0:00 Si j'ai envie d'avoir la maladie d'Alzheimer, qu'est-ce que je devrais faire ? En Alzheimer, probablement que ça commence, ça veut dire qu'il y a une chance sur deux ou une chance sur quatre pour la descendance, bref. Que la maladie d'Alzheimer ne se déclare pas nécessairement par une perte de mémoire, qu'il y a une destruction neuronale ? Effectivement, c'est une question qui passionne les neurologues depuis bien longtemps. On diabolise un médicament pour en donner un autre, c'est régulièrement des médicaments avec plus d'effets secondaires. Ils vont se dire qu'il y a le condescendance. Non, non, pas du tout, c'est juste pour... Il fait le malin, mais vous allez voir, parce qu'il est encore bien jeune. Je suis médecin neurologue, j'exerce une médecine un petit peu particulière qui est basée sur la neurologie métabolique, que ce soit dans le cadre de maladies neurodégénératives, troubles cognitifs, mais aussi de problèmes métaboliques, ça peut être... Est-ce que si on a le gène, on a beau être au top, on va quand même la développer ? Ce que vous prenez, c'est ce qu'on met dans la morora, c'est vrai. Doit-on se débarrasser des glucides en soi ? Tu penses que le cerveau est mature à partir de quel âge ?
0:46 Lorsqu'on va vraiment aller à l'épuisement musculaire, au-delà de la douleur, au-delà de la tétanie, À ce moment-là, dans l'espace de quelques générations, la testostérone flanche l'implication dans la prise en charge. La totalité en fait un cocktail détonnant. Alors, docteur Boris Dufournet, la maladie d'Alzheimer, c'est probablement l'une des pathologies des infections qui fait le plus peur, la population générale, que tout le monde redoute. Donc, on va essayer de prendre, en tout cas, le problème à l'envers sur cette première question et de se demander un peu ce qui la provoque. Et pour ça, alors, j'aimerais savoir si j'ai envie de développer, d'avoir la maladie d'Alzheimer le plus vite possible. Qu'est-ce que je devrais faire ? D'accord. Alors, le maximum de facteurs de risque pour la déclencher, c'est ça ?
1:39 Oui, grosso modo, l'hygiène de vie, les choix, les actions. Bien sûr, d'emblée, et puis je l'évacue, il y a un background génétique qui est indéniable, notamment au lien avec le statut du jeune un peu, par exemple, qui est parfois d'ailleurs mal compris. Mais bon ça c'est une autre histoire on peut en reparler et donc voilà il y a des familles où il y a des Alzheimer et des corps de Lévy ou des Parkinson tardifs etc et on est beaucoup plus à risque je mets ce côté génétique au sens, du gène en dehors de la régulation de côté et au sein de la génétique il y a toute une autre partie qui est épigénétique qui est le sens de ta question c'est à dire comment est-ce que on va pouvoir appuyer sur ces interrupteurs qui vont activer ou désactiver certains gènes pour,
2:27 in fine, par l'action de l'environnement sur l'expression de nos gènes, favoriser ou minimiser le risque de développer une maladie non-dégénérative type Alzheimer. Donc Alzheimer, juste un mot, c'est en reprenant les causes de mortalité aux Etats-Unis, quand on dit que, par exemple une chute chez quelqu'un qui a une maladie d'Alzheimer sévère et que la chute entraînait la mort, autrefois on dit que c'est une mort traumatique, ça n'a rien à voir avec l'Alzheimer. Oui et non. Et quand on prend les choses autrement, et qu'on regarde de la même façon que quelqu'un qui serait mort. Qui serait mort d'une insuffisance respiratoire dans la suite d'un Covid, il va dire, non, il est mort de sa bronchite chronique. Il est peut-être mort d'un Covid, par exemple, ou d'une autre maladie, d'une grippe. Il vient de la même façon, si on regarde ça, alors Alzheimer est la première
3:13 cause de mortalité aux États-Unis. Et si, alors, on est entre première et troisième, selon les séries, en tout cas, au pire, c'est la troisième derrière les maladies cardiovasculaires et les cancers. Donc, ça donne une idée quand même de l'impact majeur. Là, je parle juste d'Alzheimer. Je ne parle même pas des autres maladies neurodégénératives qui, certes, sont moins fréquentes, mais prises tout ensemble, la dite de Charcot, la SLA, la scérosan plaque, etc., tous les syndromes parkinsoniens, tout ce que l'on veut, et bien derrière, évidemment, ça représente un fardeau énorme au niveau de la société et donc pour les familles. Alors, les facteurs qui peuvent jouer pour déclencher et aggraver, accélérer un Alzheimer, probablement que ça commence, difficile de savoir, mais peut-être dans la quarantaine, peut-être dans la trentaine,
4:00 et des choix de vie de type insuffisance de sommeil, mauvaise hygiène de sommeil en soi, donc un sommeil non réparateur, couché trop tard par rapport à nos rythmes biologiques, le fameux minuit solaire, qui pour certains n'est pas la moitié de la nuit, mais le début de la nuit, et donc je parle du minuit solaire. Donc, ce problème de qualité de sommeil dans des ambiances qui ne sont pas favorables à un bon sommeil, dans un contexte où le sommeil va être perturbé par des sécrétions hormonales la nuit qui seraient des hormones de stress au lieu d'avoir des hormones de réparation exemple, Je regarde des écrans dans les trois heures qui précèdent le coucher. Donc déjà, tout cet aspect sommeil est énorme, on pourrait en parler longuement.
4:46 C'est véritablement un problème parce que qui dit sommeil dit aussi nos biorhythmes. Les deux sont très très connectés. Et il y a bien sûr les perturbateurs du sommeil en tant que tel, mais il y a aussi le problème de synchronisation avec nos biorhythmes. Et aujourd'hui, il est difficile de faire cohabiter nos horloges biologiques qui n'ont pas changé depuis au moins 300 000 ans. Et en fait certainement plusieurs millions d'années, et de l'autre côté, ce qu'on peut appeler l'horloge sociale, qui est un message, un mail urgent ou non urgent d'ailleurs, ça dépend ce qu'on tente par urgence, et donc se retrouver coincé avec l'horloge sociale qui va nous décaler de l'horloge biologique, et ça c'est véritablement un problème à ce niveau-là.
