0:00 Bonjour tout le monde et bienvenue sur les gendes. Aujourd'hui, notre invité s'appelle Christian. Christian Perrier. Il a été infirmier en psychiatrice. Les gens qui sont dans l'hôpital psychiatrique me font moins peur que les gens que je croise dans la rue. À l'hôpital psychiatrique, si tu veux, ils ont été diagnostiqués. Et moi, quand je suis dans la rue, j'ai plus peur parfois de la bizarrerie des gens que je rencontre. Si tu veux, à l'hôpital, je me suis jamais senti en danger à l'hôpital. Ah ouais ? Comment ça se passe pour des mecs qui ont passé 20 30 ans 40 ans tu disais même dans un hôpital psychiatrique quand ils sortent ils peuvent plus sortir. Alors c'est une dame de bonne famille si tu s'imagine que son mari s'est réincarné en elle sous la forme d'un verre solitaire et là ça va faire rire tout le monde qui respire par son anus capiselle de force pour ceux qui savent pas qu'est-ce que c'est une perte de liberté gigantesque. Est-ce que tu connais des maladies toi qui nécessitent 30 ans 40 ans d'hospitalisation certaines maladies mentales ?
0:48 Bonjour tout le monde et bienvenue sur les gens. Aujourd'hui, notre invité s'appelle Christian. Christian Perrier. Il était en psychiatrie, il a été infirmier en psychiatrie dans un hôpital psychiatrique pendant plus de 20 ans. Il a sorti un livre autoédité où il raconte pas mal d'anecdotes de ce qui lui est arrivé avec des patients qui ont vécu des choses difficiles. Parfois, il explique comment ils sont arrivés là pour essayer de comprendre aussi leur parcours, l'empathie qu'il faut aussi pour suivre au quotidien et tout ce qu'il a vu de plus incroyable durant sa carrière. Aujourd'hui, il est formateur, il forme les aides soignants. Il va nous raconter son parcours. En tout cas, merci d'être là. Abonnez-vous à notre chaîne juste avant de commencer si vous voulez bien sur YouTube. Vous pouvez vous abonner. Ça nous aide à avoir des invités de plus en plus exceptionnels, différents, originaux. En tout cas, vous êtes tous les bienvenus aussi. Tous les mercredis, vendredi et dimanche. On vous met trois interviews ou documentaires sur légende et en podcast audio sur
1:34 Spotify, 10h Apple Podcast, Amazon Podcast. Merci de faire de légendes le premier podcast de France en audio. Vous pouvez le mettre comme ça sur la route si c'est au sport par exemple en train de courir. Merci d'être là chaque semaine, plusieurs fois par semaine avec nous sur les gens. Et c'est parti avec Christian qui s'appelle Christian Perrier sur les gendes. On y va. Bonjour, je m'appelle Christian Perrier. Je suis infirmier de secteur psychiatrique. J'ai travaillé pendant 20 ans dans un hôpital psychiatrique. 20 ans à rencontrer des gens. Et maintenant ces histoires là, je vais vous les raconter aujourd'hui à légende. Ben voilà, bienvenue Christian. Merci. On sent que tu as un accent du nord de la France. C'est ça. Tu es tu es d'où ? Je suis né à Avignon. Àignon. J'ai passé 2 ans à Carcasson à sport étude de Rui. Et là, tu es bonté, tu as fait l'allerour exprès pour légendes. Merci
2:21 beaucoup. On va parler du coup de de psychiatrie. Tu as été infirmier pendant 20 ans dans un hôpital psychiatrique. C'est ça. Un peu plus. Aujourd'hui, tu es formateur. Tu tu es formateur pour faire quoi exactement ? En fait, je forme des aides soignants. Les aides soignants de demain en fait, des élèves qui rentrent en formation et qui ont un an de formation. Là, je suis devenu un formateur généraliste en fait. Et dans le cas de cette formation là, j'enseigne encore la psychiatrie et je fais des formations d'accord euh dans l'hôpital où je travaille, c'est-à-dire à Montpavé sur la psychiatrie. Tu vas nous raconter, tuas tu as fait plein de trucs. Tu as un patient qui qui pensait parler aux extraterrestres à cause du cannabis. On va parler des drogues aussi, de ce que ça peut faire et sur les gens. et tu vas nous raconter de ce que tu as vu. Tu as une patiente qui parlait à son verre solitaire qui a été exorcisée par sa famille. Tu as vu des cas tu tu raconte dans un livre que tu as auto édité, tu t'es amusé à
3:06 écrire. Tu m'as dit "Je suis pas écrivain, je pas pour un autre mais je me suis amusé à mettre ça sur papier et tu le vends sur tes réseaux sociaux, tu l'as même pas mis en vente dans un éditeur s'appelle les oubliers". Voilà, de Christian Perrier. Je mettrai un lien si jamais tu veux nous donner un lien pour ceux que ça intéresse. J'imagine que vous êtes nombreux à avoir envie de lire aussi ce genre d'histoire. Enfin, tu as vu vraiment des choses mais tu dis un truc qui est étonnant. Tu dis les gens qui sont dans l'hôpital psychiatrique me font moins peur que les gens que je croise dans la rue. Oui. Alors, j'ai moins à l'hôpital psychiatrique si tu veux, ils ont été diagnostiqués. On a dit, ils sont malades, ils sont schizophrènes, paranoïques. Enfin, je suis pas là pour faire des grandes leçons de psychiatrie si tu veux. Et moi quand je suis dans la rue, j'ai plus peur parfois de la bizarrerie des gens que je rencontre si tu veux. Parfois je me sens moins en sécurité. Alors, c'est sûr que ça m'appartient à moi. À l'hôpital, je me suis jamais senti en danger à l'hôpital. Ah ouais ?
