0:01 Nike, la plus grande entreprise de sport que le monde est connu. Un empire colossal qui écoule plus d'un milliard de paires de chaussures chaque année. Surtout une marque iconique qui a imprégné la culture populaire à jamais. Mais derrière cet immense succès mené par deux hommes, il y a près d'un siècle d'histoire marqué par des rebondissements dignes d'un scénario hollywoodien de l'origine morbite du slogan "Just do it" à la faillite sauvée par une personne que vous connaissez tous en passant par des coups de génie en marketing et en innovation. Installez-vous confortablement et laissez-moi vous raconter la folle histoire de [Musique]
0:52 Nike. Salut à tous, c'est Dylan. J'espère que vous allez bien. Pour actionnaire, aujourd'hui, je vais vous raconter la folle histoire de Nike. D'ailleurs, j'en profite, on voit que vous êtes encore peu d'abonnés sur notre chaîne YouTube. Alors, pour ne pas manquer les prochaines histoires du monde du business, abonnez-vous, pensez à liker cette vidéo pour nous soutenir. Et bref, revenons-en à [Musique] Nike. Field Knight nî le 24 février 1938 à Portland dans l'Oréon. Il grandit dans le quartier résidentiel d'Estmeland et mène une petite vie calme avec ses parents. Mais très tôt, son père Bill Knight, un ancien avocat devenu directeur d'un journal local, lui apprend l'importance du travail et de l'indépendance. Et en été, Phille lui demande un job dans son journal. Son
1:37 père refuse net. Si tu veux bosser, trouve un job par toi-même. Pas de passe droit pour Phil qui doit se débrouiller seul. Après le lycée en 56, Phil Knight part à la fac où il étudie la comptabilité. Il vit dans ce que l'on appelle une fraternity. C'est une maison proche du campus où vivent des familles plutôt aisées. Et dans ce campus, on y trouve des bâtiments en brique rouge, un domaine de sapin mais surtout un stade, lefield. Alors en parallèle de son job de reporter au Daily Emerald, le journal du campus, il part s'entraîner sur la piste. Il est bon mais pas forcément brillant. pour ses amis. Il a de bons chronomètres de porteur d'eau. Mais dans ce stade, il y a quelqu'un qui a un trickfield, c'est Bill Bowerman, entraîneur d'athlétisme qui a sa petite réputation dans l'université. Il est né en 1911 à Portland et a été sportif de
2:22 haut niveau avant de partir combattre pendant la Seconde Guerre mondiale. À son retour, Bill, c'est un héros. Il n'a plus 20 ans et c'est vrai que la guerre l'a usé. Il décide donc de passer de l'autre côté de la barrière en devenant entraîneur d'athlétisme. Et c'est une nouvelle carrière qui lui réussit bien puisque rapidement il fait de l'université de l'Oregon le programme d'athlétisme le plus prestigieux des États-Unis. À la fin des années 50, quand Phil Knight le rencontre, Bill Bowerman se rend compte d'un problème, le matériel des coururs. Les chaussures de course de l'époque sont en cuir et en métal, donc beaucoup trop lourdes selon Bill. La solution est simple. Il écrit à plusieurs fabricants de chaussures pour leur proposer des idées d'amélioration. Il contacte notamment un certain Adolphe Dasler, un fabricant allemand de chaussures qui crée Adidas quelques années plus tôt. Et devinez quoi ? Aucun
3:08 n'accepte de changer les modèles. Ce qui semble fou dans cette histoire, c'est que si Adolf Dasler avait accepté, et bien Nike ne serait peut-être jamais né. Bref, Bill est frustré mais reste déterminé. Il passe ses weekends à tenter d'alléger les chaussures dans son petit garage. Il les démonte pour comprendre leur anatomie, remplace les semelles par des inventions plus ou moins lfoque. Il a par exemple tenté d'intégrer de la peau de kangouro. Bon, à l'époque, il fait tout ça uniquement pour aider ses athlètes. Donc, il n'a pas vraiment d'ambition commerciale. Enfin, pour ses athlètes ou plutôt pour Phil. Et oui, pour tester ses innovations, il se penche sur son cobail Field Knight. plutôt un bon athlète mais qui ne rivalise pas avec ses champions universitaires. Phil et Bill nous une forte relation et surtout il partage une obsession. Trouver la chaussure
3:53 parfaite, celle qui offrira la meilleure performance sur la piste. Mais à côté de tout ça, il y a les études. En 59, après avoir obtenu son diplôme dans l'université de l'Oregon, Phil passe un an dans l'armée et à son retour, il intègre la prestigieuse université de Stanford pour suivre des études de commerce. À cette époque, le Japon fascine les étudiants américains. L'ancien ennemi numéro 1 des États-Unis est érigé en allié modèle par le gouvernement. Des campagnes de relation publiques sont lancées dans tout le pays pour présenter le Japon comme une terre d'élégance et même de liberté. Et la culture nipon infuse dans le pays mangas, film de samouraï, bonzai et même dans la mode. En particulier et vous allez comprendre le lien, leurs chaussures de sport font fureur aux États-Unis. Phil Knight est piqué à la
