0:00 Dans les années 1920, une organisation américaine secrète compte jusqu'à 6 millions de membres. Des juges, des policiers, des maires et des millions de citoyens ordinaires. Ils défilent masqués, brûlent des croix et se font appeler le Cuclux Clan. Tout commence une nuit de décembre 1865. La guerre de sécession qui opposait les États du nord du pays et les États confédérés du sud vient de s'achever depuis quelques mois. La question de l'abolition de l'esclavage en est le cœur. Les États du Nord, qu'on appelle alors l'Union, dont l'économie est basée sur l'industrie, y sont favorables. Tandis que les États du Sud qui étaient dépendantes, cette main d'œuvre gratuite pour faire fonctionner leur économie basée sur l'agriculture, ils sont farouchement opposés. À Poulaski, une petite ville du Tennessee de quelques milliers d'âmes, six anciens soldats
0:46 confédérés se retrouvent dans un cabinet d'avocat. Un peu par désœuvrement, un peu par nostalgie d'une époque révolue, il cherche à créer un club secret, quelque chose qui rompe avec l'ennui de la vie d'après-guerre. Il cherche un nom. L'un d'eux propose de jouer avec le mot cuclos qui signifie cercle en grec. Quelqu'un ajoute clan, un clin d'œil à leurs origines écossaises et irlandaises. Le nom Cuclux clan est né. Ce qui commence comme une plaisanterie de jeunes adultes oisifs va devenir l'organisation terroriste la plus pérenne et la plus meurtrière de l'histoire des États-Unis. En moins de 2 ans, le Kékek s'étend dans tout le sud, laisse derrière lui des milliers de morts, déclenche une crise constitutionnelle, meurt, renaît et s'étend jusqu'au cœur du Mid-Ouest. Il comptera jusqu'à 6 millions de membres à son apogé dans les années 1920. Selon certaines estimations, même s'il sera
1:31 dissou officiellement deux fois, aujourd'hui encore, il est pas tout à fait mort. Et avant d'entrer dans le vif du sujet de ce sujet euh compliqué, petit rappel de vous abonner à la chaîne. On publie ce genre de sujet deux fois par mois et vous le savez parce qu'on le rabâche mais c'est vrai, il y a plus de 60 % d'entre vous qui sont pas abonnés. La chaîne est en train de croître hyper vite. Grâce à vous, on va lentement mais sûrement vers le million d'abonnés. Et si vous aimez regarder ce genre de vidéo quand YouTube vous les recommande, et ben abonnez-vous parce qu'elles tomberont directement sur votre page d'accueil. Pour comprendre le Cucluxlan, il faut d'abord comprendre le contexte dans lequel il na. En avril 1865, après 4 ans d'une guerre qui a fait entre 60000 et 750000 morts selon les estimations, soit plus que toutes les autres guerres américaines réunies jusqu'au Vietnam, le général confédéré Robert Ily capitule à Apomatox en Virginie. Le sud est humilié mais
2:17 surtout détruit. Les plantations sont en ruine, l'économie est à terre et surtout et c'est là le cœur du problème pour beaucoup de blancs du sud, 4 millions d'esclaves sont libéré du jour au lendemain. Le gouvernement fédéral met en place la reconstruction, une période de réorganisation politique et sociale du sud supervisée par l'armée de l'Union. Des soldats du nord sont déployés dans les anciens États confédérés. Le bureau des réfugiés, des affranchis et des terres abandonnées. Le Friedman's bureau est créé pour aider les anciens esclaves à s'insérer dans la vie civile, notamment en trouvant du travail et en accédant à l'éducation. Des centaines d'écoles sont ouvertes dans tout le sud. Les hommes noirs, nouvellement libres obtiennent la citoyenneté et l'égalité juridique en 1868. Puis il est interdit de remettre en cause leur droits de vote en 1870 grâce au 14e et 15e amendement. Des représentants noirs sont élus dans les
3:03 assemblées législatives d'État et certains même au Congrès fédéral. C'est une révolution et pour une grande partie de la population blanche du Sud, c'est une humiliation insupportable. C'est dans ce contexte explosif que les six fondateur du KKK, Jil Calvin Jones, Frank H. Mccord, Richard Herre, John B. Kennedy, John Cester et James Aircrow se retrouvent à Poulaski le 24 décembre 1865. Au début, leur organisation est effectivement une fraternité déguisée. Ils ont leur propre manuel de rituel, se promènent à cheval la nuit, enveloppés dans des drapan ou portant des masques et se font passer pour les fantômes de soldats confédérés morts. Il frappent aux portes des anciens esclaves, hurlent dans la nuit, disparaissent dans l'obscurité. La réaction de terreur qu'il caus à leurs victimes les amuse. Mais très vite, ils vont comprendre le potentiel politique de cette peur. Parce que les drablancs, c'est pas juste un
3:49 déguisement grotesque. Dans une société où les croyances religieuses et spirituelles sont encore profondément ancrées, l'idée que les fantômes des morts confédérés se lèvent pour punir les noirs qui, entre guillemets, oublient leur place est un outil de contrôle social redoutablement efficace et sert de vraies stratégies de terreur organisé. Et rapidement, les cavaliers en blanc cessent de frapper aux portes pour faire peur. Ils vont directement frapper les corps. L'organisation se diffuse comme une traînée de poutre dans tout le Tennessee, puis en Alabama, en Geéorgie et dans les deux Carolines. Chaque ville, chaque comtée développe sa propre cellule locale appelée den. Rapidement, les effectifs explosent. En 2 ans, des dizaines de milliers d'hommes rejoignent le mouvement et dans certains états, la violence arrive immédiatement avec. En 1867, pour tenter de donner une structure à cet ensemble chaotique et de plus en plus violent, les leaders du Kek
