0:00 Bonjour, bienvenue sur Media Part. Il est inacceptable que Nicolas Sarkozy aille en prison alors qu'il a fait appel. Alors, je ne sais pas à qui il faut s'adresser pour ça. Peut-être que ça n'existe pas, mais c'est un scandale absolu si Nicolas Sarkozy met un pied à la prison de la santé dans ces conditions-là. Jean-Michel Apati, un des éditorialistes les plus connus de France, ne veut pas que Nicolas Sarkozy aille en prison. Une décision dit-il effrayante, aberrante, inquiétante et injuste. Condamné jeudi 25 septembre à 50 de prison ferme pour association de malfaiteurs dans l'affaire du financement libien de sa campagne, Nicolas Sarkozy avait donné le temps le jour du jugement dénonçant, je cite, la haine à son égard comprendre la haine des juges, la haine de la presse qui enquête. Et depuis une semaine, particulièrement sur les radios et sur les chaînes d'info, tout se passe comme
0:46 si de nombreux commentateurs, éditorialistes et journalistes lui donnaient raison. Depuis d'ailleurs, la juge qui a rendu la décision a été menacée de mort et sur les plateaux, les témoignages des rares journalistes qui ont assisté au procès ont été noyés dans un flot de commentaires, d'analyse, de mensonges, parfois de pur délire comme dans un monde parallèle. Il y a une semaine, Fabrice Harfi était ici pour raconter les 14 ans d'enquête de médiia part autour de cette affaire et aussi pour détailler le jugement. Il revient aujourd'hui pour débunker les erreurs et les absurdités que vous avez entendu. Il sera rejoint par Marine Babonau, journaliste au canard enchaîné qui elle aussi a suivi le procès. Nicolas Cassiaf, chercheur spécialiste des médias et UNES Abzo qui a enquêté avec David Pérotin pour Mediaapart sur la façon dont BFM TV a tenu très peu compte
1:32 des alertes de ces journalistes. Alors pourquoi tous ces médias ont-ils été aussi unanimes ? Est-ce par mes connaissances de la justice ? Parce qu'ils absorbent la comm de Nicolas Sarkozy. parce qu'il relativise la gravité des affaires de corruption. Est-ce une réaction de casque ? C'est une réaction de classe ? Nicolas Sarkozi, le naufrage médiatique. C'est à l'air libre l'émission en accélèbre de Média Part. À l'air libre, l'émission d'Axéd de Média Part. n'est possible que grâce à vos abonnements. Si vous le pouvez, abonnez-vous à Média Part et à d'autres médias indépendants, la presse indépendant plus que jamais nécessaire quand dans des moments comme celui-là pour vous informer. Fabrice, salut. Salut, merci d'être avec nous. Fabrice Arfi,
2:17 bien sûr coresponsable du pôle enquête de médiia partu avec Carl Lasquet, l'auteur des enquêtes sur le financement libien de Nicolas Sarkozi. Vous travaillez tous les deux depuis 14 ans sur ce dossier. Enquête qui a donné lieu à un film personne n'y comprend rien réalisé par Yannick Kgoat que vous pouvez voir et revoir en VOD sur Media Part. Fabrice, ça fait donc une semaine, longue semaine que Nicolas Sarkozi a été condamné pour association de malfaiteurs à 5 ans de prison, 100000 € d'amende, 5 ans d'inéligibilité avec exécution provisoire dans l'affaire du financement libien de sa campagne de 2007. qu'il sera fixé le 13 octobre sur sa date de détention parce qu'il ira en prison indépendamment de l'appel qu'il a déjà annoncé et des recours que feront ses avocats. Une peine qui donc depuis une semaine a été très abondamment commentée sur les médias grand public, les radios, les différentes chaînes d'info avec
3:04 beaucoup d'approximations, de raccourcis, d'erreurs factuelles et carrément des mensonges. Parfois concernant sa condamnation pour association de malfaiteurs, les 5 ans de prison ferme requis à se prononcé pardon à à son égard et concernant aussi bien sûr le travail de médiia part. Fabrice, tu n'as pas multiplié les interventions médiatiques ces derniers jours. Tu nous expliqueras d'ailleurs tout à l'heure pourquoi avec nos invités, mais d'abord ensemble, on va passer en revue les arguments qu'on a le plus entendu dans ce gros dans ce grand brouis. On va essayer ensemble de distinguer le vrai du faux. Peut-être l'affirmation qui est le plus revenue, on peut la résumer ainsi. Le dossier est vide. Nicolas Sarkozi a été condamné à 5 ans de prison car selon les juges, il ne pouvait pas ne pas savoir le projet, l'intention de ses collaborateurs Claude Guéant et Bris Ortefeu qui discutaient avec le numéro 2
3:50 du régime libyen d'un financement de la campagne de 2007. Exemple Jean-Michel Apati sur LCI. L'association de malfaiteurs repose sur cette idée que Nicolas Sarkozy ne pouvait pas ne pas savoir ce que faisaient les proches collaborateurs à lui. Et alors ne il ne pouvait pas ne pas savoir quoi. La justice est infoutue de le dire. Il ne pouvait pas ne pas savoir et allez vous faire voir. Voilà, la formule amuse hein. Euh ceux qui l'écoutent sur le plateau, Fabrice, qu'on peut que peut-on en dire ? Alors que c'est tout sauf drôle et qu'il faut manifestement le dire, le répéter et même le marteler. Nicolas Sarkozi, Claude Guéan, Brisortefeu ont été condamnés pour avoir négocié à l'automne 2005 avec un terroriste lui-même condamné définitivement par la France. C'est le numéro 2 du régime Kaddafi, tu
4:37 l'as dit, Abdallah Sinussi. Im corruptif à Tripoli dont le but était le financement illégal de la campagne euh de Nicolas Sarkozy en en 2007. Négocier un pacte, c'est pas une idée, c'est un acte. Ça s'est fait sur la fois de rendez-vous, deux rendez-vous. un premier en octobre 2005 à Tripoli, secrètement dans le dos de l'ambassade entre Claude Guéan et le terroriste recherché par la France Abdallah Sinoui. Puis un second rendez-vous en décembre 2005 entre Bris Ortefeu qui est soit-dit en passant ministre des collectivités territoriales françaises sous l'autorité de Nicolas Sarkozy avec le même terroriste dans les deux cas avec l'agent de corruption Zatekedin. Tout ça pour dire quoi ? que des réunions, c'est c'est pas une idée. Ce sont ce sont
5:22 évidemment des actes. D'ailleurs, l'association de malfaiteurs dans la définition du code pénal, c'est les actes préparatoires d'autres délits. C'est pas les idées préparatoires, c'est pas le projet intellectuel. Ce sont bien des actes en l'occurrence ici les délits qui sont visés, c'est la corruption et le financement illicite de campagne. Déjà rien que ça pour manifestement beaucoup de commentateurs, de commentatrices, d'éditorialistes, c'est pas grave. aller négocier avec un terroriste qui a euh tué plus de 100 qui a tué 170 personnes, c'est-à-dire plus que le nombre de victimes du Batacan, de l'argent noir pour un financement de campagne électorale. Déjà, c'est pas grave, mais ça va plus loin. Le tribunal a dit que la partie libyenne, le régime Kaddafi a honoré sa partie du pacte puisqu'ils ont effectivement versé 6,5
6:08 millions d'euros pour financer la campagne de Nicolas Sarkozi. Ça aussi c'est un acte et pas une idée. Et justement sur cette question du financement et bien la question est beaucoup revenue, le sujet est beaucoup revenu. Des éditorialistes, des commentateurs nous ont dit qu'il n'y a pas eu d'argent qui est venu dans la campagne, d'argent libien venu dans la campagne. Il n'y a donc pas de financement libyen. On va écouter par exemple le politologue Jérôme Jaffrey sur le plateau de Sédir sur France Télévision. Il s'est dit choqué, bouleversé peu un peu avant dans l'émission et il pense que la justice s'est payé un ancien président de la République. Le mot malfaiteur appliquait à un ancien président de la République. Est-ce qu'il y a une politisation de la justice ? Est-ce que la justice a rendu le verdict qu'elle aurait rendu pour quelqu'un d'autre ? À partir du moment où on n pas trouvé trace de cet argent
6:55 dans la campagne électorale de Nicolas Sarkozy, dans son patrimoine, dans son train de vie, on peut se dire est-ce que la justice n'a pas appliqué une sévérité parce que c'est la politique qui est en cause, c'est-à-dire la justice se paye la politique dans cette affaire. Autrement dit, il y a pas d'argent libien, il y a pas de financement, il y a rien. Donc une justice d'exception pour Nicolas SarkoZé. Oui, les commentateurs Jérôme Jffrey en tête peuvent évidemment penser ce qu'ils veulent. Le problème, c'est qu'ils adossent le raisonnement sur des faits qui sont parfaitement inexactes. Euh, d'abord le tribunal, vous l'avez compris, j'ai dit qu'il y avait un pactol liben, 6,5 millions d'euros qui ont été effectivement versés pour financer la campagne. Et bien, le tribunal l'écrit noir sur blanc. J'ai repris la citation qu'il y a dans le