3:52 Non. Tu dis, tu dis là où dans la préface de ton livre, tu dis là où humour et folie cohabitent. Tu tu rigoles au boulot ? Ouais. Tu rigole avec eux, pas eux. Tu pas d'eux, avec eux. J'essaie de rigoler avec eux, mais pas d'eux. C'est tout à fait ça. Guillaume, tu as raison. Euh la question, c'est quand il y a des patients qui délirent ou qui qui entendent des voix sur des trucs, tu as vu certaines histoires comme cette dame qui est envahie par un verre solitaire, par exemple. Il y a des fois tu c'est tellement énorme et c'est tellement complètement en dehors de la réalité. Alors, c'est vrai qu'on apprend aux élèves à ne pas délirer avec les malades, mais parfois c'est un peu compliqué et c'est tellement fou si tu veux que tu te laisses embarquer dans ces histoires là. Est-ce que tu vas nous raconter après des anecdotes, mais est-ce que quand tu es face à quelqu'un qui est dans un délire euh qui que tu là tu disais parle à son verre solitaire,
4:37 est-ce que en tant que soignant tu leur apprends parce que tu es formateur ? Donc c'est parfait, on peut te poser ces questions-là. Est-ce que tu dois faire semblant de l'entendre aussi le vers solitaire de rentrer dans son jeu en quelque sorte ou est-ce que tu dois lui dire "Madame, là il y a rien du tout, vous délirez." Tu vois, comment est-ce que tu dois l'apprendre ? Alors, ni l'un ni l'autre. Moi, j'aime un terme qui s'appelle être ambassadeur de la réalité. OK ? Massur réalité c'est que toi et moi le ver solitaire on le voit pas. Si tu me dis que tu le vois Ver solitaire tu es aussi fou que moi qui suis possédé par le ver solitaire. Donc là surtout pas. Deuxièmement surtout ne pas nier que moi je le ressens le verre solitaire. Et quand il y a dans la réalité tu vas dire au patient "Mais moi, j'entends ce que tu me dis mais je le vois pas. Mais moi je le vois pas." Et tu peux être sûr que ta relation avec le patient elle va être de qualité. C'est c'est tu tu disais parfois les
5:23 veut dire quoi être fou ? On entend ce mot qui a pu utiliser aujourd'hui en psychiatrie. Qu'est-ce qu'on utilise comme terme et qu'est-ce que ça veut dire ? Il y a plusieurs définitions. Aujourd'hui, si on parle de maladie mentale et dans ces maladies mentales là, en fait, c'est un grand panel si tu veux. Il y a des maladies où les gens sont conscients qu'il souffrent et il y a des gens sont conscients qui souffrent pas. C'est pour ça qu'on te différencie ce qu'on appelle les névroses et les psychoses. En fait, les psychoses c'est la schizophrénie, la paranoïa. Euh et les autres, c'est des maladies comme l'obsession, par exemple, les gens qu'on des toqu. Ah oui oui. D'accord. Mais ça, je crois que quasiment, j'avais vu un truc l'autre jour, quasiment tous les Français en détoc. Alors après ça peut juste être mettre l'interrupteur vers le haut, je dis n'importe quoi. C'est les trucs qui te rassure en fait. Pas forcément des trucs qui te font faire 100 km pour aller rappuyer sur un bouton quoi. Non, en fait c'est ta personnalité, la faç si tu veux. Moi, j'ai pas d'étérifie
6:11 de temps en temps et viissant de moins en moins. OK. J'ai d'autres trait de personnalité mais là si tu veux en venant ce matin te voir ici à Paris euh je suis pas redescendu du train à la gare pour vérifier si mes si mes fenêtres étaient fermées. Oui bien sûr bien sûr. En fait c'est une sorte d'intensité si tu veux. Sauf que malheureusement les gens que j'ai côtoyé moi à l'hôpital psychiatrique si tu veux ils faient des maladies graves. De maladies comment va dire qui se soignent mais qui parfois ne se guérissent pas. Tous ces gens euh et tu as cité le livre tout à l'heure la plupart des maladies se guérissaient pas au sens de la guérison. Toi, tu vas faire un état gripal, on va te donner un traitement, tes symptômes vont disparaître. Malheureusement, dans certaines maladies psychiatriques, les symptômes ne disparaissent pas. Alors, juste avant que tu nous racontes une anecdote là énorme sur ton premier patient, toi tu es né en 64 pour comprendre le parcours, comment tu t'es
6:56 retrouvé à travailler dans un hôpital psy aussi, c'est intéressant en 64. Donc, tu vas commencer après comme infirmier et le jour de tes 20 ans, tu vas commencer à travailler. Est-ce que tu vas commencer à travailler dans un hôpital psychiatrique direct ou tu vas commencer comme infirmier classique ? Alors le jour de mes 20 ans, je rentre à l'école d'infirmier de secteur psychiatrique. Diplôme qui a disparu depuis 1992. Il y a plus de d'infirmiers psychiatrique. Voilà. Tu tu as un dinosaure devant toi là et une espèce en voie disparition. Tu as 61 ans aujourd'hui, tu les fais pas. Bah ça c'est gentil. Et donc si tu veux, je rentre en formation pendant 3 années. Donc 3 années d'études d'infirmier mais spécialisé en psychiatrie. Et après j'ai eu la chance de faire service militaire à l'hôpital d'instruction des armées Lavérant à Marseille. Et là, j'ai continué pendant la psychiatrie militaire pendant une année. Expérience enrichissante elle aussi comme l'été mes 3 années d'études en fait. Donc moi, je
7:42 suis spécialisé en psychiatrie. On va parler. Oui, tu as aidé les gens pendant le service militaire en psychiatrie. Tu as vu des trucs de fou ? On va en parler dans dans 2 secondes. Juste avant, premier cas, parce que tu es en stage avant de commencer, tu parles dans ton livre de Émilie. Est-ce que tu peux expliquer qui est Émilie ? Est-ce que tu as fait avec elle, comment tu as pu l'aider ? Est-ce qu'elle a fait avant aussi malheureusement Alors Émilie, c'était une une patiente, une une bergeère située qui vit dans la montagne avec ses moutons et elle entendit des voix. Elle était un peu hallucinée cette dame là, mais des voix qu'il a persécuté au quotidien et en fait les voix lui disaient de tuer ses maris. Donc elle avait pardon zigouillé ses deux premiers époux si tu veux. Mais attends mais elle était pas en prison actuelle premier. Alors alors c'est l'histoire de la responsabilité. Il y a un article de loi en France euh qui dit que si tu veux si tu as perdu la raison au moment où tu
8:28 fais l'acte et cetera, c'est l'article aujourd'hui L64 du code de procédure pénale qui dit que au moment des faits, si ton discernement était altéré, si tu veux, tu vas avoir des des esperpsies qui vont décider que tu étais malade au moment des faits. Donc c'est pas la prison, c'est l'hôpital psychiatrique. Ce qui est difficilement compréhensible par le grand public, on peut l'entendre hein. Tu as ton enfant qui malheureusement a été agressé ou tué par un patient atteint schizophrénie, tu comprends pas pourquoi le patient ne va pas en prison. Comme tout le monde. Comme tout le monde en fait. Mais ça c'est le travail des experts. OK. Donc elle si tu veux elle s'était retrouvée ce qu'on appelle dehors en unité pour mal difficile tu veux. Donc elle a passé sa vie à l'asile d'Aliéné et quand je la rencontre moi toujours persécuté hein, je te rassure
