0:00 Comment vous pouvez définir euh ben André Marie la gratitude ? Le soir de la dernière émission qu'on avait fait ensemble, le lendemain, je rentrais à la maison et puis une petite jeune qui vient souvent m'aider, Virginie, je lui dis "Écoute, tu rentres chez toi, est-ce que tu aurais le temps de me mettre quelques idées sur papier pour parler de la gratitude ?" Et le soir même, elle avait passé des heures dans le train, elle me téléphone et elle me lit ce texte qu'elle avait écrit comme ça très rapidement. La gratitude suppose la conscience émerveillée et absolue de l'amour régnant dans toute chose. Source et habitation de la création tout entière, de l'univers, de notre corps, de notre
0:45 âme. La gratitude ne peut s'expérimenter que connectée à la dimension originelle de la vie, à son harmonie intrassèque possiblement perçu grâce à une ouverture de conscience oriétée vers la danse, h le champ intérieur du cœur, les vibrations ultimes et permanentes du vivant, du divin régnant toute liberté en nous. Cette liberté est parfaite et perpétuelle. Et je pense à tous que Marine Zundel a écrit lorsqu'il admirait les œuvres de Michelange. Il disait que tout dansait en lui tellement il il s'émerveillait. La gratitude fait qu'on s'émerveille de la beauté dans l'autre. On n pas besoin de la posséder. Toute beauté fait qu'on
1:31 s'émerveille. Et Virginie continue, la gratitude se vit face à la tendresse gratuite présente en tout, à la beauté du principe, du principe même de la vie exaltée par diverses portes. Créatures et créateurs, nous ne pouvons que remercier la possibilité qui nous est donnée de faire l'expérience de la présence. Et quand on a fait l'expérience de cette présence, on s'émerveill de tout. C'est cette petite qui a Oui. qui écrit ça dans le train. Le simple fait d'écrire ces quelques lignes me remplit de joie à l'idée de partager, de transmettre ce sentiment de gratitude, ce ressenti d'amour.
2:17 Pour ma part, accueillir et manifester Dieu en lui rendant hommage et la plus haute source de gratitude. En somme, la gratitude est pour moi gratitude de pouvoir exprimer celle-ci à Dieu de toutes les façons qu'il m'est donné de le faire. C'est c'est Merci Virginie. Ben oui, c'est un plan de tout ce que je voudrais dire en abordant ces différents sujets. Alors, la gratitude, si on voulait la définir, d'abord ça un relant de gratuit. Oui. Ce n'est pas un du, ce n'est pas du commerce, ce n'est pas que dans le système financier des banquiers, il y a le crédit, il y a le débit. Si c'est gratuitement, c'est
3:03 aussi gracieusement. Ces deux mots la même origine. En termes populaires, on dit quelquefois c'est gratis ou bien c'est pour rien. Les enfant dis c'est pour du beurre, c'est à l'œil, c'est sans bourse d'élier, c'est au frit de la princesse. Alors là, c'est gracieusement. Et j'ai fait remarquer que le mot homonier, l'homonier c'était le prêtre qui avait droit à aller dans l'homonière de madame pour puiser et distribuer aux pauvres. Ah c'est l'omonier vient du mot homonière. Homonière. Et donc l'homonier c'est un donneur, c'est un donateur, c'est un partageur. Il a le droit d'aller dans la Oui. Dans
3:48 la bourse, la bourse de madame dans l'omonnière. Elle portait la ceinture des pièces d'or pour les pauvres et c'était l'omonier qui éisait et qui distribuait. D'accord. L'omonier. D'ailleurs quand dans un magasin on ne fait pas payer l'entrée, on dit entrée libre. Et on a la gratitude, un sentiment de liberté. Et alors si on allait voir du côté du mot gratifié, gratitude, gratuit, gratifié, le dictionnaire définit le mot gratifier comme une somme d'argent remise à quelqu'un en plus de ce qui lui est dû. En plus, en plus, les étrines qu'on donnent nos facteurs, c'est une gratification, une prime, un dessous de table, ça pas la même le même dessous de
4:33 table. pas le même. Je connais un industriel qui avait été invité avec des collègues à c'était des industriels qui travaillaient dans le textile par un mania du pétrole qui se trouvait sur un bateau mouche à Paris. Il était descendu de sa grande Mercedes blanche tout habillé en blanc. Et puis sur ce bateau mouche, il les interpelle par leur nom. Donc il avait leurs photos, il les connaissait. Vous monsieur d'accord pour le contrat à telle somme vous monsieur untel. Il les appelait par cit d'accord vous aussi. Et il appelle cette amie, il lui dit "C'est d'accord pour telle somme." Et cet ami qui se prénomme André lui dit "Mais monsieur, c'est pas ce qui était conclu dans le dans le contrat, vous me donnez plus." Oh me dit, "C'est pour vous sous dessous de la table ?" Et dit "Monsieur, je refuse." Il a refusé la commande parce qu'il il aurait dû
5:19 accepter un dessous de table. Mais voilà que ce même industriel quelques temps après pour donner du travail à ses ouvriers a donné sous-ble à quelqu'un pour donner du travail à ses ouvriers. Sinon, il mettait ses ouvriers en chômage. Vous savez, le rôle de ces gens-là n'est pas facile du tout. Quand on parle de gratitude et d'ingratitude, j'aimerais que dans le monde des affaires, on découvre que c'est une nécessité. Sinon, on est des ennemis. Et si on est des ennemis, il ne peut pas y avoir de progrès. Il ne peut y avoir du progrès que comme dit Virginie dans la danse quand tout se met à danser en nous et cette joie de rendre à Dieu cette joie de vivre. Et puis on dit aussi les pots de vin. Et alors je fais un jeu de mot pas
6:05 très agréable mais du poids de vin. Je passe à la messe. Prenez et buvez-en tous c'est gratuit. Là où retourner les choses là transformation ou Jésus qui se donne lui-même comme gratification c'est gratuit, c'est gracieux c'est le don. C'est le don et le sang c'est la vie. Vous savez combien on a de globules rouges dans le sang ? Ça s'écrit un 1 suivi de 230. C'est 100000 millions de milliards de globules rouges qu'on a dans le sang. Et ça a commencé comment ? par un petit ovule d'un quart de micron. Mais est-ce qu'on n pas une exigence terrible d'être en pleine gratitude à la vie qui en nous fait une action, un miracle, une évolution
6:52 extraordinaire dont on n'est absolument pas conscient. Oui. Et prendre conscience de pour être dans la gratitude, il faut prendre conscience des bienfaits reçus. Il faut être reconnaissant. Et reconnaître, c'est aussi connaître. Je me souviens de ce chant un peu ancien qu'on chantait souvent dans l'office divin. Oh Seigneur, comment reconnaître les bienfaits dont tu nous as comblé ? Chaque jour, je célébrerai tes louanges. Mais on a absolument pas conscience de tout ce qu'on reçoit en permanence. l'air, l'eau, la vie, le un œil, c'est un appareil de photographie extraordinaire, bien plus évolué que les zooms qu'on a sur nos appareil et on ne se rend même pas compte qu'on est en
7:39 permanence en train de voir, de regarder, de découvrir. J'étais à Lourde récemment et j'ai beaucoup regardé un petit orang qui descendait de la montagne et je voyais l'eau qui coulait rapidement et il y avait au milieu du torrent une énorme pierre tout arrondie par le frottement de l'eau. L'eau use le rocher. C'est ce qui fait l'argile des potiers d'ailleurs. Voilà. Donc vous connaissez bien. Et l'eau donc arrivait devant ce rocher puis elle se divisait, elle passait à droite et à gauche et l'instant d'après, elle se retrouvait en face comme si de rien n'était. Et voilà qu'un peu plus loin, il y avait un autre rocher qui venait de tomber de la montagne et qui lui était tout anguleux, tout brut. Alors l'eau ne glissait pas autour, elle rebondissait
8:25 en écume. H je regardais cet écume et je me disait "Mais cet écume n'existe pas parce que l'instant d'après, elle est redevenue de l'eau qui coule mais il y a de l'écume de nouveau. Il y a de l'écume de nouveau. C'est jamais la même. Donc est-ce qu'elle existe vraiment un quart de diè de seconde ? Et si c'était ça nos émotions ? Oui. Une écume passagère. Oui. Or, nous pouvons maîtriser nos émotions. On peut les maîtriser. C'est la jalousie, c'est la colère et elles apparaissent en fonction d'une circonstance bien précise. Il y a pas la jolisie comme ça toute seule. Il y a pas la colère toute seule. Il y a une raison de se mettre en colère, un événement. Oui. Elles n'ont donc pas de réalité par elle-même. La jalousie toute seule n'existe pas. On est jaloux à cause d'un
