0:00 [musique] Bonsoir, bienvenue dans 28 minutes. Bonsoir mes beaux camarades. Bonsoir l'actualité internationale, c'est l'annonce faite par Donald Trump ce weekend du plus grand accord pétrolier du monde contracté entre les États-Unis donc et le Venezuela. Un accord qui impliquerait 100 milliards de dollars d'investissement dans 17 gisements et la main mise sur l'or noir du pays. and Ignorant les appels à en finir avec les énergies fossiles au nom du climat,
0:46 Trump veut faire des États-Unis le premier exportateur mondial de pétrole. Est-ce plausible ? On en débattra ce soir avant de vous retrouver en fin d'émission. Théophile Cossin et Xavier Moduit pour vos chroniques et une spéciale rentrée des classes. C'est la rentrée des classes. Mais oui, ils sont des millions avec une nouveauté pour les 4e de l'éducation financière. Elisabeth, je peux donner déjà un élément de réponse pour l'entissèche. Faut que les recettes soient supérieures aux dépenses. Oui, en général à la maison et ailleurs. Et vous Théophile, vous connaissez la passion de Donald Trump pour les salles de balles. Il en construit une en ce moment à la Maison Blanche. Il aimerait en avoir une en Irlande, sauf que le projet est contrarié par un habitant local inattendu. Ça pourrait être une fable de la fontaine. Une histoire marrante que je vous raconte en fin d'émission. Un truc à corne. Truc à corne. Très bien. À tout à l'heure. Et pour
1:32 commencer, 6 jours après l'effondrement d'un glacier au Népal, à la frontière chinoise, le bilan humain provisoire bien sûr et de plus de 1000 morts et de plus de 4500 disparus. L'accélération de la fonte des glaciers à doublé en 25 ans dans l'Himalaya mais aussi en Europe. Les glaciers des Alpes et des Pyrénées ont perdu 40 % de leur masse pour évoquer le monstrueux cercle vicieux de la fonte des glaces généré par le réchauffement climatique et qui le renforce moins d'effet albedo. On reçoit le glaciologue Jean-Baptiste Bosson tout de suite. [musique] Bonsoir Jean-Baptiste Bosson, bienvenue dans 28 minutes. Bonsoir. Merci beaucoup.
2:17 Je vous présente Anandia et Benjamin Sportou. Vous êtes glaciologue, vous êtes l'homme de la situation, vous êtes aussi géomorphologue et je précise que vous êtes directeur de l'association Marge Sauvage. On peut faire un peu d'honomastique avant de parler de du drame qui s'est déroulé au Népal. Votre nom Bosson à une lettre près, c'est le nom d'un glacier près de Chamoni, la plus grande cascade de glace de France et même d'Europe, je crois et qui font et dont le la langue terminale a perdu en 40 ans 200 m. Donc dans votre nom, il y a toute la problématique de ce que vous étudiez depuis 25 ans. C'est assez incroyable. C'est fait pour Ouais. C'est un nom assez commun en savoir ou et les glaciers chamoni les nommaient souvent là où ils arrivaient dans tel hameau. Il y avait le hameau des bossons. Donc le glacier des bossons arrivait vers la donc moi ma famille
3:02 vient pas de Chamon mais pas trop loin. Et donc voilà, il y a peut-être des ancêtres. Et dans votre nom, vous portez la condition de ces glaciers qui fondent inéluctablement sous l'effet du réchauffement climatique. On va y revenir après euh un point réalisé par Gael Legra. On vous retrouve juste après. [musique] Jean-Baptiste Bosson, vous êtes géomorphologue et glaciologue. Mercredi dernier, un glacier de la face nord du Lang Lirung au Népal s'est effondré et a provoqué une crue désastreuse. Pourquoi les glaciers disparaissent-ils ? Le monde entier prend-il conscience des menaces associées ? Comment éviter les catastrophes à venir ? Pour répondre à ces questions, vous avez le profil idéal. 6 jours [musique] après le déferlement de cette immense vague de roche de glace de bou et d'eau, le bilan provisoire s'élève à [musique] plus de 1000 morts et plus de 4500 disparus. Devant un
3:49 hôpital deou cette femme espère obtenir des nouvelles de son mari qui se trouvait dans la région au moment du drame. Le chercheur en hydrologie déclare jamais nous n'aurions pu imaginer que l'impact de cet [musique] effondrement s'étende jusqu'à 100 km en aval. Compte tenu de leur hauteur et de leur immensité. Les massifs montagneux asiatiques Himalaya, Karaam et Indukouche constituent un danger important. Mais les Alpes ne sont pas à l'abri d'une catastrophe. [musique] En mai 2025, un incident similaire causé par le glacier du Birch a dévasté le village suisse de Blaton. La population avait été évacuée. Une seule victime a
4:35 été recensée. Mais la fragilité des glaciers et leur disparition progressives génèrent d'autres conséquences désastreuse : hausse du niveau des océans, sécheresse, [musique] agriculture en péril ou encore éboulement rocheux en cascade, 450 cet été dans les massifs du Mont-Blanc comme le confirme votre collègue Ludovic Ravel. Les glaciers ont tendance à exercer des pressions sur les versants. C'est des pressions plutôt stabilisatrices et quand les glaciers perdent en épaisseur, au contraire, les parois se décomprime et on peut tout à fait avoir des éboulements, des écroulements rocheux qui soient liés à ce phénomène. Selon [musique] vous, Jean-Baptiste Bosson, les glaciers nous permettent de mesurer la gravité de la situation. Ils sont [musique] devenus des lanceurs d'alerte. Ouais. Jean-Baptiste Bosson, les chiffres sont impressionnants en ce qui
5:21 concerne la tragédie du Népal. 10 millions de mètres cubes de glace se sont effondrés et c'est devenu 20 millions de mètres cubes d'eau qui ont dévalé sur plus de 100 km en aval. C'est c'est pas que l'eau et la glace. Ce n'est pas que ça des surtout tout ce que ça emporte comme matériel Ouais. de débris de matériel sédimentaire et ça fait ce qu'on appelle une lave torrentielle. Donc une coulée qui a le comportement d'une lave et on voit que rien n'arrête un immeuble ça ça dégomme les immeubles malheureusement comme de rien et et ça arrive de temps en temps et ça arrivera de plus en plus. Il y a près de 300000 glaciers sur la planète qui recouvrent 10 % des terres émergées blanches. Et c'est très important parce que plus les glacier fonde, moins le blanc, donc la neige peut réfléchir les rayonnements solaires. Le rayonnement solaire. Donc ça contribue à réchauffer un peu plus la terre. C'est ça.