4:35 tiennent une convention secrète à Njeeville. Il se dotent d'une hiérarchie délibérément mystérieuse et absurde. À leur tête, on retrouve le grand wizard, le grand sorcier et en dessous des grands dragons pour chaque état, des grands titans pour les districtes et des grands cyclopes pour les cellules locales. Les membres ordinaires, eux, sont appelés les goules. Leur document fondateur, le prescripte, est élaboré par George Gordon, un ancien général confédéré et parle de défendre la constitution américaine et l'égalité, tout en prenant la suprématie blanche. Cette contradiction hypocrite qui est de se réclamer de la liberté tout en la refusant à d'autres, ça sera une constante dans toute l'histoire du mouvement. Pour rejoindre le Kekai, il faut répondre à quelques questions d'admission soigneusement choisies. Est-ce que vous êtes né aux États-Unis ? Est-ce que vous êtes contre l'égalité sociale et politique entre les races ? Êtes-vous en faveur du maintien de la forme républicaine du gouvernement
5:21 américain ? Et êtes-vous opposé à la suprématie du parti républicain ? Et ce dernier point, il est important. Le parti républicain de l'époque, le parti d'Abraham Lincoln, la plus grande figure de la guerre civile côté nord, est le parti qui a libéré les esclaves et qui supervise la reconstruction. Le Cuclux clan ne dépend pas officiellement du Parti démocrate, mais il a clairement les mêmes objectifs : briser la reconstruction et permettre aux élites blanches de reprendre le contrôle du sud. Plus qu'un parti, c'est un climat politique commun qui les rallie. C'est Nathan Bedford Forest, l'un des généraux confédérés les plus redoutés de la guerre et fondateur du mouvement qui est nommé premier grand wizard. Il est responsable du massacre de Ford Piloot en 1864 où ces troupes avaient exécuté des soldats noirs de l'Union après qu'il se soit rendu. Nathan avait fait fortune comme négociant d'esclaves avant la guerre et il connaissait mieux que quiconque la valeur de la terreur comme
6:06 outil de domination qui sera plus tard célébré par certains comme un génie militaire. Mais à la tête du kekékek, il est avant tout l'architecte d'une campagne de violence politique systématique. Bon, en traitant de ce genre de sujet, vous vous doutez bien qu'on va avoir besoin de petites pauses pour respirer, mais aussi de sponsors de qualité qui nous font confiance pour nous suivre dans tous nos projets. Et avec un tel sujet dont l'histoire nous rappelle combien tout peut soudainement vaciller, on a encore plus besoin de partenaires solides comme tradit République. On parle beaucoup du passé et il est primordial pour nous rappeler de bâtir l'avenir avec prudence et même si on a plus besoin de la présenter, Trade République est une banque innovante qui a su apporter un vent nouveau à la constitution de patrimoine. Pour Trade République, le plus important, c'est de gagner la confiance des utilisateurs. Ouvrir un compte sur l'application, c'est gratuit, ça prend
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7:37 pour leur confiance. Avec Nathan comme figure de légitimation et d'unification, le KK cesse d'être une fraternité folklorique et devient une organisation au service d'un objectif politique très clair. Renverser la reconstruction, empêcher les noirs d'exercer leurs droits civiques comme le vote et restaurer la domination blanche dans le sud. Les méthodes, c'est la violence pure et simple. Passage à tabac, mutilation, coup de fouet, oreille coupée, incendie criminel, viol et meurtre. Les victimes sont les noirs qui osent voter, les enseignants du nord venus ouvrir des écoles pour les anciens esclaves, les carpettes baggers, des nordistes venus faire fortune dans le sud, la valise à la main et les Scalawags, ces blancs du sud qui coopèrent avec le gouvernement fédéral et sont considérés comme des traîtres à leur race par les membres du clan. L'organisation Equal Justice Initiative estime que lors de la seule période de la reconstruction de 1865 à 1877, plus
8:26 de 2000 personnes noires ont été assassinées par le Kek et des organisations similaires dans les seuls états du Texas, de l'Alabama, du Mississippi et de la Louisiane. Et encore, les archives sont incomplètes. Donc ces chiffres sont des estimations sûrement plus basses que la réalité. Dans le comté de Colfax en Louisiane le 13 avril 1873, suite à des élections locales dont le résultat est violemment contesté, des paramilitaires blancs liés au kekékek massacre entre 62 et 153 personnes noires parmi ceux qui défendaient le tribunal du comté symbole du pouvoir politique local. Ce massacre de Colfax est l'un des épisodes les plus meurtriers de l'aire de la reconstruction et symbolise bien l'impunité totale dont bénéficient les auteurs de violence raciale dans le sud. Le gouvernement fédéral lui finit par réagir. En 1871, le président Yulis S. Grant signe le Cuclus Clan Act, parfois
9:12 appelé le Force Act, qui autorise l'exécutif à suspendre l'ABS corpus, un principe juridique fondamental qui protège les individus contre les arrestations arbitraires dans les régions en proie à la violence du Kekai et à poursuivre les membres de l'organisation devant des tribunaux fédéraux plutôt qu'étatiqu les juris locaux les acquitent systématiquement. Des milliers de membres sont arrêtés mais le clan refuse de se dissoudre. La répression est réelle mais partielle. Les condamnations vont de 3 mois à 5 ans d'emprisonnement et bien des membres ne sont pas arrêtés. Il existe d'ailleurs pas de registre d'adhérents au clan. Nathan Bford Forest lui-même, voyant que l'organisation du clan est devenue ingérable, trop visible et politiquement trop coûteuse, avait tenté de le dissoudre officiellement dès 1869. Il avait appelé à brûler tous les costumes et les documents, mais il était déjà trop tard. Le kakek s'était fragmenté en
