0:02 Bien, mon général, général major général adjoint, messieurs les officiers généraux, monsieur le directeur, mesdames et messieurs, chers camarades, merci de l'intérêt que vous portez à l'organisation de cette première conférence euh qui s'inscrit directement donc euh à suite à l'élaboration du Plan national de prévention 2025-2029 qui a été diffusé en fin d'année et dont je rappelle les quatre axes structurants. Le premier donc c'est améliorer la connaissance des risques psychosociaux. L'axe 2, c'est développer les ressources et les outils pour mieux repérer les situations à risque. L'axe 3, c'est améliorer l'accompagnement individuel et collectif des personnels et mieux comprendre le stress post-traumatique.
0:50 L'axe 4 et c'est tout l'intérêt de notre présence ce matin, donc de développer le programme de la qualité de vie et des conditions du travail au sein de la gendarmerie nationale. que l'on soit militaire d'actives, de réserve, corps militaire de soutien, personnel civil ou gendarme adjoint volontaire, on représente qu'une seule communauté, celle de la richesse des hommes et des femmes qui participent à la noblesse des missions et à la réussite de la performance de la gendarmerie nationale. Chacun à ce niveau-là a un rôle à jouer qui est essentiel, fondamental à son niveau et qu'il convient donc de prendre en compte au quotidien dans le cadre de
1:36 la valorisation, dans le cadre de la reconnaissance. C'est euh spécifiquement le le thème qui a été retenu aujourd'hui dans le cadre de cette conférence qui donc sera suivie d'une seconde au mois d'avril euh et tout spécialement dédié ce matin donc à la chaîne de commandement pour nous permettre de réussir le développement de ce 4e axe. Pour se faire, nous sommes entourés du général de division Jacques PL qui nous fera part de son expérience et qui nous fait l'honneur de remettre l'uniforme depuis le 10 décembre si j'ai bien retenu mon général. Nous sommes également
2:21 accompagnés du colonel Antoine Soubiran qui est le chef du bureau chancellerie de la sous-direction de l'accompagnement du personnel et chancelier de la gendarmerie nationale. Nous sommes accompagnés de la lieutenante colonelle Sylvie Clément qui est chef de la section sociologie et démographie à la SDPRH et nous sommes également accompagnés par le capitaine Alexandre Bonau commandant l'escadron de gendarmerie mobile de Dreux et enrichi par la présence et l'intervention de de monsieur Adrien Chignard qui est psychologue du travail et qui rayonne à partir des Évelines sur l'ensemble du territoire national et ultramarin. et qui vous allez le voir connaît bien la gendarmerie nationale.
3:07 Mon général, je vous cède respectueusement la parole et on vous remercie encore de votre présence pour pour ces propos d'ouverture en ajoutant que cette conférence qui est déjà nourrie par votre présence et enrichie dans le cadre de l'amphié est aussi relayé dans nos territoires avec à peu près 200 connexions, ce qui montre l'intérêt qui est porté pour cet objectif ce matin. Merci mon général. Bonjour à tous. Je me réjouis d'avoir un amphi bien rempli, mais surtout d'avoir 200 autres auditeurs qui montrent l'intérêt du sujet. Alors, quand on parle de qualité de vie, de conditions de travail, qualité de vie et condition qualité de vie au travail d'une manière générale, chez certains, ça peut
3:53 paraître contreintuitif puisque le travail c'est le contraire de la qualité de la vie. C'est un point de vue que je ne partage pas, mais qui quand même a un peu gangrainé notre société, il faut en être conscient. La qualité de vie dans le travail à la gendarmerie, ça peut paraître encore plus contreintuitif. Chacun connaît nos horaires atypiques. Chacun connaît les difficultés auxquelles nous sommes confrontés dans nos interventions. En règle générale, on fait appel à la gendarmerie quand ça se passe mal, rarement quand ça se passe bien. Et donc, on intervient toujours dans des conditions paroxistiques par rapport au stade, j'allais dire normal de la vie en société.
4:38 On est confronté on a à la mort, à la blessure, parfois même chez nous, ce qui est encore plus douloureux. Bref, je vais pas vous brosser un tableau plus noir de certaines facettes de notre travail qui font que le travail dans la gendarmerie induit des contraintes, induit des sacrifices dont chacun est conscient. Et donc à ce titre, on peut se dire mais qualité de vie au travail en gendarmerie est ce qui marche sur la tête quand il nous parle de ça. Non, pas du tout. C'est justement parce que on fait un travail en moyenne plus difficile, j'allais dire que celui de la société. Même si on n' pas le monopole du travail bien difficile, il faut aussi en être conscient que justement il nous faut
5:24 cultiver parallèlement la qualité de vie au travail et saisir toutes les occasions pour que le gendarme malgré toutes les contraintes qui pèsent sur lui, malgré toutes les difficultés auxquelles il est confronté dans son travail au quotidien, il puisse se sentir bien dans sa peau, il puisse trouver des compens pensation qui lui donne envie de continuer à être gendarme d'une part et fier d'être gendarme d'autre part. Ça va d'ailleurs ensemble. Alors quand on regarde, on se dit que la reconnaissance au travail, on a peut-être déjà fait beaucoup, j'en sais rien. J'observe que l'avancement fait partie
6:13 des modes de reconnaissance. Et si je prends le temps long, alors je vais pas remonter au 7 siècles de la gendarmerie, mais contentons-nous des 50 dernières années, même si à 50 ans beaucoup d'entre nous n'était pas né. On n'a jamais autant promu nos militaires qu'au cours des 50 dernières années. Il y a encore 30 40 ans, on rentrait gendarme avec le grade de gendarme. 80 % finissaient avec le grade de gendarme, avec le même grade de gendarme et pourtant ils avaient pas le sentiment de ne pas être reconnu. On n jamais distribué autant de primes qu'aujourd'hui avec notamment des primes de résultats exceptionnels qui sont aussi une autre forme de reconnaissance et qui paradoxalement d'ailleurs crée
6:59 souvent plus de difficultés, plus de mal que de bien. Bon, c'est un constat. On n'a jamais autant félicité qu'aujourd'hui. Il suffit de regarder les charrettes de l'aide de félicitation, témoignage de satisfaction avec sans croix sur chaque grande opération ou pour des faits individuels pour constater qu'on a jamais autant félicité qu'aujourd'hui. On n jamais non plus autant décoré qu'aujourd'hui. Les ordres nationaux en proportion, on n'en a jamais eu autant qu'aujourd'hui. Bref, on pourrait se dire finalement la reconnaissance elle est là puisque on a tout bien fait comme administrativement on pouvait le faire. On a poussé tout le curseur au bout du bout. Oui, d'une
7:45 certaine manière. Mais est-ce que ça suffit ? Mon intime conviction, c'est que non. Je pense qu'il faut aller au-delà. Il faut quelque chose de plus personnel encore. Et c'est bien là le rôle du chef chef pris au sens large bien évidemment. Alors dans le mot reconnaissance, on va pas faire un cours de français mais il y a déjà le mot connaissance et je pense que la première des reconnaissances c'est justement de connaître ces personnels. Ça va sans le dire mais ça va parfois mieux en le disant. Le chef c'est celui qui est auprès de ses personnels, qui les connaît, qui les commande à la voix chaque fois que possible. Alors, vous allez me dire, il y a des échelons où c'est plus possible, bien entendu, enfin
8:32 dans un bureau, dans une sous-direction, voir dans une direction, ça me paraît encore àté humaine. Dans une compagnie de gendarmerie, dans un escadron de gendarmerie mobile, ça me paraît encore du domaine du possible. Le chef, c'est celui qui connaît ses personnels. Les connaît, c'est pas seulement connaître leur nom, c'est connaître leur histoire, c'est connaître leurs forces, c'est connaître leurs faiblesses, c'est connaître leurs aspirations. Bref, c'est les connaître au sens propre du terme. C'est ensuite les reconnaître. les reconnaître dans ce qu'ils font de bien et ce qu'ils font de bien, faut pas attendre la notation, faut pas attendre la PR, prime de résultat exceptionnel, faut pas attendre la campagne de décoration pour reconnaître ce qu'ils peuvent faire de bien au quotidien.