4:40 sortie de Stanford en 62, il part faire un tour du monde et atterrit au Japon à Tokyo. Là-bas, il part dans les stades observer ce que les athlètes portent et il y a une paire qui sort du lot, les Tigers. Il se renseigne dessus et apprend que le fabricant est Onitsuka basé à Kobé dans le sud du Japon. Bon, pour l'anecdote, Onitsuka est entre-temps devenu Asix, marque mondialement connue. Il faut bien comprendre qu'à cette époque, Phil n'a que 23 ans et est très réservé. Mais il prend son courage à deux mains et monte dans le train pour Kobé, demande l'adresse de Nitsuka, s'y rend et frappe à la porte. On lui ouvre, il demande à rencontrer le patron. Il se présente un homme d'affaires américain qui veut distribuer des chaussures en Amérique. Un rendez-vous avec Kyashiro Onitsuka, le fondateur de la marque est organisé et Phil Knight, il va au culot. Il
5:25 affirme avoir fait une étude approfondie et estime que le marché américain des chaussures de sport pourrait représenter 1 milliard de dollars. Bref, Onitsuka est convaincu. Knight obtient des droits de distribution de Tiger pour les États-Unis. Il fait donc exporter des échantillons aux États-Unis pour les faire tester auprès des athlètes. Et à son retour chez lui, quelques mois plus tard, aucune nouvelle des chaussures. S'il est effondré, il doit passer à autre chose. Il va donc trouver un emploi de comptable. Mais fin 63, 1 an après avoir passé commande, on toque à sa porte. Un livreur lui apporte les fameux échantillons et devinez qui il va voir ? Le bon vieux Bill Bowerman bien sûr qu'il n'a pas oublié. L'entraîneur d'athlétisme est conquis. Ses chaussures sont exceptionnelles selon ses propres mots. Et à partir de là, Bill voit un potentiel commercial. Il propose donc à
6:11 son ex-ét étudiant de devenir son associé. leur mise de départ 500 dollars chacun pour créer Blue Ribbon Sports ou BRS pour les intimes en référence au ruban justement que coupe les vainqueurs lors des courses parce que oui Bill c'est un leader un gagnant il classerait les étudiants en deux catégories les Tigers d'une part et les hamburgers de l'autre compren les battants d'un côté et puis les perdants de l'autre et ça a son importance puisque l'esprit de la gagne va faire l'ADN de son entreprise. Grâce aux 1000 dollars mis au départ, ils vont importer des Tigers du Japon et les premières paires s'écoulent plutôt bien chez les sportifs américains. C'est Phil Knight, pourtant un grand timide qui se charge d'aller faire du porte à porte et d'aller dans les stades d'athlétisme vendre les premières paires. Mais l'affaire ne démarre pas aussi bien qu'espérer. La première année
6:58 en 64, ils font 8000 dollars de chiffre d'affaires. L'année d'après, ils font 16000 dollars. Alors oui, ça a doublé en un an, mais ça reste trop peu pour Bill et Phil. Surtout, les deux Américains payent des frais immenses pour faire importer les chaussures. Donc la marge est très faible. En fait, à l'époque, il vendait la paire de Tiger à 6,95 mais elle coûtait 3 et demi à produire et le tout sans faire de volume. Bref, il ne roulent pas sur l'or. Mais leur première recrue va bouleverser le destin de l'entreprise. Phil Knight se rappelle d'un ancien camarade de Stanford, Jeff Johnson. Un passionné d'athlétisme, débrouillard, gros travailleur et avec les moyens du bord, il le recrute et Jeff va faire des miracles. Non seulement il excelle en vente, mais il structure la production, voyage aux quatre coins des États-Unis pour faire connaître la marque et surtout ce
7:43 passionné de course va jouer un rôle clé dans la démocratisation du running. Il faut savoir qu'à cette époque, aux États-Unis, personne ne court pour le plaisir. Malgré les efforts de Jeff, les finances de Nike ne permettent pas au fondateur de se verser des salaires décents. Phil va donc malheureusement retourner à son travail de comptable. Il rejoint Price Waterhouse à Portland et il reste quelques années en parallèle de son activité d'entrepreneur. En 67, 4 ans après avoir lancé Blue Ribon Sports, l'entreprise s'est un peu développée et les finances leur permettent de se projeter un peu plus. Phil arrive même à quitter son poste de comptable et la même année pour les Jeux Olympiques de Mexico, il décide de lancer une paire de chaussures nommée Astec. Mais Adidas a déjà eu l'idée et lance avant eux les Astecas Gold. Alors là, évidemment, réunion de crise, Knight et Bowerman doivent trouver un autre nom.