7:40 jugement. Le pactol liben, je cite de points en vrai des guillemets a donné lieu à des retraits d'espèces importants dans une temporalité compatible avec la campagne électorale. Mais ça va encore plus loin. On a retrouvé des espèces illégales dans la campagne qui ont circulé au QG de campagne de Nicolas Sarkozy et au QG de de l'UMP. Le trésorier de la campagne Eric Wert a donné des explications que c'était des militants qui avaient envoyé anonymement par la poste ces ces grosses coupure. Le tribunal dit, je le cite, que les explications d'Eric Wert sont au vrai les guillemets dénuées de toute crédibilité et qu'il n'apporte aucun crédit à ce qu'a dit Eric Wert. Et pour autant euh Eric Wert comme Nicolas Sarkozy sont relaxés du délit de financement illicite de campagne, ceux sur quoi ça dose beaucoup de de
8:25 commentateur. Alors là, il faut un tout petit peu expliquer pourquoi le code pénal que le délit de financement illégal de campagne ne peut être commis que par une seule personne. C'est le candidat, en l'occurrence Nicolas Sarkozy. Le tribunal nous dit que il y a des espèces illégales qui ont circulé, que er trésorier aurait dû les déclarer et que ces explications sont complètement fantaisiste. Pour autant, le tribunal dit, "Nous n'avons pas de preuve que Nicolas Sarkozy savait pour la circulation des espèces, comme nous ne avons pas cet élément, nous devons relaxer Nicolas Sarkozi. Comme c'est l'auteur principal en droit français, on peut pas condamner le complice même s'il a commis le délit, si l'auteur principal n'est pas condamné." Donc la relaxe de Nicolas Sarkozy entraîne celle d'Eric Wert. Et puis pour en terminer, le
9:12 tribunal nous dit il ne ressort pas de manière indubitable de la procédure que les sommes retirées en espèce qui proviennent du pactol liben versé pour financer la campagne serait issu des fonds libiens. Et là et pour cause c'est on n pas d'empreinte d'Abdallah Senusi ou de Mohamar Kaddafi sur les billets. Pas plus qu'on a je crois de selfie de la valise qu'aurait remise Ziat Takedin à des proches de Nicolas Sarkozi. Troisème affirmation. Bah, c'est un peu toujours la même veine mais c'est une autre version. Il n'y a pas de preuve. L'argument, il a été repris sur de nombreuses antennes, parfois même dans le questionnement des journalistes, on verra un peu plus tard. Et c'est aussi celui des avocats de Nicolas Sarkozy qu'on a vraiment beaucoup vu sur les plateaux télé depuis une semaine ici par exemple sur BFM TV.
9:57 Le sujet devant le tribunal, c'est est-ce qu'il y a des preuves de ce que de ce que le tribunal avance ? Non, il y en a pas. C'est ça qui est très dur pour nous. Voilà, Fabrice, il y a pas de preuve. Oui, ben c'est très dur pour l'équipe de défense de Nicolas Sarkozy. C'est bien c'est bien normal, mais dans un dossier d'une telle magnitude, euh je crois pouvoir dire qu'on a rarement vu autant de preuves euh matérielles. D'abord les virements bancaires dont j'ai parlé, l'argent que le régime libyen a financé pour honorer le pacte corruptif, bah les virements ont été retrouvés. Ça c'est un élément matériel. C'est ce qu'on peut appeler une preuve. Il y a dans le dossier une preuve déterminante. Ce sont les fameux carnets de Schukriganem, un ancien dignitaire libien, premier ministre qui consignait les versements pour la campagne de Nicolas Sarkozy. C'est une preuve déterminante parce que c'est une preuve qui date de 2007 qui donc prouve que les accusations de financement ne viennent pas avec la
10:44 guerre de 2011 et puis ça prouve l'intentionnalité du régime pour financer la campagne. Ça aussi c'est un élément matériel. des retraits d'espèces dont j'ai parlé, ils sont consignés dans les banques. Ça, ce sont bien également des preuves, mais on a aussi toutes les archives des intermédiaires qu'on peut aussi appeler les agents de corruption. Il y a eu 52 perquisitions dans le dossier. On a retrouvé des documents au ministère de l'intérieur, à la présidence euh de la République. Donc on ne peut pas dire qu'il n'y a pas d'élément matériel dans ce dossier. Ce sur quoi essayent de jouer notamment les avocats de Nicolas Sarkozy et toute la coorte de de de leur soutien y compris médiatique, c'est de dire on est condamné sur la foi d'un faisceau d'indice. Et ça c'est important pour celles et ceux qui nous regardent. En droit pénal, le faisceau d'indice, il est grave, précis et concordant. On a l'impression qu'un indice, c'est un truc comme ça qui flotte, qui ne pèse pas
11:31 lourd, mais un élément matériel, c'est un indice. Et le faisceau grave, précis et concordant de ces indices, c'est ce qui forme la preuve. 4e affirmation. Bah, en fait, Nicolas Sarkozy n'a pas été condamné pour corruption. Il n'y a donc pas de pacte de corruption comme l'affirment les juges. Cet argument, on l'a entendu en fait dès le matin de sa condamnation, avant même l'annonce de sa peinte, de sa de sa peine, pardon. Par exemple ici sur le plateau de BFM TV dans le réquisitoire, on parlait quand même d'un décisionnaire, le véritable commanditaire, un pacte de corruption avec le dictateur Kaddafi. En fait, tout ça tombe, tout ça tombe, nous dit la présentatrice de BFM TV. Il y a pas de corruption dans ce dossier. Alors, il y a une subtilité qui est très importante d'un point de vue factuel et
12:16 juridique de de comprendre pour celles et ceux qui nous regardent. Le tribunal dit, il y a un pacte corruptif. Il est même niché au cœur de l'association de malfaiteurs puisque ça c'est ce qui a été négocié avec le terroriste Abdallah Senusi par les hommes de Nicolas Sarkozy notamment son directeur de cabinet dont je rappelle que Nicolas Sarkozy a dit à la barre du tribunal qu'un directeur de cabinet exécute tout ce que lui demande le ministre sur une question maline de la présidente du du tribunal mais ça va même plus loin. Le tribunal dit qu'il y a des contreparties à ce pacte corruptif. Elles sont de trois ordres. réaccompagner la Libye, l'ancien étatia dans le concert des nations. Euh ça pouvait coûter euh très cher et Nicolas et Mohamar Kaddefier était prêt à verser beaucoup pour ça vis-à-vis de la France qui est quand même le pays de la
13:01 déclaration des droits de l'homme. 2e contrepartie entérinée par le tribunal, promettre de regarder la situation pénale du terroriste condamné en France, ce qui a été fait et troisème contrepartie, vendre du nucléaire au dictateur Mohamar Kaddafi. Alors, pourquoi Nicolas Sarkozy a en défit de tout ça été relaxé pour corruption ? Parce qu'il a été relaxé. Il y a un raisonnement juridique très subtil du tribunal qui nous dit que Nicolas Sarkozy n'a pas négocié le pacte corruptif qui pourtant existe en tant que ministre de l'intérieur. Donc, il n'était pas dépositaire de l'autorité publique. Il l'a négocié en tant que candidat. Donc, il n'est pas dépositaire de l'autorité publique. Or, pour qu'il y ait corruption, il faut qu'il y ait déposition de l'autorité publique. Et le tribunal nous dit que cette déposition
13:48 ne commence qu'à partir du moment où il devient président. Et nous n'avons pas d'acte positif qui montrent qu'il a honoré le pacte qui pourtant existe depuis 2005. 5e affirmation, Fabrice, la justice s'est montrée particulièrement sévère parce qu'elle a appliqué à Nicolas Sarkozy la peine maximale prévu dans le cadre de l'association de malfaiteurs. Un argument entendu très tôt aussi le jeudi matin sur BFM et aussi dans la bouche de cet avocat, monsieur Grégoryi Lévi. C'est une aberration juridique dans le sens où le tribunal a écarté une majorité des qualifications pénales, n'en retient qu'une qui est quand même la plus faible et il choisit la peine maximale. Et il choisit la peine maximale. Donc il euh prend la peine encour au au maximum du quantum. Voilà, la peine maximale.