6:07 Voilà. C'est ce qu'on appelle une boucle de rétroaction positive. L'effet albo. Le fait voilà l'effet albéo. Le plus on réchauffe la planète, le moins il y a de surface blanche de glace ou de neige et le plus la planète s'autoéchauffe parce qu'elle absorbe plus de chaleur à sa surface. Donc c'est malheureusement un cercle infernal qu'il faut absolument rayer le plus vite possible. Est-ce que ça peut aussi arriver dans notre pays, dans les Alpes notamment ce qu'on a vu ce type d'effondrement, d'éboulement ? Tout à fait. En fait, ce qui s'est passé à Blaten l'année dernière, c'est exactement la même chose. Blaten dans le valet Suisse. Ouais, en vallet en Suisse. Euh donc une instabilité, un éboulement sur un glacier. Le glacier, il est pas assez épais pour euh bah pour y faire face. Et puis l'énergie euh cet apport de masse et liquéfie la glace, ça c'est quand même pas rien. Et puis bah on a les images de Blaten là tout part. L'immense chance de Blaten, c'était les signaux avantcoureur, l'évacuation du village
6:53 avant, ce qui n'a pas pu être le cas. Et puis aussi que les coulés, les dépôts ont été localisés sur le village. Ils ont pas ils ont il y a eu des dépôts un peu à l'AVA Val mais rien à voir avec les 100 km de coulé qu'il y a eu au Népal et en en Chine. Donc euh Blaten, ça montre que c'est possible dans les Alpes euh et que ça va probablement survenir à l'avenir. Ah oui, voilà. Euh à Blaten, il y a eu un mort parce qu'effectivement, il y a eu des signaux avantcoureurs comme vous dites et ils ont pu l'anticiper. À quand remonte la à quand remonte la fonte des glaciers ? Donc il y a des cycles au début de l'air industrielle. Bon alors on peut remonter loin à la fin de la dernière glaciation depuis 30000 ans, le climat global se réchauffe. Les glaciers deviennent de plus en plus petits. Et puis depuis l'air industrielle, enfin depuis ce qu'on appelle le petit âge glacière, petite période froide qui dure 500 ans entre 1350 et 1850. Les glaciers commencent à
7:40 fondre de même. Le climat devient un peu plus chaud au milieu du 19e siècle. Mais euh ce qui va surréchauffer la planète, c'est la révolution industrielle et c'est les émissions globales de gaz à effet de serre. Euh aujourd'hui les sympes du GC le montrent très très bien. Sans hommes, il y a pas de réchauffement global aujourd'hui sur la planète Terre et donc les glaciers devrai être proche un peu plus petit mais de leur situation d'à peu près il y a 200 ans. Donc le début du retrait il est naturel et puis après l'homme il tourne le thermostat global et de manière exponentielle. Euh on voit ce qui se passe en ce moment au Vénus sur les hydrocarbures. On continue d'accélérer euh bah la consommation et les émissions globales de gaz à effet de serre sur terre. Euh une étude a été faite en Antarctique à propos d'un glacier qui s'appelle le toit test. Je le prononce pas très bien. Si ce glacier gigantesque fondait le niveau à l'échelle mondiale, le niveau
8:26 des eaux, c'est quelque chose dont il faut parler aussi montrait de 60 cm. Ça euh évidemment posera des problèmes à des centaines de millions de personnes autour du monde. Voilà. Donc sur les rôles fondamentaux de glacier, on a parlé de leur rôle stabilisateur pour le climat. Le deuxième rôle fondamental, c'est sur le fonctionnement et le niveau des océans. Euh l'ensemble des glaciers stock 66 m équivalent marins. C'estàd que si touses les glaces du monde fondent et notamment les deux calottes polaires du Groenland et de l'Antarctique, le niveau des océans l'augmente de 66 m. C'està dire qu'on peut prendre toutes les cartes du monde qu'on connaît sur la forme des continents. Tout change. Et c'est pas une crise migratoire à quelques centaines ou quelques millions d'humains qui se déplacent sur terre. C'est une immense partie de l'humanité qui doit commencer à bouger. H qui serait englouti. Absolument. Euh Jean-Baptiste Bosson, on va évoquer avec vous et avec Anna. Euh les alpinistes,
9:13 là on se retourne à nouveau vers la région de l'Himalaya, Indokouche et Caracorom, les alpinistes qui participent à leur façon euh à la fonte des glaciers. Et bien oui, le camp de base de l'Everrest et qui est installé sur le glacier de Kumbou qu'on va voir serait responsable de la fonte de 2500 tonnes de glace chaque année. Selon une étude qui a été publiée le mois dernier par des chercheurs Népalais. Alors, il faut dire que tous les ans, ce sont plus de 2000 personnes, des cuisiniers, des alpinistes, des guides qui se massent sur ce bout de glacier. Juste là, on voit derrière dernière étape avant le sommet à 5300 m d'altitude. Ils ont évidemment besoin de se chauffer, de cuisiner et de produire de l'électricité pour recharger leurs appareils. Et ça, évidemment et bien ça crée de la chaleur. De quoi relancer le débat sur le déplacement de ce camp qui depuis
9:59 1984 perd chaque chaque année pardon des dizaines de mètres d'épaisseur. Alors, est-ce que vous pensez qu'il faudrait réduire voire interdire les activités humaines sur des glaciers qui sont déjà fragilisés ? Euh je pense c'est symptomatique d'un monde qui voit les écosystèmes et les endroits les plus beaux de la planète comme des biens de consommation. Donc on continue à consommer la planète et il faut aller faire les vrais comme il faut faire le Montblanc comme il faut faire le Kiliman Jaro. Donc c'est un bien de consommation. Je crois qu'on est très loin d'un d'un amour profond et émerveillant de la nature. Euh c'est des gens souvent malheureusement qui ne connaissent pas grand-chose ni à la montagne, ni au glacier, ni aux espèces sauvages qui vivent par exemple. Euh interdire, c'est difficile. Je crois que c'est un mauvais signal que d'interdire mais en tout cas expliquer aux gens que la nature et que la planète terre c'est pas un bien de consommation. Que ces écosystèmes, ils font vivre l'ensemble
10:45 de la planète. Donc le minimum c'est de les respecter, peut-être d'aller les voir plutôt proches de chez nous plutôt qu'à l'autre bout du monde et encore moins pour cocher un sommeil et laisser des déchets derrière soi-même sans compter l'empreinte carbone des voyages en avion. Exactement. Avec des effets quotidiens par robinet même. C'est-à-dire que s'il y a la fonte des glaciers derrière ça peut remettre en question et bien nos capacités, nos réserves en eau potable. Bien sûr un bon exemple c'est la vallée du Rô. La vallée du Rô côté français, c'est 12 millions d'habitants. Une partie de l'eau l'été, en août et en septembre notamment, c'est l'eau des glaciers alpins, donc Suisse et français. Euh la vallée du Rône, l'eau potable à Lyon est en partie dans les naves fréatiques du Rône, donc en partie liée à l'eau des glaciers. Par exemple, le coin salé et l'agriculture, la capacité à poursuivre l'agriculture en en Camargue avec la
