0:01 La licorne française est une espèce en voie de disparition. Il y a 3 ans, la France revendiquait 38 spécimen sur son territoire. Un chiffre brandi par Emmanuel Macron entre champagne et conférence de presse comme une médaille olympique. Mais je viens de recomter et le résultat n'est pas joli. Plus que 23 tiennent encore debout et beaucoup ont besoin de béquill. En 5 ans, nous avons perdu 39 % de notre population de licorne. Certaines ont choisi d'aller chercher de l'herbe plus vert ailleurs. D'autres ont subi une grosse cure d'amaigrissement qui leur a fait perdre leur statut et les a fait sortir des statistiques. Si je prends Sorar, spécialisé sur le fantasy football et les jeux NFT sur blockchain, près de 4 milliards d'euros de valorisation à son dernier tour de table. Aujourd'hui, je
0:47 n'ose même pas vous donner le chiffre. Autour de 240 millions d'euros. Mano Mano, l'Amazone tricolore du bricolage a vu elle aussi sa valeur fondre de 78 % quand elle est passée à plus de 2 milliards en 2021 à moins d'un demi milliard en février dernier. Derrière elle, il y a les autres comme Jelly Mac - 78 % ou Payfit - 65 %. Mais ça va mal pour toute la startup nation. Même nos plus gros spécimens, les vitrines de la Frenchtech, les noms les plus connus cités dans les discours comme Doctolib ou Back Market sont aussi en difficulté, toujours dans le troupeau, mais elles ont perdu beaucoup de valeur. Dans cette vidéo, je vais vous expliquer pourquoi les licornes françaises disparaissent. Mais je vais surtout poser une question que personne allait liser n'a très envie d'entendre. Après tout, entretenir des
1:33 licornes est-ce bien utiles quand on sait ce que c'est vraiment et combien elle coûte au contribuable ? et j'ai des arguments. Si vous avez envie de les entendre, restez bien avec moi. Mais avant de commencer, laissez-moi vous parler de la piqûure la plus douloureuse qui existe. Encore plus fatale que celle des moustiques tigres ou des frelons asiatiques. La piqû faite à votre épargne, celle des frais de courtier. 2 € parci, 10 € par là. Répétez ce cycle infernal sur des décennies de DCA et ce sont des dizaines de milliers d'euros qui partent en fumée. Mais Monia Radar a trouvé la solution. Notre partenaire XTB propose le seul compte titre avec 0 % de commission dans la limite de 100000 € investis par mois avec plus de 7300 actions et 2000 TF disponibles. Leur plateforme intuitive Xstation vous permet d'investir facilement avec des outils et graphiques professionnels.
2:20 L'ouverture de compte se fait en moins de 15 minutes et les équipes de support aux clients en français sont disponibles 5 jours sur 7. XTB pour rappel opère en France depuis 2010 et ce sous le contrôle de l'autorité des marchés financiers. Cliquez sur le lien en description et découvrez dès maintenant un compte chez XTB. En février dernier, le cabinet Mighty 9 a publié la première autopsie indépendante de l'écosystème des licornes européennes. 199 entreprises passées au scanner dans 25 pays avec une méthode simple, reprendre la valorisation affichée lors de la dernière levée de fond et la confronter à ce que vaut réellement la boîte aujourd'hui sur la base de ses revenus, de ses concurrents côté en bourse et de
3:06 sa trajectoire. Le mark to market comme on dit dans la finance le prix du réel et le réel il pique sur l'ensemble de l'Europe 123 milliards d'euros de valeur se sont évaporé dont 11 milliards rien qu'en France pour faire clair pour chaque euro investi par les derniers investisseurs entrés au capital d'une licorne européenne il ne reste que 78 centimes. 60 licornes sur 199 ne méritent même plus le titre elles sont passées sous le seuil du milliard au Royaume-Uni. On affiche 37 % de perte dans les rangs et 28 milliards de valeurs détruites porté par deux catastrophes industrielles blockchain.com et improbable qui ont à elle seule perdu 15 milliards. L'Espagne a vu cinq de ses h licornes tombées, 63 % de son cptel et l'Ukraine 80 %.