9:13 elle a un délire dire encore asile moi j'ai l'emploi pour faire la différence entre l'asile psychiatrique et l'hôpital de maintenance si tu veux. Moi je je suis arrivé à l'hôpital à la fin de l'asile. J'ai connu moi encore les grands dortoirs à 20 patients. Ah là là ce qui était une horreur absolue. L'individualisation des chambres n'est venu que l'humanisation. Ouais. l'humanisation. Tu as raison ce qui va avec. Et donc je rencontre cette femme là, moi qui est persécutée et qui a un délire de filiation si tu veux. Tous les enfants qu'elle voit, tous les hommes qu'elle voit sont ses fils. Et malheureusement ou bien heureusement ou j'en sais rien si tu veux, son nom de jeune fille était le même que le mien. Alors tout à l'heure, on parlait de ce qui était réel ou pas réel. Comment veux-tu faire comprendre à cette dame que tu t'appelles Perrier aussi et qu'elle aussi ? Donc si tu veux son
9:59 fils, il existait vraiment, c'était moi. [ __ ] ! Alors, qu'est-ce que je fais de ça moi ? Elle a tué ses deux marises avant. Mais elle était dangereuse avec toi. Tu sentais qu'il pas du tout. Moi, elle me couvait, elle surveillait mon vélo, elle avait un bâton, elle tapait tous les autres patientes qui venaient toucher toucher ma bicyclette. Et quand je raconte ça à ma maman, moi qui était toute petite, elle me dit "Mais qu'est-ce que tu es allé faire là-bas ?" "À travailler là-bas ?" Ouais. Ouais. Mon père me dis "Mais tu tu finiras fada comme eux quoi." Et donc cette dame s'est occupée de moi pendant un mois. Mais le malheur dans l'histoire c'est mon stage s'est terminé. Et ouais. Ah ouais ? Et tu dois partir du jour au lendemain. Je dois partir du jour au lendemain. Donc tu l'expliques et tu t'en vas. Non. Ah c'est vrai ? Non. Ah tu dis à demain madame. Ouais. Ouais. Et en fait qu'est-ce qui se passe ? Si tu veux lendemain, il pèse les plombs, il casse tout. Oh et et à aucun moment tu te retrouves avec cette dame là, tu tu oublies pas
10:46 parce que tu tu restes soignant. Tu oublies pas qu'elle a tué quand même deux personnes. Oui. Ça reste un fait quand même. Oui oui oui. Et donc tu sais qu'elle peut aussi vrier vers toi ou est-ce que tu lui tournes le dos par exemple ? Jamais. Ouais. Ah jamais. Mais non. J'ai plus peur dans la rue des fois. Je te dis la seule fois où j'ai été agressé en 20 ans de carrière si tu veux, c'est que je l'avais bien cherché. C'est un patient qui était agité, qui s'était calmé, qui était persécuté et je sais pas, j'ai dû dire une phrase dans le sens de la persécution et en fait, il s'est senti agressé, il m'a mis une tarte. C'est la seule fois en 20 ans où tu as été agressé. Ouais, mais c'est même pas d'agression. En gros, j'aurais dû faire attention à mes mots. Et pourquoi il avait tué son mari du coup ? C'est juste des voix. Il avait rien fait le mar, il avait dû la regarder en travers.
11:32 La problématique de la persécution, c'est que un patient qui est persécuté, tout objet ou tout acte peut devenir persécutif. Et mais elle les tué comment ? Comment elle fait ? Elle les zigouillé qu'un couteau. Le couteau qui lui servait à tailler ses morceaux de bois quand elle quand elle gardait ses moutons et ses chèvres dans la montagne dans leur sommeil. Alors ça l'ffet, je m'en rappelle pas si tu veux. Elle avait un eau pinel bien taillé. Je me rappelle encore. Et c'était quoi son trouble à elle ? C'était une troub persécution, une psychose avec des troubles dans la persécution. Est-ce que tu l'appelais maman ? Surtout pas. Non, tu rentrais pas dans son truc. Non. Et non parce qu'alors là sinon je suis fou comme elle moi parce que de vraie mère j'en avais une si tu veux et elle c'était qu'imaginaire. Elle n'avait jamais eu malheureusement pu avoir d'enfant si tu veux. Donc tout était délirant autant ce truc. Tu as eu des nouvelles d'elle quand tu es parti à un
12:19 moment donné donc tu dis tu repars c'est la fin de ton stage tu vas travailler pour le service militaire. On va en parler. Est-ce que tu as des nouvelles de cette dame ? Est-ce que tu continues de prendre ? Alors, c'est une patiente qui est décédé malheureusement aujourd'hui. Non, je ne suis pas retourné pour réenclencher quelque chose. Jamais. Mais non, surtout. Non, mais tu aurais pu demander à tes anciens collègues savoir comment elle va machin. Non, non, je voulais pas. C'était trop compliqué. Est-ce que tu es déjà venu ami avec un patient ou une patiente en hôpital psychiatrique ? Alors, ami non. À revoir après. Non, pas du tout. Par contre, il faut que tu saches, c'est que je vivais plus à l'hôpital psychiatrique que dans ma propre famille, hein. Tu travailles pendant 8h, le temps que tu rentres à la maison, si tu veux, ma vie à moi, c'était une vie d'enfermement. Comme tous les infirmiers FC, par exemple, dans les unités fermées, tu es plus au quotidien, tu es 8h présent auprès des
13:04 patients, ils sont là. Donc après, tu vas au service militaire en tant qu'infirmier. Euh ça va être en 1988, tu as donc 22 ans, tu vas t'occuper d'un d'un garçon qui s'appelle Henri. Euh parce que ça veut dire quoi infirmier psychiatrique en dans une dans une caserne en fait ? Alors c'est c'est des infirmiers si tu veux qui sont dans les services de psychiatrie militaire. Donc moi j'étais en service de psychiatrie militaire à l'hôpital d'instruction des armées Lavéran où il y avait des patients dangereux considérés comme dangereux ou qui avait eu des réformes graves. C'est les réformes P ça s'appelait comme ça à l'époque les P4. les P4 et les P qui sont euh qui ont le droit de ne pas faire euh le service militaire parce qu'ils étaient considérés comme dangereux. Alors dangereux ou avec des troubles psychiatriques grave si tu veux. Et donc ce jeune homme-là que je rencontre en fait formel euh Ouais. Alors la problématique à
13:50 l'époque c'est que les gens qui sortaient avec des réformes psychiatriques et ça ces jeunes appelés du contingent ne le savaient pas, il ne pouvaient pas prétendre plus tard à un emploi dans la fonction publique et ça il ne le savait pas si tu veux. Il y avait ceux qui simulaient certains actes. J'ai fait des défenestrations, enfin des trucs de ouf hein. Un gamin qui se jette vers la fenêtre parce qu'il veut plus faire l'armée, euh se faire des flebotomies avec les tissons de bouteilles et cetera dans des trucs gravissimes. Où après il perdait l'usage des mains parce que la chirurgie esthétique et plastique n'était pas celle d'aujourd'hui, tu vois. Et il y avait des patients avaient des troubles graves comme lui par exemple. Lui, si tu veux, il se prenait pour un oiseau. Alors, je sais pas si tu connais le film, il faisait pas semblant. Ah non, non, non, non. Il volait. Et en fait ce garçon ne se nourrissait que de graines de tournesol et d'ail.