8:29 L'entraîneur se tourne alors vers son athlète et lui demande "Tu te souviens du nom de l'espagnol qui a fait tomber les astèques ?" Knight lui répond Cortez. Il créent leur premier modèle en collaboration avec Tiger la Corthèze. Mais surtout ils viennent d'inventer le modèle qui va propulser leur entreprise à l'échelle mondiale et qui encore aujourd'hui reste une icône de la sneaker. On avance un petit peu. En 1970, leur entreprise génère plus de 500000 dollars de chiffre d'affaires. 2 ans plus tard, en 1972, les deux fondateurs décident de lancer leur propre marque 100 % américaine. Phil et Bill mettent le cap sur Guadalarha au Mexique. Là-bas, une usine fabrique des crampons d'adidas que les deux fondateurs trouvent génial. Le problème
9:14 c'est qu'à cette époque, ils ont toujours un accord d'exclusivité avec Konitsuka sur les chaussures de course. Ils vont donc commander des chaussures de foot en cuir. Et quelques mois plus tard, l'usine appelle Knight, lui expliquant que les chaussures commandées ont été produites. Il ne manque plus qu'un élément, le logo. À ce moment, Phil passe devant une université d'art et entend une jeune étudiante discuter avec ses amis. C'est Caroline Davidson, étudiante en graphisme de l'université de Portland. Il lui propose donc de l'embaucher à temps partiel pour mettre en place les premiers éléments de design. Elle doit aller vite. Leur propose plusieurs logos mais face au logo que vous connaissez tous, Phil Knight lancera une réponse historique. Je n'aime pas trop mais je vais m'y faire. Il lui paye 35 dollars pour son travail, loin d'imaginer à l'époque que l'étudiante vient tout simplement de
10:00 dessiner l'un des logos les plus célèbres de l'histoire. D'ailleurs, peu après l'introduction en bourse de Nike en 83, Phil Knight donne à Davidson quelques centaines d'actions. Selon Ruters, elle aurait reçu 500 actions qu'elle aurait conservé et aujourd'hui elle serait valorisée plus de 2 millions de dollars. Bref, le logo a était plutôt bien rentabilisé pour elle. Immédiatement après la réunion avec Caroline, ils vont directement envoyer le logo à l'usine de Guadalaraha pour terminer la production avec le logo sans prendre le temps de retravailler le fameux souch. Quelques semaines plus tard, l'usine appelle night. Les chaussures ont été produites et les logos ajoutés. Mais il manque un élément important, le nom de la marque. Knight réunit ses proches collaborateurs. Alors pour trouver un nom, il patine. Il trouve aucun nom satisfaisant. Mais vous vous souvenez de Jeff, le premier
10:47 employé prodigieux ? Et bien le lendemain matin, il leur dit qu'il a rêvé de la DS grec de la victoire Il leur propose le nom de Nike, simple, efficace, puissant. Les fondateurs sont conquis et BRS est rebaptisé Nike. Et s'ils sont aussi pressés, ce n'est pas un hasard. Oui, Phil Knight le voit, on est en plein boom du jogging aux États-Unis. Il faut bien comprendre qu'à l'époque, courir en ville, c'est assez original. La voiture a été inventé, donc autant en profiter. Mais progressivement, les Américains vont se mettre au goût de l'effort, notamment grâce à un livre publié par Bill Bowerman lui-même. Dans cet ouvrage écrit avec un cardiologue, il parle des bienfaits de la course à pied et c'est à l'époque un immense succès. Tenez-vous bien, 1 million d'exemplaires sont vendus. C'est colossal. Les deux fondateurs doivent donc capitaliser sur ce mouvement. [Musique]
11:35 Très vite et peut-être même avant les autres, ils comprennent qu'une vague se déferle aux États-Unis, celle du footing. Pour en tirer parti, il leur faut des figures fortes, des modèles, des ambassadeurs et qui de mieux que des champions eux-mêmes pour incarner une marque de sport. C'est officiel, Nike se lance dans le sponsoring. D'abord à Eugène dans l'Oregon, ils offrent leurs équipements à tous les athlètes qui participent aux sélections pour les Gios. Et c'est comme ça qu'ils vont faire la rencontre d'un certain Steve Préfontaine, un athlète de haut niveau. Mais après avoir échoué au gio de Munich, il se lance à la conquête des gios de Montréal de 1976. Les deux confondateurs de Nike capitalisent sur leur poulin et lui offrent un contrat de 5000 dollars annuels pour devenir ambassadeur de la marque. Le monde voit apparaître à ce moment-là les prémises