11:31 remontée du sel va dépendre de du niveau marin et donc des glaciers. On a des centrales nucléaires. Le nouveau projet de paire en France, il est au budget parce que l'eau des glaciers pendant des décennies va refroidir le le la centrale mais quit d'amond sans glacier. Et donc voilà, donc c'est un gros enjeu que d'anticiper la fonte des glaciers, de la limiter au maximum et de réfléchir au partage de l'eau et à l'usage du rable de l'eau dans les bassins versants. Comment faire pour protéger les glaciers ? Il faudrait leur accorder une personnalité juridique. Vous dit qu'il y a un angle mort juridique autour des glaciers. Il faudrait faire comme avec le Gange ou avec le Wangau, je le prononce pas très bien, ce fleuve néoz-élandais, deux fleuves auxquels ont été accordés une personnalité juridique, sanctuariser, empêcher l'extraction. Que faire ? Donc c'est une des grandes pistes, mais la première fondamentale, je veux dire, on pourrait on pourrait inscrire comme
12:16 dans la Constitution française ou dans on rêve nous d'un traité international de protection des glaciers comme celui pour l'Antarctique. Voilà, on pourrait, on avait proposé ça dans Nur il y a 3 ans d'étendre le traité Antarctique à toutes les entourcés de la planète. Il pourrait avoir ce traité si on ne respecte pas nos engagements climatiques qu'on va pas très loin. Donc on va dire il y a plusieurs modes d'action. Le premier c'est absolument à partir de maintenant accélérer sur le combat du climat. Regardez aujourd'hui les politiques publiques. On est vraiment pas à la hauteur dans aucun pays. L'Union européenne non plus. On n pas de leçons à donner au reste du monde. On n'est pas à la hauteur du défi climatique. À côté de ça, les glacés sont détruits aussi parfois à la pelleteuse et à l'explosif ou à la dameuse que ce soit en France. Station de ski. Par les stations de ski. Mais aussi euh surtout aujourd'hui les compagnies minières dans le monde s'attaquent au glacier. Regardez ce qui s'est passé en Argentine. Il y avait une loi de
13:02 protection des glaciers qui a été amoindrie pour que les compagnies minières puissent aller mettre des coups de pelleteuses et de la dynamite dans les glaciers pour accéder au minerais. Regardez l'intérêt du président Trump sur le Groenland. C'est pas pour les glaciers, c'est pour le minerai. Et donc nous, on dit que à côté il y a deux choses fondamentales à faire. C'est placer les glaciers et les écosystèmes postglaciaires. Ce qui arrive après les glaciers dans le droit. C'estàd que si on compte qu'on qu'on met ces zones qui sont et la deuxème c'est créer des aires protégées enfin la protection territoriale. Merci de votre passion pour les glaciers. Merci Jean-Baptiste Bosson et d'être venu expliquer un peu plus ce le désastre qui menace et ce qu'on peut faire pour l'empêcher ou en tout cas le retarder. Merci infiniment et précisément on va évoquer les énergies fossiles puisqu'on passe à un débat sur les rodomontades de Donald Trump. Le président américain a annoncé en effet un accord pour exploiter les gisements
13:48 de pétrole vénézuélien. Son objectif, faire des États-Unis la première puissance pétrolière mondiale. Estce une priorité impérialiste, un prurite impérialiste, une façon de faire oublier le coût de la vie aux Américains à 2 mois des élections de mi-mandat. On en parle après la mise au point de Sandrine de Calvez. [musique] Les prix à la pompe qui flambent sur fond de conflit en Iran, c'est l'obsession de Donald Trump. [musique] À de mois des élections demi-mandats, le républicain tente de rassurer les automobilistes américains. [musique] À coup d'annonce choc, Donald Trump assure avoir passé un accord historique avec le Vené pour exploiter son pétrole.
14:45 Le Venezuela, [musique] nouvel Eldorado de Donald Trump. Le pays dispose des plus grandes réserves exploitables de pétrole au monde avec plus de 300 milliards de barils, [musique] soit 17 % des ressources totales devant l'Arabie Saoudite et l'Iran. Les États-Unis devraient s'emparer de 17 gisements, [musique] un investissement à hauteur de 100 milliards de dollars dans un pays où les infrastructures sont aujourd'hui délabrées. [musique] En échange, le Venezuela encaisserait d'importantes recettes fiscales, plus de 200 milliards sur 25 ans à Surcaracase. Plongé dans une crise économique, les Vénézuéliens demandent avoir. Si cet argent va au peuple, je trouve ça excellent. Mais si en revanche il finit dans les poches des plus riches, je suis compte.
15:31 Critiqué dans son propre camp pour cet accord passé avec l'administration Trump, la présidente par intérim s'évolu rassurante. Il est essentiel de clarifier un point. Le Venéla conserve la propriété et la souveraineté sur ses ressources. Alors 8 mois après l'enlèvement du président vénézuélien Nicolas [musique] Maduro par les forces spéciales américaines, Donald Trump est-il maintenant en train de faire main basse sur les énergies fossiles ? Comment les pays du Golf et de l'OPEP vont-ils réagir ? Avec ce méga accord pétrolier, le président américain enter-t-il définitivement la lutte contre le dérèglement climatique ? Nos trois invités pour ce débat. Yoletti Brachotud, bonsoir. Vous êtes chercheuse en sciences politiques à l'Université de Montréal d'origine vénézuélienne. Vous
16:18 avez dirigé le numéro rapport ordinaire à la violence d'État au Venezuela de la revue cahier des Amériques latines. Et à propos de cette initiative trumpienne, vous dites que les États-Unis ont clairement des visées impérialistes sur le Vénézuela. Si des investissements sont nécessaires pour garantir des services aux vénézuéliens, rien ne prouve qu'ils bénéficieront ces Vénézuéliens des retombées de cet accord. À côté de vous, Francis Perin. Bonsoir. Directeur de recherche à l'IRIS, spécialiste des questions énergétiques. Vous estimez qu'avec cet accord, le Venezuela obtient la participation directe historique des États-Unis pour un pays dont l'économie repose sur les hydrocarbures. Cela pourrait lui permettre de valoriser son potentiel pétrolier. Et à côté de vous, jumeau en chemise, rayé, Floriant Louis. Bonsoir.