14:33 Oui. Alors, il faut que cet avocat qui à ma connaissance n'est pas venu assister aux audiences et n'avait pas de clients dans la salle retourne à ses charges d'étude puisque l'association de malfaiteur, la peine maximale c'est 10 ans. Nicolas Sarkozi a été condamné à 5 ans. 6e affirmation dans la tranche info, Marchal Truchotud sur BFM TV. La peine de prison est incompréhensible, nous dit le présentateur, car Nicolas Sarkozi, dit-il encore à un casier vierge. Pourquoi ce mandat de dépôt ? Parce que je je bon je regardais, c'est une affaire qui remonte à 18 ans. Pour l'instant Nicolas Sarkozi, même s'il est impliqué dans de nombreuses affaires à un casier judiciaire vierge, Fabrice, la justice aurait dû être plus clémente puisqu'il a un casier judiciaire vierge. Alors non, c'est beaucoup plus compliqué que ça. En réalité, Nicolas Sarkozy a un
15:19 casier judiciaire vierge au moment où il commet les faits pour lesquels il est condamné dans l'affaire libienne. En 2005, évidemment, il a fait appel, il est de nouveau présumé innocent. Mais Nicolas Sarkozy n'a plus de casier judiciaire vierge aujourd'hui puisqu'il a été définitivement condamné en droit interne français pour corruption dans l'affaire Bismut où là, il n'est pas le corrompu, il est le corrupteur puisqu'il a corrompu d'après la justice un magistrat de la de la Cour de cassation, l'affaire Bismut. elle est née de l'affaire de l'affaire des des financements libyens. Donc le mandat de dépôt, il n'est pas prononcé par rapport à son casier euh judiciaire qui serait vierge ou pas vierge. C'est pour deux raisons qui ont été je crois très bien expliquées par le tribunal. D'abord, la gravité exceptionnelle des faits que
16:06 manifestement peu de gens sur les plateaux télé ne veulent regarder. Gravité exceptionnelle, c'est une citation du tribunal. négocier un pacte corruptif pour un financement occulte de campagne électorale avec un terroriste. Mais il y a une deuxième raison, c'est l'attitude de Nicolas Sarkozy vis-à-vis de ses condamnations et surtout de sa condamnation définitive pour corruption ou au tribunal, il a quand même assisté au procès liben avec un bracelet au pied à cause de cette condamnation et il a continué un de la minoré de de mettre en cause l'institution judiciaire. C'est l'une des raisons de son mandat de dépôt et bien sûr Fabrice le travail de Média part a été mis en cause. Alors pourquoi pas hein qu'il soit questionné qu'on s'en explique c'est la vie et c'est même très sain. Le problème c'est que ça a souvent été avec des arguments
16:51 mensongers de mauvaise fois ou carrément dangereux avec en particulier cette focalisation sur une note libyen datant de 2006 que Média Part a publié en 2012 qui est une promesse de financement du régime de Kaddafi pour la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007. Une note dont la juge a estimé qu'elle était, je cite probablement un faux, une note dont certains journalistes ont dit qu'elle était à l'origine de l'affaire, donc Media Part était vraiment à l'origine de l'affaire. Olivier Truchotud, encore lui sur BFM. La note de de Moussaus sur le financement libien qui qui fait démarrer cette affaire qui est effectivement publiée en 2012 alors qu'on est pendant la campagne présidentielle. Fabrice, alors c'est doublement faux. D'abord les premières révélations de Média Part, c'est en 2011. La note Mousako est révélée en 2012 mais l'enquête judiciaire est ouverte en avril 2013
17:38 sans lien avec la note Moussa et sa et sa révélation d'un point de vue de calendrier. En réalité, ce sont des déclarations de l'agent de corruption Zatakedine à la télé, notamment sur le plateau de Laurent Ruquier On n'est pas couché qui ont accéléré l'ouverture de l'enquête par le parquet de Paris qui a ouvert une information judiciaire en avril 2013. Une note qui par ailleurs a donné lieu alors déjà à beaucoup de commentaires mais surtout à des accusations out trancières de je cite complot lancé par Nicolas Sarkozy répété par ses soutiens. Il a été dit clairement dans la décision que le document produit par Mediaapart était un faux. Ça pose donc une question grave ce soir, c'est-à-dire la collision frauduleuse et je je mon terme est volontaire qui existe entre certaines personnes dans l'autorité judiciaire et des médias qui
18:24 se croient tout permis. Médiat part a produit quand même la plus grande fake news des 15 dernières années. Je ne comprends pas que ces gens-là aujourd'hui ne soient pas devant le tribunal. Tout est partie du document de Maniaart. La persécution du Jussière a commencé là. Donc si quelqu'un Hm. devait être condamné. Ce sont les journalistes de médiia par et plenel. Mais j'en sais rien, je m'en fiche. Fabric de cette question de la note juste après, mais d'abord sur cette idée quand même une accusation très grave quoi. L'idée d'un complot de Media Partia Part qui vit sur des fake news et qui aussi vit dans un complot avec la justice contre Nicolas Sarkozi. Le seul complot qu'il y a dans cette affaire, c'est celui pour lequel Nicolas Sarkozy et ses soutiens ont été condamnés
19:10 puisque aller négocier avec un terroriste un pacte corruptif pour le financement illégal de la campagne en 2005 dans le dos de l'ambassade, c'est un complot contre la République mais c'est même un complot contre la loi. Et les complots, ça existe parfois même avec la justice. C'est vrai, c'est l'affaire Bismut. Je l'ai rappelé tout à l'heure. Nicolas Sarkozy a été condamné pour corruption pour avoir corrompu un haut magistrat. C'était une forme de conspiration contre euh la la justice. Donc s'il y a complot dans cette affaire, c'est pas du côté de Méia Part qu'il faut le chercher. Et sur le fond de cette note, donc euh on l'a dit et redit depuis une semaine, tu vas nous le redire. Non seulement elle n'est pas à l'origine de l'affaire, tu l'as dit, mais en plus la justice a déjà estimé que ce n'était pas un faux. Elle s elle s'est déjà prononcée. Oui, il y a un commentaire du tribunal euh dans le jugement avec cette expression très bizarre, probablement faux, qui va à l'encontre de l'autorité
19:57 de la chugée, puisqu'on l'a dit, on le redit et on le répétera. Méapart après 4 ans d'enquête poussé à gagner son procès face à Nicolas Sarkozy et à Brisortefeu la Cour de cassation en 2019, c'est-à-dire la plus haute juridiction de l'ordre judiciaire ayant dit que ce n'était ni un faux matériel ni un faux intellectuel. Mais il y a probablement, pour reprendre l'expression du tribunal, une erreur de date dans le dans le document au sujet d'une réunion qui a vraiment existé. C'est la fameuse réunion entre Brisortefeu et le terroristes Abdallassin aussi. On a déjà expliqué pourquoi il y avait probablement une erreur de date parce que dans énormément de documents libyens, il y avait des erreurs de date et l'administration libenne était rendue folle par une foucade du dictateur
20:43 Kaddafi qui avait imposé un calendrier révolutionnaire, une sorte de termidor liben qui était unique au monde. Aucun pays arabe en terme de calendrier musulman avait le même calendrier. Quand il fallait convertir dans le calend calendrier chrétien, il y avait souvent des erreurs. Évidemment, une erreur de date, ça n'a jamais fait. Mais pour conclure sur cette note, nous avons quand même une note qui évoque un financement qui a été retrouvé au sujet d'une réunion qui a existé avec des protagonistes qui ont tous été condamnés. C'est fort pour info quand même. Fabrice. Cette note, elle est l'exemple, elle est elle est par exemple l'objet de beaucoup de de suppitations. Par exemple, en ce moment, un article du point. Euh et c'est assez symptomatique. Dans ce long article du point, tu as dénoncé et ton billet de blog, il est il
