Téléphone, anxiété, lâcheté et tête vide

Ralph Müller www.youtube.com

Bref Résumé

Dans cette vidéo, Ralph Müller explore l'importance des idées et des émotions dans notre vie mentale, soulignant l'impact négatif des distractions modernes. Il insiste sur la nécessité d'être présent à soi-même pour permettre l'émergence d'idées significatives. De plus, il aborde l'importance de l'expérience vécue et le lien entre sentiments et pensées. Enfin, il parle de son nouveau livre et de la nécessité d'une réflexion profonde sur la façon dont notre rapport à la réalité influence notre bien-être.

  • L'importance de saisir les idées qui émergent de nos émotions.
  • Les distractions modernes, notamment téléphones et musique, nuisent à la qualité de notre vie intérieure.

L'importance des idées et des émotions

Ralph Müller exprime comment souvent, nous laissons passer des idées importantes en raison de notre paresse à les capturer. En partageant son expérience dans le bus, il décrit comment il a choisi de consulter son téléphone au lieu d'explorer ses émotions, laissant ainsi derrière lui une opportunité d'exploration personnelle. Il souligne que cette dépendance au téléphone crée une anxiété qui limite notre capacité à vivre pleinement nos pensées.

La distraction moderne

Müller explore comment les réseaux sociaux et les téléphones rendent les gens nerveux, les empêchant d'accueillir des moments de contemplation. Il insiste sur le fait qu'il faut du courage pour affronter nos émotions et nos pensées, plutôt que de les fuir. Il explique que les idées ne sont pas simplement des données à mémoriser, mais des concepts affectifs qui nécessitent un engagement émotionnel pour se développer.

Le partenariat avec les éditions Carmin

Ralph annonce un partenariat avec les éditions Carmin, un éditeur qui propose des traductions inédites d'essais majeurs. Il partage son enthousiasme pour des ouvrages comme "Orthodoxie" de Chesterton et "L'homme du Ressentiment" de Scheler. Il encourage les passionnés de philosophie et d'économie à explorer leur catalogue.

Saisir les idées

Il évoque l'idée que chaque pensée est précieuse et qu'il est essentiel d'être disponible pour les saisir. La disponibilité est mise en péril par nos habitudes de distraction, notamment l'écoute de musique et l'utilisation excessive du téléphone. Cette disponibilité est nécessaire pour permettre aux idées d'émerger et d'être cultivées.

La nécessité de l'expérience

Müller discute de la valeur des expériences vécues dans le développement de nos idées. Selon lui, les émotions sont fondamentales pour nourrir la créativité, et nous devons accepter les émotions, qu'elles soient positives ou négatives. En s'attachant à l'importance de l'expérience directe, il critique le caractère passif de la consommation de contenu sur les téléphones.

La théorie de Hume

En se référant à la théorie empiriste de Hume, il souligne que notre vie mentale repose sur nos impressions sensorielles. Les idées viennent de nos expériences et de nos sensations, rendant ainsi vital le contact direct avec le monde. Il explique que les impressions sont beaucoup plus puissantes que les idées, car elles proviennent du contact réel avec notre environnement.

La mémoire involontaire

Müller utilise l'exemple de Proust et de la madeleine pour illustrer comment nos souvenirs sont souvent déclenchés par des sensations. Il insiste sur l'importance des expériences pour retrouver notre passé et notre profondeur émotionnelle. Selon lui, être présent à notre environnement contribue à la richesse de notre vie intérieure.

Conclusion et annonce personnelle

Pour conclure, Ralph annonce la publication de son premier livre, intitulé "Au seuil du sens", qui explore divers aspects de l'expérience humaine. Il invite ses spectateurs à s'inscrire à sa newsletter et à rejoindre sa chaîne pour des contenus exclusifs. Il souligne l'importance de rester connecté à soi-même et d'explorer notre monde pour découvrir des idées enrichissantes.