9:18 Un petit mot sympa de temps en temps à la fin d'une belle affaire, à la fin d'une intervention difficile de la part du chef, c'est toujours bienvenu. Ça ressoude les troupes, ça fait partie de la cohésion, ça fait pas de mal mais ça ne peut faire que du bien. C'est aussi être à l'écoute des difficultés du personnel. Difficultés que ce soit dans leur vie personnelle, chaque fois qu'on peut y répondre et dans la limite de ce qui est faisable et difficulté d'ordre professionnel. C'est le coup de main, c'est le conseil au personnel qui à un moment donné est momentanément égaré, ne sait pas comment, par quel bout prendre tel ou tel problème, telle ou telle procédure. Et là, il y a son chef qui nanti de son expérience, Nanti aussi de peut-être de ses galons, mais mais de sa
10:04 personnalité va guider, le subordonner, va le remettre sur la voie fraternellement, amicalement. Ça fait partie de la reconnaissance. Vous avez compris que dans tout ça, au-delà de la simple reconnaissance administrative qui a son importance, j'en ai parlé avant, il y a aussi la reconnaissance humaine et c'est peut-être ce qui compte encore le plus. Alors, je veux pas défleurer le sujet parce que j'ose espérer que ça fait partie des thèmes que vous aborderez, mais je crois que la reconnaissance, elle passe avant tout par l'humain, par un commandement humain, par un commandement d'amitié. Et c'est à ce prix que vous gagnerez la confiance et la reconnaissance de vos subordonnés.
10:50 Parce qu'on parle de la reconnaissance du chef vis-à-vis de son subordonné. Il est bon aussi que le subordonné reconnaisse le chef, c'est mieux même si c'est pas une obligation, mais le reconnaisse non pas à travers ses galiv à travers sa personnalité. Voilà. Et ça ça forme un tout et c'est ce tout qui à la fin fait la cohésion. Voilà. Je crois que j'ai assez parlé. Je vais maintenant vous céder la parole. Vous avez le droit de dire le contraire de ce que je viens de dire, hein. Voilà. Mais je vais vous écouter quelques minutes. Je devrais vous quitter après parce que j'ai une autre réunion. Mais je suis ravi qu'on ait pu aujourd'hui débattre librement de ce thème sans tabou, qu'on se dise les choses et peut-être qu' y a encore des idées à prendre. Et je vous souhaite une bonne matinée. Merci infiniment pour cette pour cette
11:35 introduction et et présentation. Je pense que vous avez donné en fait le fil directeur et l'architecture de plein de choses qu'on va se dire ce matin. Euh moi je partage infiniment la conviction qui est la vôtre. D'ailleurs, c'est plus qu'une conviction. Scientifiquement, il est prouvé que les personnes qui sont en situation de travail sont en bien meilleure santé que celles et ceux qui sont en situation d'inemploi. Tout simplement parce que le travail, c'est le premier lieu de socialisation de l'adulte. Et vous pas avez parlé de fraternité, ce qui est très important. Nous sommes des êtres sociaux. On a besoin d'appartenir à un groupe pour être alors en bonne santé mentale certes, mais aussi pour la survie de l'espèce, hein. Euh l'espèce survit parce qu'elle est grégaire et c'est quelque chose d'infiniment important. On partage une caractéristique que j'ai découverte ce matin en vous écoutant, c'est que psychologue du travail sur les risques psychosociaux, moi je gagne à être méconnu, c'est-à-dire qu'on
12:21 m'appelle que pour les situations difficiles ou délicates et effectivement c'est rare qu'on m'appelle pour prendre de mes nouvelles. Ça m'attriste mais ça n'est pas l'objet de ma psychanalyse matinale avec vous. Euh vous avez dit quelque chose qui est aussi, je pense, infiniment important. Euh j'avais pas prévu du tout qu'on parle de ça, mais j'ai adoré ce que vous avez dit. Qu'en fait on se serait croisé ce weekend peut-être tous les deux dans la rue, on se serait probablement pas salué pour une raison simple. On ne se connaissait pas avant, aujourd'hui. Alors, on enfonce une porte ouverte dès le départ. Mais ça veut dire quoi ? Ça veut dire que reconnaître suppose d'avoir connu préalablement. Et vous l'avez dit, ça suppose d'avoir connu la personne, sa trajectoire, sa singularité. et j'ajouterai à votre argumentaire d'avoir connu son travail et son activité. Euh, on va faire probablement beaucoup de métaphores aujourd'hui sur la vie personnelle parce qu'avant d'être des
13:06 personnels de la gendarmerie, vous êtes aussi des hommes, des femmes qui ont des familles, des enfants, des histoires d'amour, des histoires de vie. En tout cas, je vous le souhaite. Euh mais en situation de travail, il s'agit avant tout de reconnaître le travail et donc d'avoir un un chef qui a une autorité de compétence, une légitimité technique de par la connaissance des de la complexité des situations. Vous avez ajouté aussi quelque chose et je rebondirai là-dessus parce que ça me semble être le point cardinal de ce qu'il faut qu'on se raconte ce matin. Vous avez parlé de cette habitude très française que l'on a qui n'est pas spécifique à la gendarmerie nationale puisque que j'aille chez vous au ministère des armées mais aussi chez Danon, chez l'Oréal ou autre, j'entends la même chose. On fait un peu la même chose d'ailleurs avec nos enfants aussi pour celles et ceux qui sont parents. On reconnaît beaucoup les résultats. Il fallait faire 10, vous avez fait 10. Est-ce qu'on
13:53 saura vous dire merci ? On a parlé de la PR avec vous tout à l'heure, général. Alors, elle est elle est intéressante la reconnaissance du résultat, mais elle est très pauvre d'un point de vue motivationnel. Ce que l'on sait scientifiquement, c'est que c'est elle qui offre le moins de de pouvoir d'engagement additionnel. Il existe d'autres formes de reconnaissance qui me semble important qu'on puisse évoquer ensemble ce matin pour que vous ayez une connaissance de la panoplie, du spectre des différentes formes de reconnaissance qu'on va pouvoir envisager ensemble. Au-delà de la reconnaissance du résultat, on a une reconnaissance qui est essentielle au travail comme à la maison, qui est une reconnaissance qu'on va appeler la reconnaissance de l'effort. La reconnaissance de l'effort. Je parlais tout à l'heure avec le capitaine qui me disait que père de deux jeunes enfants de 12 et 24 mois, je veux pas
14:39 trahir de secrets d'Alc, qui a des déplacements, qui a une vie qui implique parfois d'avoir une femme seule à la maison. dans un moment, pour celles et ceux qui ont des jeunes enfants, vous savez ce que c'est les mauvaises nuits plus bah l'engagement nécessaire qui est votre quotidien. Et c'est la faculté qu'on va avoir à lui dire aussi écoute, je sais que les nuits sont mauvaises, je sais que tu te déplaces, je sais qu'à la maison c'est pas toujours facile. Et puis je sais que le métier du gendarme est un métier nécessairement qui est un métier qui est exposé à toute la somme des vicissitudes de la société française. Et c'est l'idée, la reconnaissance de de l'effort de dire au capitaine de dire à cette personne écoute, merci pour ta mobilisation. Merci. Même si c'est dur d'avoir mouillé le maillot, d'avoir été là, de t'être bougé, de t'être véritablement mobilisé au quotidien, quel que soit le résultat.