5:32 Donc ça c'était pour la partie sommeil en survolant, il y a la partie alimentation, et nous avons une alimentation qui est de plus en plus riche en glucides alors on dit les aliments transformés c'est vrai, c'est exact, c'est un problème mais ce n'est pas le seul simplement consommer des glucides en soi on peut montrer. Simplement que cette rencontre date d'il y a très peu de temps surtout en Europe on a tendance à faire monter le néolithique à peu près moins 9 à moins 12 bon ça c'était vrai en Mésopotamie et en Égypte, c'était pas du tout vrai en Europe, et le néolithique en Europe il est plutôt, il a à peu près 4500 ans et je ne parle même pas de l'Europe du Nord et donc, ces rencontres avec les glucides sous forme de céréales donc sucre rapide, sucre lent, l'amidon,
6:20 C'est très récent, et ça a été très progressif, et il y a des maladies d'ailleurs de carences vitaminiques dont on pourrait reparler, le beriberi qui redevient la mode de Japon depuis les années 60, qui sont liés à des carences, mais parfois des carences liées aussi à une surconsommation de glucides, et on sait très bien que, typiquement dans le cas de la vitamine B1, le fait de consommer des glucides va nous faire brûler beaucoup de cette vitamine, donc nos besoins vont augmenter. Donc à la fois il y a le problème de l'insuline qui est sursécrété quand on consomme des glucides ça on peut en discuter de façon dédiée je ne vais pas détailler ça tout de suite et deuxièmement les carences que cela engendre de par le choix alimentaire c'est à dire que moins on va manger comme un chasseur nous sommes des chasseurs plus ou moins cueilleurs d'un point de vue génétique donc d'un point de vue métabolique et plus on va s'éloigner de ça
7:07 alors j'ai conscience que c'est exactement le contraire de ce qui est dit aujourd'hui. Et en opposition plus on va sur du végétal, du végétal glucidique notamment, plus on va sur une alimentation à l'opposé de nos voies métaboliques, et donc plus aussi on va vers des aliments qui ne contiennent pas les vitamines, notamment sous forme active, dont nous avons besoin, et sans surprise, à la fois excès d'insuline et carence dans les graisses animales, le fameux cholestérol qui fait peur à tout le monde pour des raisons essentiellement de mode, et donc on se retrouve dans ce qu'on appelle finalement un syndrome métabolique associé à des carences vitamino-minérales et donc des perturbations hormonales aussi indépendamment de l'insuline dans les hormones thyroïdiennes et stéroïdiennes
7:56 et donc là on arrive avec un ensemble de facteurs de risque le glucose, surtout l'insuline, une thyroïde sous-optimale il est très rare qu'elle surfonctionne, sauf maladie auto-immune particulière souvent elle sous-fonctionne, souvent aussi mais pas toujours avec une maladie auto-immune et donc ces supports hormonaux qui sont neurotrophiques qui permettent de maintenir l'activité des neurones et leur survie, même de développer, ne sont plus présents. Donc on diminue les neurotrophiques, c'est-à-dire l'engrais pour le cerveau, pour parler clair, on augmente les neurotoxiques, excès d'insuline, éventuellement excès de cortisol, le glucose lorsque vraiment il est augmenté. Par exemple, il peut y avoir aussi les métaux lourds, mais c'est probablement
8:42 important en soi, mais non prioritaire actuellement au vu du carnage lié à l'hyperinsulinisme, au syndrome métabolique. Et puis enfin, il y a le choix du carburant sur cette triade, neurotrophique, neurotoxique, carburant. Et le choix du carburant, c'est un carburant propre, et donc le carburant propre, ce sont clairement les cétones pour le cerveau, c'est-à-dire en gros, brûler de la graisse pour bien fonctionner, pour le corps en général, le cerveau en particulier. Ah oui, le cerveau a besoin de sucre, ça aussi on peut en reparler, bien sûr, un petit peu, mais très peu. Et en revanche la voie du glucose dans le métabolisme, c'est une voie qui effectivement est assez rapide, voire très rapide c'est une voie de l'urgence c'est une voie qui est indispensable à la survie mais qui reste une voie de l'urgence et quand on est tout le temps sur le moteur
9:32 de l'urgence le moteur de secours au lieu d'être sur le moteur principal, évidemment au bout d'un moment, on ne va pas très loin et donc il y a trois stades là-dessus, une souffrance, donc un arrêt de l'activité neuronale donc les symptômes apparaissent deuxièmement, une déconnexion entre neurones, ce qu'on appelle des synapses. Une déconnexion, donc le neurone se rétracte en quelque sorte et ne communique plus pour économiser son énergie parce que nous sommes dans une crise énergétique cellulaire de près ou de loin. Et donc la fonction mitochondriale est au centre de ce problème neurotrophique, neurotoxique, carburant. Et enfin, si tout ça dure un certain temps, le neurone à un moment donné, va dégénérer selon un programme prévu, qu'on appelle L'apoptose,
10:18 c'est une mort cellulaire, c'est un suicide programmé qui est dans nos gènes et d'ailleurs qui fait intervenir énormément la mitochondrie. Et donc à ce moment-là, le neurone va se sacrifier, les réseaux vont se sacrifier. Et comme de par hasard dans les maladies neurodégénératives, notamment de type Alzheimer, ce sont les fonctions acquises les plus tardivement, l'attention, le langage, la mémorisation, qui sont des fonctions indispensables pour notre autonomie, mais qui ne sont pas indispensables pour notre survie biologique. Et donc c'est dans ce sens opposé au neurodéveloppement chez l'enfant et même dans les espèces que l'on va globalement dégénérer, pour maintenir, ce n'est pas le cas de toutes les maladies neurologiques mais la plupart respectent ça pour maintenir notamment les centres respiratoires les centres cardiomoteurs parce qu'on oublie que le coeur certes il bat tout
11:04 seul mais il y a des centres derrière dans le tronc cérébral si ces centres là sont lésés, le coeur s'arrête et là on peut masser, il ne repartira pas, et pareil au niveau respiratoire je ne sais pas si j'ai répondu à peu près à la question. On va creuser on va creuser davantage on va revenir de toute façon sur le sucre, le mode cétogène le mode par défaut la voie d'urgence tout ça c'est intéressant alors, tu as parlé de génétique tu as parlé d'épigénétique donc la génétique c'est ce pourquoi on ne peut pas changer grand chose c'est ce qui est dans nos gènes et puis l'épigénétique pour faire simple donc ça va être les actions l'environnement enfin tout ce qu'on va, Tout ce qui joue autour de notre environnement, qui va venir moduler l'expression de ces gènes. Donc, c'est communément appelé un peu les actions, les gènes de vie.
11:52 Quelle est la part de responsabilité, d'imputation sur la survenue ou pas d'un Alzheimer, sur ce que tu as évoqué entre le sommeil, alimentation, surtout le sommeil, alimentation, récupération ? En gros, est-ce que si on a le gène, on a beau être au top, on va quand même la développer. Si on n'a pas le gène, si on n'a pas la maladie génétique, est-ce que si on fait tout mal en termes de sommeil, d'alimentation, on va quand même le développer ? C'est un petit peu l'idée, en fait. Quelle est la part de responsabilité qu'on peut tout savoir dans le fait de développer Alzheimer ou pas ? Alors, je comprends. Effectivement, c'est une question qui passionne les neurologues depuis bien longtemps.
12:38 Et si ça passionne depuis longtemps, c'est parce qu'on n'a pas les réponses. Mais bon, pour faire clair de ce que l'on connaît aujourd'hui et ce qui, je crois, va assez bien avec ce que l'on observe. Globalement, les gènes, là je parlais de la peau E, c'est autre chose, c'est un gène que l'on dit facteur de risque. Pourquoi ? Parce que quand on a la peau E, précisément, on n'a pas une probabilité de 100%, lorsque cette version est la version d'IT-4, qui reprend plusieurs versions, en réalité sous-version, c'est une famille de variants, et cette famille de variants de type E4 confère un risque de développer la maladie qui est important. J'y reviens dans un instant.
13:23 Si on part du déterminisme génétique le plus fort, c'est-à-dire j'ai la mutation, donc j'ai la maladie. En neurologie, c'est vrai que c'est une discipline où il y a beaucoup de mutations dans nos maladies, d'une façon générale. Une maladie d'Huntington, c'est une maladie neurodégénérative particulière. C'est une maladie qui est 100% liée à des mutations génétiques très particulières. C'est une augmentation de la longueur du gène sur un motif répété. Donc c'est des choses qui ne se voient pas sur des séquençages classiques, il faut des séquençages particuliers, d'ailleurs c'est une des limites des gens qui se font tout séquencer, il y a des choses qu'on ne voit pas, y compris sur des maladies graves de ce type-là. Il y a cet extrême-là, c'est 100% génétique, et en plus il y a ce qu'on appelle un phénomène d'anticipation, c'est-à-dire que généralement, d'une génération à l'autre.