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Transcription

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0:00 Tous les jours, rendez-vous compte de la quantité d'idées, de pensées potentiellement importantes à côté desquelles on passe parce qu'on a été trop lâche pour les prendre. L'autre jour, j'étais dans le bus et j'ai commencé à ressentir une émotion forte et à sentir des idées qui émergeaient de cette émotion. Et qu'est-ce que j'ai ? J'ai pris mon téléphone, j'ai traîné sur les réseaux, j'ai regardé des conneries et quand je suis arrivé à destination, j'étais frustré parce que je savais que je venais de passer à côté de moi-même. Vous aurez remarqué qu'on prend compulsivement notre téléphone pour contenir une nervosité qui est souvent créée par le téléphone lui-même. Le téléphone, et plus précisément les réseaux, par la nature même de leur fonctionnement, rendent nerveux et nous

0:46 mettent dans un état d'attente continue qui nous empêche d'accueillir une bonne partie de notre vie mentale. ? Notamment parce que l'anxiété rend lâche et qu'il faut du courage pour vivre ses émotions et ses pensées, pour se vivre soi-même, en fait, parce que faire face à ses pensées, c'est se confronter à nos peurs, à nos devoirs, à la réalité, à notre réalité. J'ai dit avant que j'avais senti des idées. Et justement, les idées, c'est pas seulement des choses qu'on a, c'est des choses qu'on sent. Les idées, on y pense pas souvent, mais elles sont affectives. Et donc, avoir des idées suppose qu'on soit en mesure de soutenir leur charge affective. Les idées, c'est pas des datas qu'on stocke comme un ordinateur, elles naissent de la vie et pour se

1:32 développer, elles demandent de la vie. Et tout ça, c'est le sujet de cette vidéo. Avant d'entrer dans le vif du sujet, même si on est en fait en plein dans le sujet puisqu'il est question d'idées, j'aimerais vous parler des éditions Carmin. C'est la première fois que j'accepte un partenariat, c'est vraiment pas trop mon truc en temps normal, mais ici c'est différent et je le fais de bon cœur et avec conviction parce qu'il s'agit pas d'un VPN mais d'un éditeur et d'un éditeur précieux. Ce qui rend les éditions Carmin uniques, c'est qu'ils proposent des traductions inédites, d'essais majeurs qui n'avaient pas été traduits en français ou qui sont devenus très difficiles à trouver. Pour ma part, j'ai lu Orthodoxie de Chesterton euh dont je parlerai sans doute dans une prochaine vidéo et surtout surtout

2:20 L'homme du Ressentiment, hein, le chef-d'œuvre de Max Scheler. C'est un livre absolument génial sur les ressorts du du ressentiment et c'est vraiment un de mes plus gros coups de cœur en philosophie toutes époques confondues. Dans leur catalogue, on trouve encore des auteurs très importants comme Roger Scruton, Thomas Sowell ou encore Théodore Dalrymple et ils viennent de publier La Voie Héroïque d'Ernest Becker dont ils vont bientôt sortir Le Déni de la Mort qui a gagné le prix Pulitzer de l'essai en 1974. Donc voilà, si vous aimez la philosophie, la psychologie, l'économie, la critique culturelle ou encore l'histoire des idées, allez sur leur site et explorez leur catalogue, vous trouverez le lien en description. Merci aux éditions Carmin de sponsoriser cette vidéo et bravo à eux pour leur

3:05 travail. Ils font vraiment un gros travail et il faut soutenir ce genre de projet qui œuvre pour la culture et pour l'esprit. Et pour ma part, j'ai sorti mon premier livre, je vous en reparle en fin de vidéo. J'ai eu envie de faire cette vidéo parce que c'est un sujet dont j'ai pas mal parlé sur mon compte Instagram cet été, j'ai fait plusieurs reels sur la question et en réfléchissant à ça, cet été, j'ai vraiment réalisé à quel point le fait d'avoir une idée, c'est un petit miracle. Ça paraît anodin mais c'est génial d'avoir une idée. Et ce qui rend ces moments si précieux, c'est qu'ils nous échappent. Ça vient comme ça, comme une petite lumière de passage qu'il faut saisir quand elle passe. Et pour qu'elles viennent, les idées, et pour pouvoir les saisir, il faut être disponible. Et ça,