15:25 Et ça c'est important la fin de la phrase. La reconnaissance de l'effort, c'est cette dimension de reconnaître la mobilisation de quelqu'un sans même connaître le résultat. Pourquoi je dis ça ? Pour deux raisons. Vous savez, on connaît tous celui qui s'est pas vraiment félicité. Celui qui dit à son équipe "Mais merci d'avoir été à l'heure en réunion, ça me change de d'habitude." Pourquoi tu as rajouté ça ? tu viens de tout casser. C'està-dire que on le sait scientifiquement quand on mesure les hormones qui passent dans le sang, quand vous dites à quelqu'un "Merci d'avoir été à l'heure", vous avez des endorphines ou plutôt de la sérotonine, enfin des hormones agréables. Quand vous finissez par ça me change de d'habitude, vous passez au cortisol, les hormones du stress he vous savez les hormones 03 misecondes dans le sang, c'est savoir juste reconnaître l'effort sans jamais mettre le coup de pression derrière. Et je filme ma métaphore avec la métaphore parentale. Toute ressemblance avec ma
16:11 vie actuelle serait pas tout à fait le fruit du hasard. Si jamais vous avez un fils qui est nul en math, vraiment il est nul en math votre fils et puis un jour, alléluia, il est touché par la grâce, il vous ramène un 18/ 20. Waouh ! Et vous lui dites "Mais c'est bien mon grand, tu vois que tu en es capable maintenant tu vas nous faire ça à chaque fois." Pourquoi ? Pourquoi avoir rajouté ça à la fin ? C'est-à-dire que là, avant, il voyait de l'alliance, du soutien, une dimension motivationnelle et parentale. Vous mettez un coup de pression et une menace qui ne sert à rien. La reconnaissance de l'effort, c'est reconnaître la mobilisation d'autrui, quand bien même le résultat ne serait pas là. Troisième forme de reconnaissance que je voulais évoquer avec vous, c'est une reconnaissance qu'on va appeler, on appelle ça le jugement, le la reconnaissance du processus. Il y a un autre terme que je trouve plus joli, ce qu'on appelle le
16:57 jugement de beauté. Imaginons que dans cette salle, il y a des personnes qui partagent la même compétence que moi. Alors, clin d'œil, je sais que c'est le cas. Imaginons qui est dans cette salle des psychologues du travail comme moi qui à la fin de cette intervention me disent "Mais écoute, on t'a on t'a écouté Adrien, on aurait pu t'écouter des heures. C'est tu mets hyper bien en mot le contenu de ta pensée. C'était agréable à écouter. Ça fait 21 ans que je fais mon métier. J'ai plus de 2000 interventions à mon actif dans les contextes les plus compliqués." Et ben ça me toucherait quand même, figurez-vous. Pourquoi ? Parce que la le jugement de beauté c'est quoi ? C'est savoir reconnaître la qualité du travail, la jolie. C'est savoir et surtout dans vos métiers qui sont très vocationnel. Vous le disiez tout à l'heure, on peut donner sa vie pour l'institution. Dans ces métiers là, le jugement de beauté, c'est savoir reconnaître la
17:42 belle intervention, la la la jolie façon de fonctionner. C'est ne pas oublier que vous mettez toujours de vous-même dans ce que vous faites. Certes, vous représentez une institution, mais tout projet, toute intervention, toute activité engage votre identité. On met toujours de nous-même dans ce que l'on fait. Et ben, le jugement de beauté, c'est-à-dire un jugement qualitatif par un père que l'on un père pain que l'on trouve légitime, c'est quelque chose qui reconnaît la personne derrière le militaire, derrière le personnel. Et ça, c'est quelque chose d'absolument essentiel. D'ailleurs, on a prouvé scientifiquement que savoir reconnaître la qualité d'un travail exercé par autrui, ça augmente la qualité de votre système cardio-vasculaire pour vous, mais aussi pour celui qui le reçoit. Et puis rassurez-vous, comme propoliminaire, j'arrête juste après ça, il y a une
18:29 dernière forme de reconnaissance et j'avoue que je ne connaissais que très peu votre institution. Alors, je fais une petite parenthèse, la moitié de mon équipe, hein, j'ai une entreprise privée, sont d'anciens gendarmes qui viennent d'ici. Donc, je la connais un petit peu par mes collègues, mais quelque chose qu'on s'est tous donné ce matin sans savoir même qu'on était en train de le faire, vous savez, un peu comme celui qui faisait de la pros sans le savoir. Ce qu'on appelle une reconnaissance existentielle. La reconnaissance existentielle, c'est quoi ? C'est ce qu'on se doit les uns les autres, quel que soient nos comportements. Quand je suis arrivé sur site ce matin, on m'a offert un café, on m'a accueilli dans son bureau, on a discuté, on m'a souri, on a été chaleureux, on s'est montré poli avec moi quand bien même il est possible que dans ma vie perso, je sois une véritable ordure. Vous n'en savez rien et pour
19:15 autant, vous avez choisi, merci d'avoir été poli, courtois, chaleureux avec moi. On s'est salué, on s'est serré la main, on s'est présenté les uns et les autres et c'était fort agréable. C'est quoi la reconnaissance existentielle ? différencier le respect et l'estime. Et ça dans le commandement ou dans le management, c'est quelque chose d'absolument fondamental. C'est quoi différencier le respect et l'estime ? Le respect, c'est ce qu'on se doit tous de façon non négociable compte tenu notre commune appartenance à l'humanité. C'est la politesse élémentaire dans les rapports humains. L'estime, c'est autre chose. Je parlais du capitaine tout à l'heure. Imaginons capitaine, je vous croise tout à l'heure en prenant ma voiture et je vous vois passer dans la rue et voler la glace d'un enfant. Je vous féliciterai pas sur ce couplà, ça vous ressemble pas. Très sincèrement, je serai en colère surtout si c'est mon fils. Euh
20:02 bah très sincèrement, ça me mettrait très mal à l'aise de vous voir avoir ce type de comportement. Je vous ferai savoir que je réprouve ce comportement sans vous insulter, sans vous menacer, sans vous casser la figure. J'aurais pas envie de me faire casser la figure en retour. Quelle légitimité aurais-je à qualifier un comportement de peu respectueux si moi-même je me comportais de la même manière ? Ça veut dire quoi d'un point de vue du d'un point de vue du management ou du commandement ? C'est quand bien même on n'est pas satisfait du travail produit par nos collaborateurs ou par notre personnel ou nos subordonnés, on a le droit de leur faire savoir qu'on mésime leur travail. Mais jamais qu'on mésime leur personne. [grognement] On peut avoir un jugement de valeur sur le travail ou les comportements. On aura toujours un jugement respectueux vis-à-vis des personnes. Voilà en tout
20:48 cas ce par quoi je voulais commencer pour suivre l'introduction que vous avez faite. Vous avez parlé de quelque chose mais je vais pas monopoliser tous les tout l'espace de parole. Vous avez parlé de quelque chose d'essentiel qui est cette dimension du soutien interpersonnel qu'on peut se donner qui effectivement dans une section, dans un département, dans une va être absolument important mais on en parlera un petit peu tout à l'heure. Est-ce que sur cette sur la base de ce propos proliminaire quelqu'un veut rebondir ? Al moi je veux bien faire les 2 heures tout seul hein, mais [rires] je vais vite vous ennuyer. Est-ce que tu veux que je rebondisse ? Et ben écoute, avec grand plaisir. Bien. Euh je vais rebondir à part un petit peu pour planter le décor puisque lorsqu'on a échangé sur cette séance, mon objectif à moi, compte tenu de mon