14:37 Voilà où c'est qu'on en était. Il survivait quand même. C'est c'est pas l'histoire qui survivait ou pas si tu veux. c'est qui mettait en difficulté l'ensemble du contingent si tu veux et en fait on passa un are temps à marcher avec lui ben marcher avec lui au pas mais il savait pas marcher au pas lui. Donc c'était un peu le souffre douleur. Et ce garçon en fait si tu veux il me faisait penser à un film il y a quelques années s'appelait Birdy avec Matthew Mondine et Nicolas Keng. C'était un polraumatisé de la guerre du Vietnam et je sais pas et sur la jaquette de du DVD on voit le monsieur en position d'oiseau si tu veux. Moi, je lavais l'oiseau. [ __ ] c'est fou. Mais mais avec ses parents, il était comme ça avant l'armée ou je pense je pense que ce garçon avait déjà des troubles si tu veux. Il vivait dans le nord de la France à la campagne avec ses parents et l'armée si tu veux était le facteur déclenchant de la
15:23 maladie mentale. Il a fait ce qu'on appelle une bouffée délirant aigu. Si tu veux, c'est un étap psychotique. Il a pété les plombs. Il a pété les plombs. Il était normal à peu près en arrivant. Normaliseau il se prenait pas o je sais pas si il mangeait son ail son ail et son et ses tournes sol. C'était son alimentation. Donc je ça peut laisser euh interrogatif mais après de péter les plombs si tu veux à ce point-là et il se prenait pour un oiseau. Donc il volait dans les couloirs dans les couloirs de l'hôpital militaire. Et moi j'ai eu la grande chance c'était une magnifique expérience de faire un aller-retour euh Marseille Saint-Charles, Paris Garde Lyon garde du Nord avec un oiseau dans dans le train. [ __ ] incroyable. Il mesurait 2 m hein. Tu vois l'envergure ? Mais il faisait quoi dans le train ? Il vou tout le temps. Il voulait. Ouais. Et là quand tu es assis avec une personne comme ça en bouffé délirante,
16:09 tu prends pour un oiseau pendant tout un trajet, tu préviens les gens à côté. Tu prévenu parce que moi j'étais tenu militaire si tu veux. Il voyait bien qu'il y avait quelque chose qui allait pas si tu veux mais il mais si tu veux il mettait en danger personne. Mais non non, il était dans son univers il parlait aux gens ou pas du tout ? Pas du tout. J'étais dans son truc, dans son univers et toi quand tu disais on y va et oui. Mais moi on avait une relation peu particulière si tu veux parce que avec ce garçon mais donc c'est moi qui fait sa femme rapatriment sanitaire pour une hospitalisation en hôpital psychiatrique civil. [ __ ] et on a sorti de l'hôpital militaire et on l'hospitalisé euh hôpital civil. Et c'est à cause donc de apparemment il aurait été humilié, ça aurait accéléré son truc. Alors alors je sais pas si ça accéléré ou pas mais c'est vrai que il était humilié si tu veux parce que c'était le souffre douleur du content. Euh grâce à lui, enfin j'en sais rien, c'est comme
16:55 ça que je le vois moi, mes copains militaires me disaient mais va t'occuper de l'oiseau parce que c'est toi l'infirmier. OK, donc ça veut dire qu'avec ce garçon, on ne pouvait jamais aller manger avec les autres. Et oui, parce qu'on marchait comme on savait pas marcher et qu' savit pas marcher, le maréchal des logis de l'époque nous faisait tourner autour du braquement tant que il n'entendait pas qu'une seule boucle de nos Rangers. Donc en fait, il se faisait humilier, il se faisait parfois frapper par d'autres. Enfin, on a été là-dessus. Bon, c'est gravissime. Et pourquoi il est pas réformé un mec comme ça ? Alors, il a été réformé parce que moi je l'ai rerencontré après à la réforme si tu veux, j'ai fait mes classes avec lui à Carpi au régiment de char et après quand j'ai basculé sur l'hôpital militaire si tu veux, je l'ai revu à l'hôpital militaire et c'est de là qu'on a fait la réforme, qu'on a fait le rapatriment sanitaire.
17:41 Et après tu as le chef de ce mec là. Alors déjà, tu vas avoir une semaine de permission, une médaille de bronze de la défense nationale pour ça parce que tu l'as accompagné. Ouais, c'est très rare qu'on app du contingent médaill. et le colonel voulait me faire signer un contrat d'engagement à l'armée et comme j'étais déjà fonctionnaire hospitalier, je ne pouvais pas m'engager dans l'armée. Le marchel des logique qui avait humilié Henri et son chef un jour vient te voir. Alors c'est pas qu'il vient me voir, c'est qu'il est ramené par la police militaire parce qu'il était un peu alcoolisé. Il avait des propos incohérents au casernement si tu veux et la police militaire nous demande de l'isoler en service de psychiatrie le temps un peu de le remettre sur pied. Et là et là ben là je me suis on va dire mal comporté avec lui. C'était un peu la maltraitance en fait. Je l'ai je l'ai mis en chambre d'isolement et je lui ai donné des traitements un peu sédatifs.