14:13 Le nombre de répétitions anormales, parce qu'il y a un nombre normal de répétitions, mais il y a un nombre anormal, lorsqu'il y a trop de répétitions, on va finir par inactiver ce gène, il ne va plus être lisible, c'est comme si on veut mettre sur la devanture en gondole des vinyles, mais à force de mettre en avant tout un tas de panneaux publicitaires, on finit par ne plus voir le vinyle en question, on ne peut plus le lire. C'est un peu ça, et du coup ces répétitions vont augmenter d'une génération à l'autre, on ne sait pas vraiment pourquoi, il faut être clair, on ne sait même pas du tout pourquoi. Elles augmentent, ce qui fait que la maladie apparaît plus tôt et elle apparaît de façon parfois plus forte. Donc phénomène d'anticipation génétique. Donc là, on est dans le 100% génétique. Alors attention déjà sur les définitions, juste une parenthèse. L'épigénétique n'est pas le contraire de la génétique, c'est une partie de la
15:01 génétique parfois, on va dire « ah oui, ce n'est pas génétique, c'est épigénétique ». Non, pas du tout. L'épigénétique, c'est une sous-partie passionnante, qui moi m'intéresse beaucoup, de la génétique, la génétique étant donc toutes les interactions avec notre patrimoine, notre patrimoine de gènes, interaction et donc les effets, c'est-à-dire l'effet de l'environnement via l'épigénétique, mais aussi l'effet d'une mutation, etc. Donc, on devrait plutôt parler de mutation d'un côté versus épigénétique de l'autre. Ça serait plus correct. Donc, effectivement, il y a des maladies, on a vu comme Huntington. Et puis, à l'inverse, on a des maladies comme la maladie d'Alzheimer, ou les formes génétiques pures, c'est-à-dire transmissibles de parents à enfants
15:51 selon une séquence déterminée. Et en l'occurrence, on dit que le gène est récessif ou dominant en génétique mendélienne, par exemple. Donc bon, ça veut dire qu'il y a une chance sur deux ou une chance sur quatre pour la descendance, bref. Et donc ces gènes qui sont souvent, en neurologie pas toujours, mais souvent des gènes dominants, c'est-à-dire une chance sur deux à chaque génération. Donc c'est énorme. Énorme, énorme, c'est épouvantable. Eh bien, ces gènes-là, aujourd'hui, on en connaît trois principaux. Ce qu'on appelle la prescénéline, la protéine en question, un, deux, et puis l'autre qu'on appelle la PP, peu importe, il y a trois gènes et qui représentent, on disait environ 2% des formes, et puis aujourd'hui, on descend plutôt à 1%, puisque le nombre d'Alzheimer augmentant à cause de l'épigénétique, à cause de l'environnement, en fait, ces formes génétiques se trouvent de plus en plus minoritaires.
16:39 Et donc, on a à peu près 1, 2%, disons 1%, 1,5%, deux formes génétiques, donc au sens de transmissibles de mutations.
17:34 Donc ça, on peut l'évacuer aussi, entre guillemets, puisque ce que l'on veut faire, c'est essayer de prévenir pour des gens qui n'ont pas cette atteinte génétique. Alors, il faut savoir que les atteintes génétiques de ce type-là surviennent très tôt. On le voit aussi pour la maladie de Parkinson, pour d'autres syndromes parkinsoniens, on peut avoir des débuts de maladie à 30 ans, parfois 40, mais donc ça survient potentiellement très tôt. Ça ne veut pas dire que ce soit systématiquement le cas, mais très souvent. La première forme d'Alzheimer qui a été découverte par Alois Alzheimer, qui était un psychiatre allemand, grande école de psychiatrie allemande, et ils avaient une approche un peu différente entre la psychiatrie des Allemands à l'époque, c'est-à-dire que quand le malade mourait, il coupait le cerveau, alors que nous, surtout pas touchés, c'est la boîte noire,
18:22 c'était pas du tout la même façon de faire de la psychiatrie, et en fait ça a donné naissance à cette maladie d'Alzheimer, puis après son élève, Lévy, à la maladie à corde Lévy, qui est un syndrome parkinsonien, qui est une espèce de maladie de Parkinson. Bref, ces formes étaient pour le coup génétiques parce qu'elles s'étaient arrivées très tôt et elles avaient été très fortes en termes de symptômes, donc elles n'étaient pas passées inaperçues. C'est un des pièges d'ailleurs, mais ça c'était plus de l'épistémologie, c'est un des pièges en médecine, c'est-à-dire qu'on a tendance à fixer des critères diagnostiques sur les formes les plus visibles, les plus brillantes, mais ça ne représente pas toujours la majorité des formes pour une maladie donnée. Bon, je referme cette parenthèse-là, et cette maladie d'Alzheimer, on a remarqué qu'un certain nombre de gènes, on en a identifié entre 20 et 40 aujourd'hui, peuvent, selon les combinaisons,
19:10 semble-t-il entraîner, ou en tout cas être associé à un risque supérieur de développer la maladie. Le plus anciennement connu, c'est la version E4 du gène de l'APOE, où il y a trois grandes familles de versions, il y en a plus que ça en réalité, mais trois grandes utilisées en pratique courante, la version dite E2, la version dite E3, la version dite E4, mais c'est plus complexe que ça. Et ces versions d'E3-4 sont elles-mêmes météorogènes en réalité. C'est-à-dire que E2 ne correspond pas à un seul variant, il y a plusieurs variants. Et donc, 2, 3, 4, on sait que 4 augmente clairement le risque de survenue de la maladie, mais quand je dis clairement, c'est beaucoup. C'est-à-dire que lorsqu'on a une version E4, comme moi,
19:58 pour peu que l'autre version soit E3, qui est la version de base, classique, qui ne confère ni avantage ni inconvénient, semble-t-il, eh bien, on a en moyenne 4 à 6 fois plus de risques de développer la maladie, c'est-à-dire on va dire 5 fois. Donc, j'ai 1 fois 5, donc j'ai plus 400% de risques de développer un Alzheimer et pour un corps de lévis, c'est à peu près du fois 2, fois 2 à fois 3. Donc, quand on nous parle de sur-risques, on prend certains thèmes qui sont très à la mode, il faut vous faire baisser par exemple votre cholestérol parce que sinon on augmente, il y a plus de 30% de risque de maladies cardiovasculaires, selon telle étude. Très bien, moi j'ai plus de 400%. Donc je rappelle quand même que le lien cancer du poumon et tabac.