9:12 événement, à cause d'une personne. Elle n'existe pas de manière permanente dans l'esprit. C'est pourquoi il est possible de les donter passagers, c'est oui de les transformer, de les éliminer. Cette eau qui se partageait devant ce rocher pour se rejoindre par derrière comme si de rien n'était et puis la vie continue à couler. Et la vie continue à couler doucement. Oui. H il est important de resituer nos émotions dans le contexte, d'analyser leurs circonstances. Oui. Celles qui les ont amené à se manifester pour en comprendre le sens, les prendre. Elles ont un sens de nous aider à toute chose, tout être n'existe qu'en interdépendance avec le reste du monde. Il y a jamais un événement tout seul. Il est causé par
9:59 quelque chose qui est causé par quelque chose et il aura une conclusion. Rien n'existe en soi, mais tout dépend d'une série de causes et de conditions. La rose vient du rosier qui vient d'une greffe qui vient d'un aiglantier. Quand j'avais 7 ans, je fais des aiglantiers. C'est le travail du jardinier. Il y aurait pas de jardinier sans jardin. Il y aurait pas de jardin sans terre. Et puis il y a le poète et puis il y a l'amoureux et puis a l'enfant. Tout est un derbe dépendant. Voilà. Et le bonheur et bien c'est d'être poète et d'être enfant dans la vie. Grand merci père André Marie. Alors voilà donc le thème de la gratitude à propos merveillement cadeau à propos de la gratitude. Je voudis dire que il y a quelques semaines en parlant chez moi à la demeure j'ai dit mais pour
10:45 la prochaine émission de Radio Notredame, j'aimerais retrouver je ne sais plus c'était il y a très longtemps une chanteuse qui dialogait avec son petit garçon et puis tout de suite les gens répondent alors on m'a envoyé le texte que je te montrerai à l'instant et puis quelqu'un d'autre tout le monde a ce qu'il faut tout le monde participe. C'est magnifique. C'est ça la gratitude, c'est qu'on a envie de on a envie de faire plaisir sans raison. H c'est voilà, c'est ce don qui jaillit. Et l'amour, c'est toujours à fond perdu. Oui. On cherche et on gagne tous. Oui, parce que ça on multiplie. Voilà. Voilà. Oui. Alors, si j'ai bien compris, la gratitude c'est pas une relation obligée à l'autre. Et pourtant, est-ce qu'on peut faire autrement ? Sans les autres, l'homme n'existerait pas. Les autres lui
11:31 ont donné la vie. et d'autres entretiennent notre vie. Si l'épanouissement de notre âme, de notre vie intérieure est soumise en partie à notre volonté, à notre décision propre, rien ne peut se réaliser de physique autour de nous sans les autres. Je n'aurais pas de maison s'il y avait pas un architecte, un maçon, des menuisiers, des peintres, des couvreurs, des plombiers qui n'avaient travaillé pour ma maison. Sans eux, je n'aurais même pas d'abri. Ouais. Je n'aurais pas de vêtements s'il n'y avait pas eu des cuilleurs de coton, des tondeurs de laine, des tisserans, des couturiers, des tailleurs. Sans eux, je serai nu et je m'ai de froid. Cadeau ! Cadeaux ! Je n'aurai pas de nourriture si des pauvres gars en sueur ne
12:17 cultivaient la terre, ne bêchaient des salades et n'élevit des bœu. L'homme de Paris le plus riche, le mieux placé serait menacé du choléra si des milliers des gouttiers dans l'atmosphère la plus microbienne n'accomplissaiit les tâches les plus répugnantes. Cadeau. Cadeau. Un vieux missionnaire de l'Alaska me disait : "Les belles dames qui portent de riches fourrures ignorent le travail épuisant des esquimaux qui par moins de 30 degrés traquent des bêtes cruelles et dangereuses portent leur dépouilles sanguinolantes. À quoi ces dames m'ont répondu ? Je les paye. Oui, avec un argent légitimement
13:03 acquis, on peut légitimement acquérir ce qui plaît ou ce qui est utile. N'empêche, qu'entre l'argent et ce qu'il procure, il faut le travail des autres. On ne s'habille pas avec des billets de banque ou d'échec. Le travail des autres est une indispensable nécessité, une question de vie ou de mort. Avant donc d'être chrétien, soyez honnête et justes et dans la gratitude. Ce sont là les premières assises indispensables pour construire une vie. L'humanité ne fait qu'un. Un chantier où tous besognent une unité de travail. Nous vivons des
13:50 autres. Les autres besognent pour nous. L'ingratitude, l'égoïsme sont des anomalies, des malhonnêtetés qui dépassent toute expression. Et dans un petit livre dont j'ai déjà parlé intitulé Un jour quand je serai grand, il y a quelques temps, j'écrivais "Un jour quand je serai grand, je serai docteur, comptable ou vétérinaire, peu importe ce que je serai, mais ce sera en haut de l'échelle et sur rendez-vous. De là, je pourrais regarder le monde et le rendre meilleur par mon pouvoir, par mon savoir. Mais mais le temps a passé, je ne rêve plus jamais du haut de
14:35 l'échelle. Je n'ai gardé que le rêve du surrendez-vous. Rendez-vous que j'aurai avec moi-même pour me rendre meilleur en gratitude de ce que je ne peux pas, de ce que je ne sais pas encore en gratitude de tous les émerveillements à venir. Voilà avec qui je vais avoir rendez-vous. Alors père André Marie, quel rapport vous voyez justement entre la gratitude et l'émerveillement ? C'est une absolue nécessité de s'émerveiller dans la vie. Sinon, d'abord on serait triste à voir. On nurait pas une belle tête, on n'urait pas une bonne
15:21 mine. L'émerveillement s'est créé un lieu où le cœur peut gambader et l'esprit se dilataé. Tout à l'heure, Virginie parlait de la danse, mais David qui dansait les psaumes devant l'arche de Moïse, il était dans l'émerveillement de son créateur. Oui. Seule solution pour se poser calmement à une civilisation qui s'aime autour de nous, le désenchantement. et l'on a envie de créer urgence urgence de survie ou bien SOS qui veut dire sauver nos âmes. Bertrand Vergelie écrit "Nous n'avons pas le choix. On s'émerveille où on meurt. Lorsqu'on pense que des centaines de milliards de molécules vivent en
16:06 harmonie solidaire les unes avec les autres pour nous entretenir en vie." Je parlais des globules rouges tout à l'heure, mais le corps entier, on a on a 500 milliards de molécules dans le cerveau qui sont toutes réunies les unes aux autres, toutes solidaires les unes aux autres. On pourrait pas prendre modèle sur notre cerveau pour vivre en société. Quand avons-nous pour la dernière fois, peut-être pour la première fois dit la gratitude à la vie qui est en nous. Nous sommes non pas vis-à-vis de nous-mêmes, mais vis-à-vis de la vie d'une épouvantable, d'une ignoble ingratitude. Le premier mot que disent
16:53 les enfants que les parents apprennent à leurs petits, c'est papa et puis maman. Et ensuite, on apprend à dire merci. Merci. Oui. Et un jour à des enfants du catéchisme, je voulais faire remarquer que l'eucharistie, eucharistienne en grec, ça veut dire merci, remercier. Alors, je voulais la faire prononcer ce mot et je leur dis étaient là une vingtaine. Je dis quand on vous donne quelque chose, qu'est-ce que vous dites ? Les enfants se regardent, ils savent pas. Alors, j'insiste, je dis c'est le c'est le mot magique. On on va lâcher l'objet quand vous avez dit le mot. enfant, il y en a un qui savait au bout de la classe. Alors, j'ai dit "Tu toi, il faut que tu tes camarades le disent, le découvrent en eux parce que c'est comme ça, parce que c'est une loi, parce que c'est une nécessité absolue." Alors,
17:40 qu'est-ce que qu'est-ce que vous dites quand on vous donne quelque chose ? Et personne ne trouve le mot. Alors, je m'adresse à celui qui savait. Il y en avait au moins qui savait. J'ai dis "Quand ton papa il tend le plat, qu'est-ce qu'il dit ton papa ?" "mon papa, il dit "Bouffe pas tout". Ça serait pas ça l'ingratitude, c'est de prendre les choses comme un droit alors que c'est un cadeau. Ouais. Et le papa qui donne, il est obligé de défendre le don au prix de son enfant. Et on voit que on passe de la gratitude à la gratitude sans s'en rendre compte. On a des droits, on veut exiger ceci. Et toutes ces manifestations qu'on voit maintenant, on peut pas regarder les informations voir une manifestation, des gens qui exigent un droit. et si commencer par remercier de ce qu'ils ont
18:26 déjà eu parce que bientôt avoir du travail ce sera un cadeau parce qu'on travaille dans une société, on travaille avec les autres, on travaille pour les autres et les autres travaillent pour nous. Ouais, ça devient un cadeau. Il y a vraiment toute une conversion à vivre, hein. Alors, père André Marie, vous nous avez écrit un compte. Je crois que ça s'appelle Dans la gratitude, deviens ce que tu désires. Et c'est je crois encore une une histoire de potier ça. Bien sûr, on peut pas quitter la terre. Il avait tellement rêvé d'être poète et de manier les mots, les phrases et les idées, de faire envie aux autres d'amour et de bonté. Mais voilà, il était potier toute la journée du fond glaiseux de son atelier.