17:04 Bonsoir. Historien des relations internationales, membre de la rédaction du grand continent. Dernier essai histoire mondiale des impérialismes. Selon vous, avec cet accord, l'objectif américain est de renforcer l'hégémonie [raclement de gorge] américaine. Précisément, c'est un impérialisme d'influence. Trump rappelle aussi aux autres puissances impériales, la Chine et la Russie, qu'elles n'ont pas leur place sur le continent sud-américain. Et on démarre le le débat avec la carte du jour. C'est celle des réserves pétrolières du Venezuela qui serait principalement située dans ce qu'on appelle la ceinture de Lorenoc que l'on voit là entouré sur la carte. 55000 km² environ et un potentiel de 235 milliards de barils. Même s'il faut rester prudent hein, ce sont des chiffres du Venezuela, l'État
17:49 vénézuélien, ce qui en ferait le principal gisement au monde. Francis Perin, Donald Trump veut mettre la main sur 65 milliards de barils. Est-ce que c'est réaliste et si oui à quelle échéance ? dans le pétrole comme dans l'énergie, on est sur une échéance de moyen et de long terme. Hm. Donc évidemment, c'est pas pour 2026, c'est pas pour les élections de mi mandat, même si on peut le faire croire, mais en réalité non. C'est pas pour 2027, c'est pas pour 2028. Euh il s'agit en fait, d'après cet accord euh Washington Caracas de développer 17 gisements pétroliers importants. Donc on a un accord politique entre les deux États. Ensuite, il faut faire venir des investisseurs privés. Oui, qui américain, principalement américain. Je n'exclus pas que ce soit pas complètement
18:35 américain parce que c'est quand même très gros, hein. On parle quand même de 100 milliards de dollars, c'est un ordre de grandeur d'investissement. Euh, il y a des géants pétroliers américains bien sûr, Exon Mobile, Chevron, Konoco, Philips, si je prends les trois premiers. Il faudra voir si ces trois géants veulent entrer dans le jeu. Euh, donc ça c'est un élément. Euh l'accord est très original par le rôle du gouvernement américain. Oui. Et ça c'est très très original dans l'histoire pétrolière récente en tout cas. Il interviendrait à trois niveaux. Hm hm. D'abord, il prendrait une participation sans doute de 35 % à confirmer dans un groupe privé vénézuélien qui est au cœur de l'architecture de ce système. Euh deuxièmement, il le Pentagone serait
19:22 un garant de l'accord. Et troisèmement, le Pentagone, département de la guerre. Et troisièmement, les États-Unis auraient le droit d'acheter 20 % de la production future de ces champs au coût de production et non pas au prix du marché. Mais en même temps, il y a Tibrachon, on entend que dire que c'est un pétrole épais lourd visqueux donc difficilement exploitable. En fait, la question des réserves pétrolières, vous disait tout à l'heure, c'est des chiffres de l'État vénézuolien. Bon, oui, c'estàd qu'il y a des expertises qui sont faites en fait pour donner ces chiffres. Par contre, en fait, énoncer des chiffres de réserves, c'est pas la même chose que d'énoncer des chiffres des réserves pétrolières qui sont exploitables de manière rentable parce qu'il y a ça aussi en fait le pétrole est un business donc voilà. Après, bien sûr en fait la la potentialité pétrolière de pays, elle
20:07 est elle est évidente, mais par exemple, voilà, vous parlez de la zone de Laorenoc B en fait concrètement c'est aussi la zone amazonienne donc en fait l'extraction pétrolière la dans cette zone là, elle a déjà en fait fait des grandes des des dégâts en fait dans la nature environnementaux. environnementaux qui sont effectivement qui touchent aussi à la population aux alentours. Et par ailleurs, en fait, il faut aussiir que dans la manière comme on a une relation forte avec le pétrole au Venezuela, en fait, cet accord semble aussi poser des questions sur comment qu'est-ce qu'on dit de la légitimité de l'accord, de sa souverainité. Et la question de retombé, c'est pas seulement une question sociale, c'est aussi simplement question de la construction historique et politique de Venezuela qui en fait la modernité vénéenne s'est construite sur le pétrole et là aujourd'hui on semblerait que on a plus trop de
20:53 garantie sur la souverainité de Venezuela sur ces biensl. Alors, est-ce que c'est un accord gagnant gagnant comme on dit la présidente par intérim du Venezuela qui a succédé à Maduro qui a été enlevé on le rappelle par les Américains assure que ce sera le cas pour son pays écouté que estamos haendo pero sobre todo para atender al pueblo de Venezuela a que exista más empleo, mejores salarios, tener servicios públicos, agua, electricidad hospitales escuelas alimentación adecuada en su conjunto. impulso que es un acuerdo histórico. Flori, on peut croire la prénézuenne elle parle sous la contrainte une forme de protectorat américain. L'un n'empêche
21:39 pas l'autre et surtout il y a le domaine, on va dire de l'économique dont elle parle là mais il y a le domaine du symbolique dont elle parle pas. Et pour quelqu'un qui est quand même censé être une héritière du régime chaviste, là à l'aval quand même de très très grosses couleœuvres, elle essaie de les faire avaler à son peuple parce que peut-être que effectivement si l'industrie pétrolière repart et si effectivement l'État vénézuélien touche des royalties et qu'effectivement la corruption diminue et qu'ils sont bien distribués avec tous ces peut-être, peut-être que ça améliorera la vie des Vénézuezuéliens. Et enfin, le Venezuela s'est construit au cours du 20e siècle, très largement dans une lutte anti-impérialiste qui se réclame de l'héritage de Bolivard, qui donc se construit dans l'idée qu'il faut s'opposer à la main mise, à l'ingérence, à l'impérialisme du grand voisin du nord au sud. Et et donc là, il y a quand même un vrai problème politique qui a obère
22:25 les questions économiques dont on est en train de parler. On a dû quand même modifier la Constitution pour que cela se fasse Yoletti Brachot. Non, plutôt on a on a modifié c'est là l'enjeu aussi qui me paraît important d'une part on a modifié sous la contrainte la loi des hydrocarvures qui elle du coup en effet était modifié après l'intervention militaire du début de l'année des stationnées au Venezuela l'iltration de Maduro et de sa femme. Tout à fait et donc en fait qui on va dire flexibilise en fait l'accès notamment de coût des puissances étrangères à la ressource pétrolière vénétulaine. La constitution dans son article 150 exige que ce type d'accord en fait notamment des accords qui sont passés en fait des accords sur des question d'intérêt public et qui sont passés avec des entités étrangères, ils doivent passer par l'Assemblée nationale. Et là en fait l'Assemblée nationale n'est pas consultée. On a deux
23:10 exécutifs dont en fait un exécutif qui est pas du tout légitime au Venezuela qui prennent des décisions sans en fait prendre en compte finalement la population vénzuelaine ni les lois de pays. Donc là politiquement je suis d'accord en fait il y a des enjeux de taille. Alors, c'est un accord apparemment qui n'aurait pas été possible sans un intermédiaire dont tout le monde parle, un médiateur, un sulfureux homme d'affaires du nom d'Alerandro Bencour Lopez. Oui, Alexandre Bencour Lopez, 46 ans vénézuélien, il vit à Londres et le Financial Times le considère déjà comme le vice-roi de Trump. Alors ses atouts, c'est d'abord qu'il connaît très bien le secteur pétrolier du pays puisqu'il dirige la deuxè plus grande entreprise pétrolière privée du Venezuela, la Nabep. Et il en est le principal