20:48 C'est un lien qui est de l'ordre du x8 à x11, selon les études. Donc en gros on a à peu près un x9. Donc, ça veut dire plus 800%. C'est ce que moi j'appelle un vrai risque, un faux risque. Il y a des risques qui sont seulement des artefacts de calcul, et puis il y a des vrais risques, c'est-à-dire en multipliant au moins par deux, sinon par trois, par cinq, par dix, le risque de développer une maladie. Donc c'est mon cas pour Alzheimer, Cordémy, des maladies neurodégénératives, je suis en plein dedans, mais en même temps, c'est aussi encore plus, lorsque l'on a deux versions quatre, là pour le coup, le risque est tel qu'on estime qu'environ 75% des gens qui ont le double 4 le double E4 on dit qu'ils sont homozygotes dans le
21:35 jargon pour Epsilon 4 pour le coup il y a 75% d'entre eux probablement peut-être plus qui vont développer une maladie d'Alzheimer et pourtant ce ne sont pas les formes génétiques de maladies d'Alzheimer, là on est vraiment dans les formes qui touchent des gens, après 60 ans généralement parfois après 65-70 ans. Ça veut donc dire que même quand on est double epsilon 4 il peut y avoir mettons 20-25% des gens qui ne développeront pas d'Alzheimer sans pour autant mourir précocement, je parle de gens qui arrivent jusqu'à l'âge de 75-80 ans, et donc s'ils avaient dû le développer surtout avec un double epsilon 4, ils l'auraient développé bien plus tôt et enfin, on voit bien que dans ma situation
22:23 qui est certes clairement défavorable, il ne faut pas se baler la face, malgré tout, j'ai quand même une probabilité non négligeable de ne pas le développer. Donc en fait, le déterminisme, c'est pour les formes génétiques des maladies, en l'occurrence la maladie d'Alzheimer est une maladie qui est essentiellement non génétique, en revanche il y a des combinaisons de gènes plus des activations, inactivations, mais qu'on ne connaît pas bien aujourd'hui, donc on est en pleine épigénétique pour le coup, qui va jouer certainement sur la combinaison APOE4. Pour terminer là-dessus, c'est vrai que c'est un petit peu complexe, ma réponse, je ne sais pas si on pourra peut-être en reparler de façon plus simple si c'est trop compliqué. Il y a quand même quelque chose, quand on regarde l'histoire, et moi je suis un obsédé par l'histoire des choses, j'ai été pénétré par cette
23:08 citation d'Auguste Comte tout petit, on ne connaît pas une science tant qu'on n'en sait pas l'histoire, et malheureusement c'est ce qui manque toujours aujourd'hui. Donc on fait des gros plans, on zoom, c'est très bien, on voit des choses extraordinaires, mais en fait du coup on finit par raconter n'importe quoi, parce qu'on ne contextualise pas les choses. Et donc, sur une échelle de temps beaucoup plus longue, et si l'on regarde bien au niveau d'évolution. Les grands singes sont globalement sur quelque chose de proche d'un ApoE4 pour nous, c'est pas exactement la même séquence, mais c'est proche, et surtout, tous nos ancêtres ont été ApoE4, et homo sapiens, ce que nous sommes, a été homozygote, donc deux versions, E4 du jeune ApoE, donc ApoE4, ApoE4, Pendant presque toute son évolution, la mutation Epsilon-3, les mutations,
23:57 les variants qui ont donné la famille Epsilon-3 sont nés à peu près 200 000 ans, mais commençaient à apparaître. Nous, homo sapiens, ce n'est plus de 300 000 ans. On est croisés avec Néandertal, il y a 40% du génome de Néandertal qui a été récupéré, à hauteur d'à peu près 3% sur l'ensemble des individus. Sauf pour ceux qui n'étaient pas sortis d'Afrique lors de cette phase-là, mais pour l'essentiel de la planète c'est à peu près 3% de Néandertal Zanté Pabot montre des choses extraordinaires un prix Nobel de génétique là-dessus un Néandertalman, donc un livre extraordinaire à lire et donc on voit que Sapiens a été essentiellement E4 mais je ne parle même pas des autres hommes parce qu'il n'y a pas que Sapiens, il y avait Néandertal avant, et donc on a été énormément de temps E4 puis l'E3 est apparu mais le temps de
24:44 se propager il a été extrêmement minoritaire, puis la version dite Epsilon 2 ou E2 est apparu, on ne sait pas trop peut-être, moins 80, moins 20 000 très récent et qui commence seulement à se propager et qui est toujours très minoritaire dans la population. Donc aujourd'hui l'Epsilon 4 est devenu minoritaire, l'Epsilon 2 ne s'est pas encore propagé beaucoup donc il reste minoritaire et le majoritaire c'est l'Epsilon 3 mais ceci est relativement récent donc conclusion, si tous nos ancêtres ont été pendant l'essentiel les 98-99% du temps de vie d'homo sapiens double 4, ma foi ils auraient tous été démons à 50 ans, or ça tombe bien les squelettes retrouvées, montrent très bien qu'ils vivaient bien au-delà et on sait bon ça c'est des
25:33 questions plus complexes on n'aurait probablement pas le temps d'en parler aujourd'hui mais on est dans de l'anthropologie comportementaliste la paléoanthropologie comportementaliste on sait que sapiens naissant particulièrement. Prématuré parce qu'à cause du cerveau le cerveau est très très immature nous sommes l'espèce qui naît avec le cerveau le plus immature, pourquoi ? Parce que en fait la taille de la tête du petit ne peut plus passer dans le bassin, donc la femme est obligée d'accoucher d'un prématuré. Clairement, d'un point de vue neurologique. Nous sommes la seule espèce où il faille autant de temps pour apprendre à marcher, pour apprendre à communiquer, par rapport à toutes les autres espèces si on ramène, par exemple, à l'espérance de vie de l'espèce. Et donc, ça veut dire... On n'est pas fini. Pas du tout. On est bien commencé, mais on est loin d'être fini.
26:19 Et d'ailleurs, on peut aller un moment encore plus loin que ça. C'est-à-dire que la myélinisation des circuits, notamment frontaux, qui sont très impliqués dans la prise de décision, ce qu'on appelle en neuropsychologie la decision making en anglais, on peut montrer que ça se minimise vraiment correctement vers la trentaine. Disons, en tout cas, peut-être au-delà de 20 ans, ça c'est sûr, probablement au-delà de 25 ans chez la femme et plutôt vers 25-30 chez l'homme. Je dis ça parce qu'il y a des modes à donner le droit de vote à 18 ans, 16 ans, bientôt 12 ans, peut-être à 6 ans. C'est intéressant ça. Mais je ne suis pas sûr que ce soit très raisonnable. Bon, voilà, je ferme cette parenthèse un peu provoque, mais d'un point de vue neurologique, c'est effrayant. Après, ça ne veut pas dire qu'on n'ait pas le droit de faire des choix,
27:05 ce n'est pas ça que je dis, c'est simplement attention sur les choix que l'on est amené à faire, et on nécessite donc une protection. Ça peut être un compagnonnage, ce n'est pas forcément quelque chose de bridé, on peut être libre de plein de choses, mais on a besoin d'un compagnonnage, on a besoin d'être épaulé, d'être assisté, conseillé pendant longtemps, et donc ça veut dire qu'on peut montrer que s'il y avait une espérance de vie, de 40 ans, comme on nous le dit, réelle, et que les gens en fait en termes de longévité n'allaient pas au-delà de 40-50 ans, alors l'espèce n'aurait pas pu survivre, nous ne serions pas là aujourd'hui, ce qui est bien la preuve qu'il fallait plusieurs générations qui vivaient elles-mêmes relativement longtemps pour certains d'entre eux, d'autres mouraient au combat de maladies, pour pouvoir éduquer ces petits sapiens qui étaient nos ancêtres.
27:52 Petite question parenthèse, je saute sur l'occasion. Tu penses que le cerveau est mature à partir de quel âge ? Tu penses qu'on pourrait prendre les meilleures décisions de manière cognitive à partir de quel âge ? Est-ce que 18 ans c'est une bonne idée ? Est-ce que 21 ans c'est mieux ? C'est très compliqué parce que ça va dépendre beaucoup du domaine décisionnel. En effet, c'est juste pour contextualiser, après je réponds en me mouillant un peu plus. Pour contextualiser, quand on fait des bilans neuropsychologiques, des évaluations neurocognitives poussées, on se rend compte que les performances, si on appelle performances une espèce de compromis entre la vitesse d'exécution et le nombre d'erreurs,
28:43 eh bien, la performance ne varie pas avec l'âge, globalement. Si on prend, mettons, de 18 ans jusqu'à 70 ans, chez quelqu'un qui est en forme, bien entendu, alors ça devient de plus en plus difficile à trouver aujourd'hui parce que l'expérience de vie, soi-disant, augmente, ce qui n'est pas vraiment vrai, et l'expérience de vie en bonne santé se casse la figure. Bon, il y a eu un Covid qui a un peu balayé ça, donc du coup, ça se voit moins, mais si on prend les chiffres d'avant le Covid, c'est très intéressant. Bref, donc ça, ça montre l'échec total du courant mainstream actuel. Et donc, du coup, lorsque l'on a cette performance à peu près stable. Néanmoins, les composantes de la performance varient. C'est-à-dire qu'en gros, et ça paraît intuitif finalement quand on en parle comme ça, on se dit qu'il n'y a pas besoin d'études pour le montrer, c'est toujours bien de l'évaluer je trouve, mais quand on est plus jeune,
29:31 on va plus vite et on fait plus d'erreurs. Quand on est plus âgé on va moins vite et on fait moins d'erreurs sur des tâches chronométrées j'entends mais la vie c'est une sorte de tâche chronométrique quand même, et donc ça c'est intéressant alors pourquoi est-ce que les plus jeunes font plus d'erreurs peut-être parce que le frontal justement est moins mature il y a moins d'inhibition donc du coup ils foncent mais d'un autre côté ça peut être aussi parce qu'il y a moins d'expérience puisqu'on dit que les plus âgés compensent par l'expérience ce qui est absolument exact, sauf que l'expérience ça veut dire que d'un coup c'est comme si j'avais plein de souvenirs. On me pose une question, j'ai plein de souvenirs, je dis mince, alors je vais passer par où ? Ça freine. Donc on ne sait pas si c'est un freinage parce que le circuit est moins opérationnel que la voiture vieillit un peu pour communiquer, ou si c'est parce que, en fait, c'est plus une voiture, c'est un train complet à chaque fois.