9:59 cellules autonomes qui n'obéissaient plus à aucun centre commun. Vers 1872, le premier kek est effectivement brisé dans ses structures organisées, mais il a accompli une bonne partie de sa mission, la reconstruction et saboté et avec elle la promesse d'une égalité réelle entre les blancs et les noirs américains. Les lois Jim Crow qui organisent la ségrégation raciale s'étendent progressivement dans tout le sud à partir de la fin des années 1870 et le début des années 1880. On sépare les services des noirs et des blancs, les écoles, les bus, les restaurants, les cinémas et même les toilettes et les fontaines à eau. On impose aussi de nouvelles conditions au droit de vote comme des tests d'alphabétisation ou des taxes. Si ces lois ne sont pas officiellement mises en vigueur pour empêcher le droit de vote des afro-américains, ce sont bien eux qui sont visés par ces nouvelles régulations. Car on sait que beaucoup d'entre eux n'avaient avant ça pas eu
10:44 accès à l'éducation et vivent dans la précarité. Le premier kek est mort mais son œuvre elle continue. Le second kek naît à partir du visionnage d'un film. Nous sommes le 8 février 1915 à Los Angeles. Un film muet réalisé par DW Griffis fait sa première dans les salles sous le titre The Birth of a Nation ou la naissance d'une nation. Alors pour ceux qui écoutent ce contenu en audio sur les plateformes de podcast, rien que laaffiche du film en dit long sur son contenu. On y voit une sorte de chevalier le bras vers le ciel, un drapeau en lambeau dans la main dans une posture de conquérant sur son cheval cabré tous deux drapé de blanc. Et pour ceux que ça intéresse, oui, on est dispo sur Apple Podcast, Spotify, tous les endroits où il y a du podcast. Vous êtes plus de 100000 à nous écouter tous les mois. Merci beaucoup. Le lien est dans la description. En terme de technique pure, c'est une révolution
11:29 cinématographique. Il s'agit du premier longmétrage d'une telle envergure de l'histoire hollywoodienne avec des plans larges, des contre-champ et une narration épique à couper le souffle. Mais politiquement, c'est un monument de propagande raciste qui va changer le destin d'un pays. Le film adapté des romans The Cleansman Historical Romance of the Clocks Clan et The Leopard Spots de Thomas Dixon Junior présenteent la reconstruction comme un désastre causé par des noirs corrompus et sexuellement agressifs joués par des acteurs blancs grimés en black face. Quant aux membres du KKK, ils sont représentés comme des héros chevaleresques, sauvant les femmes blanches de la bestialité noire. La NWACP, la National Association for the Advancement of Colored People, fondée en 1909, tente de faire interdire le film dans plusieurs villes le plus souvent en vain. Le président Wood Wilson fut parmi
12:15 les premiers à visionner le film lors de la première projection cinématographique à la maison Blanche de l'histoire. Et ce film, il le condamnera jamais. Dans certaines villes du nord, le film déclenche des massacres organisés contre les personnes noires à la sortie des cinémas. Le succès commercial est colossal. C'est probablement le film le plus rentable de son air. Et il inspire directement William Joseph Simmons, un prédicateur méthodiste et vendeur d'assurance originaire d'Atlanta. Simons est un homme de fraternité et de rituel maçonnique qui n'a jamais vraiment réussi dans la vie. Trop instable pour l'armée, trop peu rigoureux pour le clerger. Mais il a un don pour la mise en scène mystique et la manipulation émotionnelle des foules. Au moment de Thanksgiving, en 1915, 2 semaines après la sortie nationale du film, il réunit une quinzaine d'hommes à Stone Mountain en Geéorgie. Ils allument une croix en flamme, symbole utilisé par Dixon dans
13:02 Zlman et par Grifis pour son film. Inspiré de la tradition écossaise des Clans Island et totalement absent du kek originel. Le nouveau Kek est proclamé avec sa charte signée le 25 novembre 1915 et avec William comme grand sorcier impérial de l'Empire invisible. Rien que ça. Mais le second KK est une bête très différente du premier. Il met l'accent sur le symbolisme. Les draps blancs deviennent des robes blanches à capuchon pointu. Des défilés massifs sont organisés, souvent à cheval, s'inspirant du film La naissance d'une nation. Les cibles et le territoire du clan sont considérablement élargis. Il n'est plus seulement antinoir, il est désormais aussi anti-atholique, anti-juif, anti-immigrant et anticommuniste. Ça fait beaucoup là, non ? C'est un mouvement de peur et de nostalgie pour une Amérique protestante blanche
13:47 fantasmée qui se sent menacée par les flots d'immigrants catholiques irlandais, italiens et polonais qui arrivent depuis les années 1880 et par la modernité urbaine en général avec le jazz, l'alcool, on est en pleine prohibition pour rappel l'émancipation des femmes et la théorie de l'évolution enseignée dans les écoles. Le kek se présente comme rempart contre tout ça. En 1915, William Simmons publie la brochure abissée de l'Empire invisible dans laquelle il définit les objectifs du clan. Protéger le caractère sacré du foyer et la chasteté de la femme, maintenir la suprématie blanche, enseigner et inculquer fidèlement une haute philosophie spirituelle par un ritualisme exalté et par un dévouement concret conserver, protéger et maintenir les institutions, droits, privilèges, principes et idéaux distinctifs d'un américanisme pur. Et contrairement au premier kek, celui-là ne se contente pas