21:34 parcours un petit peu atypique, c'est pas forcément de vous donner mon expérience de commandement puisque je n'ai pas eu d'expérience de commandement à proprement parler dans cette institution, mais de vous dire ce que les gendarmes attendent de la reconnaissance puisque mon métier quotidien consiste à faire des sondages et des études auprès des personnels et dans la plupart de nos sondages, Les militaires de la jammerie, je dis les militaires de la jammerie, quel que soit leur corps, quel que soit leur âge, quelle que soit leur ancienneté dans l'institution, nous parle tous du manque de reconnaissance en nous disant souvent nous ne sommes que des numéros. Alors, chaque gendarme a un igen. Nous évoluons dans une institution très uniformisée. Les uniformes, une certaine règle à
22:19 respecter au quotidien. Donc finalement ce qui est intéressant c'est de voir qu'est-ce que l'institution propose comme reconnaissance mais qu'est-ce que le gendarme attend puisque on se rend compte qu'il peut y avoir une dissonance en ce que entre ce que l'institutant va proposer ce que le gendarme attend. Alors finalement en sociologie la reconnaissance ça désigne un processus d'identification. Mon igende c'est mon identification bien avant peut-être mon nom et mon prénom ou mon grade. Donc c'est un un élément clé d'identité professionnelle et autre point la reconnaissance elle est intimement liée au sens du travail. Or aujourd'hui ce que l'on observe dans nos sondages, c'était notamment le cas pour la GD, mais c'est aussi un peu le cas pour la
23:05 GM, la perte de sens du travail. Et donc à partir du moment où il y a une perte de sens du travail dans un collectif professionnel, ça fait augmenter la le besoin de reconnaissance. Donc le sens du travail, la reconnaissance au travail sont intimement liés. Euh alors cette reconnaissance euh du sens du travail, elle est pas simple parce que finalement qu'est-ce que le travail du gendarme ? Il y a ce que l'institution définit comme étant le sens du travail du gendarme et ce que le gendarme va définir comme étant son travail. C'est l'éternelle question sur le cœur du métier du gendarme. Cœur du métier, attention, il y a le mot cœur. Qu'est-ce qui fait battre mon cœur ? C'est quoi le cœur du métier ? Et surtout l'éternelle question. Je l'ai
23:50 toujours connu en mes 26 25 26 ans de carrière Jean Ameri les fameuses missions indu qui est un sujet qui revient très régulièrement dans les commentaires des gendarmes. Alors on l'a dit, tu l'as dit Adrien, le général l'a dit. Aujourd'hui, le facteur économique ne suffit plus à la reconnaissance des personnels. C'est d'ailleurs un facteur qui agit essentiellement à très court terme. Euh et d'ailleurs dans la plupart de nos sondages, ce que réclament les gendarmes, ce n'est pas forcément de l'argent, mais c'est surtout des moyens pour travailler. Alors, vous me direz, les moyens pour travailler, ça nécessite d'avoir des finances, bien évidemment et ou parfois par exemple des meilleures conditions de logement. On en reparlera finalement derrière la notion de reconnaissance pour le gendarme. C'est ce que j'appelle et ça c'est très lié à
24:37 la notion de Marcel Mos, le don contre don. Qu'est-ce que je donne ? Je peux donner ma vie, je donne ma famille, je peux donner ma santé, je peux perdre la vie. Et qu'est-ce que l'institution me donne en retour ? Donc derrière la notion de reconnaissance, il y a l'idée d'une réciprocité. Et il y a un peu l'idée d'une dette. Il y a un espèce d'entêtement mutuel entre moi, mes chefs et peut-être plus globalement l'institution. Alors cette relation de réciprocité euh elle doit aussi prendre en compte l'idée selon laquelle nos gendarmes globalement font toute leur vie dans l'institution.
25:22 Euh contrairement aux idées reçues, nos gendarmes, il faut quand même souvent toute leur carrière. Euh ils sont issus d'une famille de gendarmes, ils ont été GAV, ils ont été sous-officiers, certains deviendront officiers et donc ils regardent l'institution sur un temps long, sur toute une carrière. Or, durant toute une carrière, il peut se passer beaucoup d'évolution dans les moyens matériels, dans les l'emploi. Et donc à partir du moment où une institution n'est pas assez stable dans ses modes d'organisation, ses modes de gestion, et ben ce manque de stabilité va affecter la cohérence et le sens du travail. Alors pour comprendre aussi cette relation de réciprocité, je continuerai, je terminerai avec ce point sur un élément important, c'est les sources de
26:09 l'engagement. Un gendarme, il signe pas un contrat de travail, il signe un contrat d'engagement. Et ce mot engagement, il est fondamental pour pour comprendre un petit peu cette notion de reconnaissance. Souvent lorsqu'on demande à l'entrée en école aux jeunes recrues, je dis jeunes recrues qu'il soient officiers sous-officiers lorsqu'on leur demande pourquoi ils rentre dans l'institution, on a souvent un registre de vocabulaires héroïques. La veuve et l'orphelin, le Saint-Bernard, le Chevalier. Donc on a vraiment une sacralisation de l'engagement. C'estàd qu'on a des personnels qui rentrent avec une vision très idéalisée de l'institution et de la gendarmerie. Quand je dis la gendarmerie, c'est pas
26:54 les chefs, c'est pas le directeur général, c'est quelque chose de bien plus global. La gendarmerie, elle est vue comme une institution digne du respect le plus absolu et finalement c'est le but de l'engagement avec la possibilité finale d'y perdre d'y laisser sa vie. Et donc on est aujourd'hui dans des personnels qui rentrent avec une vision très idéalisée de l'institution. Ils ont le sentiment d'évoluer dans un univers à part et donc ce sont des personnels qui vont pouvoir facilement critiquer l'organisation à partir du moment où ils n'en comprennent pas le fonctionnement ou les décisions. D'où le le le fortes attentes de des personnels et puis le degré facilement critique qu'ils vont avoir par rapport aux décisions institutionnelles. On se retrouve finalement avec une
27:41 reconnaissance qui est dans un donateur, un donataire et puis un/ers qui est finalement l'institution au sens de ce qu'elle a de plus sacré et le sacrifice. Les gendarmes utilisent énormément la notion de sacrifice. Le sacrifice c'est finalement l'action sacrée par excellence. Alors je vais vous lire pour terminer quelques verb à team que j'ai retenu de certaines études. J'ai un parcours exceptionnel et je trouve que je n'ai pas assez de reconnaissance. J'ai donné toute ma vie pour la gendarmerie. Ça m'a coûté mon divorce. Voilà le voilà le genre de témoignage que l'on voit au quotidien dans nos sondages. L'idée que j'ai donné beaucoup de choses et qu'est-ce que j'ai en retour. On pourrait faire encore 2 heures dessus. Merci Sylvie pour tout ça. Tu es tu es tu es intervenu régulièrement en
28:28 questionnant cette dimension du sens au travail. Alors c'est un peu un maronnier de la presse he vous savez à après chaque grande période de vacances on lit dans les journaux. Faut-il trouver du sens à son travail ? Après la pandémie de Covid-19, il y avait la question des métiers utiles, des métiers inutiles. Ce qu'on oublie souvent, c'est qu'il y a trois dimensions dans le sens au travail qui vont nourrir effectivement cette dimension de la reconnaissance. La première dimension du sens, c'est le sens de signification. J'ai bien compris ce que tu viens de nous dire. C'était quoi le sens de ta phrase ? La signification qu'on va donner véritablement à son travail. La deuxième dimension du sens, c'est le sens direction. C'est par où ? châtillon. Euh le sens direction, c'est vers où on va individuellement et collectivement. Et