30:17 Peu importe, toujours est-il que l'expérience vient aider de façon considérable, et on voit très bien qu'en absence d'expérience, c'est beaucoup d'essais-erreurs, globalement. Et donc c'est du learning by doing en permanence, alors ça le reste toute la vie, mais c'est encore plus vrai quand on est jeune. Conclusion, prendre une décision, c'est difficile, c'est sûr que pour prendre une décision, plus on est âgé, en bonne santé, plus on a un recul qui potentiellement pourrait aider à prendre la meilleure décision, et ce n'est pas pour rien que la sagesse, au sens grec ancien du terme, c'était des anciens, et d'ailleurs, je rappelle quand même que, puisque la guerre est très à la mode depuis pas mal de décennies, même sur le XXe siècle, même après la Seconde Guerre mondiale, je veux dire. En fait, les Grecs qui prenaient les décisions de la guerre avaient dû,
31:04 passés dans l'armée, en tout cas sur une longue partie de la Grèce antique, avaient dû d'abord faire leur preuve sur le terrain, voir des horreurs, en subir, en faire peut-être, et après prendre la décision de oui ou non faire une guerre. Et alors là, crois-moi, ça calme. Et donc, alors que nous c'est le contraire, c'est-à-dire que ceux qui prennent les décisions des guerres, pour la plupart, ils n'ont jamais mis un pied sur un champ de bataille. Et donc évidemment, c'est facile, quand on fait le combattant de salon, on peut aller faire la guerre à qui on veut, mais quand c'est dans l'autre situation l'expérience permet d'assagir permet de tempérer mais c'est pas toujours d'en diminuer l'audace parce qu'on peut dire ah oui mais ils perdent de l'audace c'est pas vrai, parfois les personnes les plus agis ont le plus d'audace, simplement aujourd'hui le modèle que l'on a c'est un modèle d'un vieillissement qui souvent n'est pas très réussi donc je rappelle quand même que nos maîtres
31:51 grecs mourraient facilement, enfin Socrate qui a été assassiné est mort à plus de 70 ans. Si l'on prend Platon qui n'est pas forcément une référence pour moi, mais Platon, si l'on prend Aristote, si l'on prend notre patron entre guillemets de la médecine occidentale. Hippocrate, eh bien en fait, c'était couramment 80 ans, parfois 85 ans, à l'âge de décès, il ne faut quand même pas oublier ça. Voilà, donc la longévité n'a pas augmenté, à proprement parler. Donc, voilà pour ça. Et du coup, difficile de dire, on a un risque de se tromper qui est important quand on prend des décisions jeunes, mais est nettement moins important quand on est plus âgé. Et quand on voit pour la myélinisation, on peut dire que 25 ans, 30 ans, on est sur un âge déjà de sagesse, d'une certaine sagesse.
32:39 Mais en même temps, comme l'expérience s'acquiert par les erreurs et ne s'acquiert que par les erreurs, pas par les réussites, jamais. Eh bien, le problème, c'est que si on ne prend pas suffisamment de décisions et donc de mauvaises décisions, si on n'échoue pas assez vite quand on est jeune. Peut-être que plus tard, on ne prendra jamais les bonnes décisions. Est-ce qu'on ne sait pas, si ces modèles pour nous qui prennent de bonnes décisions plus tard, que serait-il arrivé s'ils n'avaient jamais échoué jeune ? Probablement qu'ils échoueraient toujours maintenant. Enfin, qu'ils échoueraient maintenant. Voilà. Donc, finalement, en gros, le message de prudence c'est dire, dès qu'il y a un risque d'échec qui n'est pas dramatique et bien, il faut prendre des décisions, il faut faire des choix, il faut échouer vite,
33:25 et ça doit même devenir une philosophie échouer vite, pour s'améliorer, pour faire mieux il n'y a que comme ça qu'on s'améliore et puis, en tout cas je partage ce point de vue entrepreneuriel que j'aime beaucoup et donc, simplement, s'il y a des décisions plus coûteuses en termes de conséquences. Ça peut être pour un engagement pour avoir des enfants. Après, il y a des gens qui n'ont pas de difficultés à divorcer, même si les enfants sont en bas âge. C'est une façon de voir. Pour d'autres, c'est plus compliqué. C'est une autre façon de voir. Je n'ai pas de jugement à émettre. Simplement, c'est vrai que lorsqu'on part sur un mariage, sur le fait de fonder une famille,
34:11 peut-être que réfléchir, enfin laisser passer du temps plutôt peut-être intéressant il faut faire ses expériences aussi mais peut-être que si l'on veut éviter ce qui pour certains est un échec dur à supporter et bien alors dans ce cas là effectivement, attendez peut-être un petit peu et c'est vrai que l'âge de 25-30 ans est aujourd'hui un âge qui est peut-être intéressant pour faire des choix dont les conséquences peuvent être, potentiellement fortes je pense que c'est surtout en termes de conséquences qu'il faut réagir voyager, monter une société dans un pays, se planter c'est parfait il faut le faire le plus tôt possible. Donc oui, au lieu de réfléchir d'un point de vue à partir de quel âge tous les cerveaux sont matures pour prendre les bonnes décisions, c'est plutôt de se dire, en fait, il faut prendre des décisions, il faut passer à l'action, il faut faire des choses, il faut passer par l'échec.
34:56 Ce qui va, plus on fait ce travail-là, plus on fait cette mise en action, plus on va être capable d'être responsable tôt. Et ce qui pourrait expliquer la raison pour laquelle certains sont matures beaucoup plus tôt en âge que d'autres, peut-être cette question d'expérience de vie. Alors si on revient à nos moutons sur l'Alzheimer, ce qu'on comprend bien, c'est qu'il y a une part qui est imputable à la génétique, qui est quand même imputable à la génétique, tout simplement pour ceux qui ont les gènes ApoE4. Mais j'ai l'impression que cette maladie qui, sur les 15 dernières années, était très vue comme une maladie génétique, ce qu'on est en train de se rendre compte, ce que tu expliques, c'est que finalement, le mode de vie a une part énorme. Considérable. Dans la survenue de la maladie avant qu'on creuse un peu plus sur ces modes
35:44 de vie parce que j'ai pas mal de questions comment on en est venu t'as parlé un peu d'anthropologie en regard de, nos ancêtres qui avaient des gènes on se dit c'est bizarre ils avaient des gènes mais pourtant ils avaient pas tant de problèmes de démence donc est-ce que c'est pas une hygiène de vie est-ce que c'est pas ceci donc on a découvert ça comme ça mais d'un point de vue mécanisme comment on explique, si on est d'accord que l'Alzheimer en fait c'est la mort de certains neurones qui vont, voilà, c'est l'apoptose, ils vont mourir, donc les connexions se font plus, je vulgarise. Et voilà, on perd mémoire, on perd des fonctions cognitives. Comment le manque de sommeil ou comment une certaine alimentation, comment s'est rendu compte que, au niveau du mécanisme, ça jouait sur cette mort de cellules ? Est-ce qu'on est capable de le reproduire,
36:30 je ne sais pas, en labo, ce qui a permis de se rendre compte ? Alors, il y a un certain nombre d'expériences en laboratoire, souvent sur des cultures cellulaires. Donc là, il faut se méfier un peu parce qu'on est certes sur des choses qui sont vivantes, nous sommes d'accord, mais nous ne sommes plus, nous sommes in vitro comme l'on dit, c'est-à-dire dans, entre guillemets, les vitres du laboratoire. Bon, on n'est plus vraiment dans le contexte écologique, donc il faut se méfier simplement. On peut utiliser des marqueurs indirects, donc c'est là où il faut toujours se méfier aussi, chez des gens vivants. Et puis, on peut aussi faire des belles comparaisons, des belles cohortes, c'est-à-dire vraiment suivre, et ça, les pays nordiques sont assez bons pour
37:15 ça, suivre pendant longtemps des gens, très longtemps, pendant l'essentiel de leur vie. Et lorsque ces gens décèderont, pour ceux qui acceptent qu'on puisse avoir un examen autopsique du cerveau, ce qu'on appelle un examen neuropathologique, logique. Alors en France, pareil, ça devient extrêmement rare. Mais dans les pays nordiques, ça se fait encore bien. En Allemagne, énormément. En Angleterre, plus ou moins. Et puis aux États-Unis, et surtout dans des centres comme la Mayo Clinic, énormément encore, heureusement. Et donc, ces banques de cerveau, ces brain banks, comme on dit, nous permettent, si à condition que le suivi ait été bon, de pouvoir, pour le coup, faire des comparaisons. Et ça, c'est intéressant, parce que ce sont des comparaisons post-mortem. Et donc, on va comparer les cerveaux et voir s'il y avait des différences dans les modes de vie dans les décennies qui ont précédé la maladie.
