La Révolution Française de 1789 à 1792

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Bref Résumé

Cette vidéo offre une synthèse des trois premières années de la Révolution française (1789-1792). Elle aborde les causes de la Révolution, notamment la crise financière et les inégalités sociales, ainsi que les événements marquants tels que la prise de la Bastille, la Déclaration des Droits de l'Homme et la fuite du roi. Elle explique également les transformations politiques et sociales majeures de cette période, comme l'abolition des privilèges, la création des départements et la Constitution civile du clergé, tout en soulignant les tensions et les divisions qui ont conduit à la proclamation de la Première République.

  • Crise financière et convocation des États Généraux
  • Prise de la Bastille et abolition des privilèges
  • Déclaration des Droits de l'Homme et instauration de la monarchie constitutionnelle
  • Tensions religieuses et fuite du roi
  • Déclaration de guerre et proclamation de la République

Introduction à la Révolution Française

La Révolution française est un sujet complexe et souvent mal compris, malgré sa présence dans les programmes scolaires et la culture populaire. Cette vidéo vise à offrir une vue d'ensemble des événements clés des trois premières années, de 1789 à 1792, en se concentrant sur les causes, les acteurs et les transformations majeures de cette période tumultueuse. L'objectif est de démystifier cette période historique et de fournir un cadre pour une compréhension plus approfondie.

Sources et Certitudes de la Révolution

L'étude de la Révolution française s'appuie sur une quantité considérable de sources, allant des archives parlementaires aux journaux, en passant par les images politiques, la musique, la peinture, les pièces de théâtre et les objets. Malgré cette abondance de documents, de nombreux aspects de la Révolution restent encore inconnus. Ce qui est certain, c'est que les Français de l'époque avaient conscience de vivre une révolution, un sentiment partagé par ceux qui la soutenaient et ceux qui la combattaient.

Les États Généraux et le Serment du Jeu de Paume

En 1788, la France est confrontée à une crise financière majeure, que le roi Louis XVI tente de résoudre en convoquant les États Généraux, une assemblée représentant les trois ordres de la nation : le clergé, la noblesse et le tiers état. Cependant, le système de vote par ordre, qui donne un avantage aux deux premiers ordres, suscite des mécontentements. Le 20 juin 1789, les députés du tiers état, rejoints par des membres du clergé et de la noblesse, prêtent le Serment du Jeu de Paume, jurant de donner une constitution à la France. Cet événement marque le début de la fin de la monarchie absolue.

La Prise de la Bastille et la Grande Peur

La tension monte à Paris, où l'on craint une contre-révolution. Le 14 juillet 1789, les Parisiens attaquent la Bastille, une vieille forteresse parisienne devenue une prison. Cet événement symbolique marque le début de la Révolution. La crainte se propage dans toute la France, et les paysans se soulèvent, attaquant les châteaux et détruisant les documents fiscaux. Pour calmer la situation, les nobles et les ecclésiastiques renoncent à leurs privilèges lors de la Nuit du 4 août, mettant fin à l'Ancien Régime et à la société des trois ordres.

La Déclaration des Droits de l'Homme et la Marche sur Versailles

L'abolition des privilèges est confirmée le 26 août 1789 avec la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, qui proclame que "Tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit". Cependant, les Parisiens, confrontés à des difficultés d'approvisionnement en pain, se rendent à Versailles les 5 et 6 octobre pour exiger que Louis XVI signe la Déclaration. Le roi accepte et s'installe au Palais des Tuileries à Paris, sous le contrôle direct des Parisiens.

Réformes et Tensions Religieuses

Pendant deux ans, l'Assemblée élabore une constitution, transformant la France en une monarchie constitutionnelle. Elle crée les départements, les cantons et les communes, et prépare une fiscalité universelle. Pour résoudre les problèmes financiers, les biens du clergé sont nationalisés et mis en vente. La Constitution civile du clergé est adoptée, transformant les curés en fonctionnaires payés par la Nation. Cependant, de nombreux curés refusent de jurer fidélité à la Constitution, créant une division entre curés jureurs et curés réfractaires.

La Fuite du Roi et ses Conséquences

Le roi tente de fuir la France dans la nuit du 20 au 21 juin 1791, mais il est arrêté à Varennes et ramené à Paris. Cette tentative de fuite discrédite le roi et renforce les revendications républicaines. Une manifestation républicaine est réprimée sur le Champ de Mars. La monarchie constitutionnelle est maintenue, mais les tensions persistent.