18:29 C'està dire quoi ? Ah c'était c'était des çait des des neuroleptiques en fait, des médicaments qui vont te embaisser baisser ton angoisse et te faire un peu dormir si tu veux. Et euh quand quand les médicaments euh eurent euh fait, j'allais dire, je me suis permis de lui dire que peut-être que les doses que je lui avais donné, alors ça va faire hurler les gens qui vont regarder la vidéo que c'était pas nécessaire mais que c'était insupportable le sort qu'il avait réservé à ce pauvre garçon qui était seulement malade. Voilà. Là, tu parles de cas schizophrénique. Du coup, tu disais c'est des c'est la schizophrénie. Il existe plusieurs types de schizophrénie. Alors, je sais pas s'il existe plusieurs types de schizophrénie. Il existe une schizophrénie et des schizophrènes. Alors, c'est une maladie si tu veux qui est gravissime avec différents modes d'entrée. Si tu veux, ils sont classés par cinq intensités de symptômes, je crois. Il y a de classement. Alors, alors ça dépend. Voilà. En fait,
19:14 moi si tu veux, ce qui est plutôt la schizophrénie, mais surtout la façon dont le patient exprime la maladie. Il faut savoir, je sais pas si les statistiques sont toujours les mêmes, c'est que c'est à peu près 1 % de la population française à schizophrée et quand tu calcules, ça fait autour de 600 6500 personnes. C'est pas siin que ça. Tu en as une aussi jeune fille qui était schizophrène. Une schizophrène débutante, tu dis. Oui. Qui qui va fumer ses cours au bac. Ouais. Alors alors euh Ouais ouais ouais. Alors elle va fumer ses cours au bac si tu veux parce qu'elle pensait que alors là c'était très hallucinatoire aussi. Elle pensait qu'elle apprendrait mieux en fumant les cours. Donc toi ça te fait rire en fait. Elle fumait les cours je m'attendais pas à la raison. J'avais pas non mais ne cherche pas ne cherche pas à donner de la raison à la folie
19:59 et penser aspirer le les mates. Non non elle fumait elle fumait les matths. Elle pensait qu'elle aurait réussi mais que c'était les cours par le Kned si tu veux. Le problème c'est que vu qu'elle distance voilà mais comme elle fumait elle pouvait pas répondre en cours. Donc elle fumait du cheit du cannabis. Ah ouais elle mettait le cannabis dans dans ses feuilles de cours. Ouais. Et quand elle avait fumé tout avec voilàin. Ouais. Ouais. Elle fumait les pages jaunes de la nuire. [ __ ] Alors les pages jaunes de la nuire, c'est du plomb hein. L'imprimerie. Ça lui défracté la tête hein. Et alors là c'était euh Et donc elle est venue en en pareil euh en ps psychiatrique. Ouais. Ouais. Ouais. Pour état psychotique, schizophrénie. Tu en as vu beaucoup en tant que infirmier en psychiatrie des des gens qui ont vrillé à cause du du de du cannabis. On sait pas si c'est des légendes urbaines le cannabis qui rend vraiment fou. Moi je je peux te parler que de ce
20:45 que j'ai connu. Le cannabis c'est un adolescent qui est fragile si tu veux qu'on qu'on va dire prépsychotique c'estàd il est presque en train tous les ados sont bizarres on est d'accord mais celui-l il est encore plus bizarre que les autres. OK le cannabis peut être un des facteurs déclenchants de la maladie comme tout est drô hallucinatoire hein. Le LSD c'est pareil tout ce qu'il faut te provoquer de l'hallucination ou t'amener de Mais le LSD c'est moins répondu quand même que cannabis j'ai l'impression. Je sais pas. Donc le cannabis, tu dis ça peut faire briller, ça peut être un eff c'est surtout le le c'est pas le cannabis en lui-même, c'est le tetrahydrocanabinol qui est la molécule et cetera. Tu as vu des gens restés bloqués toute leur vie ? Oui. Ouais. À cause du cheat cannabis. Oui. Ouais. Ouais. Bloqué. Ils sont toujours l'hôpital psychiatrique hein. Parce que quand tu as des alus que tu délires
21:31 Ouais. C'est important ce que tu dis. Ouais. Et donc cette cette fille là vient d'une famille plutôt bourgeoise. Elle était censée reprendre l'affaire notariale d'ailleurs de notaire justement. Euh est-ce qu'elle va pouvoir le faire ? Non, on l'a pas pu à cause du cheit. Pas pu. Elle a pas pu. Et du coup, elle a fait quoi ? Je ne sais pas. Elle était toujours à l'hôpital psychiatrique. Ouais. Alors après, elle était suivie si tu à l'hôpital de jour donc elle venait plus à l'hôpital psychiatrique. Elle était suivie sur une antenne de l'établissement. Elle venait en consultation cherchait ses médicaments. Comment tu l'aides cette cette fille là toi en tant qu'infirmier ? Ouais. Ben déjà en acceptant ce qu'elle est, premier truc en essayant de gérer l'angoisse avec elle parce que on peut pas s'imaginer toi et moi, nous on peut être angoissé. J'étais un peu angoissé ce matin moi avant de venir mais je l'ai géré mon truc et cetera. Là c'est des angoisses.
22:17 Imagine ton cerveau Guillaume comme un puzzle avec des morceaux du puzzle mais qui sont pas au bon endroit. Et ben c'est ça. Imagine-toi ce matin euh quand tu étais dans ta salle de bain, ben pas te reconnaître. Il ils se reconnaissent pas parfois. Parfois. Ouais. Ouais. H Tu as de l'empathie pour eux ? Ouais. En tant que soignant pour faire ce métier pendant autant d'années ? Ouais. Pour acheter 8h enfermé avec des patients souffrant de maladie mentale. Ouais. C'est pour ça que alors là, je vais peut-être me mettre à dos plein de jambes, c'est pas grave. Je pense que c'est une connerie d'avoir supprimé le diplôme d'infirmiers de secteur psychiatrique. Je pense qu'il faudrait qu'aujourd'hui nos dirigeants euh surtout au niveau des ministère et la formation réfléchissent à nouveau à pourquoi pas créer une spécialité. Je pense pas qu'on s'improvise infirmier
23:04 à l'hôpital psychiatrique. Pour ailleurs, tu vas me dire c'est pareil hein. Mes copains de cardiologie, de réanimation et cetera. C'est métier mais c'est quand même particulier. Je crois qu'il faut avoir déjà une capacité d'empathie, d'écoute et surtout de remise en question. C'est travailler aussi sur soi euh quand tu prends un charge des gens qui vont mal. On a plus de chance de devenir schizophrène en consommant du du fit. C'est un facteur déclenchant. C'est un facteur déclenchant. Il y a pas que celui-là. La drogue en général. Bah les droginogènes, moi de ceux que je connais les champignons est-ce que tu as vu des gens restés bloqués avec des champignons ? Non, j'ai vu des patients qui consommaient des champignons mais je les ai pas vu rester bloqué avec les champignons. Sa famille va dire quoi quand ils vont venir ? Ils vont ils vont la laisser.