14:35 du sud. Il explose dans tout le pays. Dans les années 1920, il est présent en Indiana, en Ohio, en Oregon, dans le Michigan et dans le Colorado. L'Indiana sera même pendant un temps l'État avec la plus forte densité de membres du KKK proportionnellement à sa population blanche. À Portland, en Oregon, des élus de la mairie soutiennent le clan qui a un poids électoral réel. Dans des villes comme Denver, Dallas, desroit ou Atlanta, il compte des dizaines de milliers de membres actifs parmi les classes moyennes blanches, que ce soit des commerçants, des pasteurs, des médecins ou même des enseignants. Bref, des gens qui paraîtraient parfaitement respectables dans leur quartier. Alors, comment est-ce qu'on peut expliquer cette montée en puissance aussi fulgurante ? Et ben en grande partie grâce au talent commercial de Edward Yon Clark et d'Élisabeth Tyler de professionnel du marketing propriétaire de la Southern Publicity Association que
15:22 Simons engage dès 1920. Ils vont transformer le KKK en machine à recruter avec des agents appelés les CGLS qui touchent une commission de 4 dollars sur chaque adhésion à 10 dollars. La marque KKK se vend comme une franchise moderne avec ses journaux, ses magazines, ses produits dérivés, ses robes vendues à l'unité et ses cartes de membres imprimées. Le clan organise des pique-niques familiaux en plein air, des défilés en fanfare dans les grandes avenues et des messes géantes à la lumière de torche. Il se présente comme le défenseur des valeurs chrétiennes, de la famille américaine et plus généralement de la morale. Pour beaucoup d'Américains ordinaires des années 1920, dans certaines régions, rejoindre le KKK n'est pas perçu comme un acte criminel, c'est presque un acte civique. À son mapé, en 1924, le KKK contra 3 et 6 millions de membres. Faut quand même se rendre compte que à cette époque, le
16:08 clan accepte en moyenne 3500 nouveaux membres par jour. Dans certaines zones de l'Ouest et du Mid-Ouest, le nombre d'adhérents atteint jusqu'à 40 % de la population masculine blanche. Il comprend même une branche féminine qui lutte pour le maintien de la prohibition et pour les valeurs du clan. Le clan est assez puissant pour paralyser la Convention nationale du Parti démocrate de 1924 à New York, l'épisode dit du Clan Bake où une résolution condamnant le KKK est rejeté à quelques voies près après 103 tours de scrutin et plusieurs jours de chaos. Oui, parce qu'à ce moment-là, les mœurs du Parti démocrate ont bien changé, mais c'est un tout autre sujet très long. Des membres du KKK siègent dans les assemblée législative de 16 États et des maires shériffs et juges de tout le pays harborent secrètement leurs insignes de clansman. Certains États du sud élissent des gouverneurs ouvertement soutenus par
16:55 l'organisation. L'organisation porte pourtant en elle les germes de son effondrement. En 1925, l'affaire David Stephenson éclate. Stephenson, le grand dragon de l'Indiana, agresse et torture une jeune institutrice blanche, Mge Aberholzer, lors d'un voyage en train de Chicago et Indiolis. La jeune femme meurt de ses blessures ainsi que d'un empoisonnement au mercure à la suite d'une tentative de suicide quelques semaines plus tard. Stephenson est quant à lui jugé et condamné à la prison à vie pour ce meurtre. Toutefois, il s'attend à obtenir une grâce de la part du gouverneur qu'il avait lui-même grandement participé à mettre au pouvoir. Mais le gouverneur n'en fait rien. En représaille, depuis sa cellule, Stephenson ouvre ses archives et dénonce publiquement des dizaines de politiciens membres du KKK. Rappelons que le KKK est une organisation secrète à laquelle les membres ne révèlent pas publiquement leur appartenance. Ils apparaissent
17:41 masqués lors des réunions et des opérations entre guillemets. Ce scandale, il va révéler à tout le monde à quel point le clan est infiltré en Indiana et il va détruire la réputation du mouvement à l'échînes nationales. Presque tous les grands journaux dénoncent ses pratiques. En 1930, il ne reste plus qu'un million de membres actifs et les tensions et dissonances en interne affaiblissent le clan. Puis en 1944, l'administration fiscale reproche au clan de ne pas avoir payé d'importantes taxes, notamment lié à son système d'adhésion et de vente avec les les robes et les insignes. La dette réclamée, environ 685000 dollars, somme énorme pour l'époque, menace directement la survie financière de l'organisation. Incapable de régler ce litige et d'éviter les poursuites, la direction choisit de dissoudre officiellement le clan la même année. L'organisation officielle est morte, mais des centaines de cellules locales survivent et se