Déclaration de Guerre et Chute de la Monarchie

La situation économique se détériore, et des révoltes sociales éclatent. La France déclare la guerre à l'Autriche en avril 1792, mais les armées françaises sont rapidement débordées. L'Assemblée déclare "La Patrie en Danger" et appelle à l'engagement de volontaires. Le 10 août 1792, une armée révolutionnaire prend les Tuileries d'assaut, et Louis XVI est déchu de ses fonctions. La famille royale est emprisonnée au Temple.

Massacres de Septembre et Proclamation de la République

Dans un climat de peur et de suspicion, des massacres ont lieu dans les prisons de Paris, où plus de 1500 prisonniers sont tués. Une Convention est élue au suffrage universel masculin pour adopter une nouvelle Constitution. Le 21 septembre 1792, la Convention proclame la Première République française.

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0:00 Mes chers camarades, bien le bonjour ! La Révolution française, on en a tous bouffé à l’école ! La période a fait l’objet de beaucoup de films, de livres, de BD, de jeux vidéos ou d’émissions d’histoire larmoyante sur le pauvre destin de la pauvre Marie Antoinette… voilà. Pourtant, pour la plupart des gens c’est assez compliqué de s’y retrouver dans tout ce bordel qu’est la Révolution. Ce que je vous propose aujourd’hui, c’est donc de tenter de faire une petite vidéo de synthèse qui sera forcément incomplète puisque le sujet est très complexe. Mais c’est pas très grave, avant d’approfondir les choses, c’est bien d’avoir une vue d’ensemble, et puis j’ai fait d’autres vidéos plus précises sur des sujets bien spécifiques liés à la Révolution française ! Dans cette vidéo on va donc se concentrer sur les trois premières années, de 1789 à 1792. On a tous des images en tête lorsque l’on évoque la révolution : la prise de la Bastille. Le méchant Robespierre, tout raide, impitoyable. La Terreur, terrifiante évidemment. Marat le sanguinaire, assassiné dans sa baignoire. Et à la fin, Napoléon Bonaparte qui prend le pouvoir. Il y a une statue de Danton à Paris, un monument aux girondins à Bordeaux. Tous les ans au Puy du Fou, un spectacle impressionnant et un poil partial célèbre les Vendéens,

1:07 soulevés contre la cruauté parisienne et massacrés sans pitié. On se rappelle aussi un peu la Déclaration des Droits de l’Homme. Et puis en fouillant dans ses cahiers, on se souvient que les armées françaises ont repoussé les ennemis à Valmy. Ah et puis il y a les sans-culottes, aussi. Ils s’appelaient « citoyens » et se tutoyaient. Il y a eu la République – la première. On a chanté et on chante encore la Marseillaise, notamment avant les finales de coupe du monde de foot. Bref, pendant 10 ans, entre 1789 et 1799, ça a été un sacré boxon. Anecdote rigolote d’ailleurs : la Tour Eiffel elle-même a été construite pour commémorer les 100 ans de la Révolution. On va essayer de remettre un peu d’ordre pour comprendre ce qui s’est passé durant ces dix années, et pourquoi on s’en souvient encore. Même que les hommes politiques s’indignent quand un jeu vidéo en dit du mal, ou quand on a dépensé des millions de

1:55 Francs pour en célébrer les 200 ans ! D’abord, la Révolution, on l’étudie grâce à une quantité invraisemblable de sources. Les archives parlementaires, par exemple : plus de 80 énormes volumes publiés à ce jour, chaque volume pesant plus de 3 kilos. Des volumes qui contiennent les lois, les débats, les lettres, et les pétitions reçues par les différentes assemblées et qui ne couvrent que la période 1789-1794. Il y a aussi les journaux : plus de 500 titres plus ou moins éphémères qui ont été publiés ; des images politiques aussi par milliers, un peu comme les posters de Che Guevara qu’on vend aujourd’hui dans le métro ; de la musique ; de la peinture, comme le Marat assassiné de David ; des pièces de théâtre ; des objets : on a transformé des pierres de la Bastille en modèles réduits de la Bastille par exemple ; et même des souvenirs par centaines… Bref, aucun historien de la Révolution n’a épuisé le stock, et une part de ce dernier est