29:14 puis il y a une tr une troisème dimension de ce sens au travail, c'est le sens qui est relatif à la sensation. Est-ce que c'est agréable ? Est-ce que c'est désagréable ? Quels sont les affects ? Quels sont effectivement les émotions que je vais ressentir au travers de l'exercice de l'activité ? Je crois que capitaine, c'est ce sur quoi vous vouliez revenir un petit peu dans la dans l'intervention qui était la vôtre, notamment sur la façon dont le gendarme peut être perçu par rapport aux missions qui peuvent être les siennes. Oui, tout à fait. le le gendarme, je pense qu'aujourd'hui il a cette vision qui est tronquée mais qui est naturelle finalement de cet aspect rpressif qu'il peut avoir sur le terrain. Alors évidemment, on pense au gendarme départemental don dont c'est un peu le travail au quotidien mais gendarme mobile intervient au profit du de nos
29:59 camarades en gendarmie départemental et à ce même sentiment finalement parfois. Euh malgré tout, je pense qu'il est important pour les chefs euh que que nous sommes à tous les échelons de leur rappeler que au-delà de l'aspect répréhensif euh ils [grognement] ont aussi euh cette ce rôle et ce repère qu'il représente pour la société de boué euh en cas d'urgence euh là où il s'expose d'ailleurs sur les interventions et que finalement la reconnaissance passe au-delà du remerciement qui pourrait être adressé par la population par le rôle crucial qui joue dans la structuration de cette société. Euh je je voulais rebondir sur d'autres points alors très terre à terre aussi mais dans la reconnaissance dont vous parliez tout à l'heure, on parlait de l'aspect évidemment humain, connaître pour reconnaître. Je je pense sans sans le connaître par
30:46 cœur mais à un livre qui est souvent utilisé notamment dans la préparation au mariage et je pense que l'engagement que l'on a avec la gendarmerie c'est un petit peu comme un mariage he puisqu'il est total. On y vit on y a des astreintes et cetera. Parfois ça nous coûte sur le plan personnel et familial. Ce sont les langages de l'amour, les cinq langages de l'amour. Et finalement, chacun de nos militaires, chaque individu que nous sommes nous-mêmes, avons besoin d'un diff de différents langages de l'amour qui évolu avec le temps. Euh parfois c'est euh la parole, l'intention, parfois c'est le geste, parfois c'est les choses concrètes. Euh et pour certains euh leur répéter euh au quotidien que leur travail est bon euh va pas forcément leur parler. Pour d'autres, c'est un besoin. Et je pense et peut-être que je dérive très nettement, mais parce que c'est factuel, j'y suis confronté aujourd'hui à l'unité. On a de gros travaux à venir, notamment au niveau immobilier et euh ce
31:32 qui est fait actuellement au niveau de la gendarmerie permet de reconnaître auprès du gendarme la nécessité, le besoin euh qu'il a pour lui et sa famille. Et je pense que ce travail qui est fait et en tout cas, j'essaie sans être parfait de de de le faire de communiquer auprès de mes militaires sur ce qui est en cours, sur ce qui est à venir et leur permettre de leur rappeler que on travaille au-delà de leur engagement opérationnel sur une reconnaissance plus globale. Et je je rebondis juste que je trouve ça hyper intéressant. J'avais pas du tout prévu de parler de ça ce matin, mais puisque tu parles d'amour, allons-y, hein. Les reconnaissance, on peut aussi élargir un peu. Euh, il y a un phénomène qu'on connaît tous et on en parlait ce matin un petit peu aussi quand on parlait d'argent et de prime. Euh, un phénomène que vous connaissez tous en tant qu'être humain. Alors, le nom est un peu barbare mais vous avez vu vous allez vous allez voir l'expérience, c'est plus simple à comprendre. C'est exactement ce que tu viens de dire sur
32:18 l'habituation héonique. C'est quoi l'habituation héonique ? L'habituation héonique, c'est que je sais pas quel est votre dessert préféré. Moi, je suis un grand fan de tarte au citron. Vous allez me dire merci mais on éétait pas là pour connaître tes goûts. J'en conviens simplement si je mange des tartes au citron matin, midi et soir, au début j'en je finis par en avoir un peu marre. C'est le même phénomène que la nouvelle voiture. Vous avez une voiture qui est en fin de vie, qui est pourrie, vous avez envie de la changer et là on vous prévient que en raison de la pénurie des composants électroniques, vous aurez la prochaine dans 4 ou 5 mois. Vous l'idéalisez, vous l'imaginez, vous en parlez aux copains, aux copines, vous arrivez à la concession, on vous enlève le truc, ça sent le neuf, ça sent bon, elle est belle, vous roulez un peu, vous la montrez aux copains, c'est super. Et puis au bout de semaines, bah c'est juste une voiture quoi. Et ça ça s'appelle l'habituation hédonique. Et c'est ce qu'on vit tous. D'ailleurs, on sait que quelqu'un qui a
33:03 reçu une prime ou quelqu'un qui reçoit une augmentation de salaire, ça va avoir des effets de satisfaction et de motivation. Ça veut pas dire qu'il faut jamais avoir de prime ou d'augmentation de salaire. Ça n'est pas le contenu de mon propos. Ce que je veux dire quand c'est qu'en terme motivationnel ou de satisfaction, au bout de 3 mois, ça s'étole un petit peu. Et j'aimais bien ce parallèle qui était fait avec le langage de l'amour sur la façon de différencier les formes de reconnaissance. Parce que si effectivement on donne toujours la même chose de la même manière à la personne, ça va finir par éroder un petit peu la sensation que va avoir autrui de s'être sentie reconnu dans sa singularité. Pardon, je referme ma parenthèse. Et et le 2e point euh que sur lequel je voulais rebondir euh dans un dans une autre thématique euh sur cette notion de perte de sens que vous avez évoqué euh
33:49 qui peut arriver parfois pour pour le gendarme, je pense, alors je vais parler très GM puisque c'est c'est mon cœur de de métier d'emploi, mais euh la GM a parfois peut-être manqué de sens et aujourd'hui c'est plus tout le cas et elle est reconnue pour tout le monde, elle est répétée pour tout le monde par les engagements de différentes années que ça soit sur le territoire métropolitain Outre mer qui parfois était intense voire plus que dangereux et et a causé malheureusement le décès de certains camarades. Je pense que la reconnaissance maintenant, elle est existante et elle est réelle. Il faut, je pense, rappeler à nos militaires le sens de la mission et de ce qu'ils ont fait et l'intérêt qu'ils ont pu apporter à la mission. Euh dans un domaine tout à fait autre, euh récemment, l'unité a été employée sur une une OPJUDE euh au profit d'un GGD
34:35 euh avec une double dimension, celle de la sécurité euh du GGD et euh euh mais aussi et surtout un sens plus humain qui était peut-être annoncé mais du moins qu'il fallait expliquer et faire comprendre aux militaires qui était de rassurer et de contribuer à à une sérénité pour les habitants de la caserne euh donc les militaires mais aussi euh leurs épouses, leurs conjoints et surtout leur enfants et finalement c'était euh la crainte pour pour ces militaires. Et je remercie et j'en profite le GGD qui a su remercier l'unité pour sa présence et son travail. Alors ça paraît évident, peut-être que je je j'enfonce une porte déjà grande ouverte, mais remercier les différentes unités, remercier les différents renforts et c'est le cœur du métier de la GM, c'est important et de savoir les rediffuser. C'est ce qui permet de
35:20 redonner du sens et de reconnaître le travail qui a été effectué, même si peut-être la mission euh ne consistait pas à une action factuelle et qui pourrait sembler réelle sur l'instant au militaire qui qui la qui la met en œuvre. Bien, [grognement] pour rebondir, il y a un écueil quand même assez important dans la reconnaissance des personnels, c'est que finalement la gendarmerie n'a pas la maîtrise entière sur tous les paramètres de la reconnaissance puisque dans nos études, ce que l'on voit c'est que finalement le gendarme, il attend effectivement le volet de la reconnaissance interne qui est la reconnaissance des pères, la reconnaissance de la hiérarchie et la reconnaissance, on va dire institutionnelle qui semble logique.