12:21 du sponsoring sportif. Mais c'est un sujet de discord en fait entre les deux confondateurs parce que Bill Boyerman s'oppose à ce que son ancien élève utilise des photos de Steve Préfontaine pour ses opérations marketing. Il estime que ça ne respecte pas ses droits à l'image, mais Phil Knight n'a pas le temps d'hésiter et selon Nelson Faris chargé du storytelling officiel de la marque, il n'était pas entré dans le business des chaussures de sport simplement pour faire du business. Il voulait changer le modèle de ce business. Dans les mois qui suivent, Steve Préfontain parle aux athlètes qui l'entourent de ces nouvelles chaussures révolutionnaires ventant leur confort et leur performance inégalée. Ses coéquipiers intrigués adoptent rapidement la tendance et peu à peu l'engouement gagne du terrain. Les adversaires finissent par céder et enfilent à leur tour ses chaussures
13:07 incontournables. Mais un soir de 1975, Steve Préfontaine est malheureusement victime d'un accident de la route. il va décéder et emporte avec lui les espoirs d'une victoire au Juo de Montréal. La presse en parle et c'est contre toute attente un petit coup de projecteur pour Nike. Phil considère que leur premier pas dans le sponsoring d'athlète est un succès. Il veut maintenant en faire sa marque de fabrique. Alors quand ses concurrents sponsorisent des équipes, lui se concentre sur des personnalités, sur des athlètes. Il va collaborer par exemple avec des géants comme Carl Lewis qui enchaîne les records, devient la même la superstar de l'athlétisme. Mais à l'époque Nike n'a pas des millions à mettre en sponsoring. Alors pour contourner ce problème, Phil Knight et ses responsables des partenariats Peter
13:53 Thompson ont recours à des méthodes disons pas très conventionnel. Il se rapproche d'agences de voyage et de compagnie aériennes pour offrir à moindre frais les déplacements mais aussi des vacances à leurs athlètes. Et quand des concurrents offrent une paire de chaussures par an et bien Nike fournit une nouvelle paire pratiquement toutes les deux semaines. Bref, en fait, ils vont chouchouter leurs athlètes avec les moyens du bord. Mais Phil a compris que sans les athlètes, sa marque ne décollera pas. Entretenir de bonnes relations avec eux, c'est primordial. Il veut les rencontrer et surtout les détecter avant qu'il ne perce. Alors pour ça, il va mettre les moyens en recrutant un certain Sono, un passionné de basket qui a un réseau unique dans le milieu du sport. Il connaît tous les entraîneurs influents et entend avant la presse les chuchottements en coulisse
14:39 sur les étoiles montantes. Al maintenant que Nike a un peu plus d'argent, Phil offre à Sony, en plus de son salaire une enveloppe de 30000 dollars pour payer les coachs universitaires qui distribuent des Nike autour d'eux. Alors oui, ils sont pas fous. Ils savent que la qualité de Nike ne suffit pas et il faut un petit incitatif pour pousser les entraîneurs à parler de la marque. À nouveau, on va dire qu'il mordent de la ligne sans la dépasser puisque rien n'est illégal. Ils vont rencontrer tous les athlètes émergents et d'ailleurs ça a donné lieu à des rencontres historiques. En 1979, ils vont faire par exemple une proposition à Magic Johnson, star montante du basket américain devenue une superstar. Et à l'époque, Phil aurait offert 1 dollar pour chaque paire de basket vendu et 100000 actions de la société. un accord que Magic