18:27 tèrent. Dans les années 1950, avec l'émergence du mouvement des droits civiques, elle renaissent avec une violence redoublée. Ce 3e kekquekai est en réalité une nébuleuse d'organisations autonomes sans structure nationale unifiée, les White Knights of the KKK, les United Clans of America ou encore le White Citizens Council, parfois surnommé le KKK en costume cravate, qui se veut plus respectable et dans la légalité. Mais toutes ces organisations partagent le même objectif empêché par tous les moyens la déségrégation raciale et l'égalité civique. La décision de la Cour suprême Brown versus Board of Education en 1954 qui déclare inconstitutionnelle la ségrégation dans les écoles publiques est vécu dans le sud blanc comme une déclaration de guerre. Certains gouverneurs promettent même une résistance totale. Des législatures d'État votent des textes
19:13 d'opposition pour bloquer la décision fédérale tandis que le sénateur de Virginie appelle à une politique de résistance massive. Le kek lui va répondre par la bombe et le revolver. Le cycle de la violence va se déchaîner plus que jamais. Des attaques à la bombe ont lieu contre le domicile de personnes noires qui luttent pour améliorer leurs conditions de vie. C'est le cas des militants Harry et Harriet Moo à Mims en Floride dans la nuit du 25 décembre 1951 entre bien d'autres. En 1955, Emmetil, un adolescent noir de 14 ans originaire de Chicago est torturé et assassiné dans le Mississippi après avoir, selon ses meurtriers, sifflé en direction d'une femme blanche. Son corps, défiguré et lesté pour être jeté dans la rivière Talahai sera reconnu par sa mère Mami Til Mobly. Cette dernière prend une décision essentielle dans la
19:58 médiatisation du meurtre de son enfant. Elle exige un cercueil ouvert lors des funérailles à Chicago pour montrer au monde les atrocités que son garçon a subi. Plus de 50000 personnes défileront devant le corps. Les photos publiées dans le magazine Jet font le tour du monde. Les deux meurtriers, Roy Bryant et JW Milam, sont acquittés en 67 minutes par un jury entièrement blanc. Un an plus tard, protégé par la règle du double jeopardi, un principe fondamental du droit pénal américain qui interdit de juger une personne deux fois pour la même infraction après une décision définitive, il confesse le meurtre en détail à un journaliste du magazine Look. Aucune peine ne sera jamais prononcée contre eux. Des décennies plus tard, Rosa Parks dira qu'elle pensait à Émettill le soir où elle refusa de céder sa place dans un bus de Mongomerie. Le meurtre d'émett et l'impunité de ces assassins agissent comme un catalyseur
20:44 pour le mouvement des droits civiques. C'est un mouvement charnière de leur histoire. En 1961, les Freedom Riders, des militants des droits civiques noirs et blancs mélangés qui testent la déségrégation dans les bus interétatiques, sont accueillis à Haniston en Alabama par des membres du KK qui incendient leur bus et tabassent les passagers à coup de batte de baseball. À Birmingham, une autre troupe de Freedom Riders est molestée à la sortie d'un bus pendant que le chef de la police locale, Bulconor, avait accordé au clunman 15 minutes sans interférence policière. Un accord conclu à l'avance selon les témoignages recueillis par le FBI. Des photos de l'attaque font la une des journaux du monde entier forçant l'administration Kennedy à réagir. Le 15 septembre 1963 reste l'une des dates les plus sombre de toute cette période. En ce dimanche matin, une bombe explose dans le
21:30 sous-sol d'une église baptiste qui sert de quartier général aux militants des droits civiques de Birmingham en Alabama. Quatre adolescentes meurent dans l'explosion. Addie Collins 14 ans, Denise Mcner 11 ans, Carole Robertson 14 ans et Cynthia Wesley 14 ans aussi. Elles étaient en train de s'habiller pour le service du matin et 22 autres personnes sont blessées. Ce même jour, deux jeunes noirs sont tués dans les violences qui éclatent en réaction dans les rues de Birmingham. L'attentat est l'œuvre de Robert Chamblis surnommé Dynamite Bob et de trois autres membres des Kahaba Boys, une branche du Kekake de Birmingham. Le FBI identifie rapidement les suspects, mais Chamblis ne sera condamné qu'en 1977, soit 14 ans après les faits. Les deux autres complices, Thomas Blanton Junior et Bobby Frank Cherry ne seront jugés qu'en 2001 et 2002, condamnés à la prison à
22:16 vie et mourront donc tous les deux en prison. En juin 1964, dans le Mississippi, trois militants des droits civiques disparaissent. Il s'agit de James Chiny, un jeune noir américain de 21 ans, de Andrew Goodman et Michael Swarner, tous deux blancs et juifs new yorkaais de 20 et 24 ans. Il participait au Freedom Summer, une campagne nationale pour inciter les personnes noires du Mississippi à s'inscrire sur les listes électorales. Ils avaient été arrêtés par la police locale pour une infraction routière puis relâché en pleine nuit. L'enquête du FBI connue sous le nom de M Burn pour Mississippi Burning révèle qu'ils ont été remis aux membres du KKK local par nul autre que le shérif adjoint lui-même. Les trois hommes ont été abattus et leur corps enterrés. Ils ne seront retrouvés que 44 jours plus tard. 19 personnes sont identifiées comme étant impliqué mais
23:01 aucune ne sera condamnée pour meurtre avant très longtemps. Et honnêtement, ça m'a étonné puisque c'était en 2005. Edgar Rey Killen, le prédicateur baptiste qui avait organisé l'embuscade est finalement jugé à l'âge de 80 ans et condamné à 60 ans de prison. Ces affaires, et elles ne sont qu'un échantillon des meurtres et attaques commises par des membres ou sympathisants du Kekékek, illustrent un problème systémique. Dans de nombreuses régions du sud profond, le Cuclux Clan et les forces de l'ordre se confondent. Des shériffs, des adjoints, des agents de la police d'État sont membres de l'organisation, la couvrent et lui fournissent une impunité active. Le FBI de J. Edgar Hoover tarde lui aussi à agir réellement du fait de tension politiques, de contraintte juridique fédéral, mais aussi des priorité idéologique de Hoover. Hoover considère