36:06 Mais il y a aussi toute la partie de la reconnaissance exogène, c'est-à-dire celle des magistrats, celle des élus ou celle de la population. Je rappelle ce que montre la plupart de nos études de corte, c'est que le gendarme, il rentre pour être utile à la population. Donc il est très attentif à ce que pense la population de lui. Il est attentif à ne pas être en décalage avec ce que vit la population. C'est pour ça qu'il peut être vite très critique sur ses moyens matériels, sur ses conditions de logement parce que c'est sur sa tenue aussi parce que c'est ce qui reflète l'institution auprès de la population. Autre élément qui ressort énormément, ça va faire le lien avec le sens du travail
36:51 cette fois-ci pour la partie gendarmerie départementale. Les gendarmes qui nous racontent très souvent et ben j'ai consacré mon weekend à une garde à vue pour retrouver le gardé à vue dehors quelques heures plus tard. Ça ça détruit complètement la motivation professionnelle puisque ça donne l'impression de faire du travail pour rien. Alors là, vous me direz, c'est effectivement pas la faute de l'institution, mais je voulais citer cet exemple pour montrer à quel point la reconnaissance, elle dépend aussi d'autres acteurs à l'institution. et on voit beaucoup ces derniers temps euh dans euh nos sondages euh beaucoup de difficultés liées à la lourdeur et la la
37:37 complexification de la procédure pénale. Euh voilà qui sont des éléments qui remontent également énormément et qui peuvent altérer euh le sens du travail et donc la reconnaissance. Oui. Puis je pense aussi, Sylvie, l'image qu'on a de nous-même puisque nous sommes des êtres sociaux, hein, très sincèrement euh la représentation qu'on se fait de nous-même, elle dépend aussi de l'image que nous donnent les autres. Imaginez un seul instant tout à l'heure en rentrant chez moi, je quitte ma voiture, je sors dans la rue et je croise cinq jeunes femmes qui me croisant se mettent à pouffer de rire en disant "Le pauvre avec son physique, ça doit pas être facile tous les jours." Bah très sincèrement, ça sera pas la meilleure après-midi de ma vie. Je passerai un mauvais moment parce que cette image qu'on m'aurait renvoyé de moi, elle serait avilissante, humiliante et pas
38:24 véritablement agréable. Donc si effectivement la société nous renvoie une image de nous-même qui est une image altérée ou désagréable, ça va retentir sur la perception qu'on va avoir de nous-même. Général, vous percevez-vous des stratégies de compensation par rapport à ça ? Alors tout à fait. Alors déjà pour rebondir ce que sur ce que vous venez de dire, moi j'ai toujours été frappé au cours de ma carrière dans la les discussions que j'ai pu avoir avec des centenaires, gendarmes. Alors souvent des femmes aussi de gendarmes parce que les femmes vivent plus vieux. Mais quand ce qu'elle nous raconte ou ils nous racontent leur vie, on constate qu'ils ont vécu dans la pauvreté, dans la servilité.
39:09 avec des rapports hiérarchiques absolument d'un autre âge. Et pourtant, pour rien au monde, il ne reviendrai en arrière. Pour rien au monde, il renirait ce qu'ils ont vécu. Pourquoi ? Parce que il bénéficiaient du respect de la population. personne ne venait les remettre en cause. Et pour autant, comme l'a rappelé le général Harvisé tout à l'heure, 80 % finissait gendarme. Un chef était un chef, on l'appelait chef, il était commandant de brigade et respecté de tout le monde au même titre que l'instituteur que le maire. Beaucoup de choses ont changé aujourd'hui et même si 80 pas loin de 80 % de la population dans les différents sondages de popularité de la gendarmerie nous
39:56 accorde leur confiance, les la minorité est tellement présente et tellement bruyante qu'elle vient saper le moral et donner l'impression que ben le français ne respecte plus le gendarme et malheureusement de toute façon le gendarme a davantage à faire à la personne partie de la population qui ne le respecte pas plutôt que la population qu'on a l'habitude de dire la frange saine. Donc aujourd'hui, ne trouvant plus ce respect-à-vis en externe comme l'a rappelé Sylvie, euh il est clair que il recherche davantage une reconnaissance en interne. on va avoir du mal nous à lui accorder
40:43 la compensation de la reconnaissance externe parce que la reconnaissance externe, c'est vraiment la reconnaissance du sens du travail puisque fondamentalement notre travail n'a de sens que si on sert la population. Donc il faut c'est c'est quand même le client en quelque sorte qui doit être le premier à annoncer sa satisfaction ou sa désapprobation. Donc en interne, on va avoir une action de soutien et ça va être le rôle du chef. Ce que je voudrais dire là-dessus, c'est que pour compenser l'action du chef, qu'elle soit en dans une démarche de sanction positive ou d'une sanction négative, elle ne elle ne doit pas être réalisée vraiment évitablement à titre
41:28 personnel en impliquant son propre égo, mais le chef est représentant de l'institution. Donc, il doit être le porte-parole de l'institution qui reconnaît la valeur de ces de ses membres. parce que la la sanction encore une fois positive ou négative va va être déterminante pour déterminer les la limite droite et la limite gauche de ce qui est bien et de ce qui est mal et donc en réalité de ce qui est attendu du gendarme. Et de ce qui est attendu du gendarme contribue à conforter à construire l'identité du gendarme. Donc lorsque on fixe la règle et qu'on l'a
42:14 fait reconnaître, qu'on l'a fait respecter, on va vers une uniformité comportementale uniformité institutionnelle et de fait on va dans le sens d'une reconnaissance de l'appartenance à à une à un groupe, à une institution qui a des valeurs communes, qui a une déontologie évidemment commune. commune et qui de fait corps là où tout le monde peut se reconnaître. Et c'est et c'est par là que on peut redonner un sens de du un sens au travail mais un sens commun. Et donc moi je pense très sincèrement que la reconnaissance individuelle qu'on
42:59 va apporter à chacun de nos gendarmes gendarmes au sens très générique du terme au sens donc une reconnaissance individuelle va en fait se transformer en reconnaissance collective et elle va consolider la collectivité par l'exemple. l'exemple de ce qu'il faut faire, l'exemple de ce qu'il ne faut pas faire et derrière il y a l'idée des d'esprit de corps. Le le le rôle du chef pour moi, c'est c'est donc d'accompagner l'appréhension de de ces règles par les par le soutien, par les les remerciements, par la sanction aussi lorsque la sanction négative lorsqu'il
43:45 est nécessaire. Et au bout du bout, l'objectif idéal, c'est d'arriver à faire en sorte qu'il y ait une une appropriation complète de la part du gendarme de cette de cette règle de manière à et de ce comportement, de ce qui est attendu de lui, de cette construction identitaire de manière à ce qu'il trouve en fait dans la fierté d'appartenir à l'institution une forme de de de sens, de compréhension, d'utilité. Donc l'utilité de servir, l'utilité de à la population et et de donc de trouver sa satisfaction personnelle dans le travail
44:31 accompli au quotidien euh avec ou sans briot, mais en tout état de cause, sans besoin excessif de reconnaissance formelle. Donc je crois que la reconnaissance au travail euh que l'on peut que le chef doit apporter doit avoir pour but ultime de créer une forme de de cercle vertueux qui fait que à la fin on n plus besoin de de récompenser à tour de bras comme on le fait aujourd'hui et pour tout et pour rien. Je crois que nous sommes nombreux à penser que on récompense trop et donc où on fait perdre du sens à la récompense. Je parle des conv formell de félicitations et cetera. Je veux dire pour du des choses qui sont très très normales. On viendra sans doute
45:16 là-dessus mais où le gendarme trouve sa satisfaction dans ce qu'il a fait au quotidien et et chacun d'entre nous l'a vécu au moins une fois dans sa carrière. Qu'est-ce qui a fait plus de bien ? C'est un simple merci. Merci de la part de ses chefs et encore davantage merci de la part d'une victime, la part de d'une personne qui était en difficulté. Voilà, j'ai des souvenirs à titre personnel de de nuit, de jour, nuit passé, mais où on ne sent pas la fatigue parce que en retour, on a des merci, on a des sourires de personnes qui étaient dans le désespoir et que on a aidé. Et c'est là-dessus que
46:02 je pense que on doit travailler sur la reconnaissance au travail pour compenser cette reconnaissance externe que l'on a plus. Et je dirais que si on a un cycle vertueux en interne pour avoir de l'autosatisfaction, on aura aussi un cycle vertueux qui sera créé parce que plus le gendarme sera fier de son institution, plus il se comportera fièrement et en acte d'équation avec ce que doit être l'institution. Et ce que doit être l'institution, c'est ce qu'attend la population. Et de fait, on recréa davantage encore de confiance et on retrouvera peut-être un jour si les conditions sociétales changent un peu, un respect qu'il a été perdu.