3:53 c'est le grand problème aujourd'hui, c'est qu'on est de moins en moins disponible parce qu'on a trop de moyens de se distraire, le téléphone et la musique en particulier. On est habitué à ce que quelque chose se passe qui puisse capter notre attention et nous détourner de nous-mêmes. On est devenu allergique à l'ennui et pourtant, c'est dans l'acceptation de l'ennui que notre monde et le monde extérieur peuvent s'ouvrir et se déplier. On a des idées quand on est en rapport avec soi et avec ce qui nous entoure parce que les idées viennent de ce frottement entre les souvenirs, les croyances, les désirs et les circonstances dans lesquelles on se trouve. C'est pour ça que c'est précieux une idée. C'est parce qu'elle est le produit d'une conjoncture très particulière et en même temps très

4:39 fragile. Et il faudrait chaque jour réserver une place à ces moments parce que plus on se confronte à soi et à notre angoisse au sens de Heidegger, au sens de la modalité par défaut de notre ouverture sur le monde, plus on est capable de la soutenir cette angoisse et de faire quelque chose de ce rapport qui est quand même l'essence de notre vie. Le cœur de notre vie, c'est notre rapport au monde et notre rapport à soi et donc la qualité de notre vie dépend très étroitement du sort qu'on réserve à ce rapport. Ça vaut toujours la peine de rester ancré dans la réalité et plus le temps passe, plus j'en viens à me dire qu'un des socles du sentiment de bien-être, c'est d'assumer toujours la responsabilité de soi-même. Et c'est devenu difficile d'assumer cette responsabilité

5:24 précisément parce qu'on a tant de moyens de la fuir. Je me suis fixé comme règle, que bien sûr il m'arrive d'enfreindre, de pas mettre mes écouteurs jusqu'au soir, jusqu'à ce que j'ai fini ma journée de travail. ? Parce que la musique attise les émotions les plus fortes et parce que ça remplit mon espace mental et que j'y laisse du coup moins de place pour l'émergence d'idées ou de pensées. Pourtant, Dieu sait que c'est plus agréable de rêvasser en écoutant de la musique que de soutenir le poids de son intériorité dans un transport public bondé par un jour de grisaille. Mais en faisant l'effort de pas se distraire, on réalise la richesse qu'on a en soi et qui affleure quand on a l'esprit libre. Moi, c'est souvent dans ces moments d'entre-deux, dans ces moments de battement, quand je suis en déplacement ou en attente, que des pensées dont

6:10 j'avais une intuition confuse prennent forme, s'assemblent et deviennent plus claires. Mais il y a un autre piège avec la musique, c'est qu'elle gaspille ou en tout cas qu'elle peut gaspiller notre énergie. Quand on est exalté par quelque chose, par exemple, plutôt que d'utiliser cette énergie, de la mettre à profit pour construire quelque chose, on peut être tenté de la canaliser en écoutant une musique qui donne l'illusion qu'elle exacerbe notre enthousiasme, alors qu'en fait, elle l'épuise. Et pourtant, les émotions peuvent évidemment nourrir la créativité, parce que il y a des choses auxquelles on ne peut penser qu'à partir de certaines émotions, pour autant qu'on les accepte sans chercher à en jouir tout de suite, qu'elles soient négatives ou positives. Parce que oui, la musique est souvent

6:58 utilisée justement pour consommer et consumer nos émotions. Les écouteurs sont donc paradoxaux, ils nous permettent de fuir nos émotions en y plongeant tête la première. Pour pas avoir à en penser quelque chose, puisqu'on leur prête une forme qui est déjà là. La tentation est grande évidemment de se perdre dans ces émotions avec de la musique, mais c'est là encore un geste de fuite, un plaisir stérile, une sorte de branlette du cœur. Pour nourrir la réflexion sur tout ce que je viens de dire, on peut se référer à l'empirisme et à la théorie de Hume en particulier, selon laquelle notre vie mentale se divise en deux catégories principales, les impressions et les idées, qui correspondent à deux facultés, la faculté de sentir et la

7:43 faculté de penser. Tout ce qui constitue notre activité mentale, dit Hume, vient de nos sensations dans un premier temps, sensations qu'il appelle impressions, impressions qui laissent ensuite une image, une copie en nous, ce qu'il appelle idées. L'important ici, c'est que toutes nos idées viennent d'abord de nos sensations, de nos expériences. Et que ce qu'il appelle nos idées complexes viennent soit de nos sensations, encore une fois, soit de la combinaison d'idées simples, c'est-à-dire de la pensée, de la réflexion. Je vous donne un passage du Traité de la nature humaine qui résume assez bien cette théorie. "Une impression frappe tout d'abord les sens et nous fait percevoir le chaud ou le froid, la soif ou la faim, ou un certain genre de plaisir ou de douleur.