19:12 Il malaxait la boue, l'argile et la terre. Il en avait tourné des pots, des pichets et des vases. Mais il savait bien que tous un jour seraient cassés, brisés puis jetés. Quelle vie horrible se disait-il que la mienne toujours je serai pauvre et mes enfants aussi. Alors, il se mit d'arêver, d'être un riche marchand et de vendre les peaux, les pichets et les vases tournés par les autres. Son désir devint tellement intense qu'une petite voix se fit entendre : "Dans la gratitude, deviens ce que tu désires." Et il le devint. Il avait un ville en grand magasin où il vendait la sueur des autres. Il avait une belle famille et
19:58 des distractions. Tous les potiers le supplient de leur acheter leur pot et de les vendre. Le bonheur était là. Pourtant, bien vite, il s'en fatigua. Il avait beau inventé fête sur fête, bien vite, il s'en lassa. Un jour, le roi même était venu banqueter à sa table. Il l'avait vu heureux, entouré, admiré. Alors, il se mit à rêver d'être roi. "Deviens ce que tu désires dans la gratitude", avait dit la petite voix. Et il le devint. Ces sujets lui rendaient obédience, ses vassaux le flattaient, son royaume grandissait, l'empereur le
20:45 jalousit. Mais un soir que du haut d'une tour de son château, il admirait au soleil couchant ses terres séchant son empire, il envil qui était bien plus grand que lui, bien plus lumineux couleur or. Alors, il se mit à rêver d'être soleil. "Deviens ce que tu désires dans la gratitude", avait encore dit la petite voix. Et il le devint. Il dominait le monde de ses rayons. Il réchauffait chacun et la terre et les arbres. Il embellissait la nature. De lui, les fleurs embaumaient. Il était lumineux. Devant lui, les ténèbres
21:31 disparaissaient. Il y était feu. Mais un jour, il remarqua que les nuages lui portaient ombrage, lui cacher la terre, empêcher d'admirer sa nature, son empire. "Les nuages sont plus puissants que moi," se dit-il. Et il rêva d'être nuage. "Deviens ce que tu désires dans la gratitude", avait encore dit la petite voix. Et il le deva. Alors, avec quel plaisir il prenait toutes les formes vaporeux il planait dans l'air suspendu entre ciel et terre. Il dominait le monde et le soir comme le matin, c'est le soleil qui le dorait de
22:17 teintes rougeantes. Que c'était beau d'être nuage. Mais un jour, il découvrit que la pluie en tombant sur la terre abreuvait les plantes, la nature, les bêtes et les hommes. Il découvrit que l'eau était nécessaire à la vie et qu'elle était la vie. Alors, il se mit à rêver d'être la pluie. Dans la gratitude deviens ce que tu désires lui avait encore soufflé à l'oreille la petite voix et il devint source et puis ruisseau et puis rivière et puis océan haut il couvrait les deux tiers du globe il transportait les bateaux abordait les empires, abrevait les enfants. Dans le lit des rivières à
23:02 cause de l'eau, les pierres s'usaient et s'arrondissaient. Elle devenait argile au fond des vallées. Mais un jour, un bateau avait chaviré. Un autre jour, un enfant s'était noyé. Une inondation avait tout ravagé. Alors, il rêva d'être argile au fond des vallées, de connaître le calme, d'être enfin tranquille, de vivre en silence et en paix. Alors, la petite voix lui avait encore dit : "Ce que tu désires dans la gratitude, deviens-le. et il devint terre d'argile. Il savoura la joie de voir pousser les fleurs et de pêtre les brebis. Le temps ne comptait plus, il était le
23:47 temps. Il écrivait l'histoire. Mais un jour, il vit s'approcher une petite ombre qui portait pelle et pioche. Elle creusa, creusa, déchira, emporta, écrasa, malaxa, façonna. C'était un potier. Alors, il se mit à penser : "Ce potier est bien plus fort que moi. Il domine la matière, il crée des chef-dœuvres, il émerveille les hommes." Alors, il rêva d'être potier. Encore une fois, mais pour la dernière fois, la petite voix se fit entendre. "Ce que tu désires dans la gratitude, deviens-le." Et il redevint potier.
24:36 Quel bonheur de façonner la terre avec l'eau, de la confier au feu né du soleil, d'être vendu par un riche marchand et de venir décorer la table du roi. Alors de potier, il devint poète pour célébrer avec des mots les amours de la terre et de l'eau et du feu. Potier poète, ses enfants le seraient, qui déjà écoutaient la petite voix qui leur disait : "Deviens dans la gratitude ce que tu désires." Cependant, la petite voix se fit encore entendre pour la dernière fois. Pourquoi avoir fait tout ce chemin pour en arriver au même point de départ ? La gratitude consiste peut-être aussi à se contenter de ce que l'on a et à le
25:23 vivre en s'émerveillant. Merci Père André Marie. Comme quoi, des fois, il faut faire un grand détour. Voilà, je me suis déjà quelque fois exprimé sur les ondes pour dire qu'avec le père Guou, on avait fondé un monastère il y a 40 ans à Croireu pour des handicapés. Et puis de ce monastère, j'avais été exclu. J'avais été vraiment mis à la porte et ça avait duré 30 années de souffrance, d'accusation, de suspicion et cetera. Ivalac maintenant me redemande d'aller dire la messe régulièrement au monastère et je retrouve la chapelle que j'avais construite il y a 40 ans, l'hôtel que j'avais fabriqué, le calis qui était doré à l'intérieur avec les alliances de mes parents. Attendez et je retrouve un plaisir énorme ce matin encore. Je célébr avec les petits frères qui sont tous souriants et je suis heureux de me
26:08 retrouver comme ce potier. Il a fallu 40 ans pour faire le tour, mais il a fallu rencontrer le père Pedro et rencontrer l'Abé Pierre et aller en Haïti à Madagascar pour retrouver cette petite communauté où j'ai un plaisir énorme à être à aller à prier avec eux et et à faire chaque jour quand je suis là une petite homélie et accueillir avec mon papa il y a 40 ans, on avait planté quantité d'art fruitiers et bien la semaine dernière il m'ont emporter une casse entière de ses fruits c'était cadeau cadeau gratitude mais par les 40 ans de traverser du désert. Mais ça vous rappelle pas quelque chose ? La terre promise hein, elle s'est rou et ça arrive tout seul sans que je n'ai rien fait. Je n'ai jamais voulu entrer en belligérance, en opposition. J'accueillais, j'accueillais
26:54 douloureusement en me disant ben voilà, on verra bien. J'aurais pas cru que c'était possible. Et c'est le Seigneur lui qui a fait bien sûr. Bien sûr. Et la gratitude dans vie de danser, de bonheur et de joie. J'ai tout remis entre tes mains. Ce qui m'inquiète, ce qui me gêne, ce qui m'angoisse et qui me peine et le souci du lendemain. J'ai tout remis entre tes mains.