2:49 encore inconnu. Oui, on connaît pas tout de la Révolution ! C’est plutôt cool en fait ! Ce qui est net, c’est qu’entre 1789 et 1799, les Français dans leur ensemble ont eu la certitude qu’ils vivaient une révolution. Un journal s’appelle « Les Révolutions de Paris », un autre « Les Révolutions de France et de Brabant » ; en 1792 Robespierre demande : « Citoyens, vouliez-vous une Révolution sans Révolution ? » quand il s’agit de savoir ce qu’on va faire du roi déchu, Louis XVI, devenu Louis Capet. À partir de 1790, le projet de « terminer la Révolution » est répété par tous les dirigeants successifs – c’est d’ailleurs Napoléon Bonaparte qui concrétise ce projet. Certains ont adoré la Révolution, d’autres l’ont combattue et haïe : tous l’ont vécue, jusque dans les campagnes les plus reculées, même si tous ont continué à vivre, à manger, à dormir,

3:41 à travailler, à aimer et à craindre le lendemain. Au commencement de cette décennie extraordinaire, il y a en 1788 une dette que le roi Louis XVI veut éponger. Ses ministres des finances ont tenté tous les moyens connus par la monarchie absolue depuis six ans mais rien n’y fait : la dette est abyssale ; chaque année, les revenus du royaume n’épongent qu’une partie des intérêts de cette dette. Alors le roi convoque les États Généraux : une assemblée extraordinaire représentant le royaume. Le but ? Obtenir des moyens nouveaux pour reconstituer le trésor de l’État. La dernière fois, c’était en 1614 ! Il faut une année pour mettre en place cette assemblée. Elle regroupe des représentants des trois ordres de la nation : le clergé et la noblesse, qui à eux deux représentent 3% de la population, et le tiers état, « ceux qui travaillent », soit les 97% restant. Chaque ordre a en principe autant d’élus, mais évidemment, on est assez loin d’une représentation

4:36 proportionnelle et ça n’est pas le cas. Seulement voilà, si sur le papier c’est sympa que le peuple soit représenté, dans les faits, il y a une astuce rigolote pour l’empêcher de passer en force sur des thématiques qui lui tiennent à coeur. Chaque ordre a une voix. C'est-à-dire que tous les députés d’un ordre se mettent d’accord sur un vote, et ça ne compte que pour leur propre ordre. Si le clergé et la noblesse votent ensemble, ils ont donc toujours deux voix contre une. Plutôt malin ! En 1614, ça passait encore. En 1789, beaucoup trouvent que cette façon de faire est très injuste, et on les comprend. Même les nobles, comme le Marquis de Lafayette, ou des ecclésiastiques, comme l’abbé Grégoire ou l’abbé Sieyès, voudraient que ce soit plus équitable : par exemple, que le tiers état ait plus de députés, et que chaque député ait une voix. Le roi, Louis XVI, trouve alors une

5:26 solution… plutôt maladroite ! Il accepte que le tiers état ait deux fois plus de députés que les autres ordres, mais il maintient le vote par ordre. En gros, ça sert pas à grand-chose et ça passe assez mal ! En plus, dans toutes les paroisses, dans tous les quartiers des villes (souvent appelés « districts »), il y a des assemblées pour désigner les représentants et pour élaborer des « cahiers de doléances », où ils expliquent ce qui ne va pas. Ça fait partie de la tradition. Mais des trucs qui vont mal, il y en a beaucoup : mauvaises récoltes, impôts écrasants, tyrannie des seigneurs… Les 60.000 cahiers de doléances - oui ça fait beaucoup, et les sources pour comprendre la Révolution, il y en a vraiment un gros paquet - ces cahiers de doléances, ils disent globalement que le système monarchique ancien, ça ne va plus du tout, et que le système

6:12 des trois ordres, il est totalement dépassé ! La pensée des « Philosophes des Lumières » comme Rousseau ou Montesquieu s’est largement répandue tout au long du XVIIIe siècle. Et donc, dans un premier temps, les États Généraux échappent totalement au contrôle royal. Ils se réunissent de façon traditionnelle le 5 mai 1789 à Versailles, mais le 20 juin, l’immense majorité des députés (y compris nombre de députés nobles et religieux) prononcent le « Serment du Jeu de Paume » et promettent de donner, carrément, une constitution à la France. Louis XVI et son gouvernement sont mécontents, mais ils se résignent : le 9 juillet, le roi demande à « son clergé » et à « sa noblesse » de rejoindre le tiers état, et les États Généraux deviennent l’Assemblée Nationale Constituante. C’est la fin de la monarchie absolue. Si vous voulez une image rigolote pour retenir tout ça, Louis XVI c’est le docteur Frankenstein et les États Généraux