3:52 L'Allemagne s'en sort mieux. 33 licornes, 24 % de perte de valeur seulement. Zéro entreprise en détresse critique et surtout pas une seule relocalisation aux États-Unis. Zéro. Chaque licorne allemande est restée en Allemagne. C'est la France qui détient le record de fuite parmi les grandes nations européennes. Une licorne française sur qu a fait ses valises pour l'Amérique. Et pire encore, parmi celles qui restent, le bilan est rude jusqu'aux vedettes de la Frenchtech. - 38 % pour Doctolib, - 47 % pour CONT Square jusqu'à - 50 % pour Back Market. Chez nous, les 10 spécimens déchus partagent un point commun. Ils ont presque tous participé à leur plus gros tour de table entre 2020 et 2022 pendant la parenthèse magique des taux à zéro. Sor, j'en ai parlé moins 94 % aujourd'hui. J Mac a
4:37 suivi le même chemin hier. Star française de l'économie des créateurs sur YouTube valoriser 909 millions d'euros à son apogé. Désormais elle ne pèse plus que 200 millions. Elle avait déménagé à Los Angeles pour conquérir le marché américain. Ça ne l'a pas sauvé. Dans la fintech Sumeria ex Lydia installé sur le téléphone de beaucoup de français est passé de 1 milliard à 240 millions. Spendesk spécialisé dans la gestion des dépenses d'entreprise a perdu 64 % de sa valorisation. Pareil pour payfit, gestion de paix et RH pour les PME qui part d' 1,8 milliards d'euros et finit à 625 millions malgré 434 millions levés. Dans le e-commerce vestiaire collective prend cher. La marketplace de la mode de luxe d'occasion est passée d'un milliard et demi à 880 millions. Elle tient encore
5:22 mais la tendance n'est pas bonne. Et puis il y a les quatre exilés Jelly Smac 360 Learning Front et Airco les quatre licornes françaises qui ont traversé l'Atlantique en espérant que le marché américain accélérerait leur croissance. Les quatre sont dans la liste des déchus. 0 pour 4. La relocalisation aux États-Unis n'a protégé personne. Au contraire, elle a souvent gonflé les valorisations sans que les revenus ne suivent. J'en reparlerai tout à l'heure. Le portrait robot de la licorne française disparue, le voici. Elle est née ou a grandi pendant la bulle de 2020-2022. Elle opère dans la fintech, le e-commerce ou les plateformes de contenu. Elle a levé des centaines de millions à hauteur de 15 à 30 fois son chiffre d'affaires. Et le jour où les taux sont montés, le rideau est tombé. Sa chute n'est pas liée au manque de talent, de technologie ou de motivation. Ce n'est même pas un problème de
6:08 conjoncture, ça ça vient en plus. Alors oui, on l'a vu tout à l'heure entre 2020 et 2022, les banques centrales ont maintenu les taux d'intérêt à zéro pour soutenir l'économie pendant le Covid. À l'époque, l'argent ne coûtait rien. On pouvait emprunter très bas et les fonds de capital risque se sont retrouvés avec des montagnes de cache à placer. N'importe quelle start-up avec une idée à peu près convaincante et un PowerPoint bien ficelé pouvait lever 100, 200 ou 500 millions d'euros. 60 % des licornes européennes sont nées pendant cette fenêtre de 3 ans et plus de la moitié est en difficulté depuis que les taux sont remontés. Mais la fin de l'argent facile n'explique pas tout. Avant de vous expliquer pourquoi tout ça s'est effondré, je vous invite à vous abonner à la chaîne. C'est gratuit et ça vous permet de vous informer sur les vrais chiffres sans langue de bois sur des sujets que personne ne vulgarise vraiment. Allez, c'est parti, on reprend. Les licornes d'Europe souffrent
6:53 de la concurrence internationale, en particulier américaine. Les États-Unis, c'est un marché de 330 millions de consommateurs, une seule langue, un seul cadre fiscal fédéral et chaque grand segment produit des gagnants. En Europe, le même segment produit 4 5 parfois se concurrents. On compte par exemple sept néoban à corne dans cinq pays différents qui proposent le même produit, un compte courant sur mobile. La gestion des dépenses, quatre boîtes 1,2 milliards levées AL4 et chacune coincée dans deux ou trois pays parce que la réglementation, la fiscalité, la langue et les normes comptables changent à chaque frontière. Payfit a levé 434 millions d'euros et neopère que dans trois pays. Si l'Europe produit en moyenne 2,8 fois plus de licorne par segment que les États-Unis, ce n'est pas parce qu'elle innove plus, c'est juste que ces frontières empêchent la consolidation. Les licornes et les