21:29 est en ligne là sur Mediapart, pas moins de 19 erreurs factuelles sur cette note. Alors, on va pas tous les résumer ici, mais qu'est-ce que ça nous dit ? 20 erreurs factu 20 erreurs factuelles que le point refuse de de de corriger. En fait, l'article du point, c'est comme un condensé de tout ce qu'on est en train de de se dire. Et moi, ce qui m'a beaucoup surpris dans cette opération parce que c'est une opération opétation. Ah bah je enfin en tout cas le jugement est tombé le 25 septembre, c'était un jeudi en milieu de de de journée vers 13h. J'ai reçu le vendredi matin alors que nous n'avions pas encore les éléments du jugement précis. une liste d'une bonne dizaine de questions d'un journaliste du point le vendredi à 10h du matin qui dessinait une sorte de
22:16 récit très précis de ce qui allait être écrit. J'ai répondu exhaustivement, très longuement à toutes les questions qui étaient bourrées d'inexactitude. Aucune de nos réponses Aucune de nos réponses n'a n'a été prise en compte par le journal Le Point. C'est pourquoi nous avons répondu simplement que pour au moins les lectrices et les lecteurs du point voi à quel point ils sont désinformés dans cet article. Et vous pouvez donc lire ça sur Média Part, c'est en accès libre. Euh très rapidement Fabrice, cette semaine, il y a encore eu un peu de créatif, pas mal, beaucoup même de créativité sur les chaînes d'info. Euh par exemple avec cet argument ici développé par l'éditorialiste Christophe Barbier, Nicolas Sarkozy en fait n'a pas été jugé par le bon tribunal. Nicolas Sarkozi n'aurait pas dû comparaître devant un tribunal correctionnel pour cette affaire. C'est
23:01 vrai les faits qui lui sont reprochés, c'est d'avoir envoyé des collaborateurs peut-être en Libye pour négocier, peut-être un pact mais il était ministre de l'intérieur à ce moment-là. Il relève donc de la Cour de justice de la République. Il a raison. Et toc Fabrice. Alors ça c'est pas une idée de Christophe Barbier. En fait, c'est un argument de Nicolas Sarkozy. C'est un argument de défense de Nicolas Sarkozi qui a le droit de soulever tous les arguments de défense pour protester de son innocence. Il l'a soulevé plusieurs fois à l'instruction, il a perdu. Jusque devant le tribunal, il a perdu. Non, il ne relève pas d'une justice d'exception. C'est ça la Cour de justice de la République. C'est une justice d'exception dont manifestement monsieur Barbier rêve pour les hommes politiques. En l'occurrence là, les actes commis sont détachables de la fonction. Donc Nicolas Sarkozy ne relève pas de la CJR, contrairement à ce que dit avec beaucoup d'assurance Christophe
23:47 Barbier. On a enfin entendu beaucoup de voix ses mouvoirs que Nicolas Sarkozy soit envoyé en prison car comme il l'a dit lui-même, on connaît son adresse, il ne peut pas récidiver. Deux exemples médiatiques. Le premier c'est la chroniqueuse Isabelle Saporta sur RTL. Puis pour parfaire le tableau de l'humiliation faite davantage à la France dont il a été le magistrat suprême qu'alom. On prend un mandat de dépôt avec exécution provisoire. Autant dire qu'on cherche à le mettre en prison le plus tôt possible. Pourquoi ? Craignait-on qu'il ne s'enfuit ? Pour bien connaître le président Sarkozi, ça n'est pas tellement son genre de fuir un combat. On aurait donc pu lui éviter cette infamie. On aurait pu lui éviter cette infamie. Le deuxième, c'est cet échange où le président du Tribunal Judiciaire de Paris est invité de France interre. Alors, c'est très très rare. Il explique
24:33 que ce mandat de dépôt, c'est-à-dire que le fait que Nicolas Sarkozy va aller en prison prochainement, c'est plutôt habituel en fait et que cette question de la récidive, en l'occurrence n'a pas beaucoup de sens. C'est technique, oui, mais c'est important. Le journaliste Benjamin Duamel qui l'interroge, vous allez voir, est assez pressé par le temps, semble pressé par les temps et il écoute à peine cette réponse pourtant importante. J'ai l'impression que les uns et les autres découvrent la réalité de la justice de notre pays, mais tous les jours va aller en comparion immédiate. Les personnes sont incarcérées alors qu'elles peuvent faire appel, alors qu'elles sont dans le délit d'appel. Souvent parce qu'il présente un risque de trouble à l'ordre public, un risque de récidive, risque de la sécurité des français. Alors ça va être un peu technique mais ces critères sont les critères avant le jugement c'est le critère de l'article 144 après le
25:20 jugement on n'est pas dans la question de la réitération ou la question des risques de pression c'est la question de la gravité exceptionnelle des faits. C'est pas la même motivation quand on vient dire non mais c'est important la motivation d'un mandat de dépôt avant le jugement et après le jugement n'est pas le même en procédure pénale. Voilà on l'a perdu he Benjamin Duamel. Pourtant, c'est très important puisque c'est une explication technique juridique d'une question qui est très soulevée dans tous les médias. Bien sûr et c'est c'est normal qu'on qu'on discute de l'application du droit. Est-ce que c'est sévère, trop sévère, mandat dépôt ? Mais qu'est-ce que ça nous raconte ? Ça nous raconte une haine de l'égalité devant la loi d'un certain nombre de commentateurs et de commentatrices qui au lieu d'aller au tribunal regarder comment ça se passe pour tous les citoyens, je veux dire
26:05 quasiment 90 % des personnes condamnées à plus de 2 ans de prison ferme, il y a mandat de dépôt. Donc Nicolas Sarkozy est condamné comme n'importe quelle française et français avec 5 ans de prison ferme pour des faits d'une gravité exceptionnelle comme l'a bien expliqué le président du tribunal de Paris. Et pour moi, c'est ça que nous raconte cette séquence, c'est qu' il y a il y a des personnes qui ne supportent pas l'idée que des politiques puissent être traité quand ils mordent la ligne du code pénal comme n'importe qui. Pourtant la démocratie, il me semble que c'est cela le régime du n'importe qui. Fabrice, en effet, Nicolas Sarkozi, bah finalement c'est injusticiable comme les autres et c'est vrai qu'il y a des proches de Nicolas Sarkozi qui ont dit qu'en fait il était il devait être jugé différemment d'une certaine façon. C'est exactement ça. On est on est on est au
26:50 cœur d'une pathologie française qui se niche dans une maladie du commentariat médiatique qui plutôt que de regarder ce que nous racontent les affaires de corruption des atteintes à la probité dans notre pays, euh préfèrent faire la tortue romaine pour défendre la personne qui est quand même un délinquant au regard du droit français puisqu'il a été condamné définitivement dans l'affaire dans l'affaire bismut. Et ça, c'est vrai que c'est triste. Avant de recevoir nos invités, euh concernant ces attaques contre Mediapart, les codirectrices éditoriales de Mediaapart, Lénaï Bredou et Valentine Auberti ont répondu dans un texte en accès libre publié dimanche sur Mediapart intitulé jugement Sarkozi, la piteuse diversion contre Mediapart, c'est en accès libre. Elles écrivent depuis jeudi 25 septembre, l'ancien
27:35 président de la République multiplie les attaques contre Mediapart pour tenter de faire oublier sa condamnation qui est lourde. À 5 ans de prison ferme avec mandat de dépôts différés et aux motivations du tribunal évoquant une affaire d'une exceptionnelle gravité. Nicolas Sarkozi tente par tous les moyens de se faire de faire diversion et une partie de la classe politique et médiatique s'engouffre dans la brèche. L'attitude de Nicolas Sarkozi, sa violence habituelle et ses attaques incessantes contre la liberté de la presse et l'état de droit ont des conséquences alarmantes et elles poursuivent. Depuis jeudi, des magistrats sont menacés. Deux enquêtes ont même été ouvertes. Nos journalistes reçoivent des messages haineux. Ce climat infect doit cesser. La presse doit pouvoir travailler librement en toute indépendance et en toute sécurité. Donc je l'ai dit texte, on va retrouver en accès libre sur Media Part. Ce climat