27:39 J'ai tout remis entre tes [Musique] mains. J'ai tout remis entre tes mains. lourd souci traîne et n'aguère ce que je pleure ou que j'espère et le pourquoi de mon destin. J'ai tout remis entre tes mains. J'ai tout remis entre tes
28:30 [Musique] mains. J'ai tout remis entre tes mains. La pauvreté ou la richesse, le bonheur et puis la tristesse. Tout ce que jusqu'ici j'ai craint, j'ai tout remis entre tes mains. J'ai tout remis entre tes [Musique]
29:32 mains. J'ai tout remis entre tes mains. Que ce soit la mort ou la vie, la santé ou la maladie, le commencement ou la fin, car tout est bien entre tes mains, car tout est bien entre tes mains. [Musique]
30:20 [Applaudissements] À l'instant, on entendait les applaudissements de la foule après le chant de Patrick et bien les applaudissement c'est de la gratitude. Bien sûr, les gens sont tellement émerveillés qu'ils ont besoin d'exprimer leurs émerveillements en cla en tapant dans leurs mains. Et voilà, c'est expression de la gratitude. Tout à fait. Elle est quotidienne autour de nous partout. Oui. Oui. On peut se poser quand même la question, est-ce que la gratitude est toujours de mode euh à notre époque ? Ça n'est pas la mode de notre société moderne. Je je vais vous lire quelques une petite page de Daniel Pena dans un livre qu'il a écrit euh intitulé Chagrin
31:06 d'école. C'est un livre charmant. Revenu à Paris, comme je descendais la colline du 20e arrondissement vers mon bureau, l'idée m'est venue d'évaluer les élèves que je croisais sur ma route en me livrant un calcul méthodique. 100 € de basket, 110 de jean, 120 € de blouson, 80 de sac à dos, 180 de baladeurs à 90 décibel la ravageuse tournée auditive. 90 € pour le téléphone portable multifonction sans préjugé de ce que contiennent les trousses. Ce que je fais à un bon prix de 50 €. Le tout monter sur des rollers flamban neuf à 150 € la paire. Total 880 €.
31:53 Soit dit Daniel Pena, 880 € soit 5764 francs par élève, c'est-à-dire 596400 francs de mon enfance. J'ai vérifié les jours suivants à l'allée quand mon retour en comparant avec les prix affichés dans les vitrines qui se trouvaient sur mon chemin. Tous mes calculs aboutissaient aux environs d'un demi million de notre enfance pour chacun de ses gosses. Chacun valait un demi million de francs de mon enfance et c'est une estimation moyenne pour un enfant de la classe moyenne doté de parents à revenu moyen dans le paris d'aujourd'hui. Le prix d'un
32:39 élève. Notre petit parisien remis à neuf à la fin des vacances de Noël dans une société qui envisage sa jeunesse avant tout comme une clientèle, un marché et un champ de cible. des enfants clients, donc avec ou sans moyen, ceux des grandes villes comme ceux des banlieux, entraînés dans la même aspiration à la consommation, dans le même universel aspirateur à désir, pauvres et riches, grands et petits, garçons et filles, siphonés pelmel par l'unique et tourbillonnante sollicitation, consommer, c'est-à-dire changer de produit, vouloir toujours neuf, toujours du le dernier cri la marque et que ça se
33:27 sache. Et à la fin de la page, il dit grand-mère marketing, une gigantesque surface marchande sans mur, sans limite et sans frontière. Il n'y a plus alors de place pour la gratitude. Automatiquement, c'est l'ingratitude. Grand merci, père André Marie, vous-même puisque vous accueillez bien des personnes puisque vous vous occupez de personnes bah des blessés de la vie, hein. Est-ce que vous êtes toujours remercié pour ce que vous faites aux autres ? Neuf fois, j'étais tabassé tabassé rudement. Heureusement que Michel et Monique étaient là pour me pour me sauver. Euh, ils ont déjà mis le feu à
34:14 la maison, ils ont déjà fait plein de choses. Mais je me situerais en tant que prêtre. Vous savez, les prêtres sont rarement remerciés pour ce qu'ils font. À moins qu'ils en fassent plus que ce qui est demandé. Quand on se lève un beau mariage en blanc dans une église et cetera, les cloches sonnent, tout le monde s'en va, ils s'en vont boire un coup et faire le festin à la maison. Et puis le prêtre n'a jamais à merci. Par contre quand j'accueille des divorcés qui ont souffert et qui ont fait une bénédiction, des alliance, une célébration du pardon, alors là, j'ai une gratitude de la part des gens. Je connais des gens qui tous les ans viennent pour l'anniversaire de cette cérémonie apporter le repas pour toute la demeure. Et la gratitude, c'est ce qui vient en plus. C'est du gratuit, c'est
35:01 du gratis, c'est gracieux. Et c'est vrai que il y a beaucoup plus de reconnaissance parce que c'est quelque chose en plus que ce quoi il s'attendait. Et quand on a souffert aussi peut-être. Oui, bien sûr. Bien sûr. Ça creuse quand même. Bien sûr. L'intériorité, le cœur. Oui. Oui. Oui. Oui. Les gens sont aussi très exigeants. Ils veulent un sacrement quand ils veulent, comme ils veulent et où ils veulent. Et bien souvent, j'accaisse quand c'est possible, même à leur caprice. Devant la grâce de Dieu, je discuterai. Par contre, ça me permet d'avoir des exigences. Par exemple, comme la chapelle n'est pas grande et puis il au maximum chez moi 70 personnes quand il y a un mariage ou bien une
35:47 bénédiction, je demande à la maman, à la maîtresse de maison ou bien au mari, ben je dis vous voulez me présenter vos invités ? Est-ce que vous voulez les présenter au bon dieu dans une église ? Les gens qui sont là, d'abord on les considère pas comme des invités alors que moi je les considère comme des invités et puis elle est présente le papa, la maman, le papi, la mamie et cetera et puis les amis et puis ce qu'ils font et puis il y a un petit dialogue qui s'établit. H et puis je dis mais vous avez présenté tout le monde, vous avez oublié quelqu'un. Alors, il se regarde, il regarde tout autour de Non, n'oubliez personne. Puis il dit l'invité principal, alors c'est moi qui vous le présente, c'est Jésus le sauveur du monde. C'est plus qu'un président de la République, il est là, il est là
36:32 silencieusement. Est-ce que vous voulez qu'on fasse un instant de silence pour vénérer sa présence, sa présence en toi ? Et quand c'est un baptême, c'est à ce moment-là que je vais me mettre à genou devant le bébé pour lui donner le signe de la croix sur le front et inviter le papa et la maman. Et je crois que quand on fait un petit peu plus que les autres, on peut demander davantage et très vite ça permet d'insérer ce sacrement euh de le faire quitter un rythme pour aller dans le mystère du rit et puis le le remerciement et puis le comment mais vous avez oublié quelqu'un et je pense à ce qu'on dit à la messe c'est toi qui nous a rassemblé pour célébrer. Oui. On est ses invités. On est ses invités. Oui. Et c'est le mot l'autre. On est ses autres.