23:51 Comment ça se passe avec la famille quand il se passe ce genre de choses dans cette histoire là ? Ouais. Alors dans cette histoire là, elle n'a pas laissé était abandon comme on parlera tout à l'heure de Coline par exemple. Euh la famille était présente. C'est un grand désarrois. Les familles ne comprennent pas pourquoi leur enfant est comme ça. Il y a beaucoup de culpabilité. Elle va avoir un suivi psychiatrique à domicile cette pendant plus d'un an. C'est moi qui le faisait. C'est toi qui va lui tu vas lui administrer je crois un neuroleptique. C'est ça. Ça veut dire quoi ? C'est un médicament qui alors c'est un médicament si tu veux qui va permettre à cette patiente là de vivre sa maladie si tu veux mais malheureusement c'est des médicaments si tu veux qui sont antidéligrants, antihallucinatoires et cetera, mais qui sont plein d'effets secondaires. Plein d'effets secondaires. Euh la prise de poids, la perte de la libido, les tremblements des extrémités.
24:38 Voilà. Alors, il y a d'autres médicaments qui sont sur arrivés sur le marché. Après, on appelle ça les antipsychotiques qui ont moins d'effets secondaires, tu veux, mais c'est pas des médicaments chouettes. La schizophrénie paranoïde, tu parlais de ça tout à l'heure. Euh, tu as eu un un patient qui a refusé de revenir un jour de d'une permission parce que parfois l'hôpital psychiatrique, on a des permissions don on peut sortir quand c'est un peu stabilisé avec les médicaments, il y en a qui sortent et puis qui reviennent de jours après, un jour après et cetera. Il y en a un qui t'a marqué justement qui n'est pas revenu. Je vais te raconter le début d'histoire à la fin parce que tu verras qu' il y a un lien entre tout. Ce monsieur si tu veux est très persécuté. On est sur une personne de schizophrénie paranoïde et le thème du délire c'est la persécution. En fait, lui il est persécuté par le maire de son village. Mais ce qui est faux, c'est imaginé. C'est imaginé. Il il débarque
25:23 régulièrement à la mairie, il tire deux trois cartouches de grosselle dans euh l'entrée de la mairie, il a tiré ses cartouches avec un fusil Ouais. Le fusil de chasse du du grand-père, il tire ses cartouches et et ce monsieur si tu veux s'échappe de l'unité de soins. Alors, je te dirai pourquoi après. Et en fait, on nous dit alors il est potentiellement dangereux, c'est-à-dire il est en hospitalisation d'office. C'està-dire c'est le préfet du département qui fait le choix de l'hospitaliser par rapport à sa dangerosité. C'est vertueux, il y a des voilà c'est c'est les mesures quand tu prends un fusil pour tirer sur une ça commence à Ouais, ça va pas bien parce que tu sais pas s'il se trompe de cartouche une vraie non c'est que du gros sel il ti du grosel ou mais tu sais jamais ouais si un jour il décide de prendre moi moi il ne m'frayit pas ok on a l'autre rituel il tirer ses cartouches et donc si tu veux
26:08 pas normal quand même. Non, c'est pas normal Guillaume. Mais surtout maintenant dire là, tu sais que tuas GG qui arrive tout de suite. Tu alors attends, tu vas voir, tu vas voir le truc. Et en fait, il s'échappe, tu comme il est potentiellement dangereux, on est le jour de la Toussin et les parents habitent pas loin du cimetière, du domicile si tu veux. Et donc le le les villageois ont entendu parler que le Fada, euh c'est comme ça qu'on les nomme dans le sud, le Fada était revenu si tu veux et se serait barricadé dans la maison. Donc si tu veux, les gens allaient poser leurs fleurs au cimetière et cetera et venaient après attendre le spectacle si tu veux parce que le fada était revenu. Donc la mairie avait protégé le domicile familial si tu veux et nous on doit intervenir domicile à lui à le domicile des parents. Ils étaient retourné chez les parents et en fait on débarque avec mon copain Alain en fait au domicile familial et les parents refusent notre entrée au domicile disant
26:53 c'est un domicile privé donc si tu veux les pompiers attendent une autorisation personne veut casser la porte si tu veux et on nous dit dans ces cas-là il faut faire faut appeler le giggien donc Vanloc à l'époque était un peu le héros de la France parce qu'il avait dingué sur le tarmac de l'aéroport de Marseille mariniane des terroristes libiens qui c'est quien enguyenx c'est le premier c'était le premier flic de France, le patron du GGN, on l'appelait le chinois, c'est son surnom et ce monsieur et ses équipes là avaient sauté sur Nerbus d'Air France et avait tué des terroristes libiens. Donc si tu veux, c'était le héros dans la nation. Et donc et mon copain se dit quand même faire intervenir Guuyen pour ce patient, on veut bien qu'il soit dangereux mais et donc sans tenir avis
27:38 de notre administration qui nous interdit d'intervenir alors c'est une époque il y a pas de téléphone portable, tout se fait en fax et en CBI. Oh là là ! Donc il y a l'ambulancier qui a la Sibie qui appelle la pré la radio qui appelle le préfecture du voclus qui la préfecture du vocluse tient le fax prêt pour dire à ben Marseille Marignan le village il y avait une demi-heure de vol d'hélicoptère tu veux donc on trouvait mon pote que c'était un peu gros pour ce patient et on décide nous d'intervenir tu vois donc on intervient on le trouve pas par contre on trouve le fusil ce qui nous rassure parce qu'il allait pas nous plomber et on demande aux pompiers et au médecins des pompiers si tu veux de nous préparer un médicament qui s'appelle l'hydroeptan qui donc les p très sédatif si tu et on dit de mettre deux ampoules deptin dans une seringue au cas où le patient s'agite euh pour lui tomber dessus, le piquer, le sédé et le mettre dans l'ambulance. Et il s'avère que je sais pas comment je
28:25 me débrouille. En fait, je glisse et en fait le pompier me pique que moi. Mais non. Mais si, mais oui. Et en fait, il me pique moi si tu veux. Mais pour moi, il m'avait injecté le produit. C'est pas vrai. Il me l'avait jamais injecté si tu veux. Donc en fait, on t'as piqué juste avec Il me pique en fait. Donc on délaisse le patient. Ça se aujourd'hui on aurait fait le buz hein. Mon copain bien sûr au lieu de m'aider mort de rire si tu veux. Le pompier désolé de ce qu'il avait fait et moi si tu veux qui tournait en rond autour de ce patient en disant j'ai été drpteptanisé. Donc c'est moi qui a inventé cette expression en fait et je disais appelez mes parents, je vais dormir pendant 15 jours jusqu'à ce que ce patient se réveille nous dise et moi personne s'occupe de moi. Donc ça a arrêté mes élans giratoires si tu veux. On a chargé le patient. Comment il s'est échappé ? Pour venir à ta question, c'est qu'en fait il s'était fait mettre le matin dans un sac de linge, le linge
29:11 sale, il s'est évadé et en fait il s'est évadé, il a donné des cigarettes à un autre patient. Cet autre patient a descendu le linge et il s'avère que dans le sac de linge, ben il y a pas du linge. [ __ ] va faire du stop toi en la ce, on te prendra pas. Par contre, en pyjama bleu de l'hôpital psychiatrique, ils l'ont pris. Il pris, c'est fabuleux. Donc le Ghène n'a jamais sauté sur le village, le préfet déçu et le directeur de l'hôpital nous a bien remonté les bretelles en nous disant que ce qu'on avait fait était dangereux et qu'il avait pas donné son aval à cette intervention. Et maintenant il vérifie les sects de linge. Alors je sais pas, je sais que nous les a vérifié par contre. Tu vois vous avez beaucoup d'évasions dans les hôpitaux psychiatriques ? Non non c'est bien surveillé. Moi j'appelle ça pas une évasion. Maintenant avec l'orgus, je te la raconte l'histoire, c'est rigolo. On s'est fait avoir et fait ce qu'on faisait pour on tapait
29:57 sur les sacs de linge, on mettait des coups de pieds jusqu'à ce qu'une patiente nous dise mais je pense que vous êtes plus fous que nous. Il suffirait d'ouvrir le sac et vous verrez bien s'il y a quelqu'un à l'intérieur. Tu parles d'un délire aussi dans ton livre. Tu tu parles d'une patiente, tu appelles ça le délire à bas bruit. Ouais. Tu dis elle était folle mais ne paraissait pas folle. ouer à bruit comme spécialistes aim rappeler. Qu'est-ce que ça veut dire le délire à bas bruit ? Mais ça veut dire que dans ta tête, tu t'imagines des choses ou tu vois des choses mais tu ne les exprimes pas. Un patient qui est en schizophrénie par exemple ou qui est persécuté dans ses expressions, tu vas le voir, tu vas le voir dessus. Tu vas dire celui-là il est pas bien. OK mais là si tu veux tout est enfoui jusqu'au jour où donc c'estd que c'est invisible de l'extérieur.