38:04 Alors ça peut mener à tout type de conclusion ça peut mener à des conclusions du genre si on monte à 10 ans, il y a beaucoup plus de consommation de benzodiazépines. Conclusion c'est les benzodiazépines qui créent l'Alzheimer. C'est mignon comme conclusion, c'est très à la mode aussi c'est d'autant plus mignon que ça a été d'abord élaboré plutôt par l'industrie pharmaceutique pour placer d'autres molécules en général c'est comme ça, quand on veut changer les anticoagulants on dit regardez ce que vous prenez c'est ce qu'on met dans la morora c'est vrai. Donc vous imaginez c'est ce qu'on vous donne sauf que là c'est pas pour tuer des gens quand on donne des anticoagulants en général, et donc on met des nouveaux produits des nouveaux anticoagulants donc c'est un peu le principe, on diabolise un médicament pour en donner un autre et dans le domaine de la psychiatrie, c'est régulièrement des médicaments avec plus d'effets secondaires ce qui ne
38:50 veut pas dire qu'il n'y ait pas d'autres avantages mais quand même il ne faut pas l'oublier voilà, donc du coup les bases de diazépine, soi-disant ça crée la maladie mais en réalité, si on regarde, plus sur un temps plus long, là on se rend compte que ça ne marche plus. Et en effet, on a pu, grâce à des imageries comme le PET scan, qui est un des moyens, ça ne permet pas de mettre le diagnostic de façon parfaite, simplement on voit qu'il y a une maladie neurodégénérative. Ça par contre, le PET scan cérébral, au glucose marqué avec un flux radioactif. Permet donc, sur des scintigraphies, c'est de la médecine nucléaire, permet de voir des profils de dégénérescence déjà 20 ans, probablement plus, peut-être 30 ans.
39:36 Au moins 20 ans pour l'Alzheimer, ça par contre s'est bien montré maintenant. Bruno Dubois, un des spécialistes d'Alzheimer à Paris, sur un courant très mainstream, avait participé et encouragé ce genre d'études. Et donc, si la maladie se déclare au moins 20 ans, et peut-être même 30 ans, voire plus encore, tout doucement, tout doucement, tout doucement, puis après il y a une espèce de phase exponentielle dans l'évolution vue d'extérieur, eh bien ça veut dire qu'il y a déjà des symptômes. Or, quels sont les premiers symptômes d'un cerveau qui souffre ? Et ça, ma femme en psychiatrie métabolique y est confrontée régulièrement. C'est plus de vulnérabilité par rapport à la résistance au stress, c'est-à-dire plus de manifestations anxieuses, plus d'angoisse,
40:23 plus de burn-out, plus de dépression. D'un autre côté c'est pas parce que vous faites une dépression à 50 ans vous dites oh bah tiens c'est un début d'Alzheimer bon heureusement que non parce que vu le nombre de burn-out on serait mal d'un autre côté la proportion de ces gens là qui va développer une maladie neurodégénérative par exemple un Alzheimer ou un cordelévis des deux maladies les plus fréquentes, cordelévis il faut entendre une sorte de Parkinson et bien. La proportion va être quand même relativement importante malgré tout, ça reste une minorité Dieu merci, mais quand même, et donc, en fait, à cause de ça ces gens se soignent, et en fait, prendre des bains aux dix ans avant, ça n'est que le témoin qui a déjà un trouble anxieux sévère chez ces gens-là qui est beaucoup plus fréquent que dans le groupe qui ne développera pas d'Alzheimer derrière, et de façon logique les gens se traitent que ce soit avec des médicaments ou par des psychothérapies, ou d'autres façons tout simplement,
41:09 donc c'est déjà une mauvaise compréhension c'est pour ça qu'il faut bien avoir une idée du temps, nécessaire pour déclarer la maladie Et toutefois, quand on regarde les vrais facteurs de risque sur ces études dites de cohorte, et qu'on regarde avec l'examen neuropathologique pour être sûr qu'il y ait bien la maladie, et il y a de très bonnes et de très mauvaises études, c'est là où il faut être très vigilant et bon en méthodologie pour pouvoir être capable d'interpréter, c'est ça aussi un autre problème. Eh bien, à ce moment-là, on se rend compte qu'effectivement, chez les patients Alzheimer, très clairement, il y a beaucoup plus de petits dormeurs qui pourtant peu dormis toute leur vie, qui étaient super en forme, qui disent « regardez-moi, j'ai besoin de 5 heures ». Oui, ok, bon. Alors, est-ce que la causalité est difficile à prouver ? Parce que pour la prouver, il faudrait volontairement, de façon aléatoire sur un groupe, priver un peu de sommeil pendant des décennies certaines personnes de façon
41:56 à s'assurer qu'elles développent bien l'Alzheimer, ce qui en soit évidemment foncièrement non éthique. Et donc, on ne peut pas le faire. Ce qui veut dire que la causalité finale, on n'a jamais. Par contre, on a des moyens avec des marqueurs intermédiaires comme le PET scan, comme les marqueurs amyloïdes, par exemple dans la ponction lombaire. Qui est facilement faite en Allemagne par exemple, en France plus difficilement je parle chez des volontaires sains et bien on peut aller voir et c'est ainsi que pour terminer sur juste le sommeil on a pu montrer que lorsque l'on dort peu. Le lendemain on a beaucoup plus de déchets amyloïdes dans le liquide céphalorachidien, ce liquide qui est fabriqué par le cerveau pour le protéger qui a certainement d'autres rôles aussi, et donc il se passe déjà quelque chose, ça peut être compensé mais il se passe déjà quelque chose de type accumulation de déchets et de près ou de loin une
42:46 voie un petit peu Alzheimer. Donc on a quand même de façon certes indirecte mais je dirais suffisamment fiable la possibilité d'étudier certains facteurs. Voilà. Et puis après, enfin, il y a le fait de renverser les choses qui dans les stades très précoces de la maladie quand le diagnostic est bien prouvé pour le coup. À ce moment-là, et c'est mon confrère Delbra Dessen aux Etats-Unis qui était un élève de Prusineur, cette année Prusineur c'est la prix Nobel du découverte du Prion. Et donc à ce propos on aurait pu parler de Crossfield Jacob d'ailleurs mais bon ça c'est en sorte du sujet et donc Bredesen, a élaboré une théorie, théorie du toit aux 36 trous, qui m'a beaucoup inspiré au début, et c'est vraiment un visionnaire.