23:56 actionnaire et c'est d'ailleurs cette société qui est censée commercialiser les 75 les 65 milliards de barils qui sont mentionnés dans l'accord. Et puis il peut aussi compter sur le soutien et la confiance de Delsy Rodriguez qu'il conseille de manière officieuse. Il a des casseroles ce jeune Alexandro Bancour. Au Venezuela. On ne peut pas dire qu'il soit spécialement apprécié par la population. Il fait partie de la classe des bolichikos. En français les gamins de la révolution Bolivari, ces entrepreneurs qui se sont enrichis sous les gouvernements de Maduro et de Chavez. Bétancour et ses partenaires de l'époque auraient obtenu au moins 11 contrats publics sans appel d'offre. des contrats qui sont évalués entre 2 et 5 milliards de dollars chacun selon plusieurs enquêtes. Et puis de l'autre côté de l'Atlantique, il est accusé de fraude fiscal et de blanchiment d'argent
24:42 par le gouvernement espagnol mais aussi par la Suisse qui a d'ailleurs émis un mandat d'arrêt international à son encontre et pour toutes ces raisons, il a déjà été interpellé deux fois au Royaume-Uni mais n'a pour l'heure jamais été inculpé. Francisperin, quel est l'intérêt pour Donald Trump de s'entourer de figures tvistes euh comme ça a été le cas avec Delsy Rodriguez et aujourd'hui avec monsieur Betan Lopez ? Donald Trump, son principal souci c'est pas la démocratie et les droits de l'homme. Et ça, on le sait, je ne parle pas seulement du Venezuela. C'est un homme d'affaires qui est de arrivé à la Maison Blanche. Il pense affaire, il pense bon contrat pour l'industrie américaine, il pense évidemment énergie fossile et il pense pétrole. l'or noir dont il parle depuis des
25:28 années et des années. Donc il est dans sa logique, je dirais en tant que personne et il est dans la logique de l'administration Trump qui soutient toutes les énergies fossiles, donc pétrole, charbon, gaz naturel, avec en tête l'or noir, le pétrole. Et il a pas très loin des États-Unis un pays, le Venezuela, qui on vient d'en parler contrôle d'immenses réserves pétrolières. Donc il est pragmatique. C'est ça que vous voulez dire. Il y a un aspect très Trump n'est évidemment pas un théoricien, n'est pas un idéologue. Clairement, rappelons que les est le premier producteur mondial de pétrole et le premier producteur mondial de gaz naturel et le premier exportateur mondial de gaz naturel. Donc c'est déjà une super puissance en terme d'hydrocarbure. Vous ajoutez à ça une partie mais significative de la richesse en pétrole du Venezuela. Vous voyez ce que ça peut
26:15 représenter comme force économique et géopolitique bien absolument. Yol Brachaud à propos d'Alex rendre Bencour en fait. Bon, à propos de cette figure, de toute façon, en effet, c'est des c'est des c'est bouicos comme vous l'avez dit. C'est effectivement des figures qui ont gagné une certaine voilà visibilité pour le dire euh au Venezuela parce que pour le dire autrement c'est des personnes en fait qui sont enrichies avec la période en fait de crise vénézuoléienne qui du coup se sont relié à la à l'économie de l'exportation que ce soit pétrole mais aussi en fait importation exportation d'autres biens et du coup en effet bah vous avez une classe dominante Venezuela qui est devenue très riche sous le dos de la crise en fait vécue par les Vénéguéens et par contre juste par rapport à Trump il est pas seulement pragmatique il est impéraliste en fait il il affirme juste justement la volonté en fait de se placer en fait le Venezuela est présenté
27:00 aux États-Unis comme étant l'intervention réussie par rapport à l'intervention en Iran justement qui était du coup à leurs yeux du coup pas pas très pas réussi et l'enjeu de ça c'est que en fait concrètement cette volonté effectivement de s'imposer sur le Venezuela et sur l'Amérique latine c'est aussi si un moyen justement en fait de montrer qu'il a la main forte en fait sur ce territoire et qu'il en fait en fait qu'il fait face auutres aux autres puissances internationale et qu'aucune autre puissance impériale Florian Louis ne viendra sur son précarré, c'est la fameuse doctrine Monro, doctrine Donro quoi. Oui, de fait il renoue avec une très vieille tradition. Alors parce que évidemment Donald Trump n'est ni le premier ni le dernier président des États-Unis à faire preuve d'impérialisme. Simplement lui, il a contrairement à beaucoup de ses prédécesseurs, il a pas l'impérialisme honteux. Il s'en cache pas, il en a pas honte, il dit les choses clairement. on
27:47 va faire du business, pour faire de l'argent et pas eff instaurer la démocratie ou je ne sais quoi. Et effectivement en mettant explicitement et objectivement la main sur les ressources pétrolières du Venezuela, c'est surtout une manière aussi de dire, si j'ose dire, bat les pates à un certain nombre de rivaux, notamment la Chine. On sait aussi que il parle beaucoup de prise de contrôle du canal de Panama ou de reprise de contrôle du canal de Panama. là encore par crainte de l'avancée de la Chine. Donc on est effectivement à un échelle une échelle régionale, le cas du Venezuela dans en fait une bataille globale pour le contrôle des ressources. Le problème c'est que on l'a dit, ce sont les ressources du 20e siècle d'une certaine façon ce sont les ressources du passé, des ressources qui plusent évidemment polluantes et finalement empêcher la Chine de mettre la main sur plus de pétrole, c'est aussi peut-être l'aider cette Chine à avancer encore
28:33 plus qu'elle ne l'est déjà dans la révolution verte, dans les énergies de demain et peut-être finalement lui rendre service en pensant l'affaiblir. Sauf qu'il y a une préoccupation domestique urgente pour Trump Francis Perin, c'est les élections des mytoms qui arrivent dans 2 mois et le président américain veut donner des gages aux citoyens, à ses électeurs en disant "Vous allez voir, le pétrole va baisser même si bien ces barils, ils vont pas sortir de terre d'ici là." Ça l'idée est complètement absurde et évidemment à Washington, on le sait parfaitement. Mais c'est un signal, non ? Électoral, on parle de développement de champ pétrolier. Développer un champ pétrolier, c'est quelques plusieurs années. Donc c'est pas novembre 2026, c'est même pas 2027, c'est même pas 2028. Ce sera pas avant la fin du mandat numéro 2 de Donald Trump que les fruits éventuels de cet accord,