30:42 Tu parles à une personne tu le vois pas. Ouais. Et donc elle se fabriquer ce truc jusqu'au jour où elle va passer à l'acte ou pas. C'està-dire mais passer à l'act. Je sais pas si elle est persécuté qu'elle supporte pas les gens habillant blanc comme toi et moi. Mais autant elle va nous faire notre compte. Parce que tu disais il y a plusieurs troubles, tu vois peu visibles de l'extérieur. Tu tu dis là tu tu cites le cas d'Alice, une fille dans dans le livre, tu dis la persécution, donc elle pense qu'on veut l'agresser. Il y a la jalousie aussi. Selon elle tout le monde est jaloux d'elle parce qu'elle gagne beaucoup d'argent. alors que touchait pas d'argent du tout. Non non, elle avait de la paranoï et vivait avec des rétros, tu disais ? Ouais. Alors, son appartement, elle avait si tu veux, elle avait euh mis sur toutes les fenêtres de son appartement des grands rétroviseurs de caravane si tu veux pour savoir qui passait dans la
31:28 rue. Donc, si tu veux, elle s'était mis stratégiquement au milieu de la pièce et de n'importe quel endroit quand elle tournait la teste si tu veux, elle voyait les passants dans la rue et en fait, elle interprétait ce que faisaient les passants dans la rue. Elle avait des hallucinations auditives aussi. Donc elle entendait des voix qui qui l' encourage à se défendre, jeter même des pétards sur les gens de sonoua. Ouais. Alors, il faut savoir que c'était une rue très passante et c'était un peu une rue où il y avait les prostituées avant euh euh dans la ville d'Avignon si tu veux. Elle supportait pas les prostituées. Elle leur lançait dessus ces gros pétards. On appelle ça les pétards mammouth quand on est enfant là. Ouais. Faut les faire fuir si tu veux. Jusqu'à ce que ces dames lui disent "Écoute, nous on a besoin de travailler aussi si tu veux." Et donc elle avait sympathisé avec prostitué. Vous avez réussi à les réinsérer ces gens dans les dans la société ? Mais elle était réinsérée parce qu'elle avait son appartement. Elle était dehors elle. Elle continuait de jeter des pétardes. Ouais. Bon, elle emmerdait juste les
32:15 clients qui passaient si tu veux. Donc si tu veux, ces troubles lui permettaient de vivre dehors avec un accompagnement. Et tu vas la recroiser quelques années plus tard ? Je recroise ouais dans un grand magasin. Elle me passe à côté, elle me regarde pas. Elle était accompagnée, elle était accompagnée avec une petite fille et j'ai suis appris que c'était sa petite fille parce qu'elle elle était maman si tu veux et là c'était sa petite fille en fait et je me suis pas permis moi si tu veux de lui rappeler certains souvenirs de l'hôpital psychiatrique. Tu vas passer 20 ans dans le même hôpital psychiatrique. Ouais dans le même hôpital psychiatrique et dans la même unité de soins. Il y a des gens qui étaient là quand tu es arrivé qui étaient là quand tu es parti. Ouais. Ouais. Et là encore aujourd'hui, tu sais quand je vais voir mes mes élèves qui sont en stage dans certains endroits, je revois des patients que j'ai rencontré il y a maintenant 40 ans. [ __ ] ! Ouais. Est-ce que tu connais des maladies toi qui nécessitent 30 ans 40 ans d'hospitalisation ? Certaines
33:00 maladies mentales et et tu et tu vas parfois recroiser des gens, tu dis qui vont mieux qui qui ont été complètement guéris qui n'ont plus rien. Ouais. Ouais. Qui ont réussi à sortir avec son remis sur des je connaissais quelqu'un qui avit fait une bouffée délirante aigu. Cette étape psychotique aigu si tu veux qui sous médicament après n'en l'a plus jamais refait et qui a une vie normale qui peut travailler. Bah ou il travaille. Tu avais quelqu'un qui voyait des extraterrestres aussi. On parlait d'hallucination auditive. Parfois tu entends des des phrases, des choses. Il y en a qui entendent des voix comme on dit. Et donc parfois elles sont visuelles ces hallucinations et il y en a qui voyaient des extraterrestres. Un patient qui communiquait avec eux. Qu'est-ce qu'il faisait ? En fait, il communiquait avec eux via le canal de la télévision si tu veux. Sa télévision était éteinte et les extraterrestres venaient lui parler. Donc il regardait une téléteinte. Voilà. H mais enfin il regardait une
33:46 téléteinte mais lui il voyait quelque chose à la télé puisqu'il communiquait. Le canal de transmission, c'était le téléviseur jusqu'au jour où il se rend compte que ben les extraterrestres lui parlent de moins en moins. Et en fait, on s'est rendu compte si tu veux que on venait de changer son traitement. Alors, c'est très paradoxal ce que je vais te raconter. On venait de changer son traitement. tu vas me dire "Vous êtes en train de le guérir." Et en fait, si tu veux, il est il a pris conscience rapidement que tout ce qu'il avait vécu auparavant ou tout ce qu'il avait vu, c'était pas vrai. [ __ ] imagine-toi demain quand tu fais le montage de l'émission, toi euh que tu retrouves plus d'images dans notre interview et que tes collègues te disent "Mais donc il y a jamais eu de Perrier qui est venu ?" Tu vas penser quoi ? Tu vas te dire quoi ? Que tu es fou. Ouais. Tu dis "Merde !" Tu te rends compte en fait.