23:46 le mouvement des droits civiques et Martin Luther King Junior en particulier comme une menace potentiellement communiste. Il ordonne une surveillance massive de ce dernier, enregistre ses conversations téléphoniques, tente de le compromettre en faisant fuiter des informations sur sa vie privée à des journaux. Et pendant ce temps, les meurtriers du Kek bénéficient d'une relative tranquillité. En mars 1965, lors de la marche de Selma à Montgomerie pour dénoncer les injustices sociales vécues par les Afhro-Aricains et pousser le gouvernement à garantir le droit de vote pour tous sans prérequis discriminant, une militante blanche venue du Michigan, Viola Luzo, est abattue par des membres du KKK pendant qu'elle conduit des manifestants dans sa voiture. Un des occupants de la voiture des tireurs, Gary Thomas R Junior, est un formateur du FBI depuis des années, ce qui soulèvera des débats et des
24:32 questions durables sur la complicité institutionnelle. Malgré cette violence ou peut-être grâce à l'indignation nationale et internationale qu'elle a suscité, le mouvement des droits civiques arrache ses victoires. C'est le fameux Civil Rights Act de 1964 qui interdit la ségrégation dans les lieux publics, la discrimination à l'emploi, renforce la déségrégation scolaire et autorise l'intervention fédérale contre les États ségrégationnistes. mais aussi le Voting Rights Act de 1965 qui interdit les tests discriminatoires pour l'accès au votes, notamment les tests d'alphabétisation avec des questions arbitraire et des examens truqués. Il oblige les États ayant un historique de discrimination à obtenir l'accord fédéral avant de modifier leurs règles électorales et protège de manière effective le droit de vote. En somme, le Civil Rights Act instaure l'égalité dans
25:17 la vie civile et sociale et le Voting Rights Act le fait dans la politique. À partir de 1964, le FBI étend le programme Cointel Pro, initialement conçu pour surveiller et perturber le parti communiste américain contre le KK, infiltrant massivement les organisations et semant la discorde entre faction rivales. Progressivement, l'organisation perd en puissance mais elle ne disparaît pas. Dans les années 1970, un personnage va tenter de moderniser radicalement l'image du KK. Il s'appelle David Duke et a grandi en Louisiane dans les années 50. Duke est intelligent, charismatique, cultivé. Il a obtenu un diplôme en sciences politiques à l'université d'État de Louisiane et il a compris quelque chose d'essentiel. Les robes blanches et les croix en feu sont devenus un handicap communicationnel majeur. Elle repousse l'opinion publique modérée, expose aux poursuites
26:03 judiciaires et donne aux adversaires une cible trop facile. Pour lui, il faut changer de forme sans changer de fond. Duke adapte le discours du KKK en l'habillant d'un langage pseudoacadémique. Plus de lynchage, plus de violence explicite revendiquée, même si la violence n'est pas abandonnée pour autant, elle est juste dissimulée médiatiquement. À la place, ils vont utiliser un vocabulaire de droit des blancs, entre guillemets, de préservation de la culture européenne, d'opposition à la discrimination positive perçu comme une injustice inversée. En 1975, il donne un nouvel élan au Knights of the Cookock Clan, fondé en 1956 qui adopte un dress code plus sobre pour les apparitions publiques. Il donne des interviews télévisées avec le sourire, il parle de fierté blanche sur les plateaux de talk show et cite des études pseudoscientifiques sur les différences raciales. En gros, il invente le
26:48 suprémisme blanc présentable, celui qui peut passer dans un débat télévisé sans immédiatement choquer les non convaincus. Il va opérer un rebranding et pas une mutation idéologique. Et surtout, il se lance en politique. Élu à l'Assemblée de l'État de Louisiane en 1989 sous l'étiquette républicaine, il crée une véritable honte de choc. En 1991, il arrive au second tour de l'élection des gouverneurs de Louisiane récoltant une majorité des votes des blancs Louisianais. Bien que battu par Edwin Edward qui a inspiré les slogans "Vote for the Crocance". Autrement dit, "Voter pour l'escroc, c'est important", faisant référence à lui-même puisqu'il est accusé d'avoir extorqué de l'argent à des entrepreneurs en échange d'un coup de pouce politique. C'est donc le choix du moindre mal face au danger que représente Duke. Le fait qu'il ait pu aller si loin stupéfie le pays. Il se présente ensuite à des primaires
27:34 républicaines pour le Sénat et la présidence sans succès, mais avec des scores qui dérangent profondément le parti. Le parti républicain ren publiquement Duke, mais beaucoup observent que certains de ces thèmes recyclés sur l'immigration, la discrimination positive ou la fierté blanche continue de circuler dans le courant conservateur américain sous des formes moins explicites. Pendant ce temps, à côté de la tentative de respectabilisation incarnée par Duke, le KKK traditionnel continue d'exister sous forme de petites organisations locales parfois très violentes. En 1979 à Greensboro en Caroline du Nord, des membres du KKK et du parti américain nazi et et oui ça existe. Attaquant plein jour un rassemblement de syndicalistes communistes tuant cinq personnes et en blessant 11 autres devant des caméras de journalistes. Le massacre de Greensboro est filmé