29:19 s'il se concrétise avec des investisseurs privés, des compagnies pétrolières qui rentrent et qui financeront des investissements très coûteux, Donald Trump n'enverra pas en fait la couleur ni l'économie américaine dans les quelques années qui viennent. C'est une vision à moyen et à long terme. Mais comme Trump évidemment est un homme politique, il a les élections de mi-mandat début novembre. Donc dans sa communication et c'était évidemment il est un grand spécialiste, il dit au peuple américain : "Grâce à ce que je viens de faire au Venezuela avec l'accord que je viens de conclure avec vous allez voir que les prix de l'essence au vont baisser. Il ne dit pas vont baisser dans combien de temps ?" Que ça puisse les faire baisser dans 5 ans peut-être mais certainement pas en 2026. qui est type à chaud et en même temps le Venezuela pourrait peut-être sortir de l'OPEP. Ça aussi c'est très impressionnant. en
30:04 fait le Venezuela est fondateur de l'OP en 1960 l'organisme des pays exportateurs de pétrole et surtout donc un un des voilà les illustre du coup de l'histoire vénezuéenne quand pas l'opéresse Alfonso a été du coup un des idéologues justement de l'OPEP qui bon bien sûr en fait je suppose que depuis le nord et depuis l'Europe on peut le voir de manière critique mais de fait c'était aussi un espèce en fait de coalition entre des acteurs pour se pressenter aussi en tant que force collective et en fait tenir aussi tête en fait dans le dans le commerce international et qu'est-ce que ça changerait concrètement si le vén Venezuela sorta de cette organisation. Bah clairement en fait elle sort beaucoup d'un cadre dans lequel se décide en collectif les prix de pétrole en fait normalement aussi dans l'intérêt des pays vendeurs de pétrole. Et là, ça voudrait dire aussi que du coup le Venezuela se se se s'établit plutôt dans
30:50 son relation privilégiée à nouveau de quoi avec les États-Unis mais pas vraiment privilégié mais relation de coup plutôt de domination dans laquelle les intérêts économiques États-Unis s'imposent et elle sortent en fait le Venezuela sortirait au cours de ce cadre dans lequel il gère en fait des formes de solarité avec d'autres pays producteurs de pétrole chose qui par ailleurs et je me permets ça c'est actuellement il y a des débats très forts en fait au Venezuela et pas seulement chez les oppositions traditionnelles mais aussi c'est chez les oppositions y compris ceux de la gauche. Les oppositions traditionnelles, les oppositions qu'on voit habituellement à l'étranger, notamment la figure de Maria Corina Machado et nouvelle de la paix, mais aussi des oppositions de gauche, compris des chavises qui sont assez révoltés contre ce qui en trans passer parce qu'il y a un vrai un vrai en souverainité y compris à long terme et un sentiment prédation sur ce pays. Peut-être un élément qu'il faut ajouter, c'est il y a
31:38 OPEP et OPEP plus. On ne parle que de l'OPEP mais il y a deux entités. Hm hm. L'OPEP c'est 11 pays, l'OPEP plus 21 pays. Si on regarde dans les dernières années, l'Angola est parti, le Qatar est parti, le 1er mai 2026, les Émirats arabes gros producteurs sont partis. Et maintenant, on se pose des questions sur le Venezuela. Clairement à Washington, dans l'administration Trump, on ne cache pas son ambition de casser le PEP, désosser le et dans tout ça, Flori Louis, l'Europe, euh quelle est notre réaction ? Est-ce qu'on se dit bah nous on va accélérer du coup notre transition ? euh vers des énergies qui sont non fossiles ou au contraire, on est un peu grogi parce qu'on va avoir besoin de ces hydrocarbures et que euh le président américain est en train de se les accaparer. Bon, de pour les Européens, de toute façon, ça ne change pas grand-chose. Ils sont que sur une trajectoire de
32:24 décarbonation qui est indispensable pour eux puisque précisément quel que soit le pays, la région dont on est dépendant, que ce soit l'Amérique latine, l'Amérique du Nord, le Moyen-Orient, on est dépendant et il faut que le plus rapidement possible, mais là encore ça ne peut pas se faire en 2 jours ni en 2 ans, il faut sortir de cette dépendance. Donc je pense que ça ne peut que nous inciter, même si la route est difficile à à aller dans ce sens-là précisément pour pour ne pas à notre tour être la proie de quelqu'un impérialiste. Sauf qu'on est dans une dépendance là, ça accentue notre dépendance. Pas forcément parce qu'on n'est pas aujourd'hui spécialement dépendant du pétrole vénévélien. On était plus dépendant des Russes du Moyen-Orient et cetera. Donc qui sont quand même aujourd'hui des zones de conflit. Donc oui ben précisément ça nous montre à quel point il est dangereux de d'entretenir de rester dans cette dépendance mais ça je pense les Européens l'ont bien compris. ont pris malgré tout les initiatives. Après
33:10 effectivement c'est c'est un une transition de temps long mais on voit bien finalement ce qui se passe là ne fait que confirmer la nécessité d'opérer cette transition. Brech, qu'est-ce que ça peut avoir comme impact chez dans dans politiquement chez les Vénézuéliens ? Est-ce que ça peut agiter une certaine opposition et des manifestations ? Comment réagissent-ils les vénzuéliens à tout cela ? En fait, le l'enjeu c'est que là euh concrètement, on est donc gouverné par un gouvernement par intérim qui est issu d'un gouvernement illégitime qui a pas été donc élu en 2024, celui de Nicolas Madura. Donc tout à fait donc en fait Rodriguez c'est ce gouvernement de Nicolas Madurau. Donc en fait une série d'acteurs qui gouvernent le pays qui ont pas été légitimés par les voix des Vénézuoliens et vénézuoliennes sous la toutelle du coup d'un impérialisme états-unien
33:56 trompiste qui clairement n'a pas les intérêts vénéoliens et vénézuoléennes au cœur de l'action. Bon, au milieu de tout ça, du coup, les Vénéiens et les Vénézuiens se trouvent, on va dire coincés aussi, un peu en sensation en fait d'être dépossédé finalement de de leur de leurs de leurs avenirs. C'est d'ailleurs des échanges qu'il y a eu tout récemment. Mais en fait, il y a aussi cette volonté de commencer à penser à en fait comment construit beaucoup des formes de mobilisation, résistance critique en fait par le bas parce qu'en fait c'est un peu les voies qu'il nous restent. Actuellement, il y a aussi euh une une négociation qui se tient entre l'Assemblée nationale de 2015, donc plutôt gagné à l'opposition traditionnelle et l'Assemblée actuelle en fait plutôt gagnée de cours au gouvernement chaviste, mais de même aussi sous l'égide en fait de secrétariat d'État des États-Unis, donc sous l'égio donc on peut espérer que des
34:41 choses positives puissent sortir de cette négociation mais pour les Vénzuelains et les Vénzuelaines, il y a un risque en fait cette richesse bah c'est la base en fait de la souverainité de pays. Comment on pense à long terme en tant que vénuelain et vénéolienne et aussi est-ce qu'il y aura véritablement un changement pour la vie au quotidien et là c'est pas clair d'autre. Une dernière Francis Perin ça va provoquer quoi sur le marché du pétrole, tout ce qui est en train de se passer là à court terme, est-ce que l'Arabie Saoudite va se sentir menacé ? Est-ce que ça va encore renverser les équilibres mondiaux ou les bousculer ? Alors euh mon voisin de droite le disait à juste titre, il faudrait accélérer la transition énergétique. Oui, ça c'est une nécessité. H ensuite, il y a la réalité. En 2025, le monde n'a jamais consommé dans son histoire autant de pétrole, autant de charbon, autant de gaz naturel.