7:05 c’est sa créature qui se retourne contre lui ! Bref, si le roi fait mine de céder en apparence, il demande quand même à ses armées de se rapprocher de Versailles. Et évidemment, ça se sait assez vite ! À Paris, on craint déjà la contre-révolution. Il faut défendre l’Assemblée toute neuve et pour ça, les Parisiens attaquent la vieille forteresse parisienne de la Bastille, qui était devenue une prison presque abandonnée. Cette prison, elle est tout de même bien défendue par des troupes armées. Résultat : 600 morts dans des affrontements le 14 juillet. Louis XVI se résigne, encore, et la majeure partie des troupes se retire. Mais la crainte qui a mobilisé les Parisiens se diffuse dans toute la France, et les paysans se soulèvent : c’est ce qu’on appelle la « grande peur » où des troupes de paysans viennent dans les châteaux et détruisent des armoiries des nobles et surtout les documents fiscaux qui établissent les impôts qu’on devrait payer aux seigneurs. Du coup, pour calmer le jeu, les nobles et les ecclésiastiques de l’assemblée, qui… constatent que le mouvement est assez puissant, décident de renoncer à leurs « privilèges » et aux « droits féodaux », au cours de la fameuse « Nuit du 4 août ». Mais ça, c’est en apparence puisque qu’il y a des petites finesses, des subtilités qui leur permettent de garder des impôts… Ça laisse pas

8:14 mal de paysans un peu frustrés, mais quand même : on en a enfin fini avec « L’Ancien régime » et la société des trois ordres. Ce qui est pas rien, puisque ça représente quand même, au bas mot, 700 ans d’histoire. Cette abolition des privilèges, dont on parle assez souvent, est confirmée le 26 août suivant avec la « Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen » : la base de la future constitution. Elle nous présente la célèbre phrase que vous connaissez tous « Tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit ». Les 5 et 6 octobre suivant, nouveau coup de colère des Parisiens : non seulement ils ont du mal à trouver du pain alors que les récoltes n’ont pas été mauvaises, mais en plus Louis XVI refuse de signer la Déclaration des Droits de l’Homme dont on vient de parler. Le gars il a pas compris que les Parisiens, fallait pas les énerver… pas très malin !

9:01 Du coup, une immense manifestation d’abord initiée par des femmes (on y reviendra, sur le rôle des femmes !) se rend à Versailles, avec quelques canons parce que ça peut toujours servir. La situation est donc disons… tendue ! Louis XVI, conseillé par un entourage du genre prudent, signe la Déclaration et en plus accepte de quitter Versailles pour s’installer dans le Palais des Tuileries à Paris, avec Marie-Antoinette la reine, et son fils, le dauphin Louis. Comme on dit : « Le boulanger, la boulangère et le petit mitron » quittent Versailles, le Palais du roi-Soleil. Désormais, le roi est sous le contrôle direct des Parisiens. L’Assemblée a suivi le roi, bien sûr. Et pendant deux ans, les députés abattent un travail littéralement extraordinaire. Ils élaborent, comme promis, une constitution : la France sera une monarchie constitutionnelle. Ils transforment totalement la géographie administrative du pays,

9:51 en créant les départements, les cantons et les communes : désormais, pour le fisc, pour la justice, pour la religion même, les Français vivent dans un espace uniformisé qui aujourd’hui encore reste notre base. Ils préparent une fiscalité universelle, ils réforment la justice, ils achèvent d’établir l’égalité des droits… Le tout, alors que les caisses sont toujours aussi vides, il faut le rappeler ! Le 2 novembre 1789, c’est Talleyrand, évêque d’Autun, qui propose de donner les biens du clergé à la Nation pour résoudre le problème. Du coup les terres que le clergé louait aux paysans, soit environ 10% de la surface agricole utile, sont mises en vente. Évidemment, ces terres sont achetées le plus souvent par les riches ; du coup, plein de paysans qui espéraient devenir propriétaires restent locataires et sont un peu grognons parce