28:22 infect doit se cesser, dis-elle. Elle parle aussi de messages géneux que nous avons reçu. Quand est-il, Fabrice ? Oui, on a reçu au journal, j'en ai reçu de manière personnelle sur des messageries personnelles des menaces de mort. Donc ce ce qui est en train de se dire sur l'hôtel du n'importe quoi n'est pas sans conséquence la présidente qui a jugé alors que c'est quand même une décision collégiale hein, sont trois magistrats qui ont jugé et menacé de mort des enquêtes ont été ouvertes et comme nous l'avons été également nos avocats sont en train de rédiger une plainte pour qu'effectivement tous la cesse. Voilà, merci Fabrice pour ce premier tour d'horizon. On va recevoir nos invités sur toute cette affaire. On vous incite vraiment à relire nos articles près de 200 depuis 14 ans. On est peut-être d'ailleurs à 200 maintenant. euh et de voir le film Personne n'y comprend rien réalisé par Yannick Kgoat
29:07 qui est disponible en VOD sur Mediapart. Tu restes avec moi, on accueille nos invités. [Musique] [Applaudissements] [Musique] Nos invités nous ont rejoint. Marine Babonau, bonjour. Vous êtes journaliste au Canar enchaîné, spécialiste de la justice. Vous faites partie des quelques journalistes, ils étaient moins d'une dizaine qui ont suivi le procès de Nicolas Sarkozi qui a duré plus de 3 mois, 38 audiences au total. Euh on peut citer à part euh vous Mediaapart bien sûr l'AFP les jours Marianne Libération, le Figaro, France interne et aucune chaîne d'infos, c'est notable et on en reparlera. Vous êtes aussi la présidente de l'association de la presse judiciaire. Elle regroupe de nombreux journalistes qui couvrent des procès, qui enquêtent cette association, elle ne manque pas bien sûr quand c'est nécessaire de pointer l'opacité de la justice. Ces manquements ou les
29:52 entraves, c'était un des derniers communiqués que l'institution fait au travail journalistique. Nicolas Cassiaf, bonjour. Bonjour. Vous êtes chercheur au SERAP CNRS de l'université Lille 2, cirecteur de la recherche à sciences pour l'île, spécialiste des médias, auteur de nombreux articles en particulier, pas seulement mais sur la façon dont les enquêtes de certains médias, bah comme Média Part enchaîné, sont reprises par les grandes radios ou les chaînes d'information. Unes Abzo salut journaliste à Médiia partis l'actualité des médias avec David Pérotin. Tu publies ce jeudi euh ce soir, c'est en ligne là pendant qu'on diffuse l'émission un article de sur la semaine de désinformation à laquelle on a assisté particulièrement à la télé sur les chaînes d'info et notamment sur BFM TV avec quelques infos à la clé dont on va parler tout à l'heure. Un mot peut-être tous les trois, on a entendu Fabrice à l'instant. Euh un mot rapide
30:39 peut-être pour pour commencer, on aura le temps vraiment de dépiller tout ça, mais quelques mots pour vous depuis une semaine. Euh comment vous vous qualifiez finalement cette cette ceouau ce cette avalanche de commentaires médiatiques sur ce jugement ? Marine Babunot, qu'est-ce qui vous a particulièrement frappé vous ? Alors, de manière très générale, c'est une semaine un peu folle mais elle n'est pas inhabituelle. On a on commence à avoir un peu l'habitude de ce genre de de réaction et ce qui m'a le plus frappé comme toujours, c'est qu'on n'a pas beaucoup entendu les journalistes judiciaires. Certains ont été un peu sur les plateaux notamment Laurent Valdiguier. On les entend pas beaucoup par rapport à à d'autres journalistes qui se qui ont peut-être d'autres domaines de spécialité mais voilà les journalistes judiciaires, on les a un petit peu moins
31:24 entendus. C'est dommage. C'est vous avez pas eu d'invitation par exemple ? Je parle pas de moi, on est 200 hein. Ouais, mais donc les 200 de l'association, ils ont pas été trop sollicités. Moins moins moins. Ouais, c'est intéressant. Nicolas Cassiaf, qu'est-ce qui vous a frappé vous pour spécialiste des médias ? Beaucoup de choses, hein, mais là c'est vraiment si on doit résumer euh à gros trait, c'est vraiment la mise à nu de façon vraiment chimiquement pure du mode de fonctionnement du système médiatique actuel et euh des liens euh nourris entre euh bah un certain nombre de de journalistes des positions dominantes dans ce dans cet espace. Et puis euh bah les acteurs politiques eux-mêmes eux-mêmes eux-mêmes dominants, le tout euh en étroite articulation avec des questions de propriété des médias et finalement de de mode de fonctionnement
32:11 de ce qu'on peut qualifier d'oligarchie en fait de de dans nos sociétés quoi. Voilà, donc là on est sur pour vous une semaine très éclairante sur le fonctionnement des médias et la façon dont il fonctionne justement dans ce système un peu oligarchique dont vous parlez. Ouais, mais il y a plein de niveaux de il y a il y a plein de de niveaux d'analistes. Je pense qu'on va y revenir. Il y a la question de qui sont les éditorialistes et où les journalistes politiques et souvent les éditorialistes sont des journalistes politiques par rapport justement à la question des journalistes police justice ou des chroniqueurs judiciaires, la question de leurs compétences aussi par rapport à la matière judiciaire, la question de la manière dont ils travaillent, euh la reprise des des éléments de langage. Il y a la question effectivement bah de ce qu'on peut appeler enfin on parle d'une justice de classe, c'est une forme on pourrait dire de de médiatisation de classe he dans dans cette défense
32:56 tout azimut de du du soldat Sarkozy injustement injustement condamné. Et puis un troisème niveau, c'est vraiment la spécificité de de Nicolas Sarkozi par rapport à d'autres d'autres acteurs politiques euh du point de vue des liens qu'il a su entretenir, qu'on était bien documenté euh avec bah à la fois des des journalistes euh au placés dans les dans les médias, dans les rédactions à qui on confie le le travail d'éditorialisation et puis avec effectivement ceux qui sont à la tête des des médias enfin qui sont propriétaires propriétaires des médias. Euh c'est un long travail euh mise en place dans les années 80-90 pour arriver voilà à ce à à cette capacité de d'entraîner avec lui
33:43 euh la quasi totalité des des personnes qui font l'éditorial dans l'audiovisuel. Euh Youes, pourquoi vous parlez dans votre article de désinformation ? Bah parce que nous ce qui nous a beaucoup marqué avec David parce qu'on a vraiment passé pas mal d'heures à à regarder la couverture de du procès SarkoZi Kaddafi et son et le jugement donc sur les chaînes d'info, ce qui nous a beaucoup marqué en fait c'est c'est le sentiment qu'au fond le l'affaire commence à l'instant où SarkoZi sort de de la salle d'audience et s'exprime de devant les devant les caméras comme si en fait bah les heures d'audience qui avaient précédé le jugement le les explications enfin le le le dossier judiciaire qui est assez complexe et et assez CP qui a largement été déplié, voilà, pendant pendant des mois d'audience n'existait pas. Et tout ce que les médias en avaient retenu, c'est les éléments de
34:29 langage que que Sarkozy déploie au moment où il sort de de cette salle d'audience et voilà où il explique être la victime d'un complot judiciaire quoi. Euh Fabrice, dans la lettre enquête de Media Part ce weekend, vous pouvez vous y abonner évidemment, elle est en accès libre. Enfin voilà, il suffit de s'abonner, vous l'avez qui est chaque semaine est écrite par Michael Hdenberg. Tu dis, je crois quelle que soit la décision, on savait que la justice aurait tort. Alors, tu es finalement, tu t'attendais moins enfin tu éta tu es plus surpris que Nicolas Cassf ou Marine. Peut-être tu disais mais ce à quoi on s'attendait pas, c'était de faire face à une telle adversité dans beaucoup de médias en débit en dépit d'une condamnation. Oui, enfin moi ce qui m'a vraiment surpris alors on on a des chiffres qui varient sur les personnes qui ont suivi le procès au jour le jour. tu l'as dit, on a oublié de citer le journal Le Monde