43:32 Alors, j'ai fait après mon propre cheminement, bien sûr, mais c'était quelqu'un qui m'a beaucoup inspiré, qui a compté pour moi, et pour Bernard Arandin, neurologue parisien aussi, qui faisait du cétogène. Et donc, lorsque l'on essaye de renverser les choses en disant, voilà, j'ai soigné d'un point de vue métabolique la dysfonction thyroïdienne, l'excès d'insuline, etc. Comme de par hasard les performances cognitives non seulement s'améliorent mais également on peut parfois, avoir l'impression que la maladie est renversée dans le sens où le patient ne présente plus les critères nécessaires de troubles cognitifs pour pouvoir parler d'une maladie d'Alzheimer et ce avec des périodes de suivi qui vont jusqu'à à peu près 15 ans en ce qui concerne les suivis d'Elma-Dazel voilà donc, c'est en ce sens où c'est une autre façon d'arriver à cette conclusion c'est-à-dire
44:20 je corrige les éléments de l'environnement qui m'ont détraqué mon métabolisme, puisque de près ou de loin c'est une histoire de métabolisme, et bien à ce moment-là, j'améliore les choses, donc finalement c'est un argument indirect supplémentaire pour dire que c'était bien ces choses-là qui étaient la cause de cette neurodégénérescence. Ok, on va essayer peut-être d'y aller par chronologie, avant de développer la maladie, on a déjà quelques signes, avant d'avoir quelques signes est-ce qu'on est génétiquement favorable est-ce que ça peut avoir du sens je sais pas, à 20, 30 peut-être même 40 ans de faire un test génétique de type APOE4 pour voir si on a des gènes qui nous mettraient en prédisposition et qui feraient en sorte
45:05 qu'on prenne encore plus de pincettes sur notre mode de vie pour éviter justement que ça déclenche Alzheimer plus vite ou alors, ou alors, finalement parce que c'est des théories que j'ai déjà entendues, ça n'a pas de sens de tester le gène pourquoi ? Parce que si on l'a on va se faire peur, donc on risque déjà d'activer des voies de stress, d'anxiété qui peuvent faire naître la maladie mais qu'on l'ait ou qu'on l'ait pas, dans tous les cas les solutions seront toujours les mêmes mieux dormir, mieux manger mieux s'activer. Tout à fait, et c'est en ce sens alors il y a une nuance à ça quand même c'est ce que j'appellerais le côté guerrier de la personne, est-ce qu'on est dans une personne chez une personne qui a une psychologie, pas très guerrière, et dans ce cas, qui peut être, qui va être inquiété,
45:55 moi j'ai été inquiété que j'ai vu cet Epsilon 4, mais je savais que je, c'était presque sûr que je l'avais, dans le sens où la famille avait tellement de cas, qu'il y avait peu de chance que, bon, à voir. Et donc, est-ce que la personne va pouvoir gérer ce stress pour rebondir, et là on va parler après de type de rebondissement, ou non ? Donc ça c'est difficile de savoir, et déjà surtout, il faut que ça devienne de la part des gens, il ne faut pas aller. Je ne pense pas qu'il faille les inciter. Moi, je n'incite pas, sauf quand il y a des troubles cognitifs avérés, parce que ça nous permet d'avoir une idée de la virulence. Bon, ça, c'est autre chose, c'est à viser plus pronostic. Ce n'est pas tellement à viser de diagnostic. Au niveau de diagnostic, je n'incite pas. Par contre, si les gens le souhaitent, je le leur prescris. En effet, si on peut être capable de rebondir de façon un peu martiale derrière,
46:43 je pense que c'est utile. C'est ce que j'ai fait pour moi, pour moi-même. Si on n'a pas la possibilité de rebondir facilement pour x ou y raison, alors à ce moment-là, ça peut être tout à fait délétère. En ce sens, je partage tout à fait le point de vue. En revanche, là où je ne suis pas tout à fait d'accord, c'est que si la prise en charge est la même, oui et non. C'est-à-dire que ça voudrait dire qu'une prise en charge préventive est la même qu'une prise en charge quasiment curative. Ce n'est pas vrai. Un régime cétogène préventif sans savoir si on a des risques particulier de maladies non-dégénératives, pour un homme, 1 de BHB, de 7 tonnes de matin à jeun, c'est parfait, 1,5 pour une femme, c'est parfait. Maintenant, si on est à peu 4, là, c'est une prévention qui doit être tellement
47:31 forte qu'on est quasiment dans du curatif. Ça veut dire que là, pour le coup, moi, je suis à 2, 2,5 de BHB le matin à jeun. Alors, il y a des fois, je suis à 1, 1,5, bien sûr, mais je tourne plus souvent autour de 2, en tout cas. De la même façon, je tolère beaucoup moins d'écarts. donc c'est beaucoup plus on va dire les outils sont les mêmes mais c'est pas parce que les outils sont les mêmes que l'on va dégainer à la même fréquence et tirer le même nombre de rafales, on a beau utiliser les mêmes outils on ne les utilise pas de la même façon donc en gros le programme est globalement le même et de façon plus extrême, franchement plus extrême ce qui fait que il n'en devient pas utilisable pour tout le monde et à moins d'avoir une volonté, énorme et cette volonté peut venir justement de la connaissance d'un facteur
48:19 de risque Alzheimer je ne pense pas pour le coup que ce soit raisonnable que tout le monde ait mon style de vie. Très clair. Alors il y a quelque chose que tu n'as pas mentionné dans le mode de vie, c'est l'importance de l'activité physique, notamment de type résistance, donc musculation, pour faire simple. On en entend de plus en plus parler que pratiquer la musculation, au-delà d'avoir des muscles super, d'avoir une silhouette merveilleuse, et d'être fort dans la vie de tous les jours, et de protéger les articulations, tout le système musculo-solytique, voilà. C'est clair par un facteur, BDNF. BDNF, ça commence comme Boris Dufourney mais ça n'a rien à voir et ça se termine par NF,
49:11 Boris Dufourney, neurologue formidable première fois qu'on me le fait mais c'est mignon et oui ce BDNF tu veux qu'on parle un peu du BDNF ? Ouais j'aimerais comprendre en fait l'impact de l'activité de type résistance sur la prévention ou peut-être même la curation d'une maladie d'Alzheimer ou d'une démence de manière générale, d'une maladie non-dégérative. Alors, juste un mot pour préciser les types d'efforts. D'autres efforts ont une utilité mais complètement différente. Moi, je distingue trois types d'exercices physiques. Les deux extrêmes en termes de métabolisme. Donc, d'un côté, le sport de résistance sous forme explosive, donc le heat force, la force en quelque sorte. Et puis, l'autre, l'endurance, c'est-à-dire des exercices que l'on peut pratiquer
49:58 pendant plusieurs dizaines de minutes, voire plusieurs heures, et donc qui n'utilisent pas les mêmes fibres musculaires, pas les mêmes métabolismes. En fait, c'est défini par ça, en réalité. Donc, ça veut dire que... J'ai des patients, des fois, qui me disent « Je ne fais pas de musculation, je fais du vélo. » « Ce n'est pas de la musculation. » « Je me muscle les jambes quand je fais du vélo. » Je ne suis pas... Je conçois. Mais, en fait, c'est des métabolismes différents il n'y aura pas de franche hypertrophie musculaire ou alors tout à la rigueur très localisé et puis troisième type d'exercice exercice que j'appelle de mobilité et de renforcement articulaire, En effet, certes, tu peux renforcer des articulations avec de la musculation, mais tu vas aussi les abîmer. Pareil avec l'endurance, pareil si tu ne fais rien. Et les articulations, globalement, la seule méthode qui marche, de mon point de vue, c'est très clair, c'est des exercices dédiés. Alors, ça peut être un peu de