15:25 Johnson refuse pour signer finalement avec Converse pour seulement 100000 dollars. Il ne peut pas refuser ce montant à l'époque, on peut le comprendre mais figurez-vous qu'il le regrette encore puisqueaujourd'hui alors selon lui hein, l'accord avec Nike lui aurait permis de gagner plus de 5 milliards de [Musique] dollars. On avance un petit peu. Les années 80 sont là. Nike termine une première décennie en beauté. La marque s'est imposée aux États-Unis et le 2 décembre 80, Nike entre en bourse. Alors pour l'anecdote d'ailleurs, 10 jours plus tard, c'est une marque qui bouleverse la tech, un certain Apple qui fait aussi son introduction en bourse. Et juste avant ce fameux 2 décembre 80, Bowerman, plus âgé avait revendu la majorité de ses parts à Phil Knight qui
16:10 en possédait donc 46 %. Du jour au lendemain, Knight devient l'une des plus grosses fortunes des États-Unis. Alors pour fêter ça, il part 1 an en congé sabbatique. Enfin un peu de répi pour fil mais après le calme vient la tempête. Le début des années 1980, tout ne va pas se passer comme prévu. La grosse erreur ça a été de ne voir que l'essort du running et pas du fitness qui était en fait la vraie tendance de fond. Nike ne l'a pas vu et ne s'est donc pas suffisamment diversifié. Et comme ça, ils ont laissé la place à des conquants comme Rebook qui a dépassé Nike en terme de vente dans les années 80. Nike à ce moment-là est d' au mur. Ils ne sont visiblement pas à bord de la bonne fusée, on va dire, mais ça c'était avant le printemps 84. Le directeur
16:55 marketing de l'époque, Sony Vacaro, à qui le monde du basket murmure aux oreilles, entend un nom. Il n'est encore qu'un athlète étudiant, pratiquement inconnu du public, mais il fait des ravages sur le parquet, un certain Michael Jordan. Sony le veut chez Nike. Hors de question de le laisser filer, cette année-là, Nike lui avait donné un budget de sponsoring de 250000 dollars à répartir entre plusieurs joueurs. Et bien, Sony va tenter un coup de poker. Il propose l'intégralité des 2500 dollars à Michael Jordan. Et surtout, et c'est révolutionnaire à l'époque, Sony propose de donner son nom à une paire de chaussures et de lui offrir une redevance de 5 % sur les revenus bruts des ventes d'Art Jordan mais aussi de tous les produits dérivés. Michael qui rêve d'Adidas va les voir et
17:41 leur met la proposition Nike sur la table. 250000 dollars, c'est trop pour eux. Ils ne peuvent s'aligner que sur 100000. Alors, à contre-cœur, Michael accepte donc la proposition euh de Nike, mais ce qu'ils ne savent pas encore, c'est que c'est Jordan lui-même qui redressera Nike et en fera l'icône du sport qu'elle est devenue. Et quelques mois plus tard, Jordan intègre la NBA, fait ses premiers matchs avec la Air Jordan, assorti d'ailleurs aux couleurs de son club des Chicago Bulls, rouge et noir. Le problème, c'est qu'à l'époque, la NBA n'autorise que le noir et le blanc. Et la légende raconte justement que Jordan recevait des amendes de 5000 dollars par match que Nike remboursait évidemment puisque la pub était phénoménal. Alors toute la presse parlait de ces fameuses paires controversées au design à l'époque innovant avec un logo que vous
18:27 connaissez spécialement créé pour l'occasion et les ventes vont on va dire légèrement dépasser les attentes puisque l'entreprise visait 3 millions de dollars de de chiffre d'affaires sur 3 ans. Et devinez quoi ? En un an, Nike écoule pour 126 millions de dollars de ses Air Jordan. 126 millions à l'époque, c'est colossal, un rat de marée dans l'industrie. Et si vous vous demandez d'ailleurs, oui, le contrat était bénéfique pour Michael Jordan qui a été renégocié plusieurs fois. Au total, il gagnera entre 5 et 10 milliards de dollars au cours de sa vie grâce à la marque Jordan. Bref, si Nike s'est fait une place dans la culture pop, c'est aussi parce que les fondateurs acceptent de prendre des risques. Et pour marquer les esprits, ils acceptent de faire des campagnes qui sortent de l'ordinaire. Lors du Super Ball de 92, l'un des événements sportifs les plus regardés au