35:15 he qui était présent tous les jours. Pour moi, on était h journalistes à avoir suivi la totalité des 38 audiences qui ont formé ce qu'on appelle le procès SarkoZi. Et moi ce qui me marque par rapport à ce qu'on est en train de vivre, c'est pas simplement la dérive d'un commentariat qui a un avis surtout, mais surtout un avis sur lequel il n'a pas forcément un domaine de compétence. Ça n'est pas que la panique d'un d'une partie du monde politique qui se dit "Ah zut, on peut aller en prison comme n'importe qui". C'est aussi une sorte de faillite de l'information ou en tout cas tout cela ça peut prospérer sur le lit d'une immense ignorance journalistique qui précisément n'est pas celle de ceux et celles qui ont suivi euh le procès
36:01 parce que nous on peut dire ce qu'on a vu mais surtout on a vu ce qu'on a vu et donc on peut le raconter après on peut ne pas être d'accord sur l'interprétation de telle chose de tel fait ça c'est la liberté de la presse c'est la la liberté d'expression et c'est et c'est et c'est heureux et j'ai une anecdote à raconter très rapidement Pendant le procès Sarkozy Kaddafi, il y a eu un moment dans l'audience, tu dois t'en rappeler Marine, je pense c'était au bout d'un mois d'audience, la défense de Nicolas Sarkozy nous a dit "Vous allez voir ce que vous allez voir. On a récupéré un enregistrement qui va tout faire s'écrouler." D'ailleurs, ils ont demandé la fin du procès et il y a une audience qui qui s'ouvre. Ils font sortir l'information sur deux radios le matin. "Il y aurait un enregistrement miracle providentiel pour la défense de Nicolas Sarkozy." Bien, l'audience s'ouvre. Je m'installe toujours au même
36:46 endroit. J'étais d'ailleurs assis derrière Marine Babonau du Canar en Chiné et Stéphane Durant Soufflant du du Figaro. Et je vois s'asseoir à côté de moi un journaliste que je ne connaissais pas et que je n'avais jamais vu depuis plusieurs semaines. Al je dis "Ah bah c'est lui, tu travailles pour qui ?" Et voilà, il m'a dit qu'il travaillait pour le 20h d'une grande chaîne française du service public. Je dis "Bah pourquoi tu viens aujourd'hui ?" Il dit "Bah parce qu'on a entendu le sujet qu'il y a eu sur RTL et France Interre. Je crois que c'était les les deux radios qu'on ont parlé le matin et donc on vient assister au débat. Bon, les débats commencent. Euh Nicolas Sarkozy dit que c'est quand même un enregistrement incroyable. Alors soit dit en passant l'enregistrement c'est un enregistrement de piètre qualité entre quelqu'un qui pourrait être Nicolas Sarkozy, quelqu'un qui pourrait être Moamar Kaddafi. Admettons que ce soit Kaddafi et Sarkozi, en fait il parle de la place de l'Afrique au
37:33 sein de l'ONU. La belle affaire. On va pas dire ce que ça prouve dans un sens comme dans l'autre par rapport au procès. Le parquet dit que ça vaut rien. Il y a un procureur qui était un peu la star du PNF pendant l'audience du parquet national financier, pardon, parce qu'il avait une rhtorique et un humour assez grinçant parfois qui s'appelle Quentin Dando qui fait ce qu'on appelle des réquisitions pour dire que ça vaut rien. Puis finalement le tribunal dit "Bon bah ça vaut rien. En tout cas, on continue le procès comme prévu contrairement à ce que a demandé Nicolas Sarkozi". Donc on a une jolie audience où il s'est passé plein de trucs et à la fin de l'audience c'est l'hiver hein. Donc on remet nos manteaux avant de partir et je dis au confrère de la télé bon bah comme ça tu vas pouvoir faire un bon sujet pour ce soir. Et il me dit non ma chefie m'a dit comme ça n'a pas marché nous faisons rien. Comme l'opération Nicolas Sarkozy n'a pas marché nous faisons rien. Et là
38:19 moi j'ai été saisi d'une mélancolie infinie vis-à-vis de notre profession non pas de commentariat mais d'information. Euh Marine, cette anecdote vous l'a confirmé, j'imagine. Mais euh non, je ne savais pas que il nous avait non, il nous avait caché de traîner des jours et des jours ensemble en audience. Non, non, je savais pas. En revanche, je me souviens très bien de cet épisode incroyable où on nous a promis euh Mons et Merveille en nous disant "Mais ça n'est que le début parce que en fait il nous cette source miraculeuse va nous va vous donner plus d'enregistrements et on va pouvoir enfin prouver que tout ça est un complot contre Nicolas Sarkozi. On a on a jamais eu euh Ouais. Oui. Parce que c'est une source anonyme qui avait envoyé avec un mail proton.
39:05 J'ai plus j'ai plus de j'ai d'autres révélations à vous faire. Mais Fabrice qui dit aussi c'est ça, c'est qu'il y a ce décalage immense entre ce à quoi vous avez assisté pendant ces 38 audiences et la façon dont finalement si on regarde au niveau global euh ce ce jugement est commenté dans les médias. Évidemment, il y a des exceptions mais mais c'est c'est est-ce que vous vous aussi ce décalage il vous paraît extrêmement grand ? Euh Laurent Valdigu par exemple sur certains plateaux, il a dit "Mais en fait l'association de malfaiteurs, on l'a voyait au tribunal." Oui. Alors, ça c'est absolument vrai. C'est-à-dire qu'assez rapidement euh au procès, on a vu que certaines choses allaient être compliquées. Mais et c'est enfin c'est pas nous de notre chapeau, c'est en écoutant la présidente euh du tribunal le dire euh à plusieurs reprises, on sentait bien queil y avait certains euh
39:51 certaines choses qui allaient être compliquées à à démontrer ou pour le pour le pour la justice. Donc on rapidement l'association de malfaiteurs allait présenter un intérêt pour pour le le tribunal et en fait ils l'ont largement justifié sur 400 pages. Fabrice l'a déjà expliqué plein de fois. Donc oui, en fait ça n'était pas surprenant euh et comme toujours, c'est la machinerie de communication qui débarque après un un jugement euh que ce soit celle de Sarkozy ou d'autres personnalités politiques. Marine Le Pen euh a fait exactement la même chose quand elle a été condamnée, hein. que
40:36 c'est c'est toujours c'est toujours un peu cette même mécanique qui se met en place effectivement entre un procès où il se passe des choses au sein d'un avec des magistrats du siège, des magistrats du parquet, des avocats de la défense, des avocats de partie civile. Il y a débat, il y a des heures, il y a des heures de discussion, il y a des heures de témoignage, il y a des heures enfin et euh la fin euh le jugement qui peut surprendre mais il faut voilà, ça c'est toujours un peu pareil. Oui, c'estàd oui, il préemp un narratif en fait Nicolas Sarkozy à la sortie du tribunal quand il parle devant les médias. Oui, il sort et puis il dit tout ça est faux, c'est une machinerie, il y a plein de journalistes dehors, enfin dans tous les cas de de JRI, ils enregistrent, ça passe. Allez, hop. Et mais ça c'est son droit, pardon, mais
41:22 c'est son droit de Oui. Après la question des journalistes, qu'est-ce qu'ils ont ? C'est ça le problème, c'est que Nicolas Sarkozi, il se défend comme il veut. S'il a envie de dénoncer un complot, il fait ce qu'il veut puis après on verra. Mais le problème c'est qu'il devient une sorte de chef de coral qui écrit la partition d'une partie des télés, je suis désolé, dont aucune aucune n'a suivi l'intégralité des audiences. On a beaucoup de chaînes d'info en continu en France. On a des télés, on a France 2, on a TF1. Il y a pas une chaîne de télé qui a suivi l'intégralité des audiences. Il y a des journalistes judiciaires de télé qui sont venus à quelques audiences et qui ont la compétence notamment pour essayer de faire parade sur les plateaux par rapport aux délires qui sont parfois déroulés. Mais il y a pas une télé qui a assisté à ce procès historique. C'est vra il peut d'autant mieux faire valoir ses éléments d'engage et s'assurer qu'ils seront ensuite repris.