8:28 De cette impression, l'esprit fait une copie qui subsiste après que l'impression a cessé, et c'est cela que nous appelons une idée." "Cette idée de plaisir ou de douleur, en revenant à notre âme, produit des impressions nouvelles de désir et d'aversion, d'espoir et de crainte, qui peuvent proprement être appelées impressions de réflexion, car elles dérivent de l'idée. Elles sont à nouveau copiées par la mémoire et l'imagination et deviennent des idées, lesquelles peut-être donneront naissance, à leur tour, à d'autres impressions et à d'autres idées, de sorte que les impressions de réflexion ne précèdent que les idées qui leur correspondent, mais suivent les impressions de sensation et en dérivent." Et une phrase courte qui ramasse l'idée de l'empirisme, "Nous ne pouvons nous faire une juste idée de la saveur de l'ananas

9:15 sans l'avoir effectivement goûtée." Donc, vous avez compris la thèse, on fait l'expérience du monde, on en retire des idées, et en réfléchissant à ces idées, on en crée de nouvelles, en gros. Et là, on réalise à quel point le téléphone restreint drastiquement l'espace qu'on laisse au déploiement de nos idées. Premièrement, parce qu'il nous coupe de l'expérience du monde, et deuxièmement, parce que en accaparant notre attention il nous coupe du développement naturel des idées qui se fait quand on laisse nos pensées circuler et se mêler entre elles. Alors on pourrait dire éventuellement que en fait en scrollant on fait bien l'expérience de contenu qui laisse des idées en nous mais ça c'est une expérience indirecte, c'est une expérience de seconde main qui

10:00 produit pas des impressions au sens propre. Hume écrit et je pense que c'est indéniable que les impressions ce qui s'imprime en nous par le contact direct avec les choses sont bien plus fortes phénoménologiquement que les idées qui en sont les copies. Les seules impressions qu'on reçoit quand on consomme du contenu sur notre téléphone, c'est celles qui viennent de la perception de notre écran. Donc c'est pas du tout la même chose, ça nourrit pas du tout notre pensée comme le fait le contact avec le monde. Et surtout le caractère frénétique, aléatoire et passif de cette consommation est parfaitement contraire à la pensée. Le but même, l'attrait du scroll c'est précisément de nous dispenser de penser. La vie intérieure commence avec l'expérience du monde extérieur

10:46 et elle se prolonge par le développement naturel des idées qui en résultent. L'esprit naît dehors et grandit dedans. Il faut faire l'expérience du monde pour se nourrir l'esprit, l'intelligence a besoin de ce contact direct avec les choses pour s'épanouir pleinement. Il faut régulièrement régénérer son intelligence à la source de l'expérience sans quoi elle s'atrophie dans le circuit fermé d'idées exsangues. Même pour nourrir notre imagination, c'est essentiel de faire des expériences. On fait parfois l'erreur de voir l'imagination comme une concurrence à la perception, à l'expérience. Et c'est vrai que un des aspects géniaux de l'imaginaire, c'est de pouvoir nous affranchir du monde extérieur et de la réalité. Mais en fait, pas vraiment. C'est Bergson qui nous rend attentif à

11:32 ça dans un passage de Matière et Mémoire où il dit très justement que même si je peux imaginer des choses qui n'ont pas eu lieu ou qui n'existent pas, en dernière analyse, la base de tout ce que je peux imaginer, c'est quand même mon expérience et les choses que j'ai vues. L'image est toujours reliée à un objet par la mémoire et donc l'imagination ne se substitue pas à l'expérience, elle la prolonge. Et elle sera donc d'autant plus vive et d'autant plus riche qu'on fait des expériences. Il s'agit pas seulement d'avoir de nouvelles idées, il s'agit aussi de se retrouver soi-même. Une bonne partie de notre propre passé est cachée dehors dans les choses, les sensations, les circonstances qui sont les seules à