37:19 ou ça vous don les deux sens. Oui. Et je me mets à genou devant cet enfant au silence pour vénérer la présence. S'il y avait parmi vous quelqu'un qui ça ne convient pas, et bien je vénère la présence de Dieu en lui aussi. Et puis j'en arrive au prêtre. Le prêtre de par sa vocation est témoin de gratitude. L'eucharistie, ça veut dire remercier. Il est un remercieur public si j'ose dire. Quand on apprend par exemple aux enfants à dire merci à la fin du repas, je pense à cette vieille chaman indienne à qui une amie avait parlé de moi en disant "Le père Marie est très
38:05 malade, il ne peut jamais se mettre à table sans quitter la table avec des malaises." Et cette vieille femme Adienne avait dit "Mais est-ce qu'il aime sa nourriture ?" Alors Marie-André lui avait dit "Mais il faut faire comment pour aimer sa nourriture ? Et bien avant le repas, il faut imposer ses mains sur la nourriture et lui parler et lui dire qu'elle est bonne. Mais est-ce que c'est pas le geste que le prêtre fait sur le calis et sur le pain d'imposer les mains en demandant à l'esprit de venir habiter ? Oui. Il y a chez ces anciens une grande sagesse qui n'est pas Nous, on appelle ça le bénédicité. Et on apprend aux enfants à le faire mais on oublie de le faire nous-même. À l'eucharistie, à la messe on le fait. Et puis je pense à Jésus. qui parle de l'obole de la veuve. Jésus
38:53 s'émerveille, il est plein de gratitude pour cette petite pièce de monnaie que cette femme avait donné. Je pense aussi à mon enfance où on entendait monsieur le curé qui nous lisait d'abord en latin et puis traduisait en français les textes du pape quand il y avait une encyclique. Et j'étais très marqué par la signature. À l'époque quand le Saint-Père envoyait un message, il signait le serviteur des serviteurs de Dieu. Dans mon enfance, ça avait beaucoup beaucoup marqué. Et quand j'ai eu au début l'envie d'être prêtre, c'était pour être le serviteur des serviteurs de Dieu. Mais on est on est des serviteurs. Dites donc, c'est qui les
39:42 patrons des prêtres ? C'est qui l'employeur ? Qui est-ce qui les paye ? Les braves gens qui donnent du culte, qui donne des intentions de messe. Et c'est nous qui déciderions comment on doit faire. Mais c'est c'est une imposture. On doit être entièrement au service de ces gens qui nous permettent de vivre et de survivre. Même si les prêtres ne roulent pas sur l'or, loin de là, mais on est à leur service. Et un prêtre qui refuse un sacrement, je trouve ça inconcevable. Il décide pour les gens et pour Dieu du droit qu'à Dieu de donner son amour et sa grâce aux gens. Ça me fait une peine et mais la seule chose qui me console, c'est que tellement de gens viennent me voir pour
40:28 ne me demander de faire une petite exception. Mais l'exception, c'est ça la gratitude, c'est ça de de l'amour en plus, c'est tout remettre de toute façon entre ses mains et dire merci ensemble. Je je parlais de ça au téléphone à Jean-Pierre Boncierfin et puis il m' dit "André Marie, tu ne sais pas comment en provençal on appelle le prêtre Louritou, l'homme du rit. Mais c'est monstrueux ! L'homme du machin, le fonctionnaire d'église. Non, le prêtre doit doit vivre la gratitude et il faut que ça sorte de lui, de toutes ses paroles, de son cœur, de ses homélies." Quand je parlais du prêtre qu'on appelait en profal Louritou, mais c'est c'est un maquignon du bon dieu. Et c'est
41:14 comme ça que les gens du peuple appellent appeler le prêtre dans le temps. Alors, il faut que ça change. Il faut que ce soit un amoureux du bon Dieu. Il faut que ce soit un tout petit, un enfant serviteur de Dieu comme l'enfant au temple qui se sent appelé par Dieu pour la gratitude. Redevenir des enfants. Tout à fait. Tout à fait. Avoir un cœur d'enfant. À l'inverse, que que pensez-vous de l'ingratitude ? En l'absence de gratitude, on vit essentiellement dans l'oubli parce qu'il y a la gratitude, il y a l'indifférence et puis il y a l'ingratitude de l'autre côté. Et bien, j'allais dire sur le plan historique, sur le plan de l'histoire d'un pays, on devrait être plein de gratitude, ne serait-ce que pour tous
41:59 ces monuments au mort qu'on voit partout. Dans chaque village, il y a un monument au mort des gens qui ont donné leur vie pour qu'on soit libéré. Et c'est aux États-Unis dans sa déclaration en 1863 inaugurant les États-Unis le jour de je ne sais pas comment on prononce en anglais transvig le président Lincoln mettait ainsi en garde contre l'oubli pour greffer la mémoire du pays dans la gratitude. Nous avons été les bénéficiaires des plus magnifiques dons du ciel. Nous avons été maintenus dans la paix et la prospérité durant des années. Notre croissance aux populations, richesse et pouvoir dépasse ce que toute autre nation a jamais connu.
42:45 Mais nous avons oublié nous avons oublié Dieu qui était derrière tout cela. Nous avons oublié la main bienveillante qui nous a gardé dans la paix, multipliée, enrichi et fortifié. Et nous avons imaginé avec vanité dans la duplicité de nos cœurs que tous ces bienfaits étaient produits par quelque sagesse et vertus supérieure qui serait nôtre. Grisé par ce succès, nous sommes devenus trop autonomes pour éprouver le besoin de nous acquiter de cette dette. Et si on ne vit pas dans la gratitude, on vit dans l'absence de gratitude qui est une omission, une absence, une sorte
43:31 d'oubli. L'ingratitude est la présence d'un élément négatif. C'est comme une forme de punition que les gens se donnent à eux-mêmes. Les ingront mécontents, ça se voit sur leur visage. Quand une personne est ingrate, elle réagit avec hostilité. Elle a des ressentiments ou quelque manière de déprécier le bienfait du donateur. La gratitude, ça va à l'encontre de ce bonheur, de ce merci. Celui qui vit dans l'ingratitude, dans la fermeture ne peut avoir qu'un visage ingrat. Celui qui vit dans la gratitude, dans l'ouverture, a un visage gracieux. Essayez un peu de prononcer ce
44:16 mot gracieux. Ça devient un sourire. Hm, bien sûr. Et puis j'ai une une belle vilaine d'histoire à raconter. C'est papi et mamie qui reçoivent leurs petits enfants. Et puis mamie qui dit aux petits enfants, voilà, on va faire la prière, on va remercier Jésus à la fin du repas et puis les enfants, vous allez aller dormir mais chacun de votre chambre parce que vous n'allez pas chahuter comme hier soir. Papi et mamie sont âgés, ils ont besoin de se reposer. Alors, vous allez être gentil avec nous et puis vous allez faire votre toilette et vous allez vous coucher chacun de votre chambre. Mamie va venir vous dire bonsoir, va venir vous embrasser. Elle arrive dans la chambre de sa petite fille et lui dit "Bah ben qu'est-ce que c'est que ça ? Tu dors toute nu toi ?" Ah ben mamie, c'est le pyjama de l'an 2000. Ah bon ? Ah ben
45:03 voilà. Merci ma chérie. Tu vois, j'ai appris quelque chose. Elle va embrasser son petitfils. Bah quoi ? Toi aussi tu dors tout nu ? Bah oui mamie, c'est le pyjama de l'an 2000. Tu savais pas ? Ah si ta sœur m'a expliquait. Non non, ben voilà, nous on est vieux jeux. Et puis mamie s'en va dans la chambre trouver grand-père et elle se dit grand-père a dit que j'étais vieux jeu l'autre jour. Je lui ai montré que je suis pas vieux jeu. Je vais mettre le pyjama de l'an 2000. Et papi la regarde. Oh, dit merci mamie, tu as fait ça pour moi. Mais tu sais, excuse-moi, mais tu aurais pu le repasser. Dis donc, si on repassait nos vieux habits, toutes nos décrépitudes, tous nos mauvais souvenirs, on serait pas dans la gratitude. H et si on savait
45:48 repasser tout ça, le rendre plus, se rendre soi-même plus agréablement et surprendre les autres de bonté, de bienveillance, on va tous mettre le pyjama de l'an 2000. L'an 2000 et je crois que justement ça permet de la gratitude ouvre à la guérison. Oui, absolument. Absolument. Et ça, on le porte, on la porte sur son visage. Quelqu'un qui est dans la gratitude est souriant, il est accueillant, il est il est plein d'humour, il est plein d'amour et ça déborde. Si nos églises pouvaient être remplies de gratitude. Mon dieu, encore plus parce qu'il y a quand même bien des lieux où la gratitude transparaît et respire partout. Mais il en faudrait davantage encore. Des auditeurs radio vous écrivent, je sais, en vous offrant