42:08 qu'effectivement si on prend les les JT des deux principales chaînes et donc c'est plusieurs millions de personnes euh et d'ailleurs vous évoquiez tout à l'heure le procès de Marine Le Pen, c'est vraiment totalement symétrique. C'est-à-dire que euh donc c'est des procès qui vont durer qui vont durer plusieurs mois et en gros on les voit à l'antenne à six reprises, cin ou six reprises la veille pour annoncer l'événement et ce jour-là ça fait ça fait la une. Donc ça indique que pour ces pour ces médias ça ça a une valeur journalistique. le premier jour mais où bah les arrivent les gens au tribunal quoi. Voilà. Donc donc d'un strict point de vue informationnel, il se dit pas grand-chose. Le jour du témoignage du principal prévenu, donc en l'occurrence soit Marine Le Pen, soit soit Nicolas Sarkozi. Et donc ce jour-là et bien on
42:53 va principalement donner la parole aux avocats de la défense puisqu'on ne peut pas rendre compte des images en direct du procès. Les plaidoiries du procureur euh non les réquisitions du procureur, les plédoiries de de la défense et après on attend quelques mois et puis arrive effectivement à la une le jugement et et donc donc toute la matière du procès elle n'a pas été évoquée et par ailleurs les gens ont le sentiment de découvrir quelque chose puisqu'on ne leur aura pas parlé dans les médias. tout le processus d'administration de la preuve, tous les éléments qui si ces procès durent plusieurs mois, c'est parce qu'il y a un travail judiciaire long, méticuleux, consistant effectivement à avancer prudemment, preuve par preuve, quotidiennement, des documents, des éléments, des preuves, des auditions, des perquisitions est invisible en fait. Et
43:40 donc finalement les éléments de langage avancés par Nicolas Sarkozi ont un peu bougé entre avant le jugement et pendant le jugement, mais on retrouve une ligne directrice euh commune tout au long de la période et euh et de la même façon l'opération dit sauvé sarco sur laquelle on reviendra peut-être consistant à instrumentaliser un certain nombre de médias pour faire valoir la nulité de l'instruction via la rétractation de de la fausse rétractation de Zakiedine bah elle aussi n'est pas n'est pas médiatisé et donc c'est invisible. Marine là, tu voulais rebondir et après on va voir Sarkozy justement. Juste une anecdote encore. Pendant tout le procès, il y a des personnes qui sont venues euh tous les jours au assister aux audiences, donc le public. Ça serait
44:25 marrant peut-être de leur demander à eux euh ce qu'ils ont pensé de la du du jugement parce que bah si vous avez leur contact, on fait une émission. Promis, ils sont venus. Ils sont venus, ouais. Plus que les journalistes et que beaucoup de journalistes en tout cas. Alors, on va déplier cette semaine et voir comment le ton général sur les télés, les chaînes d'infos, les radios était une mise en doute en fait de cette décision. À se demander si les rédactions et leurs directions n'ont pas absorbé la com de Nicolas Sarkozy et de ses avocats euh parce que jeudi dernier, évidemment, on s'en rappelle mais on va le regarder à nouveau. Le 25 septembre au tribunal de Paris, Nicolas Sarkozi avait donné le ton. Il avait parlé de la haine des juges et de la presse. Ce dont il parle, c'est d'une justice d'exception pour lui seul. Une condamnation sans preuve qui dit-il humilie la France. une cond une condamnation pardon fondée dit-il sur
45:11 une idée. Ce qui s'est passé aujourd'hui dans cette salle du tribunal correctionnel de Paris et d'une gravité extrême pour l'état de droit, pour la confiance qu'on peut avoir pour la justice. plus de 10 ans d'enquête, des millions d'euros dépensés pour trouver un financement libyen dont le tribunal correctionnel vient de dire qu'il n'a pas pu et pour cause être trouvé dans ma campagne. Pas de financement trouvé, pas de corruption.
45:58 Je suis donc condamné pour avoir prétendument laissé faire deux de mes collaborateurs qui auraient eu l'idée l'idée d'un financement illégal de ma campagne. La haine n'a donc décidément aucune limite. Cette injustice est un scandale. Ceux qui me haïsent à ce point pense m'humilier. Ce qu'ils ont humilié aujourd'hui, c'est la France. C'est l'image de la France. Et c'est évidemment ce qu'on martelait
46:43 ses avocats omniprésents depuis une semaine dans les médias. Ici, c'est Christophe Ingrain dans le 20h de France 2, le soir de la condamnation face à Léa Salamé. Le dossier tel qu'il est ressorti des 14 semaines d'audience était en charpi il y a des il y avait plus de contrepartiese, il y avait plus de pacte de corruption. Tout ça avait disparu. Et d'ailleurs aujourd'hui dans le jugement, il a été relaxé des comme vous le disiez tout à l'heure, des faits de corruption, des faits de financement, des faits mais pas d'association de malfaiteurs. C'est une voiture balais. C'est une voiture balaise. Pour la présidente de la tribunale du tribunal, c'est extrêmement grave. C'est des faits d'une exceptionnelle gravité. Mais tout ça repose sur des suppositions. Il y a rien dans le dossier qui vient étayer ça. Alors évidemment, les médias d'extrême droite habitués à critiquer les juges n'ont pas manqué d'embrayer. Justice arbitraire qui condamne un ancien
47:30 président sur du vent tremblé. La justice condamne qui elle veut, quand elle veut, comme elle veut et il n'est pas nécessaire d'apporter des preuves. Ne sous-estimez pas ce message qu'envoie les magistrats et qui va bien au-delà du cas Nicolas Sarkozi. Tremblez mesdames messieurs, personne n'est à l'abri. On attend des preuves quand la justice condamne. Sans quoi le soupçon de l'arbitraire plane sur un jugement depuis hier 13h, ce n'est plus un soupçon, c'est un sentiment qu'il fallait condamner Nicolas Sarkozi, quoi qu'il arrive. Ça c'était ces news donc et c'est aussi le cas sur France, la République des juges. Un argument repris par l'académicien Jean-Marie Roire, invité lui qui développe cette thèse depuis longtemps juge est néfaste pour la pour la démocratie.