28:20 intégralement mais les assaillants sont acquittés par deux juris successifs. Autre exemple qui illustre le fait que la violence est loin d'être du passé pour l'organisation. En 1981 à Mobile en Alabama, des membres du KK décident de venger entre guillemets l'acquitement d'un homme noir accusé du meurtre d'un policier en choisissant une victime au hasard dans la rue. Ils enlèvent Michael Donald, un lycéen de 19 ans qui rentrait chez lui, l'étrangle avec une corde et le pendre en bord de route. C'est le dernier linchage documenté aux États-Unis selon la définition stricte du linchage, soit une violence collective extrajudiciaire publique. L'affaire civile intentée par la Southern Poverty Law Center, le SPLC contre le United Clans of America, se solde par un jugement de 7 millions de dollars, une somme que l'organisation
29:07 est incapable de payer, la forçant à céder son siège national et à dissoudre ses actifs. La mère de Michael Donald reçoit le siège national du KKK en guise de réparation, un symbole qui est très fort. Cette stratégie de contentieux civil développée par la LPLC fondée par Maurice De Levin deviendra l'une des approches les plus efficaces contre les organisation suprémistes ruiné financièrement ce qu'on ne peut pas condamner pénalement. Mais alors où en est le KK aujourd'hui ? Et ben, la réponse honnête c'est qu'il est affaibli, il est fragmenté mais il est pas mort. Le Southern Poverty Law Center estimé en 2023 que les différentes organisations se réclamant du KKK rassemblent entre 5000 et 8000 membres actifs répartis dans une centaine de centres locaux au nom variés. C'est une fraction infime de ce qu'il fut dans les
29:52 années 1920, mais c'est assez pour causer des dommages réels. Et surtout, ce chiffre ne dit rien de l'influence diffuse de son idéologie au-delà de ses membres officiels. Le discours du clan s'est adapté aux préoccupations sociales et politiques contemporaines. Ces nouvelles campagnes s'appuyent sur l'immigration clandestine, la criminalité urbaine et le mariage homosexuel. En août 2017, lors du rassemblement Unite the Wright à Charlottesville en Virginie, des membres du KKK défilent en plein jour torche à la main au côté de néonazie et de membres de groupes suprémacistes blancs d'hiver. Puis dans des images d'un cortège nocturne, des centaines d'hommes scandent Blood and Soil, la traduction directe de l'allemand nazi Blood and Boden pour le sang et le sol. Associant ainsi les concepts de pureté raciale et d'enracinement territorial. Ces images elles vont faire le tour du monde. Le
30:37 lendemain, un militant d'extrême droite fonce en voiture dans la foule des contremanifestants, tuant Heather Eer, une manifestante de 32 ans et blessant des dizaines d'autres. Le président Trump dans ses commentaires sur l'événement déclare qu'il y avait deux très bonnes personnes des deux côtés. Une phrase qui provoquera une tempête politique mondiale. Mais Charlottville révèle aussi quelque chose d'important sur l'état du mouvement suprémaciste blanc contemporain. Le kkekk classique avec ses robes blanches n'en est plus qu'une composante parmi d'autres. Les formes modernes d'extrémisme aux États-Unis sont souvent plus décentralisées, plus jeunes et moins attaché aux structures claniques traditionnelles. De nombreux attentats récents ne sont pas liés au quekkquai institutionnel, mais à des acteurs isolés, des réseaux en ligne ou à des groupes néofascistes. Des organisations
31:22 comme Patriot Front, les Prod Boys ou d'autres groupes issus de la culture internet de l'right, un courant alternatif de l'extrême droite américaine en ligne recrute parmi les jeunes en s'affranchissant de cette iconographie trop immédiatement reconnaissable. À partir de la fin des années 2010, les agences fédérales dont le FBI désignent régulièrement la violence suprémiste blanche comme la menace terroriste intérieure la plus persistante et la plus meurtrière. Les chiffres donnent la mesure du problème. Selon le FBI, les crimes de haine ratio aux États-Unis ont augmenté de 32 % entre 2014 et 2019. Les croix brûlées réapparaissent encore de manière sporadique devant des maisons de familles noires dans des États du sud. Des tracts du KKK continuent d'être distribués dans des résidences et des campus universitaires. En 2020, en opposition aux manifestations Black Liv Matter déclenchée par le meurtre de George Floyd par un officier de police,
32:07 plusieurs membres et sympathisants du KKK se mêlent aux groupes armés qui se déploient dans les villes américaines. Et sur les plateformes en ligne, les contenus suprémistes blancs prolifèrent sous des formes que les fondateurs de Pouaski n'auraient pas reconnu mais dont ils auraient certainement approuvé l'esprit. Ce qui est peut-être le plus révélateur de l'état du mouvement suprémaciste contemporain, c'est précisément cette capacité à se fragmenter et à se recomposer. Quand le FBI et le SPLC décapitent une organisation, 10 cellules moins visibles émergent. Quand une plateforme dépublie un forum, ses membres migrent vers une autre. L'idéologie centrale reste intacte. La conviction que les Blanc-Américains forment une nation assiégée trahie par ses élites. Ce sont ces idées nées du KKK qui ont directement inspiré plusieurs auteurs de massacre. notamment le tireur de l'attaque contre un supermarché Walmart de El Passo en 2019 qui a fait 23 morts.