19:13 monde, ils vont diffuser une publicité de Michael Jordan avec Bugs Bunny nommé Air Jordan. Le risque d'être ridicule ou mal compris était énorme et en face les frais étaient aussi colossaux puisqu'ils ont investi 1 million de dollars en frais de production. Mais les résultats sont là. La publicité cartonne, la croissance de Nike s'accélère. Et pour l'anecdote, l'explosion de Nike est aussi liée à un phénomène assez improbable que les fondateurs n'avaient pas vu venir. La petite boutique de Los Angeles que Phil Knight avait fait ouvrir par Jeff et juste à côté des studios de la Century Fox, géant américain du cinéma. Les cascadeurs y achètent des paires puis en parlent aux costumiers et le phénomène s'étend aux scénaristes, aux producteurs et aux acteurs. Et donc le petit monde d'Hollywood se met à porter Nike jusqu'à Tom Hanks qui portera euh des Cortèzes
20:00 dans le fameux Forest Gump, récompensé d'ailleurs de six Oscars. Alors, vous l'aurez compris, Jordan a remis Nike sur les bon rails. L'entreprise se répand dans tous les États-Unis et la marque affiche tous les voyants au vert. Mais en 85 et comme dans la vie de beaucoup d'entreprises, un nuage gris se profile. Jusque-là, l'entreprise était rentable mais cette année, elle se retrouve dans le rouge de trimestres de suite. Alors, Phil mène un plan de licenciement à l'époque historique puisqu'il renvoie 280 personnes en 1 an. Mais alors quand ils prennent le temps de se pencher sur la situation, ça saute aux yeux. Nike s'affaiblit. Pourquoi ?
20:48 Phil s'arrache les cheveux. Les paires de chaussures sont probablement les meilleures du marché. Des vedette porte. Bref, ils ne comprennent pas pourquoi tous les Américains n'emportent pas. Mais en fait, c'est peut-être ça le problème. Jusque- là, ils se sont concentrés sur le produit et sur les superstars, mais pas sur le plus central, le consommateur. Dans une interview, Phil déclare que si Michael Jordan leur réclamait une paire jaune et orange, il produisait la paire sans se poser de questions et la mettait sur le marché sans même se demander si les Américains allaient apprécier ces couleurs. Alors, vous le comprenez, ça ne peut pas marcher. Ils réorientent toute la stratégie et déploient une campagne massive pour comprendre leur consommateur. Ils assistent à des centaines d'événements sportifs, amateurs pour discuter avec les gens, organisent des groupes de discussions, vont faire même des études, ils font la totale. Et ça y est, Nike ne se contente
21:35 plus de plaire à l'élite sportive. La firme veut devenir une marque du peuple, mais surtout ils définissent un cap clair. Devenir la meilleure marque pour les activités sportives au sens large. Phil le déclare plus tard, d'un coup, notre positionnement est devenu clair. On savait où on allait. On ne se retrouve pas à faire des mocassins ou à sponsoriser les Rolling Stones. En 1986, les fondateurs de Nike font appel à une petite agence de com, Vidon Kennedy, pour créer un slogan. Ils veulent marquer les esprits avec un slogan simple mais percutant. En réfléchissant, le directeur de l'agence repense à un moment historique qui s'est passé 10 ans plus tôt. Gary Gilmore, un condamné à mort, avait scandé "Let's do it" juste avant le coup fatal." Et l'Amérique s'en était émue et la phrase était rentrée dans la culture populaire. En fait,
22:20 l'agence reprend ce slogan et en sort un mythique Just do It probablement l'un des slogans les plus emblématiques de l'histoire. Nike décolle. Et en parallèle, les Air Jordan connaissent un succès incroyable porté par les exploits sportifs de Michael Jordan sur les parquets. Mais Nike mise sur d'autres bons talents comme Michael Jackson, célèbre sprinter, longtemps détenteur du record du monde sur 400 et 200 m. Nike devient à ce moment-là une marque de sport incontournable, mais ses paires, elles ne sont pas que jolies et bien vendues puisque les athlètes court après pour leur légèreté et leur semelle. Bref, ce sont des bonnes paires et ça c'est le fruit d'un travail mené par un homme pendant des décennies. [Musique] Depuis le début, je vous parle surtout