35:29 Il y a donc un petit problème. Donc le pétrole et le gaz, deux des trois énergies fossiles, on les retrouve au cœur de ce qui se passe en Iran, au cœur de ce qui se passe au Venezuela et en bonne partie au cœur, pas uniquement, mais de ce qui se passe dans la guerre Russie-Ukraine. Hm. Ils sont omniprésents dans l'économie, dans la géopolitique mondiale et tout le monde dit il faut faire autre chose. Trump a effectivement de son point de vue, du point de vue de l'administration Trump et des États-Unis se dit mais on nous dit que c'est les énergies du passé. Moi je le vois pas. On a jamais premier exportateur mondial de pétrole les les les américains. C'est une possibilité. Je excuse-moi par il pourrait devenir les premiers exploitateurs de pétrole. Alors le premier c'est l'Arabie Saoudite. Je ne parirais pas qu'ils le dépasseront. Ça me paraît ambitieux, mais ce pays États-Unis est devenu un exportateur net de pétrole
36:15 pour la première fois depuis plusieurs décennies dans son histoire. Ces exportations montent en puissance avec le approchement avec le Venezuela, on va voir. Mais ils ont aussi d'énormes besoins. le premier consommateur mondial de pétrole et Trump a dit "J'ai besoin du pétrole vénézuien pour remplir ma réserve stratégique que j'ai largement pas vidé mais en tout cas j'ai largement puisé dedans par rapport à la guerre contre l'Iran qui dure depuis le et on se souvient du slogan de Donald Trump pendant la campagne drill baby drill toujours plus de forage he c'est ça c'était ça Florian Louis oui exactement merci à tous les trois d'être venus débattre on va rester dans l'actualité mais cette fois-ci vu par Xavier Modu et Théophile Cossa en France ce matin rentrée scolaire pour 11700000 élèv Et les ados qui rentrent en 4e au collège et bien vont découvrir les cours d'éducation financière. Et en Irlande,
37:02 un minuscule escargot fait de la résistance involontaire sur un terrain de golf appartenant à qui ? À Donald Trump. Encore lui, mais d'abord le mauvais du jour, Lourde où le papléon XV va se rendre le 27 septembre prochain en simple pèlerin. C'est entendu. Toute l'histoire des miracles [musique] de Lourde situé sur les hauteurs de Lourde au sanctuaire de Lourde. Qu'est-ce que ça veut dire ? Exactement ce que ça dit. Merci de m'en [musique] dire un peu plus. Entendu. La vie secrète des mots vedettes. Lourde de l'ancien Gascon Lord [musique] désigne une ville de 14000 habitants situées dans les Hautes Pyrénées, célèbre pour être le grand lieu de pèlerinage catholique associé aux malades et à la guérison. Le 27 septembre, une première 18 ans, un pape
37:47 se rendra à Lourde. À l'invitation du président des évêques de France et de l'UNESCO, Robert Francis Prévau dit Léon X se rendra à Paris MS en passant par l'ourd. [musique] Grand fan de Sainte- Thérèse de Lisieux, petit fils d'une Avrez et fils d'un GI débarqué en juin 44 en Normandie, Bob le francophile est déjà venu à Lourde lorsqu'il était [musique] séminariste. Pour la venue du pèlerin Chicagolais, les 150000 à 250000 fidèles attendus à Lourde feront déborder les 8768 [musique] chambres de ces 114 hôtels, soit la deuxème capacité hôelière nationale après-pis Paris. [musique] La ville accueille 5 à 6 millions de visiteurs par an pour un bénéfice de 270 millions d'euros qui traduit sa dépendance [musique] quasi totale à l'égard du tourisme bondie. À Lourde, pèlerin, malade, touriste,
38:34 visite la grotte des apparitions où entre le 11 février et le 16 juillet 1858, la Vierge Marie serait apparue 18 fois à une gamine de 14 ans et lui aurait glissé : "Alllez boire à la fontaine et vous y laver". La [musique] hype de l'eau de Lourde est née des 70 guérisons reconnues à ce jour comme miraculeuse par l'Église catholique. En 1892, [musique] 13 ans après la mort de la gamine devenue non à Neuvre puissin le welbec de l'époque m l'enquête [musique] durant de semaines sur cette ville de la foie née de l'hallucination d'une petite fille. Il compatit au sort des malades mais [musique] ne croit pas au miracle. Son texte est interdit par l'église. Lourdingue. Merci monsieur Nold qui se surpasse
39:20 comme tous les soirs d'ailleurs. Théophile Xavier retour de vous deux pour vos chroniques. Alors Xavier c'est la rentrée scolaire vous le savez pour plus de 11 millions d'écoliers avec comme nouveauté des cours d'éducation financière pour les élèves au collège en 4e. Bon ils apprennent quoi ? Bah à compter mais à compter les sous. C'est ça. À compter les sous. Et vous nous parlez d'économie domestique, je sens que ça va être gratiné. Ex bah ouiisabeth en 1903 pareil. Un manuel d'économie domestique et d'instruction ménagère, c'est destiné à l'usage des jeunes gens. C'est un manuel en fait qui s'inscrit dans le vaste mouvement de réforme scolaire de la fin du 19e siècle. Vous savez avec les célèbres lois feries, l'école obligatoire, gratuite évidemment et laïque. Et dans ce mouvement-là, vous avez aussi toute une réflexion est vraiment stimulante
40:05 sur que doit-on enseigner aux jeunes gens. Et c'est ainsi qu'apparaît une matière originale. C'est euh l'enseignement ménager. Alors, je vais pas vous étonner si je vous dis que c'est destiné aux jeunes filles. Jeunes filles bien sûr hein. On apprend à faire le ménage, le repassage, à faire la lessive, à s'occuper des enfants, mais aussi à tenir les comptes de la maison. Éducation financière. Ben oui, c'est déjà ça. Alors, c'est un passage qui est très fréquent dans ce type de manuel, le manuel d'économie domestique dont je vous parlais. après le rangement de l'armoire et le petit nettoyage de tous les jours explique en fait le budget d'une bonne ménagère et la comptabilité domestique parce que la jeune fille future bonne ménagère doit pouvoir anticiper les dépenses et les recettes. Par exemple, si monsieur gagne