46:50 Merci infiniment. Tu voulais rebondir Sylvie ? Oui. Oui. Adrien, je voulais juste rebondir sur les propos du capitaine et du général. Toute l'ambiguité finalement du métier de gendarme, c'est cette dualité prévention, répression. Donc il y a effectivement le trail de répression qui est pas alors qui est quand même voilà le gendarme dit bien je suis là aussi pour arrêter les méchants. Donc cette dimension de mettre fin euh à une situation est importante dans le regard qu'il portent sur leur métier. Ce trail de répression il est facilement quantifiable. On va le décorer. On va attribuer des primes parce que c'est entre guillemets la belle affaire ou la belle intervention. Et puis il y a d'un autre côté le travail de prévention. qui est un travail plus difficile à
47:36 appréhender, plus difficile à quantifier, mais qui reste aussi au cœur de l'idéal professionnel. Ce qu' dit le général, c'est le petit mot du gamin ou de la victime qui est adressée ou les croissants qui vont être livrés le matin par une victime du chocolat ou je ne sais quoi encore. Donc cette cette ambiguité du métier de gendarme rend encore plus difficile l'attente de reconnaissance. Je réinsiste un petit peu aussi sur ma notion de cœur de métier parce que ce que nous disent beaucoup les gendarmes dans nos enquêtes, c'est la sur et je pense que vous serez tous d'accord, la surraaccumulation des priorités et des missions qui là encore est quelque chose qui revient assez régulièrement. Euh de même euh je
48:22 vais rebondir aussi sur ce que disait le capitaine, sur la question des missions puisqu'on a pas mal travaillé ces derniers temps sur la GM. Euh il y a ce qu'un gendarme va considérer comme étant l'émission sympa et les missions moins sympa. un GM, les DHPP, les de les DEPP, c'est quelque chose quand même de plutôt sympa en mission parce que à longueur de journée, il a pas toujours de voilà la mission de gendarme mobile est pas toujours évidente. Donc les DEPP, DHPP qu'il ne fait peut-être plus, il le regrettent peut-être un peu. Les Craléellques qui sont pas des missions évidentes, bah c'est peut-être des missions moins nobles ou moins évidentes. Voilà. Donc il faut à la fois réfléchir à qu'est-ce que le cœur du
49:09 métier de gendarme. Et le gendarme parfois se sent souvent un peu dépossédé de ce que devrait être son métier parce que finalement son métier c'est pas lui qui peut le dicter, c'est les autres. Quand je dis les autres, ça va être le pouvoir politique, ça va être les instances judiciaires. Donc parfois il se sent aussi un petit peu dépossédé de son propre métier au quotidien. Je me permet de rebondir sur ce que tu as dit parce que je trouvais que c'était important et à titre personnel toujours penser et répéter que le métier du gendarme ce n'est pas certainement pas de faire respecter tous les règlements et toutes les lois qu'on a pu dicter. Sinon, c'est simple, ça se traduit par rendre la vie de nos concitoyens
49:55 impossible, mais c'est de mettre dans la tête de nos gendarmes que leur rôle c'est d'assurer un équilibre social et donc de leur par là de leur expliquer que finalement leur métier et leur sens du travail qu'ils vont exercer au quotidien, c'est aussi par leur intelligence de situation, par leur compré créhension de la société, la microciété dans laquelle ils vivent, qu'ils vont pouvoir l'exprimer, qui vont pouvoir adapter en fait leur leur travail et ils ont besoin de cette liberté d'action dont ils sont régulièrement privés comme tu l'as dit. Euh et voilà, il faut qu'on leur redonne confiance en eux-mêmes pour
50:43 que ils reprennent en main personnellement le sens de leur travail. Moi ça me donne envie de de partir sur un sujet alors qu'on avait pas du tout envisagé d'évoquer ce matin mais que je trouve passionnant par rapport à ce que vous avez dit. Je sais pas si vous savez ce que sont ce qu'on appelle des comportements de citoyenneté organisationnelle. Alors le mot est barbare mais rassurez-vous, je vais essayer de le rendre intelligible. Enfin en tout cas je vais essayer. En fait il existe dans tous les métiers, tous les jobs des choses que vous faites mais qui ne sont pas dans votre fiche de fonction. Votre chef le saura pas. Vous n'aurez pas de prime, il y aura pas d'argent en plus. Vous le faites pas pour briller, vous ne le faites pas pour la reconnaissance que serait euh une prime ou de l'argent additionnel. Ce qu'on appelle nous dans notre métier des comportements prox. En gros, quand vous c'est tout ce qu'il y a pas dans votre description de fonction mais qui est absolument nécessaire au maintien de l'activité. On le voit pas mais si c'est
51:29 pas là ça fonctionne pas. C'est comme quand vous allez au resto, vous prenez une salade composée, le seul truc qui a pas marqué c'est l'huile ou l'assaisonnement. Simplement, s'il y en a pas, c'est infect. C'est quoi ces comportements prociaux au travail ? Ils sont au titre de trois. Le premier des comportements prox, c'est exactement ce que vous avez dit général. C'est le coup de main spontané qu'on va donner à un collègue. OK, on avait fini son service, on pouvait rentrer chez soi, mais on voit un collègue qui est en carafe quoi. Il est pas bien, il est en galère sur un truc, votre chef le sera pas, vous serez pas félicité, vous aurez pas une prime à la fin, mais vous allez dire à votre collègue, je peux pas te laisser comme ça. C'est la fraternité dont on nous parlait tout à l'heure. C'est le coup de main concret qu'on va donner à quelqu'un qui est en dans une situation délicate. Donc, premier comportement prosocial ou ce qu'on appelle de citoyenneté organisationnelle, c'est d'aller donner un coup de main à son collègue. Le deuxième c'est vous recroisez un copain ou une copine que vous avez pas vu depuis 20 ans quand vous avez quitté
52:15 l'école et qui vous dit "Mais tu es devenu quoi ?" Et vous dites "Mais moi je suis devenu gendarme." et qui vous dit "Oh tu as pas honte d'être devenu gendarme ?" Et vous lui dites "Bah non seulement j'ai pas honte mais je suis hyper fier en fait. Enfin non seulement c'est je pas honte mais mais c'est une fierté en fait la mission qui est la mienne. Je représente quelque chose pour le corps social qui est essentiel à cette publica à cette vie en collectivité. Mais votre chef est pas là. Vous n'aurez pas de prime. On vous a pas demandé de le dire en tant que tel. Et pourtant, vous avez intégré la fierté de la mission, cette faculté que vous aurez à défendre l'institution quand bien même personne ne vous donnera de l'argent pour le faire. 2è comportement prooocial. Et puis le troisème comportement procial, c'est quoi ? Euh bah c'est la faculté que vous avez à prendre soin. Le capitaine en parlait un petit peu tout à l'heure des locaux ou de l'environnement. Quand vous passez dans une salle de pause et que vous voyez que quelqu'un a laissé des traces
53:01 de son café qui sont tombées sur le côté, que vous vous disiez pas bah ça quelqu'un va le faire à ma place parce que moi de toute façon je m'en fous, je suis pas payé pour ça. Que vous disiez mais non mais pour tous les collègues qui vont passer derrière ça coûte rien de prendre la lavette et passer un petit coup. C'est une façon de se respecter collectivement. Ces comportements prociaux au travail on sait mesurer scientifiquement que ce sont des antécédents de la performance. C'està-dire qu'à chaque fois qu'ils sont là, on va être plus performant individuellement et collectivement. Mais ce qui est passionnant, moi je trouve général par rapport à ce que vous disiez, c'est ces comportements qu'on aimerait tous voir dans notre propre équipe. Moi-même, je manages, je suis content de voir dans mon équipe ces comportements prociaux. La question qu'on peut raisonnablement se poser collectivement, c'est de quoi sont-ils la conséquence ? Qu'est-ce qui fait qu'un individu va à un moment avoir des
53:48 comportements prox ? C'est rare en psychologie et en sciences humaines, mais pour une fois la réponse est unique. Les comportements prociaux ne sont que la conséquence de ce qu'on ce qu'on appelle un sentiment de justice organisationnelle. C'est parce que j'ai le sentiment qu'on a été juste avec moi et j'espère général qu'on aura l'occasion et que vous aurez l'occasion d'aborder ce qu'on a évoqué un petit peu avant. Comment l'expression d'un commandement ou d'un management juste ? Il y a cette phrase que j'aime beaucoup qui n'est pas de moi, qui dit "Si vous avez euh choisi de devenir chef pour être aimé, vous vous êtes planté de métier, fallait faire marchand de glace." Euh, il s'agit pas d'être gentil, il s'agit d'être juste. Et moi ce qui m'intéresse, c'est de se dire quand le chef sera juste, alors il va déclencher ses comportements prox qui permettront à son unité d'être beaucoup plus performante.