23:06 de Phil Knight, personnage prédominant dans l'histoire, mais à côté de lui, vous vous rappelez, il y a Bill Bowerman, son entraîneur. Et vous allez voir, Bill a joué un rôle majeur. On remonte en 1972. Les deux athlètes lancent officiellement Nike avec la promesse de rivaliser avec les chaussures japonaises. Bill Boerman sort de son garage et s'installe donc dans un laboratoire pour travailler d'arrache-pied et trouver les chaussures du succès. Il faut savoir qu'au départ Bill attache une importance particulière au confort et à la performance de la chaussure plus qu'au design. Il installe donc son laboratoire juste à côté d'un orthopédiste. Bowerman est très curieux. Il interroge son nouveau voisin d'ailleurs pour comprendre encore mieux le pied des athlètes et affiner ses modèles. L'une de ses obsessions, trouver un modèle de chaussures toutterrain. Il confectionne des
23:53 chaussures, les essais en déchire certaines parties qu'il remplace mais il ne trouve pas sa perle rare. Et un soir, en rentrant chez lui, il se pose devant le gaufrier familial qu'il fixe. Il y pose une couche de caoutchou mais vous vous en doutez, ça colle. Il refait des essais et comme ça il va sortir une semelle en forme de gaufre. Le nom de la paire, la waffle trainer. Il dépose le brevet et selon les experts, il vient de créer la première innovation majeure dans le secteur depuis 50 ans. L'année de la sortie des Waffle trainers, l'équipe de foot de l'université d'Oregon les porte sur son nouveau terrain en gazon synthétique. Il remporte des matchs majeurs d'ailleurs et la foule se passionne pour ses nouvelles paires et pour la première fois le public se met à porter des chaussures en dehors des stades. C'est à
24:39 l'époque historique et un mouvement se lance. Les Américains portent des sneakers dans la rue et cette année, les ventes décollent à 3,2 millions de dollars et la marque s'étend à l'étranger. En Europe, en Asie, bref, le succès est international. Alors, tenez-vous bien, en 5 ans, le chiffre d'affaires annuel va être multiplié par plus de 20 puisqu'il atteint en 77 les 70 millions de dollars. Alors, à ce moment, Nike fait déjà partie des premières marques de sport mondial. En 1980, Phil Knight et Bill Boyerman montent un laboratoire de recherche et développement à Exter. Et c'est à l'époque assez originale et surtout ils mettront un budget hallucinant à cette époque. Un responsable de centre technique de la chaussure à Lyon explique c'est l'entreprise qui dépose le plus grand nombre de brevets à l'époque. De ce laboratoire sortent des technologies que vous connaissez tous
25:25 aujourd'hui. Par exemple, en 1996, il dévoile la Nike Air Rio Zoom, des crampons de foot qui contiennent des bulles d'air dans les semelles pour améliorer le confort et le rebond. Alors à l'époque, ça semble fou mais aujourd'hui la technologie est largement [Musique] répandue. Alors, je peux pas vous parler de l'histoire de Nike sans vous parler des scandales qui ont frappé euh la marque. Fin du 20e siècle, les vêtements et les chaussures Nike sont portées dans tous les États-Unis. L'entreprise née en 72 dans l'Oregon atteint le sommet à ce moment-là. Mais un ouragan va venir souffler sur la marque au swch. Le 2 mai 1989, un adolescent américain se fait assassiner par un jeune de 17 ans pour ses Air Jordan. Les journaux s'emparent de la nouvelle et la notoriété de Nike prend un coup. Mais peu de temps après,
26:11 des scandales éclatent autour de révélations sur les mauvaises conditions de travail chez les sous-traitants de Nike en Asie. en particulier des photos d'enfants travaillant dans les usines et qui assemblent des chaussures Nike sont révélées dans la presse et les dirigeants de Nig réagissent, c'est vrai peut-être pas de la bonne façon puisque la réponse officielle de la marque sera de dire que les conditions se sont beaucoup améliorées depuis que Nike a repris ses usines. Les conditions de travail des usines Nike refont surface quelques temps plus tard. Des enquêtes montrent les bas salaires, environ 50 centimes de l'heure pour les employés asiatiques de la firme et relate même des violences contre certains d'entre eux. Nike aussi pointer du doigt pour son esprit. Promouvoir la compétitivité et l'esprit de la gagne, c'était jusque-là la marque de fabrique de la firme, mais ça va devenir leur talon d'Achile au moment où les premiers