10:38 qu’en fait ils ont juste changé de proprio… Et qu’en plus, les loyers risquent d’augmenter ! Les députés, eux, décident de créer une monnaie, l’assignat, et cette monnaie représente l’argent de la vente des biens du clergé - autrement dit, un argent qui n’est pas encore dans les caisses puisque la vente prend beaucoup de temps. Vous imaginez bien que la confiance dans cette monnaie de papier, elle est très vite nulle ! Et ces biens du clergé, le clergé en vivait : or les Français, dans leur immense majorité, sont catholiques et souvent, ils aiment bien leur curé. Alors on invente un autre truc nouveau : la Constitution Civile du clergé. En gros, on ferme les monastères ; les curés deviennent des fonctionnaires payés par la Nation et élus dans leur commune, et on va leur demander de jurer qu’ils soient fidèles à la Constitution. Sauf que beaucoup de curés (et presque tous les évêques)

11:25 refusent : eux, ils ne jurent que devant Dieu ! Et dans les régions où ils sont bien aimés, la population les soutient : il y a donc des curés « jureurs » et des curés « réfractaires ». Parmi ces derniers, beaucoup commencent à faire comme nombre de nobles : ils quittent la France, ils « émigrent ». Évidemment, le roi aimerait bien faire pareil. Il tente même le truc dans la nuit du 20 au 21 juin 1791, avec son épouse et ses enfants : déguisés, ils s’installent dans une belle diligence bien visible et partent vers l’est. On est clairement sur l’action la plus discrète qui soit… de vrais ombres… l’ombre de la lune sur une plaine sans arbre quoi ! Ils sont évidemment reconnus, arrêtés à Varennes, à 230 kilomètres de Paris, puis reconduits directement aux Tuileries. Dans le genre coup foireux, ça se pose là : non seulement c’est raté, mais en plus tout le monde sait que le roi

12:16 a trahi puisqu’il a laissé une belle lettre bien claire pour expliquer son départ. Champion ! Pour ne rien arranger à sa situation, on s’est rendu compte que le départ du roi n’a pas empêché la Terre de tourner. On se moque du roi fuyard, du roi cochon et de plus en plus de gens demandent qu’à la place d’une monarchie, on crée une république. Pour calmer les plus téméraires, on fait au plus simple : quand ils manifestent le 17 juillet 1791 sur le Champ de Mars, on les mitraille ! Un peu brutal, pas très efficace, mais ça soulage ! Et donc on fait comme si tout allait bien : la monarchie constitutionnelle est installée avec Louis XVI, toujours à sa place, et on élit une assemblée, la Législative, pour terminer la Révolution. Mais si on fait les comptes : les Républicains sont mécontents, beaucoup de paysans sont mécontents, le peuple des villes n’est pas

13:04 jouasse, les nobles sont furieux, les prêtres sont pas vraiment enthousiastes, et le roi est pas trop convaincu. Et puis il y a ses cousins, collègues et amis de Prusse, de l’Empire, d’Angleterre, d’Espagne… qui sont assez inquiets aussi parce que bah chez eux, ça commence à bouger. Bref : la nouvelle France a un peu de soucis à se faire, et tout ça va partir en sucette ! L’économie ne va pas mieux et des révoltes sociales éclatent un peu partout en France comme à Meaux où le maire est carrément tué par la foule. La plus riche des colonies françaises, Saint-Domingue, s’embrase parce que les esclaves se révoltent sous la direction de Toussaint Louverture. L’opposition est de plus en plus organisée et efficace, avec le « Club des Jacobins », une société devenue pro-républicaine : elle est présente sur tout le territoire et à sa tête, Robespierre, un avocat, joue un rôle important.

13:52 Avec le reste de l’Europe, ça ne va pas beaucoup mieux et beaucoup de dirigeants français pensent qu’il faudrait bien une bonne petite guerre pour permettre de se sortir de cette situation ! Ça relance l’économie, ça donne une activité aux chômeurs… Et du côté des monarchistes, si la France la perd, ça permettra de rétablir l’ordre traditionnel. Or justement, la plupart des gradés de l’armée sont des monarchistes nostalgiques. Du coup on peut compter sur eux pour ne pas trop se fouler quand les conflits éclateront avec leurs voisins. Malgré quelques opposants, Louis XVI annonce donc à l’Assemblée Législative qu’il déclare la guerre à l’Autriche le 20 avril 1792. Et comme prévu, c’est la catastrophe : les armées françaises sont rapidement débordées au point qu’un général est pendu par ses propres troupes ! Les Prussiens, les Autrichiens, les Espagnols avancent au point que l’Assemblée déclare « La Patrie en Danger » et