7:40 futures licornes sont enfermées chacune dans leur pays et c'est un piège pour leur croissance. Et quand une start-up française réalise qu'elle ne peut pas grandir assez vite sur son marché domestique, elle déménage. Hugging Face, Data Ikiku, Algolia, trois pépites construites en France, formé avec des ingénieurs français sont aujourd'hui basés aux États-Unis. Ici non plus, l'expatriation n'a pas arrangé les choses. Les licornes européennes qui ont relocalisé leur siège outreatlantique affichent un ratio de valorisation de 0,71 encore pire que la moyenne européenne. Face à l'oncle Sam, la France présente trop de handicap. Non certainement le plus important, je vous laisse deviner. sa fiscalité et oui, encore elle et cette fois dans sa version indirecte la plus sournoise. Aux États-Unis, les stock options représente une part massive de la rémunération des ingénieurs et des dirigeants. C'est l'outil numéro 1 pour attirer les
8:26 cerveaux les plus brillants. En France, ces dispositifs sont tellement encadrés et fiscalisés qu'ils perdent l'essentiel de leur pouvoir d'attraction. Résultat, les talents partent, les licornes délocalisent et migrent vers des pays où l'argent et les clients sont plus accessibles. Vous pourriez vous dire que tout ça c'est un problème entre grands investisseurs internationaux et fondateurs de start-up et que ça ne vous regarde pas ? Sauf que si. Depuis 2017, le gouvernement Macron a injecté des milliards dans cet écosystème. Le plan Deeptech, 2 milliards et demi. Puis France 2030 54 milliards sur 5 ans dont la moitié fléchée vers l'innovation et les acteurs émergents. BPI France, la banque publique d'investissement a distribué à elle seule 10 milliards pour le soutien à l'innovation rien qu'en 2023. 15 % de la totalité des fonds levés par les licornes sont constitués d'argent publics et un/ers des licornes financées avec cet argent ont perdu leur
9:13 valorisation ou ont quitté le territoire. Alors oui, le tableau est sombre, mais ce ne serait pas très honnête de s'arrêter là parce que dans les décombres, il y a des françaises qui non seulement tiennent mais accélère. Mistral AI est probablement l'histoire la plus spectaculaire de la techée. Fondée à Paris en 2023, elle pesait 11,8 milliards d'euros moins de 2 ans plus tard avec 2,7 milliards levés. C'est la réponse française à Open AI et à ce stade, c'est la seule licorne du continent qui joue dans la même catégorie que les géants américains de l'intelligence artificielle. Exotec, c'est l'autre belle histoire. La société conçoit des robots pour automatiser les anthropologistiques et sa valorisation a doublé pour atteindre 4 milliards. La robotique est d'ailleurs le secteur qui s'en sort le mieux dans toute l'étude Mighty9. Chaque euro investi au dernier
9:58 tour en vaut aujourd'hui plus de deux. Penny Line, plus discrète fait de la comptabilité pour les entreprises. C'est moins glamour qu'un robot ou un modèle DI, mais elle grandit vite, elle gagne des clients et elle fait partie des rares françaises classées parmi les meilleurs de l'étude. Et puis il y a un signal dans les données qui devrait rassurer tout le monde, toutes les licornes européennes nées après 2023 sans exception sont en bonne santé. Toutes. À partir de 2023, la discipline est revenue, les valorisations sont plus raisonnables et les investisseurs sont plus exigeants. La génération post bullle a retenu la leçon. Quand il y a de la vraie technologie, un produit physique et un savoir-faire difficile à copier, la valeur résiste. Emmanuel Macron avait fait du nombre de licornes un marqueur de réussite de la France. 25 licornes en 2025, c'était une promesse. Mais ériger la licorne en symbole de puissance nationale ne serait-ce pas
10:45 bâtir un totem avec du sable ? Une licorne, c'est juste une jeune entreprise estimée à plus d'un milliard de dollars sans exigence de rentabilité ni même de vraie création de richesse. On en a aujourd'hui 23 qui tiennent encore debout, mais la moitié n'a toujours pas prouvé qu'elle pouvait être rentable. Une licorne est le produit d'une négociation entre quatre murs pendant une levée de fond est l'une des publicités les plus chères du monde en forme de coquille. Et ce n'est pas une preuve de souveraineté technologique, industrielle ou commerciale. Produire des entreprises rentables, exportatrices et surtout ancrées durablement sur le territoire, même si elles n'atteignent pas le milliard, voilà une plus jolie promesse à faire à la France. Alors, est-ce que la Frenchtech est morte ? Non, elle est en train de muer. La génération du champagne et des valorisations magiques est en voie d'extinction et c'est peut-être la meilleure nouvelle de cette étude. Ce
11:31 qui repousse derrière est plus sobre, plus solide et probablement plus durable. On retrouve le processus de destruction créatrice décrit par l'économiste Joseph Schumpetter. Mais rien n'est fini, pas question pour la France de se reposer sur ses lauriers et ses nouvelles licornes. Encore faut-il qu'elle sache les garder et les rentabiliser. Alors, on en reparle dans 5 ans. Rendez-vous ici même pour un nouveau bilan. Investissez dans 7300 d'action et 2000 ETF avec 0 % de commission jusqu'à 100000 € puis 0,2 % en suite. Le lien est en description. À très bientôt sur Bonir Radar.