26:56 scandales de dopage apparaissent. Le plus médiatisé, c'est probablement Land Armstrong, célèbre cycliste qui se fait retirer toutes ces médailles obtenues depuis 98 pour avoir fait l'objet de ce qui est considéré comme le programme de dopage le plus perfectionné de l'histoire. Et le problème c'est que certaines enquêtes montrent que Nike n'est pas innocent dans beaucoup de ses affaires de dopage. L'agence américaine antidopage a parfois reproché à certains coachs mandatés par Nike d'organiser et même d'inciter ce genre de pratique. Pour redorer son image, Nike emploie les grands moyens. Au début des années 2000, en parallèle de sa diversification, le géant du sport signe des pépites comme Kobe Bryant ou LeBron James en 2003. La même année, Nike rachète un concurrent de longue date d'ailleurs Converse pour 309 millions de dollars. Au même moment,
27:43 Michael Jordan annonce son départ en retraite. Bref, 2003 est une année absolument historique pour Nike. On avance un petit peu. En 2006 et vous le savez probablement pas, Tim Cook, alors directeur des opérations d'Apple rejoint le conseil d'administration de l'entreprise. Il aidera en grande partie à prendre le virage numérique. D'ailleurs, il tentera un featuring Nike Apple, mais ça ne sera pas un immense succès. Et si je vous parle du virage numérique, c'est pas pour rien. Aujourd'hui, les applications Nike font partie intégrante de leur business. Pour vous donner un ordre d'idée, Nike réunit plus de 500 millions d'utilisateurs grâce à ces applications mobiles. Mais la marque s'est aussi étendue sur d'autres terrains technologiques comme la personnalisation des vêtements avec Nike ID. Bref, je n'ai pas besoin de m'attarder sur ce qu'est Nike aujourd'hui. Vous le savez déjà si vous n'en portez pas au pied au quotidien. Juste pour vous donner un chiffre
28:28 amusant. En 2022, Nike engrange en seulement un quart d'heure autant de revenus qu'en 1972. Mais comme un symbole d'une entreprise qui n'oublie pas ses racines, le siège mondial de Nike se situe à Biverton, à quelques kilomètres de Portland où tout a commencé. On vous met des images à l'écran, mais vous pouvez le voir, le siège, c'est une ville dans la ville, un campus comme Nike le surnomme de plus de 100 hectares avec terrain de foot, des cours de tennis, un grand lac, une piste de course et plus de 80 bâtiments comme des bureaux, des studios de design, des salles dédiées à l'innovation, mais aussi des restaurants, un musée et même des crèches. Et en mémoire justement de Bill Bowerman, l'un des architectes de l'Empire Nike et la figure innovante de l'industrie, une immense unité de recherche a été développée. le Nike
29:14 Sport Research Lab. À l'entrée, passeport, téléphone et appareils photo sont confisqués pour ne rien divulguer. Il faut dire que l'entreprise n'oublie pas que la recherche fait partie de son ADN puisqu'elle aurait dépensé près de 3 milliards de dollars dans la recherche à développement rien qu'en 2023. Alors, vous l'aurez compris, Bill Boyerman donc est décédé en 99 à 88 ans déjà éloigné de l'entreprise qu'il avait cofondé. Et de son côté, Phil Knight vient d'avoir 87 ans à l'heure où je vous parle et a quitté définitivement la direction de Nike en 2016. Il se repose maintenant dans sa grande demeure de Hillsboro, toujours dans l'Oregon, à proximité de son entreprise dont il détient toujours une partie du capital. D'ailleurs, sa fortune est aujourd'hui estimée à plus de 40 milliards de dollars. C'est la fin de cette vidéo.
29:59 J'espère que l'histoire vous a plu et comme d'habitude, n'oubliez pas de liker cette vidéo, de vous abonner pour ne pas manquer les prochaines histoires passionnantes du monde du business. Ah. [Musique]