32:53 Dans ces manifestes, on retrouve mot pour mot le vocabulaire que les clsman des années 1920 employaient pour parler des immigrants catholiques et des juifs. L'histoire du clan est souvent présentée comme celle d'une organisation marginale. Mais ce serait trop confortable de le croire. Le kek n'a pas fonctionné dans l'ombre malgré l'Amérique, il a fonctionné avec une large partie de l'Amérique. Des juges, des gouverneurs, des sénateurs, des présidents ont fermé les yeux, coopéré ouvertement ou activement bénéficié des activités et du soutien électoral du clan. Ce que révèle le kek, c'est l'histoire d'un système judiciaire qui a mis un siècle à condamner certains de ces crimes les plus évidents et les mieux documentés. C'est l'histoire d'une haine qui a réussi à se présenter à chaque génération sous un visage différent. le fantôme confédéré, le défenseur de la morale chrétienne, le militant des droits des blancs, l'activiste d'identité culturelle pour
33:39 recruter de nouvelles adhésion en s'adaptant à chaque époque. Et il y a une dimension supplémentaire qui mérite d'être relevée. la mémoire collective de la reconstruction elle-même. Pendant des décennies, bien après la défaite du KKK par le CKU Clan Act de 1871 et encore davantage après la montée en puissance du second KK des années 1920, l'histoire académique américaine a largement présenté la reconstruction comme une période de chaos et de corruption imposée par des profiteurs nordistes à un insulte qui ne demandaaiit qu'à guérir en paix. Cette version incarnée par l'école historiographique dite du Dunning School, du nom du professeur William Duning de Columbia, a dominé pendant des générations. Elle présentait les législateurs noirs comme incapables, les soldats fédéraux comme des occupants et les clun comme des justiciers. C'est qu'à partir des années 1960 avec le travail d'historiens comme John Hope
34:24 Franklin et Eric Foner que la recherche académique a commencé à produire une histoire plus honnête de cette période. Autrement dit, l'Amérique a non seulement laissé le kekékek commettre ses crimes, mais elle a ensuite réécrit l'histoire pour en faire des héros. Il y a une phrase que les historiens du mouvement des droits civiques répètent souvent : "The arc of the moral universe is but it bends towards justice." Ou encore l'arc de l'univers moral est long, mais il se courbe vers la justice. C'est une phrase de Martin Luther King Junior qui la tenait lui-même du pasteur abolitionniste Théodore Parker, mort en 1860, 5 ans avant la naissance du Cuclux Clan. Et c'est aussi quelque part l'histoire d'une résistance, celle de Mamit qui a exigé un cercueil ouvert, celle des Freedom Riders qui sont remontés dans le bus suivant après l'incendie, celle de Fred Shuttleworth, le pasteur de Birmingham qui reconstruisait chaque fois qu'on lui dynamitait sa maison, celle des femmes
35:09 et des hommes qui ont marché de Selma à Montgomerie sous les matraques ou celle des avocats du SPLC qui sont venus à bout des organisations haineuses par des processes civils. Cette résistance là, elle est aussi une part entière de l'histoire américaine et probablement une des plus belles. En 1871, le général Nathan Bedford Forest, interrogé par un comité du Congrès sur le kékekék dont il était le premier grand wizard, minimise son rôle, prétend l'organisation largement dissoute et se distancie de sa violence. Il mourra en 1877 sans jamais avoir été jugé pour quoi que ce soit lié au kekék. En 2017, la ville de Memphis retire sa statue d'un parc municipal. Ce geste symbolique aura mis 150 ans à se concrétiser dans l'Alabama, la Caroline du Sud et d'autres États du sud, des débats identiques continuent encore aujourd'hui sur des dizaines de statues ou des noms de rues et de bases militaires. Mais si la culture et l'histoire des États-Unis vous
35:55 intéresse, je vous invite à découvrir la vie incroyable de cette communauté américaine qui a choisi de vivre, comme au 18e siècle, les Amiches.