46:34 des textes sur le thème que vous allez aborder. Alors, est-ce que vous avez reçu tout à l'heure ? Il y avait Oui, bien sûr. Oui. Est-ce que vous en avez eu d'autres ? Philippe qui me téléphone au moins une fois par semaine en me lisant des textes qu'il a écrit et l'autre jour, il m'a lu ça au téléphone à propos de la gratitude. Seigneur, Dieu de l'univers, je te rends grâce de m'avoir laissé vivre tel que je suis en homme libre avec mes faiblesses, mes richesses et le don d'aimer. Je sais que Philippe a de gros problèmes de santé. Toi le miséricordieux, oui, je te rends grâce pour ton amour inépuisable, infiniment patient qui nous conduit vers toi. Alors oui, ma gratitude est
47:22 inexprimable, telle la joie indiscible quand je prie pour ta gloire et l'humanité. Amen. Et amen. Voyez, ça sort de lui. Il a besoin de se dépasser lui-même et puis de dire merci à Dieu. Et très souvent, on m'envoie d'autres textes, il y en a d'autres. Mais comme on va certainement aborder ce sujet plus d'une fois, c'est large, c'est large. Oui. Oui. C'est une vie toute entière. J'ai eu une leçon extraordinaire à mon dernier séjour à Madagascar. Oui, parce que quand on voit des moments risquer leur vie, faire le trottoir pour sauver leur enfant, pour l'empêcher de mourir de femmes. Quand on voit tous ces gens qui sont en prison, tous ces papas en prison parce qu'ils ont volé de la nourriture pour leurs
48:07 enfants, quelle gratitude à la vie, le devoir du papa et de la maman qui passe avant tout. Et je vais retrouver ces gens-là. Et mon Dieu, la dernière fois, ils ont appris que j'arrivais. Il y en avait qui surveillaient par-dessus le mur et ils ont commencé quand j'approchais de de la prison, j'entendais ces 700 gars qui chantai Andrea Manicho. La bonne odeur de Dieu. Oh, c'est ça la gratitude. C'est cette bonne odeur de Dieu qu'on sent autour de nous et et qui sort de nous aussi sans qu'on s'en rende compte. Ouais. Mais là-bas, les pauvres savent dire merci et quel bonheur. Alors, quand on est à la messe chez le père Pedro et et quand tu as une messeucharistie qui veut dire remercier, il y a 8000 personnes, ils étaient 20000 pour le 20e anniversaire
48:53 20000 personnes qui chantent de toutes leurs forces et les plus pauvres du monde, ils donnent tout ça et je dirais aussi eux, ils n'ont que ça à donner. Alors, c'est encore beaucoup plus beau. On va écouter tout de suite Jean-Pierre Bonsirva. Les paroles doivent être de Jean de Brine. On s'est poser la question de savoir si le bon Dieu s'était pas trompé en faisant ses comptes parce qu'il y avait pas d'ordinateur à l'époque. Et puis il y a une petite erreur. Alors, le monde est à l'envers. Ce sont les blancs qui sont devenus noirs et les noirs qui sont devenus blancs. Les esclaves, c'est les blancs. Parce que bien sûr, on avait fait un bon dieu. Il il est blanc le bon dieu. Pourquoi il serait pas noir ? Alors Jean-Pierre chante justement lève-toi Seigneur et puis refais le monde hein. Lève-toi et puis réveille ton sang noir. Ce sont les pauvres et qui nous
49:41 gèrent. Et Dieu dit accusez levez-vous et pour une fois les accusés sont les blancs. On écoute Jean-Pierre Bonsirvin. Un vieux piano, c'est le titre. [Musique] [Applaudissements] [Musique] Un vieux piano de la Louisiane désaccordé comme un chagrin au doigt d'un mélomane jouait un vieill air de dédain c'était un blues à La peau
50:26 noire qui sortait de l'obscurité, des bas quartiers de la mémoire pour réclamer la liberté. Lève-toi Dieu et ce soir laisse chanter ton sang Noah. Lève-toi Dieu et ce soir laisse chanter ton sang noir. L'argent fait de nous des complices. Aujourd'hui, non dans salé. Il faut reprendre la justice que nos parents nous ont volé. Nous en avons besoin
51:11 d'urgence pour les pauvres et les affamés. Pour les pendus de non potence et pour les enfants blasphémés. Lève-toi, Dieu et ce soir laisse chanter ton sang noir. Lève-toi Dieu et ce soir laisse chanter ton sang [Musique] noir. Regardez monter le déluge, il va tous nous passer dessus.
51:59 Ce sont les pauvres qui nous jugent. L'acquitement ne se vend plus. Allez, tous les grands de la terre, procédons au lever des crous. Allez, passons à notre affaire. Dieu dit accusé. Levez-vous, lève-toi, Dieu et ce soir, laisse chanter ton sang noir. Lève-toi, Dieu et ce soir, laisse chanter ton sang. Lève-toi Dieu et ce soir laisse chanter ton sang
52:45 noir. Lève-toi Dieu et ce soir laisse chanter ton sang [Musique] noir. Alors père André Marie, quel est le point de départ du sentiment de gratitude envers Dieu ? Tout en moi est au service de ce que je suis. La vie, l'air que je respire, mon cerveau, tous ces organes que j'ai, tous ces membres que j'ai sont à mon service. Silencieusement, je n'éprouve leur présence que quand quelque chose fait mal. Alors que quand tout va bien, je ne
53:32 pense même pas à mon corps. De temps en temps, il se rappelle à mes mémoires quand le mal a dit, quand il se met à parler. Et cela se fait silencieusement. Et depuis quand ? Depuis le commencement. Donc j'ignore tout. J'ignore tout de mon commencement. Sinon, une date de naissance sur une carte d'identité. Je réfléchissais au mot identité. Ça veut dire identique. Il faut que on soit identique à l'image qu' a sur la photo. C'est moi qui doit m'appliquer à ressembler à la photo. C'est la carte d'identité. Et maintenant, on a plus le droit de sourire sur une photo d'identité. Ça compte pas, elle est refusée. Il faut avoir un visage neutre. On a plus le droit d'être dans la gratitude. Ça
54:19 révèle ce qu'est notre société indirectement. Mais ça révèle bien standardisé. Prendre conscience d'avoir tout reçu devrait noyer notre âme dans un sentiment d'admiration qui est proche de l'adoration. La vie s'émerveille en moi de vivre. Cette prise de conscience d'être dépasse l'instant présent avec une sensation qui s'éternise. Ne pas la vivre semble être une infidélité à la vie. Combien j'ai envie de plaindre ces éternels insatisfaits qui habitent l'ingratitude, qui vont parfois jusqu'à culpabiliser ceux-mêmes qui leur ont
55:04 fait du bien. C'est ça l'ingratitude. C'est vraiment une espèce de haine de la beauté, de la bonté. Cela prend au moment de l'adolescence une proportion étonnante. Connaissez-vous des mamans, des papas qui n'ont pas pleuré à cause de leurs enfants ? À cet âge là, ça n'est pas de l'ingratitude. Je pense qu'il faut passer par là. C'est c'est presque une norme de la vie. Mais quand même, ça nous prouve qu'il faudrait être entièrement ouvert à la gratitude. Mais cela prend des proportion bien plus étonnante et même scandaleuse. Quand on nie les bienfaits reçus au point de nier même l'existence du père. L'enfant prodigue qui demande à son père l'argent qui va lui revenir
55:50 comme héritage, ça veut dire c'est comme si tu étais mort. C'est ignob de ne pas reconnaître ce que fait son père. Mais n'est-ce pas l'attitude d'une partie de l'humanité vis-à-vis de Dieu son père ? et des chefs d'état et des hommes politiques et des députés français se permettent de nier Dieu en public et de refuser que le nom de notre père, celui en qui on devrait être entièrement dans la gratitude, soit même inscrit dans la Constitution européenne. Devant ça, j'invie dit pauvre gens, il y a pas de bonheur en vous, il y a pas de joie, il y a pas un peu d'exaltation, il y a rien qui qui s'éternise en vous. Et alors, on a traité ainsi Dieu le père, mais on a traité son fils Jésus. Il est venu chez
56:36 les siens et les siens ne l'ont pas reçu. Non seulement ils l'ont pas reçu, mais ils l'ont jugé, ils l'ont condamné, ils l'ont mis à mort. Et en remerciement de tout ça, il se donne à nous et en disant "Prenez et mangez-en tous, lui n'élimine personne et nous nous mettons des barrières, des limites et des frontières. On vit dans l'ingratitude vis-à-vis de ce don de Dieu. Dieu qui s'est donné, c'était l'épitre de de d'hier. Vous êtes les choisis de Dieu. Oui. Alors, on a été choisi par lui. Alors, on va lui dire ce soir, "Ben, nous, on te choisit à notre tour. On accepte ton choix. On accepte d'être aimé quand même." Et le point de départ de cette gratitude vis-à-vis de Dieu, ça ne s'impose jamais parce que Dieu ne
57:22 s'impose pas. Dieu est silencieux. C'est l'histoire de ce vieil imam dans un village du Maghreb qui s'extasia devant un puit, le seul puit de toute la région. Et un enfant s'approche. Qu'est-ce que tu regardes là ? Dit-il au vieil homme. Qu'est-ce qu'il y a là au fond du puit ? À l'intérieur répond le vieil imam, il y a Dieu caché. Dieu est caché dans ce puit. Mais tu es vieux, tu dis vague. C'est mal de cacher Dieu dans un puit. Dieu est à la mosquée. Alors le vieil imam lui demande de s'approcher du puit et de se pencher au-dessus de la margelle. Et le visage de l'enfant se reflète dans l'eau et il dit "Mais mais c'est moi !