54:37 Capitaine. Alors, je je sais pas si je vais rebondir de de manière intelligente, mais ça me ça m'évoque moi au niveau alors je vais parler G, mais au niveau d'un escadron, même si ça se retrouve au niveau des unités départementales, l'organisation qui peut y avoir des unités au travers de d'autres éléments que celles de la VH. Euh je pense au CSLG, je pense par exemple au comité des fêtes qui contribue aussi à l'animation d'une vie d'unité. Et quand on parle de ces comportements euh citoyenneté organisationnelle euh je je pense qu'ils peuvent être euh élancer euh encouragé par la VH et c'est ce qu'on fait je pense pour tous les chefs au quotidien euh est soutenu mais euh il est avant tout celui de la troupe et je
55:24 pense qu'il est important de les soutenir les encourager mais c'est derrière à eux de de le faire vivre. Et quand je parle de la troupe, je parle aussi de la VH qui parfois est une partie de la troupe mais mais doit doit en convenir. Et ça permet une [raclement de gorge] amélioration du cadre de vie et de savoir reconnaître au-delà d'attendre une reconnaissance, savoir reconnaître de quoi on est capable et comment nous-même on peut reconnaître nos propres individus qui constituent notre unité, notre vie de famille qui vivent à l'unité et nos camarades dans l'engagement qu'on prend. Ouais. Et ça passe par des par des pratiques qui sont des pratiques qui sont très très quotidiennes. C'est dans l'introduction qui nous a été faite tout à l'heure, on s'est parlé certes de reconnaissance puis on s'est dit "OK, mais dans la vie quotidienne, c'est pas toujours facile d'exercer cette reconnaissance." Avant d'être cette dimension de la reconnaissance, on va avoir aussi toute cette dimension de
56:11 l'aide, du soutien, de l'apport qu'on va s'apporter justement les les uns les autres. Moi, je voulais revenir simplement avant de vous laisser la la parole aux uns et aux autres, promis après, je vais me terire un peu plus euh sur les différentes formes de soutien qui existe au travail parce que de la même manière que pour la reconnaissance en fait, on est câblé. Alors, je dis on surtout pour la partie masculine de l'auditoire, n'y voyez aucune androgénie ni quoi que ce soit. C'est simplement scientifiquement, on sait que nous messieurs, on va apporter un soutien. Alors ce que je vous dis, ça vaut dans le travail, ça vaut aussi terriblement dans la vie perso. Ça va peut-être vous aider à comprendre peut-être 50 % de vos embrouilles de couple. C'est pas le mandat qu'on m'a donné ce matin. Je ne fais pas thérapie de couple en situation de travail à la gendarmerie, mais après tout, si ça peut vous servir, pourquoi pas ? Euh le premier soutien qu'on fait
56:58 tous en situation de travail, bien souvent, c'est un soutien qu'on va appeler opérationnel. Ce soutien opérationnel, c'est cette table est lourde, je vais t'aider à la porter, hein. C'est quelque chose de très adog, de très concret. On va mobiliser ses muscles au service d'une action pratique. Alors, le soutien opérationnel, ça peut être hyper pratique quand vous déménagez et que vous avez un copain qui vient vous aider à porter le frigo. C'est plutôt sympa. Normalement, vous ne déménagez pas tous les jours et c'est la raison pour laquelle nous on fait préférentiellement messieurs du soutien opérationnel au travail. Mais ça n'est pas toujours le soutien attendu. Il y a une deuxième forme de soutien pour lesquelles les hommes et les femmes sont aussi compétents. C'est un soutien qu'on appelle informationnel. le soutien informationnel, j'ai eu la chance d'en bénéficier via le le lieutenant à Amoug. C'est euh ce que l'on m'a donné ici pour
57:44 pouvoir maîtriser le champ de parole, découvrir les intervenants. Le soutien informationnel, c'est quoi ? C'est qu'on vous donne les bonnes informations au bon moment pour pouvoir exercer votre activité. Hommes et femmes sont aussi bons pour le sujet. Troisième forme de soutien, vous me voyez arriver avec mes gros sabots, un soutien émotionnel. Soutien émotionnel, c'est le fameux "Oh là là, tu as les yeux tout rouges et tout gonflé. J'ai l'impression que c'est pas la forme ce matin. Je te propose d'en parler." Je vois à certains regards souriants que les stéréotypes de genre n'ont pas complètement disparu de nos représentations collectives. Et ben, contrairement à ce que l'on croit, hommes et femmes sont aussi bons sur le soutien émotionnel. Précisons quand même que les hommes ont souvent un petit côté diesel au départ
58:32 avec cette croyance initiale se disant "Bon, elle va pas très bien mais je pense qu'en attendant un peu ça va lui passer. Considérant qu'effectivement le temps seul permettrait de soigner les plai." Alors en vrai dans la plupart des cas, oui bien sûr, je prends l'exemple de mon fils Louis qui a 5 ans qui apprend à faire du vélo sans les roulettes et vous savez ce que c'est qu'apprendre à faire du vélo sans les roulettes ? Une fois sur deux, vous finissez avec les genoux bien esquintés. quand il vient me voir Louis et qu'il pleure, euh premièrement, je le renvoie pas en disant "C'est rien, vas-y mon grand, continue." Sinon, il va pleurer beaucoup plus fort. Et donc, je vais prendre en considération la peine qui est la sienne en disant "Oh bah oui, mon grand, j'ai vu que tu avais mal au genou, tu t'es mis deux bouts de sable dans le genou, je te fais un bisou magique et tu repars." Ne faites pas de
59:17 bisous magique au travail. Ça n'est pas le conseil que je vous donne, je le précise. Ce que je veux dire par là, c'est que je prends en considération la
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