48:16 et en particulier l'affaire de Nicolas Sarkozy qui est comme l'a dit Henry Geno, c'est un coup d'état judici judiciaire contre la séparation des pouvoirs. Binter avait supprimé justement cette association de malfaiteur parce que elle est h Nous nous allons sortir d'ici, on va prendre un verre, on on appelle ça un chef d'inculpation chewinggum parce que finalement c'est fourtons peut tout. L'association de malfaiteurs, un chef d'inculpation Schwinggom selon la journaliste de France info, c'est aussi la thèse de nombreux éditorialistes dont l'argumentaire est plus ou moins subtil dans l'air sur France 5. Nathalie Saintcric a du mal à voir ce terme appliqué à un ancien président et vous allez le voir, Laurent Valdigui de Marianne qui lui a suivi le procès lui
49:03 répond "On passe pour une enfin on passe pour des d'une République semi-bananière. Et au lieu de se féliciter quand même que la démocratie permette que soit jugé quelqu'un, il simplement regarder le malfaiteur. Et j'ajoute pour finir que le terme association de malfaiteur est tellement puissant dans l'imaginaire que le mot malfaiteur, on voit quelqu'un qui tire sur des les Américains, ils ont quand même un avion qui a sauté à Locerby avec les les bombes libiennes. On éis aux gens que tout ça c'est parce qu'ils soient allés chercher de l'argent chez Kaddafi. Les Américains ont fait la guerre à Kaddafi. Non mais je suis pas en train de effectivement c'est une grande de choc. D'autres comme Christophe Barbier s'enflamment. Peut-on critiquer une décision de justice ? Oui, car la justice crée parfois des injustices, dit-il en convoquant notamment l'affaire de réfus du nom de ce militaire juif
49:49 envoyé au B pour trahison en 1894. Bien sûr, on peut. Sinon, Voltaire n'aurait pas pu parler de l'affaire Calas. Zola n'aura pas n'aurait pas pu prendre la défense du capitaine Drefus. Et sur LCI, Jean-Michel Apati le martel, il n'y a pas d'élément matériel. La condamnation est donc inexplicable. Les juges ne peuvent pas dire "Nous n'avons rien, aucun élément matériel et nous condamnons". Alors pourquoi ils le font ? La présidente du tribunal ne va pas s'expliquer. Donc c'est une question qui n'aura aucune réponse. Pour Patrick Cohen sur France Interne, le raisonnement est un peu différent. Il ne dit pas qu'il y a rien. Il dit que ce n'est pas clair. Je comprends parfaitement ceux qui ne comprennent pas. L'association de malfaiteurs couramment utilisée contre les voyou, jamais encore contre les politiques condamne l'intention, le
50:36 projet, peu importe sa réalisation effective. En d'autres termes, moins juridique. C'est la magouille qui est sanctionnée, compte tenu de l'énormité de l'accusation, de la qualité du principal condamné, de la radicalité du jugement, de la déflagration politique qui en résulte, il lui fallu une démonstration éclatante. Hélas, elle ne l'est pas. Alors, la ligne de défense de Nicolas Sarkozi aurait-elle imprégné l'ensemble du PAF ? La question se pose très claire. Ma tiient un autre exemple, un dernier ce weekend dans le JDD, quotidien d'extrême droite du groupe Bolloré journal du dimanche, l'ancien président de la République a donné un grand entretien. Il Martel, son innocence dit à nouveau que l'accusation s'est effondrée, à nouveau qu'un traitement spécial lui a été réservé, à nouveau qu'il se battra. Mais il dit aussi l'officier de police judiciaire en charge de l'enquête sous le contrôle du
51:22 parquet national financier likait les publications de médiappart sur les réseaux sociaux. Chacune de mes convocations judiciaires été annoncées par Mediaapart avant même que je sois dans le bureau des enquêteurs ou des magistrats dans beaucoup de pays. On se choquerait pour moins que cela. Fabrice, le lendemain soir, tu es sur BFM TV. Le journaliste Marc Fauvel reprend dans sa question cette hypothèse dire. sans doute lu comme nous dans l'interview au JDD dit euh l'officier de policier de police judiciaire qui enquêtait sur moi likait les articles de Média part et par ailleurs à chaque fois qu'il y avait une audition chez un magistratenais quasiment en lisant médiia part est-ce qu'il y a pour répondre aux accusations qu'il a lancé contre vous un complot la justice ou la police et médiapart pour le faire tomber
52:07 et à la fin de l'entretien Fabrice tu ne caches pas ton agacement et voilà comment ça va se terminer sérieusement on en est là dans le débat débat public en France. Merci beaucoupfit d'être venu défendre ce point de vue ce soir sur ce plateau. Vous avez rappelé, j'en ai rappelé d'autres. Je défends les aussi. J'essaie aussi, je vous assure. J'essaie aussi. Merci beaucoup. Fabrice, si on suit Marc Fauvel, il y a d'autres faits que les faits. Oui, ce qu'on appelle les faits alternatifs, je crois. Euh non mais c'est si dérange, je veux dire Nicolas Sarkozy parle d'un officier police judiciaire sous l'autorité du du PNF, du parquet national financier. Il était d'ailleurs la police n'était pas sous l'autorité du PNF dans cette enquête puisquelle était sous l'autorité des juges d'instruction qui n'appartiennent pas au parquet national financier. Cette petite erreur étant corrigée, un policier aurait des articles de médiia
52:55 part qui, quand, quoi, quel article ou à quel moment on a rien. On a du sable et à partir du sable, c'est ça qui me sidère et me rend en effet je je bouillonnais de colère sur le le plateau de de BFM TV. Ça devient une question à l'indicatif pour sérieusement me demander nous demander si nous faisons partie d'un complot. Le mot est utilisé par le journaliste reprenant les propos de Nicolas Sarkozy, de la presse, de la justice et de la police pour renverser l'ancien président de de la République. Là, moi j'ai l'impression d'être je sais pas j'ai j'ai j'ai j'ai des enfants adolescents qui on regardé la série Stranger Things. Dans la série Stranger Sings, il y a un monde normal, le nôtre, et puis il y a un monde renversé où il y a les monstres. Et ben là, j'ai l'impression d'être dans le monde
53:40 renversé avec les monstres de l'information. Marine Babonau, on a vu voilà différents arguments et degrés aussi de d'indignation de de de mensonge. Il a aussi des commentaires sur le sur la sur la décision mais quand même très imprégné du fait que il y a une forme d'illégitimité dans cette décision judiciaire. Alors oui et alors c'est ce que je disais ces espèces de ritournel, c'est toujours la même chose. C'est-à-dire que on vient dire que il n'y a pas de preuve. Alors ça c'est répété jusqu'à plus soif. Je ne sais pas qui alors c'est peut-être du côté des juristes de Nicolas Sarkozy a a dit à tout le monde de bien d'utiliser le terme voiture balée pour l'infraction. Vous l'avez retrouvé dans plusieurs commentaires partout enfin partout partout. Et je
54:27 suis ravie d'ailleurs de de voir qu'ils ont enfin enfin saisi la mesure de cette infraction qui est effectivement critiquée par des avocats pénaliste depuis des années pour dire que elle a elle a elle a parfois des des conséquences injustes ou en tous les cas qu'on peut légitimement euh contester. Ouais. C'est ce que rappelle notamment l'association des avocats pénalistes. He Raphaël Kemp qui rappelle son histoire d'abord, l'association de malfaiteurs à la fin du 19e siècle pour finalement réprimer les anarchistes qui brassent très large. Voilà. Exactement. Et alors je je est-ce que on est allé voir ils sont allés voir les réactions des journalistes étrangers parce que justement c'est assez marrant de voir que les journalistes étrangers ils ont pas du tout la même réaction que que
55:15 nous les journalistes français. C'est-à-dire, ils disent Nicolas Sarkozi est condamné, c'est un c'est un fait grave et ils le remettent pas forcément en cause. On a le droit de commenter une décision de justice mais nous c'est pas c'est pas ce qu'on fait et en France on essaie de débanquer tout de suite le travail des juges. Enfin bon bref, c'est c'est toujours la même chose. Non, dans ce qu'on vient de voir, moi il y a quelque chose que je trouve intéressant dans l'éditau de Patrick Cohen. Il y a deux points. Il dit c'est pas compréhensible le le jugement. Je trouve que ça pose une question à la justice qui est intéressante. Il le dit d'ailleurs à la son il dit
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