58:10 Voilà, tu sais maintenant où Dieu est caché. Dieu est discret. Tu dois le chercher. Il n'y a que si tu le cherches que tu vas le trouver. Quand tu le trouves, alors ton cœur doit déborder de gratitude. Cette présence silencieuse de Dieu et c'est Jésus qui dit au début de la Bible, il nous a fait à son image et à sa ressemblance. Quand on se voit dans le fond du puit, c'est lui qu'on voit dans nos yeux. Et quand Dieu gagne, c'est toujours en silence. La gratitude, c'est Dieu qui donne, qui se donne à l'homme et il se donne à fond perdu. Il n'exige rien au retour, mais quelque part, il est tellement heureux
58:56 quand on le remercie. Dieu n'a rien à attendre de nous en retour. On est trop faible. On n'est pas assez beau pour sa beauté. Il ne fait que révéler ce qu'il est lui et la gratitude, ça devient un devoir. Jésus nous dit, "Soyez généreux comme votre Père céleste est généreux." La générosité, c'est la gratitude, c'est savoir dire merci et plus que merci. Pour que le monde devienne plus humain, la justice, l'équilibre ne suffit pas. Il faut absolument et à tout prix que l'homme il déverse un surcroix, un trop plein. C'est ça qui s'appelle la miséricorde et c'est la gratitude. Quelque chose en plus, mais c'est pas un dû. L'amour n'a que l'amour pour
59:42 convaincre. Alors, on donne et on pardonne et on abandonne. J'ai tout remis entre tes mains. C'est cette relation entre miséricorde et gratitude. Voilà. Oui, parce que si c'était un du, c'est plus de la grat, c'est une justice, c'est un équilibre. On rétablit l'équilibre. C'est à la cathédrale d'Amienia, euh on voit l'archange Michaël qui pèse les âmes. Alors, d'un côté de la balance, il y a un petit diable. C'est le mal qu'on a fait, de l'autre côté, il y a un petit ange. Mais ça penche de côté du petit diable. C'est trop lourd le mal qu'on a fait. Et on voit l'archange Michaell qui sort l'autre côté du fléo de la balance à pu avec son doigt pour augmenter le bien. C'est la miséricorde, la gratitude. Et est-ce qu'on a de la gratitude auprès des anges à qui à
1:00:28 chaque messie je demande pardon à la Vierge Marie, aux anges et à tous les saints et ces saints qui sont là autour de nous en permanence et les saints de tous les temps qui ne cessent d'intercéder en notre faveur. Est-ce qu'on leur dit merci ? C'est le moment particulièrement. Oui. Dans les monastères, on lit tous les matins, on lit le martyrologe, c'est-à-dire un résumé de la vie parce que sur le calendrier des PTT, il y a un saint, mais sur le calendrier de l'église, il y en a 6 7 8 10 12 tous les jours. Et alors, on résume un tout petit peu leur vie et tous les jours on prononce le nom du seint du jour. Voilà, nous sommes en plein ciel, en pleine lumière. On va écouter justement Jean-Claude Janada. Je cherchais tant cette lumière. Peut-être un petit mot à nous
1:01:13 dire sur Oui, cette lumière qui est en fait la gratitude de la présence. Tu étais là, chante Jean-Claude, ça je ne l'oublierai jamais. C'était bien toi. Reste avec moi. Demander à quelqu'un de rester un petit moment avec nous, ça veut dire c'est parce que je t'aime. C'est parce que j'ai besoin de toi. J'ai besoin de ta présence. Reste encore les disciples quand ils voient la transfiguration de Jésus. Faisons-y trois tantes. Reste avec nous. Merci père André Marie Jean-Claude, je cherchais tant cette lumière. [Musique]
1:02:14 Je cherchais tant cette lumière et puis j'ai entendu ta voix. Je cherche c'était plus beau qu'une prière. Tu étais là. C'était bien toi. Tu étais là. Te souviens-tu cette fontaine quand nous échangions nos secrets et même nos joies et nos peines ? Je ne l'oublierai jamais. Je cherche cette
1:03:00 lumière et puis j'ai entendu ta voix. C'était plus beau qu'une prière. Tu étais là, c'était bien toi. Tu étais là. Comment as-tu fait pour m'apprendre la fleur, le fruit, le vent d'été ? Comment as-tu fait pour comprendre ça ? Je ne l'oublierai jamais. Je cherche cette lumière et puis j'ai entendu ta voix.
1:03:48 C'était plus beau qu'une prière. Tu étais là. C'était bien toi. Tu étais [Musique] là. Revienne l'instant du passage de ce printemps de cet été. Et que raisonne ce message celui que l'on oublie jamais. Je cherche cette lumière et puis j'ai entendu ta voix. C'était plus beau qu'une prière.