12:17 pouvoir le faire ressurgir. C'est un des apports les plus connus de l'œuvre de Proust, la description de la mémoire involontaire à travers l'épisode de la madeleine que je vous rappelle en deux mots. Le narrateur adulte trempe une madeleine dans un thé et quand il l'apporte à ses lèvres, il est gagné par une émotion inexplicable qui trouve quand même une explication, c'est que le goût de la madeleine trempée dans le thé est associée au souvenir des madeleines trempées dans le thé que sa tante Léonie lui donnait quand il était petit. Et alors à ce moment-là, c'est tout Combray, le village de sa tante où il passait ses vacances, c'est tout ce village qui ressurgit à partir de cette sensation. La sensation lui rend ses souvenirs et donc une partie de lui-même. Et voici comment Proust formule sa théorie de la

13:02 mémoire involontaire. Il en est ainsi de notre passé. C'est peine perdue que nous cherchions à l'évoquer, tous les efforts de notre intelligence sont inutiles. Il est caché hors de son domaine et de sa portée en quelque objet matériel ou la sensation que nous donnerait cet objet matériel que nous ne soupçonnons pas. Cet objet, il dépend du hasard que nous le rencontrions avant de mourir ou que nous ne le rencontrions pas. L'expérience du monde, c'est pas seulement la découverte du nouveau, c'est aussi la redécouverte de l'ancien, la surprise du passé qui revient, soit par la sensation, comme dans l'épisode de la madeleine, soit par le cheminement de nos pensées qui sont naturellement attirées par le passé et par l'avenir.

13:48 Notre profondeur, dans tous les sens du terme, elle est dedans, elle est dehors, mais certainement pas à la surface d'un écran. Être disponible à l'expérience, c'est être disponible à la profondeur et c'est de fait s'approfondir. C'est se laisser gagner par le passé et par l'avenir. C'est devenir vertical. Sachant que les idées, ça pousse très bas ou très haut, mais rarement au milieu. Se distraire, c'est toujours au contraire s'enfermer dans le présent, c'est tout le but de la distraction, nous libérer du poids de la conscience, mais c'est une libération qui se paie en ce qu'elle nous fait rester à la surface des choses. La distraction rend superficiel et rend accro au superficiel. Et l'écran représente de façon très directe ce qu'il est, une surface plate qui produit l'illusion

14:35 de l'infini et de l'abondance, tout en étant le néant, ce qui est très manifeste quand il est éteint. Dans l'expérience sensible, on découvre pas seulement du nouveau, on se découvre soi-même, potentiellement, parce que il y a certaines idées qu'on aurait jamais pu avoir si on s'était pas trouvé dans telle ou telle circonstance. L'idée est loin d'être un produit de la seule intelligence, elle est souvent le produit de l'expérience sensible et comme le soutient Hume, plus une expérience aura été forte, plus les idées qui en ressortent seront fortes aussi. Faire des expériences, c'est cueillir des idées. Il y a pas de miracle, la qualité de notre vie mentale est absolument pas la même selon qu'on se rend disponible au monde extérieur et à notre intériorité ou qu'on s'y ferme en nous absorbant dans des contenus. Et

15:22 c'est toute l'ironie de la chose, consommer du contenu, c'est s'assurer de ne rien contenir. Voilà, on est arrivé au bout de cette vidéo. Avant de vous quitter, j'aimerais vous annoncer, pour ceux qui le sauraient pas, que mon premier livre est sorti. Il s'appelle [musique] Au seuil du sens. Et c'est une série de textes qui explore justement différentes dimensions de l'expérience, l'amour, la solitude, le souvenir, le langage, le défi d'exister et le désir de comprendre. Donc si vous êtes intéressés, si vous voulez en savoir plus, je vous laisse cliquer sur le lien en description. Je vous invite aussi à rejoindre ma newsletter, si vous voulez recevoir du contenu écrit inédit chaque semaine. Et je vous rappelle que vous pouvez aussi devenir membre de la

16:07 chaîne en cliquant sur le bouton rejoindre pour avoir accès à des vidéos exclusives. Voilà, merci les amis, merci à tous ceux qui me suivent, merci aux membres de la chaîne justement. Portez-vous bien, bonne rentrée et à très bientôt. [musique]

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