-romaine a été abolie en 1981 sous la présidence de François Mitterrand par le garde des Sceaux, ministre de la Justice, Robert Badinter. Il a fallu deux siècles de combat pour en arriver là !
6:55 Le dernier condamné exécuté a été Hamida Djandoubi, un immigrant tunisien condamné à mort en 1977 pour homicide et guillotiné dans la cour de la prison des Baumettes le 10 septembre 1977. C’est la dernière personne à avoir été exécutée dans les pays de la Communauté économique européenne. Mais la loi d’abolition du 9 octobre 1981 n’a pas clôt le débat. Régulièrement, des hommes politiques de premier plan se prononcent en faveur du rétablissement de la peine capitale. Surtout à l’occasion d’affaires criminelles ou terroristes qui marquent les esprits. Un changement de cap qui serait très compliqué puisque l’interdiction de la peine de mort résulte en France, tant de la loi que de la Constitution et de textes internationaux. Dans ces conditions, aucune loi votée par le Parlement ne pourrait rétablir la peine de mort. Sauf à modifier la Constitution et à dénoncer les textes internationaux ratifiés par la France.
7:41 En outre, pour entrer dans l’UE, comme pour y rester, il faut avoir totalement aboli la peine de mort. Extrêmement compliqué mais pas impossible… Donc la vigilance est toujours de mise. Il faut garder un œil sur la situation. So what now? Les États qui choisissent l’abolition emploient des voies différentes. Certains d’entre eux suivent des voies politiques et modifient leur constitution comme la France, la République d’Irlande, l’Italie, le Luxembourg, le Mexique, la Belgique... D’autres proclament des moratoires et d’autres encore se sont tournés vers des voies judiciaires, comme l’Ouganda. La plupart des pays qui ont traversé des périodes difficiles au cours de leur histoire ont su abolir la peine de mort. Comme par exemple l’Afrique du sud qui a aboli la peine de mort en se dotant d’une nouvelle constitution après l’apartheid. La marche vers l’abolition est réelle même si elle est lente. C’est toujours trop lent lorsqu’il s’agit de vie ou de mort, de justice ou de barbarie.
8:28 Et ce combat ne peut pas et ne doit pas être mené seulement au niveau des gouvernements et des instances internationales. C’est un combat qui concerne chaque être humain à la place où il se trouve. Et pour se souvenir de ne pas oublier les conséquences effroyables de la peine de mort, rien de mieux que les paroles d’un homme qui n’a jamais fermé les yeux, Albert Camus : « Ni dans le cœur des individus, ni dans les mœurs de la société, 157 00:08:48,260 --> 00:08:50,341 il n’y aura de paix durable utant que la mort ne sera pas mise hors la loi ».