40:53 7 francs par jour, sachant qu'il travaille 6 jours sur 7 parce que c'est comme ça, et bien calcul mental 6 x 7, elle a 42 francs. Et là attention, il ne faut pas dépenser plus que 42 francs, il faut dépenser moins. Faut mettre de côté au cas où faut l'OM parce que on est avant la séparation des églises et de l'État. Et donc le Noël donne des conseils, c'est très pratique mais en même temps c'est très compliqué parce qu'il faut tenir plusieurs cahiers. Donc vous avez le carnet avec toutes les dépenses anticipées, le loyer et cetera. Mais un autre carnet, c'est un journal quotidien où vous notez ce que vous avez dépensé dans la journée pour pas vous dire cette pièce de vin souge les miseau vous notez tout. Et un troisième alors là le manuel dit beaucoup plus petit c'est simplement pour les recettes et donc vous avez tous ces manuels les recettes mais pas de cuisine recine
41:40 recette d'argent qui rentre et tous ces manuels reprennent enferme la forme des manuels classiques des autres disciplines c'estàdire vous avez un système de chapitre qui se termine par une série de questions. Donc les élèves apprennent les réponses qu'ils récitent ensuite par cœur et puis à la fin vous avez souvent la rédaction par exemple montrer l'utilité matérielle et morale qu'il y a d'inscrire régulièrement les dépenses journalières. Alors c'est très beau cet enseignement ménagé. Il a duré longtemps jusqu'aux années 1980 même après encore tout d'autres formes. Ah oui bah oui oui on avait ça dans les années 80 pour ceux qui souviennent ensuite le éducation manuelle et technique mais surtout ce qui est passionnant c'est que ces manuels prouvent que les femmes au foyer qui ne reçoivent pas de salaire exercent parmi leurs 1000
42:27 métiers celui de comptable et vouloir l'oublier ça c'est l'ensemble de la société qui en est comptable. Absolument. CQFD. Bravo Maudu ! Bon Théophile, on part en Irlande où les projets de Donald Trump encore lui sont contrariés par un habitant tout à fait inattendu. Et oui ! Alors, vous connaissez la passion de Donald Trump pour les salles de balles. C'est son truc, c'est comme ça, il veut en construire partout à Maison Blanche. Ça y est, après moule péripétie, la cour suprême vient enfin de donner son feu vert. Et en Irlande, ici à côté du village de Dunbeg 300 âes, c'est là que se trouve le Trump International Golf Club, un complexe hôtelier collé à la mer avec terrain de golf donc qui s'étend sur 400 hectares et en projet construire The Nicest Bellroom in Ireland, la plus belle salle
43:14 de balle d'Irlande dixite Eric Trump, le fiston qui gère la Trump organization pendant que papa est à la maison Blanche. Sauf qu'un invité surprise perturbe le bal. Alors qui ça ? Lui le Vertigo Angusture. Un tout tout petit escargot 2 mm qui vit dans les dunes du coin menacé d'extinction et protégé par une par une directive européenne. Et quand je dis menacé, c'est très menacé. Il ne serait plus que 170 d'après le centre national irlandais de données sur la biodiversité. Pourtant, le projet de salle de balle a bien été validé en février par la commission locale d'urbanisme sous réserve qui l'empiète pas sur l'habitat du petit escargot. Mais c'était sans compter l'intervention d'un homme, Liam Madon, 76 ans, architecte urbaniste et
44:02 en kikiner professionnel des promoteurs immobiliers connus en Irlande pour multiplier les recours contre les projets de de construction. car pour Liam Madan, on a oublié quelque chose dans cette salle de balle. On va organiser des des fêtes avec des gens riches qu'on va faire venir en hélicoptère. Sauf que ces hélicoptères avec le souffle de leurs hélices, de leurs groses hélices, bah ils risquent voilà de perturber, de menacer l'habitat du petit escargot. Il n'en fallait pas plus à Maden pour déposer un recours. Le chantier est désormais à l'arrêt en attendant une décision définitive d'ici la fin de l'année. Et ça agace, ça en agace certains. Et oui, oui, oui, certainement déjà Donald Trump, d'autant qu'il a déjà eu affaire au petit escargot en 2016, il voulait construire sur place une autre
44:49 infrastructure qu'il adore. Un long mur sur la plage pour protéger son golf de l'érosion et des tempêtes. une association environnementale IAM Madencore lui avait déposé un recours le projet avait été annulé. Ça ne fait pas non plus les affaires du premier ministre irlandais qui veille à brosser Donald Trump dans le sens du poil les États-Unis sans le principal partenaire commercial de l'Irlande. Et contrairement à ce qu'on pourrait croire, ça gonfle aussi les locaux. Un projet he de cette taille pour le village, c'est de l'emploi et derrière du tourisme. Bref, en ce jour de rentrée, tout ça m'inspire une fable. Je l'ai appelé euh le président et le petit escargot. [raclement de gorge] Alors je me lance. Un président tout orangé voulait une salle pour aller danser. Un
45:34 petit escargot très menacé se cachait dans le sable. Sa maison convoitée. Je vous laisse écrire la suite. Oh mais la fontaine sort de ce corps ou Jacques préfère je ne sais pas. Magnifique. Merci Théophile. Merci à tous. On se retrouve demain 20h05. Tchus. [musique]