50:45 stretching, mais méfiance. Je préfère des exercices de type pilates, par exemple, dérivés du pilates, qui sont un peu à mi-chemin. Alors, ça va peut-être faire hurler certains, mais entre des postures de yoga, je ne parle pas des dimensions spirituelles et de développement du yoga, je parle de l'aspect purement mécanique. Et le stretching, on a une espèce de compromis qui reste au poids de corps, qui reste sur des muscles polyarticulaires, etc. Mais ça, c'est très important aussi pour la proprioception. Si je reviens, la proprioception, en revanche, elle va arroser, éclairer, stimuler une bonne partie des fonctions cognitives, et en fait, on a des meilleures performances cognitives quand on fait marcher la proprioception. Pourquoi ? On ne sait pas, mais c'est clair. Bon, ensuite, la musculation en tant que telle, elle, c'est la grande oubliée, généralement, parce que les gens peuvent faire un peu de pilates ou de yoga ou des étirements, vont volontiers à la piscine ou faire du véloéleptique ou
51:33 du rameur mais par contre quand il s'agit d'aller faire de la muscu, alors là, je rentre pas sur les détails de chaînes cinétiques ouvertes et chaînes cinétiques fermées, ce que je conseille c'est de la chaînes cinétiques fermées, c'est-à-dire du poids de corps, donc on prend pas des haltères en bout de bras, on prend pas des kettlebells, ça il faut le laisser aux personnes spécialisées parce qu'il y a un risque de blessure qui est énorme, considérables, et par ailleurs, ce ne sont pas des exercices physiologiques la plupart du temps. Bon, ce que je veux, c'est du renforcement musculaire fonctionnel, le RMF, et le RMF, c'est globalement de la chaîne cinétique fermée, c'est-à-dire que les mains, par exemple, tiennent quelque chose, que ce soit une barre de traction, que ce soit un plan incliné pour aller faire des pompes, ce sont des exercices qui ne sont pas drôles, mais effectivement, lorsque l'on va à l'épuisement musculaire, et je dis que ça dépend. Lorsqu'on va vraiment à l'épuisement musculaire, c'est-à-dire qu'on va au-delà de la douleur,
52:23 au-delà de la tétanie, et que là, pour le coup, si on est en pompe, cette fois-ci, on commence à monter, hop là, et là, ça lâche, attention, on va tourner la tête, à ce moment-là, on est à l'épuisement musculaire, et à ce moment-là, on va sécréter un facteur, alors deux facteurs, je passe à le mTOR pour que le muscle puisse s'hypertrophier pour la fois d'après, et le deuxième, c'est le BDNF qui dit « Attends, moi, je fais le boulot, je vais m'hypertrophier, mais toi, là-haut, le cerveau, tu es bien gentil, tu vas aussi, tu as une part de responsabilité dans l'échec musculaire, parce que le corps le vit comme un échec. Et donc, renforcement des... C'est un échec nerveux. C'est un échec neuromusculaire. Stimulation nerveuse forte. C'est un échec neuromusculaire. Donc, du coup, stimulation, et ce BDNF agit comme un engrais, et il va stimuler la croissance ou en tout cas le maintien
53:08 des connexions synaptiques, voire l'augmentation des communications entre neurones. Bref, il va participer à faire de ce qui était un petit sentier de la communication, une véritable autoroute de la communication. avec un magnifique entretien. Et donc, là, derrière, ce BDNF, on a montré que, par exemple, d'abord dans la sclérose en plaques, puis dans d'autres maladies, c'était vraiment la pierre angulaire. Alors, seul, ça ne marchera pas, mais se priver de BDNF, c'est aussi très embêtant dans une prise en charge neurométabolique. Et donc, c'est pour ça que je prescris de façon systématique à tous mes patients, et à moi aussi, de la musculation sous forme de renforcement musculaire fonctionnel avec des consignes précises. Est-ce que la passivité cognitive, la passivité tout court, est également un
53:56 facteur de risque de développer Alzheimer ? Les écrans, les réseaux sociaux, la non-réflexion, arrêter de lire, arrêter de réfléchir, est-ce qu'on est en train de fabriquer une future génération d'Alzheimer ? C'est très probable. Beaucoup de résultats plus ou moins bien faits le montrent, d'études plus ou moins bien faites, mais pas mal de résultats le montrent. Et on peut aussi raisonner un peu à l'envers en disant, quand bien même ça n'en causerait pas plus, ce qui n'est pas mon point de vue, mais admettons. Derrière, on va détecter la maladie beaucoup plus tard. Ça, ça m'a frappé au début de mes études de neurologie, c'est-à-dire qu'il y a un critère important
54:44 pour nous, mais en fait pour l'entourage, qui va donner l'alerte aussi, si le patient n'en est pas tout à fait conscient, voire pour le patient, c'est de dire « docteur, il y a ça que je pouvais faire, que je ne peux plus faire, il y a une perte d'autonomie dans tel et tel domaine ». Très bien. Donc là, on voit, on imagine tout de suite une asymétrie terrible entre des gens qui sont cognitivement très présents et physiquement aussi très présents, notamment pour les syndromes parkinsoniens, c'est là qu'on le voit d'abord, au stade très débutant, sur des moins bonnes performances au tennis, des choses comme ça. Et donc, on a des gens qui, d'un coup, vont dire, voilà, il se passe quelque chose. Alors, le discours médical classique, c'est, ma brave dame, mon brave monsieur, c'est l'âge à 50 ans ? Ben oui, c'est l'âge. Parce que les médecins aussi sont dans de moins en moins bonne santé. Donc, ils s'identifient aussi. Quand vous dites à un médecin qui lui ne peut même plus courir que vous ne courez
55:33 plus il ne va pas vous dire c'est très anormal tout ça, bon soit c'est de la psychologie et pas transactionnelle mais bon. Du coup ça sera peut-être pas mal pour le coup que les IA interviennent sur les diagnostics pour éviter ce genre de biais subjectif tout à fait. On va faire la parenthèse ça a été un des problèmes qui a fait que j'ai quitté, que j'ai quitté Marseille c'est pas Marseille en soi que j'ai quitté le milieu universitaire tout simplement, mais effectivement c'est ce qu'on voulait faire avec un ami on était en train de mettre ça en place mais ça n'a pas plu et puis plus tard ils achèteront ça dans d'autres entreprises, c'est pas grave, avec des dizaines d'années de retard bon, effectivement avec l'IA on peut faire ça et c'est évident et bon, dans tous les cas, cette forme de détection très précoce elle est très intéressante parce que plus
56:20 on prend les choses tôt et plus on ralentit le processus voire on peut, selon les cordes de Bredesen et mon expérience, bloquer le processus dans un certain nombre de cas. Et donc, pour cela, il faut être challengé physiquement, intellectuellement en permanence pour se dire, Je rame, je ne suis pas bon, je n'ai pas été bon. On se le dit une fois, je suis fatigué, puis la deuxième fois, ah. Et quand on est au-delà de notre zone de confort, toujours pareil, quand on est souvent au-delà de notre zone de confort d'un point de vue physique, cognitif, affectif aussi, à ce moment-là, on peut détecter très tôt un dysfonctionnement et donner l'allaire très tôt. Donc du coup, c'est un avantage énorme par rapport à des patients qui arrivent à la retraite, sont sur le canapé presque toute la journée.
57:06 Sortir, c'est pour aller acheter le pain. Allez hop, une petite dose de glucides de passage. Et ça s'arrête là, et il y a les écrans derrière, donc ils ne lisent plus. Donc ils n'entretiennent plus rien, et comme ils ne font plus rien dans leur quotidien, et en tout cas plus rien de challengeant, eh bien à ce moment-là, on va détecter la perte d'autonomie quand ils n'arriveront plus à se lever, et encore quand ils n'arriveront plus à se doucher tout seuls vraiment, etc. Et donc, c'est en ce sens où c'est important là aussi, puis enfin, c'est important dans la motivation pour la prise en charge, parce que bien sûr, plus quelqu'un est dynamique, plus il a à perdre d'un handicap, même faible, dans les mois qui viennent. Et donc, là aussi, ça donne une motivation supplémentaire. C'est évident que si on ne fait plus rien de sa journée, qu'on n'a plus d'envie,
57:54 plus d'intérêt, plus de passion, et en plus qu'on recherche le confort,
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