1:04:34 [Musique] Tu étais là. C'était bien toi. Tu étais là. Il restera cette lumière, cette espérance sur mes pas. Au cœur même de ma prière, tu seras là. [Musique] Reste avec moi, tu seras là. Ne m'oublie [Musique]
1:05:20 pas. Croyez-vous, père André Marie, vraiment que les jeunes soient toujours des consommateurs inconscients et ingrats comme des fois on l'entend. J'ai pris des notes sur des papiers volants qu'il y avait chez moi et puis si je vois l'entête de ce papier. La cantine du petit bonhomme, maison de solidarité. C'est un petit monsieur qui a pas fait d'études, qui n'a pas de diplôme et cetera. Il a fait une cantine pour les pauvres et il appelle la cantine du petit bonhomme. Oh, c'est beau. Et il y a là quelque chose de merveilleux quand on va chez lui. Bien sûr, il a il a beaucoup de problèmes parce que quelquefois on lui en veut, on lui fait mais ça fait rien. Il continue son petit bonhomme de chemin. Voilà la l'amour hein plus fort que tout le reste. Voilà. Alors à propos de ces jeunes dont on dit souvent qui sont des consommateurs inconscients, j'ai quelque chose de très
1:06:06 beau à vous lire. C'est une petite jeune fille qui s'appelle Séverine et qui écrit "Je suis Séverine et je représente l'organisation des enfants en défense de l'environnement et je suis avec Vanessa, Morgane et Michel. Et nous sommes un groupe d'enfants canadiens de 12 à 13 ans essayant de faire des efforts et nous avons réuni tout l'argent pour venir par nous-mêmes faire cinq miles ici au Brésil afin de vous faire un discours à l'ONU sur l'environnement. En venant ici aujourd'hui, je n'ai pas besoin de déguiser mon objectif. Je me bats pour que mon futur existe. Perdre mon futur n'est pas pareil que pour vous perdre les
1:06:51 élections ou quelques points à la bourse. Je suis ici pour parler au nom de toutes les générations à venir. Et cette petite a 12 ans. Je suis ici pour parler au nom des enfants affamés de partout dans le monde et dont les cris ne sont pas entendus. Je suis ici pour parler au nom des innombrables animaux qui meurent parce qu'ils n'ont pas d'endroit où aller. J'ai peur d'aller au soleil dehors maintenant à cause du trou dans la couche d'ozone. J'ai peur de respirer l'air car je ne sais pas quelle substance chimique elle contient. J'ai peur dans ma vie de ne plus voir les grands troupeaux sauvages, les oiseaux, les
1:07:36 papillons. Mais aujourd'hui, je me demande si mes enfants pourront encore savoir ce que c'est. Je fais remarquer que cette année, j'ai vu un papillon. C'est vrai qu'on voit plus de papillon libellule. Et voilà, j'ai la chance d'avoir plein de libellules chez moi parce que j'ai des pièceaux. Alors tous les jours tous les jours il y a des bellules qui rentrent dans la vérandaage chez moi c'est un bonheur mais j'ai creusé des trous et je laissé la vase pour que lesbellus puisse venir se réfugier. Oui. Vous avez créé un terrain favorable ? J'ai créé Oui. Oui. Mais les papillons, c'est vrai que même vous là-bas Ah non non. Même à la campagne chez nous. Non non les papillons, il y en a presque plus. J'en ai vu un. Ouais. Vous prie occupez-vous, dit cette petite fille à ces grands messieurs de ces choses lorsque vous aviez mon âge. Toutes ces choses se passent devant nos yeux et pourtant vous continuez à
1:08:22 agir comme si vous aviez tout le temps souhaité et comme si vous aviez toutes les solutions. Je suis seulement une enfant. Je n'ai pas toutes les solutions, mais j'aimerais que vous réalisiez que vous non plus, vous ne savez pas comment réparer la couche d'ozone. Vous ne savez pas comment ramener les saumons dans les eaux polluées. Vous ne savez pas comment ramener à la vie les animaux désormais éteints. Et vous ne pouvez pas ramener les arbres dans les zones qui sont maintenant des déserts. Si vous ne savez pas comment réparer tout cela, s'il vous plaît, arrêtez la casse. Ici, il y a des délégués, des gouvernements, des businessman, des PDG,
1:09:10 des journalistes, des politiciens. Mais en réalité, vous êtes tous des pères et des mères, des frères et des sœurs, des oncles et des tantes. Et vous avez tous certainement des enfants. Je suis seulement une enfant. Pourtant, je sais que nous faisons tous partie d'une famille forte de ces milliards d'humains. Je ne suis qu'une enfant et pourtant je sais que le problème nous concerne tous et que nous devrions comme un seul monde aller tous vers le même but. Et bien, malgré ma colère d'enfant, je ne suis pas aveugle et malgré ma peur, je n'ai pas peur de changer le monde comme je le sens.
1:09:55 Dans mon pays, nous faisons tant de gaspillages achetant et jetant, rachetant et rejetant. Et pourtant, les pays du nord ne partagent pas, même quand nous avons plus que suffisamment. Nous avons peur de partager. Nous avons peur de perdre un petit peu de notre richesse. Au Canada, nous menons une vie privilégiée avec de la nourriture, de l'eau et un abri. Nous avons des montres, des vélos, des ordinateurs et des télés. Eux là-bas n'ont rien de tout cela. Sommes-nous seulement dans la gratitude ? Il y a deux jours ici au Brésil, nous avons été choqués en passant du temps avec les enfants qui habitent dans la rue. Voici ce que l'un de ces enfants nous a dit.
1:10:42 J'aimerais être riche et si je l'étais, je donnerai à tous ces enfants de la nourriture, des vêtements, des médicaments, un abri de l'amour et de l'affection. Voilà la gratitude des petits et des pauvres. Si un enfant de la rue qui n'a rien est partant pour partager, pourquoi nous qui avons tout sommes-nous si avard ? Je ne peux pas m'empêcher de penser qu'il est un enfant de mon âge et que ça fait une immense différence l'endroit où l'on est. Je pourrais être un de ces enfants vivant dans les favelas de Rio. Je pourrais être un enfant mourant de faim en Somalie ou victime de la guerre au Moyen-Orient ou en mendiant en Inde un
1:11:28 malade à Madagascar. Je suis seulement une enfant. Pourtant, je sais que si tout l'argent dépensé en guerre était utilisé pour trouver des réponses aux problèmes d'environnement, à en finir avec la pauvreté, quel endroit merveilleux serait notre terre ? Votre terre. À l'école, même au jardin d'enfant, on apprend comment se comporter dans le monde. Vous nous apprenez à ne pas nous battre entre nous, à travailler dur, à respecter les autres, à faire son lit, à ne pas blesser d'autres créatures, à partager sans avarice. Alors, pourquoi sortez-vous de cet enseignement et faites-vous les choses que vous nous dites de ne pas faire ?
1:12:14 J'ai envie de sourire en voyant la naïveté de cet enfant parce que mais que c'est beau, que c'est vrai. Oui, c'est étonnant hein, c'est vraiment cette sagesse et ça s'adresse au délégué de l'ONU sur l'environnement. N'oubliez pas pourquoi vous assistez à ces conférences et pour qui vous le faites. Nous sommes vos propres enfants. C'est vous qui décidez dans quel genre de monde nous allons grandir. Les parents doivent être capables de consoler leurs enfants en leur disant "Tout ira bien, ce n'est pas la fin du monde et nous faisons du mieux que nous pouvons." Je pense que vous pouvez encore nous dire cela, mais sommes-nous seulement dans la liste de vos priorités ? Mon père disait : "Tu es ce que tu
1:13:01 fais, pas ce que tu dis. Ce que vous faites me fait pleurer la nuit. Vous continuez à nous dire que vous nous aimez alors que je vous mets au défi. S'il vous plaît, faites que vos actions reflètent vos mots. Et le dernier mot, c'est la gratitude, c'est merci. Savoir dire merci même à ceux qui ne font pas bien pour les encourager à faire encore mieux. Oui. Et c'est donc Séverine discours du 6 juin 2008 à l'ONU sur l'environnement représenté de cette l'organisation des enfants défenses de l'environnement. Oui, il y a un an. C'est étonnant cette sagesse de cet enfant cette Je pense qu'ils ont fait cela en commun. Oui, bien sûr, ils ont réfléchi à ça. Mais ensemble, mais enfin et ils ont
1:13:48 payé même le voyage pour aller là-bas pour le dire. Maturité et conscience justement face. C'est un texte qui circule par internet. Donc il y a il y a aussi des bonnes choses qui circulent par internet. Merci. Merci mon Dieu. Merci à la vie. Merci pour toutes ces choses qui nous sont données. Enfin, j'aurais voulu vous demander si la gratitude était un un rêve ou une réalité. Alors je ne sais pas pour le mot de la fin peut-être. Mais pour un potier un potier rêve et puis la terre prend entre ses mains la forme de son rêve. Mais ça devrait toujours être comme ça. Ce dont on rêve, ceux enquels on croit, ceux dont on nos certitudes, ça se traduit par de l'amour, de la bonté et l'amour a toujours raison. Merci père André Marie. Merci beaucoup
1:14:36 et et vraiment toute notre gratitude de tous ces dons, bah de vous-même, de ce temps que vous nous donnez.