14:43 demande que des volontaires s’engagent pour renforcer l’armée de métier. C’est un succès immense, et des dizaines de milliers de patriotes s’engagent dans le conflit. Ils arrivent à Paris à l’été 1792, et beaucoup d’entre eux sont des révolutionnaires jacobins et républicains… Vous voyez le souci ? À Paris, il y a déjà plein de révolutionnaires jacobins et républicains. Avec les « fédérés », qui sont venus de toute la France, le climat de méfiance envers le roi, les anciens nobles, et les prêtres réfractaires va grandir considérablement. Le marquis de La Fayette lui-même passe à l’ennemi et va fuir vers Liège. À Paris, les révolutionnaires sentent le vent de la trahison à tous les coins de rues. Déjà, le 20 juin, le roi avait été mis en danger lors d’une première manifestation aux Tuileries. Le 10 août 1792, une véritable armée révolutionnaire, mêlant Parisiens et fédérés, prend les Tuileries d’assaut. Il y a plus de 600 morts. Louis XVI se

15:36 réfugie à l’Assemblée Législative qui doit se résigner à reconnaître la déchéance du roi. Oui, il est déchu, et en même temps, il a été assez décevant. La famille royale est enfermée au Temple, l’ancien monastère des Templiers dans le nord de Paris. Pendant deux mois, les Français vivent sous un gouvernement étrange : ce n’est plus une monarchie, mais ça n’est pas encore une république. Dans l’urgence, la Législative décide qu’une Convention sera élue pour adopter une nouvelle Constitution, et elle adopte des lois d’exception contre les suspects, organisant un premier Tribunal extraordinaire qui fait guillotiner quelques premiers condamnés. À ce moment-là, Danton, ancien avocat très populaire, est au sommet de sa carrière. Il sert d’intermédiaire entre la Législative et la Commune de Paris, c’est à dire le gouvernement révolutionnaire de Paris.

16:23 Avant de partir défendre la Patrie, les Parisiens écoutent une rumeur qui dit que dans les prisons, les nobles favorables au roi complotent et s’apprêtent à rétablir l’ancien régime une fois les soldats partis au front. Les révolutionnaires entrent dans les prisons, installent une mascarade de tribunal et, pendant trois jours, font passer des milliers de prisonniers en « jugement ». Ou plutôt une parodie de jugement. Plus de 1500 prisonniers sont massacrés, dans des conditions épouvantables, entre le 2 et le 5 septembre. La Commune et la Législative, clairement, ont beaucoup de mal à canaliser ce débordement de haine. Pourtant les élections se tiennent, et 750 députés sont élus dans toute la France, au suffrage universel masculin. Ces députés ont des idées très variées. Une centaine sont très radicaux, favorables à un État qui protège et guide les citoyens : on va les appeller les

17:11 Montagnards car ils s’installent en haut de la Convention. Des personnalités comme Robespierre, Marat ou Danton en font partie. D’autres, environ 200, sont plus libéraux, comme Brissot ou Vergniaud : on les appelle les Girondins, car beaucoup ont été élus à Bordeaux. Le 20 septembre, ils se réunissent pour la première fois dans la salle du Manège des Tuileries et le lendemain, ils décident que tous les actes seront datés « de l’An premier de la République » . Et c’est comme ça que le 21 septembre 1792, pour la première fois dans l’histoire de France, l’État est devenu une République. C’est une nouvelle ère qui s’ouvre mais c’est loin d’être la fin de cette révolution… J’espère que cet épisode très synthétique vous aura permis d’y voir un petit peu plus clair sur les motivations de la Révolution et son déroulement. Merci à Olivier Coquard pour

17:58 la préparation de cette émission, il a publié il y a quelques temps “Quand le monde a basculé” qui raconte la Révolution, et il connait plutôt bien l’affaire ! Bien entendu on abordera la suite dans un autre épisode, mais en attendant qu’il sorte eh bien vous pouvez toujours vous consoler en allant me suivre sur Instagram, où je poste pas mal de petites vidéos. À très bientôt sur Nota Bene, salut !

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