34:31 Ouais, tu vas te rendre compte ? Il y a un film il y a quelques années qui était sorti, il s'appelait Un homme d'exception. Beautify full mind, c'était l'histoire de vrai de monsieur John Nash qui a eu le prix Nobel d'économie à l'occase. Tu le regarderas et John Nash si tu veux moment donné c'est tiré d'une histoire vraie le monsieur monsieur Nash malheureusement est décédé maintenant et en fait le le psychiatre qui prend en charge monsieur Nash dit à son épouse après une thérapie imaginez-vous que toutes les personnes que vous avez côtoyé et à qui vous avez parlé n'est jamais existé dans quel état vous retrouveriez-vous ? On peut pas l'imaginer. Et donc là, le monsieur se rend compte que il a pas parlé aux extraterrestres et en fait il se rend compte que il est il va pas bien. Vra Ouais. Il est devant une angoisse gigantesque. En fait, tu veux, il va de plus en plus mal et malheureusement, il va mettre fin à ses jour à l'hôpital.
35:16 Non, chez lui, dans l'appartement. Donc toi, tu vis tout ça, tu absorbes tout ça. Mais j'absorbe si tu veux. Quand quand je dis il faut faire un travail sur soi, c'est ça toutes ces histoires, moi j'utilise l'humour. Elles sont pas toutes sympas hein. Elle a des rigolotes. Le gène, c'est rigolo à raconter. Mais ce patient qui va mettre fin à ses jours parce que les voix sont trop persécutrices, tu en as eu beaucoup des patients com malheureusement. Oui. Ouais. Ouais. Et tu tu as une autre histoire aussi dans ton livre. Tu parles d'une fille de 29 ans euh qui parle avec son verre solitaire à l'hôpital psychiatrique qui a une histoire qui va être carrément exorcisée. Sa famille va qu'elle est possédée. Tu peux n raconter un peu cette fille Alors, c'est une dame de bonne famille, hein, une très pratiquante catholique, si tu veux ou le le culte a une place importante dans
36:02 la vie d'elle et de sa sœur et de sa famille, si tu veux, famille assez noble si tu veux. Et cette dame tomba amoureuse euh d'un pilote, d'un pilote de chasse si tu veux. Euh, c'était le mariage du siècle à l'époque, on est dans les années 50 60. Et en fait la la veille euh du mariage prévu, donc tu imagines un peu le mariage en grande pompe hein la euh le ben son exfutur mari se tue et plant elle pète les plombs. OK. Paye du mariage. Ouais. Il y a de quoi hein. Il y a de quoi et en fait si tu veux elle s'imagine que ce son mari s'est réincarné en elle sous la forme d'un verre solitaire et là ça va faire rire tout le monde qui respire par son indus. En fait, le verre respire son Ah ouais, [ __ ] En fait, c'est que tu as besoin de te raccrocher à quelque chose parce que le cerveau euh
36:48 et là, je veux dire, n'importe quel grand réalisateur ou scénariste va pas te inventer l'histoire. Et donc, en fait, sa vie, c'est une vie de possession par ce vert. Et en fait, quand quand vous l'avez vraiment ver solitaire, euh non. Ah non, elle s il est psychique, elle s'est imaginé le mari en verre qui a qu'il avait possédé. Donc la famille très pratiquante fait des exorcismes à l'appel qui ne marchent pas bien sûr. Et donc il se résolve à hospitaliser euh la gamine euh à l'hôpital psychiatrique et elle va y rester 29 années. Oh ça me fait penser un peu à l'histoire de Camille Clodel qui a été une patiente hospitalisée à l'hôpital où je travailleux qui reste 29 années. Alors ce qui est similaire dans les deux histoires, c'est que les deux ont été abandonnés par les familles. Ah ouais il Ah ils la mettent à l'hôpital puis ils viennent plus la voir. Et ouais c'est la folle, c'est la procédée. C'est la tarée de la famille. C'est la tarée de la famille si tu veux.
37:34 Et c'est la tarée, c'est la folle, c'est la possédé. Tantez si bien que le château qui avait été offert au futur marié va être fermé à vie parce que le diable y est rentré dedans. Wouh ! D'accord ? Et dans l'histoire de cette dame, j'ai participé à cette histoire en entier si tu veux, elle nous demande un jour à ce qu'on la réaccompagne au château. Donc quand elle vient nous voir après 30 années d'hospite, on y dit "Mais non, les folos tuis et elle nous ramène Guillaume une clé." Tu sais ces vieilles clés de porte en acier H. Et on se demande à ma collègue si on est en train de délirer ou pas délirer. Elle nous dit "Ramenez-moi chez moi." Alors il fini son hospitalisation ? Non non non, ramenez-moi chez moi si tu veux. Mais elle était toujours internée. Ouais. Toujours internée. Vous avez pas le droit de sortir de On demande une autorisation au médecin qui bien sûr va l'accepter si tu et on la ramène chez elle.
38:20 On retrouve le château parce que nous le château si tu veux donc le château avait été laissé à l'abandon hein. On n'est pas rentré dans le château. On l'a laissé si tu veux faire ce qu'elle avait à faire. Elle avait une particularité cette dame. Elle avait des hallucinations tactiles. Quand elle te touchait, elle te disait que tu étais salé ou que tu étais pas salé. Et quand tu étais salé, ça veut dire qu'elle là le communiquait avec le vert. Et quand tu étais pas salé, tu étais Guillaume. Ah ouais. Et malheureusement, l'histoire finit de façon tragique. En fait, elle avait l'habitude d'aller faire boire le verre solitaire. Enfin, ce qu'elle imaginait dans un canal qui était à côté de l'hôpital. C'està-dire elle se baignait quoi. Non, ben elle trempé ses fesses dans le canal. Et là, elle s'est noyé, elle a glissé et on l'a retrouvé noyée dans le Alors, je pense moi qui suis un peu psy qu'elle venait de boucler quelque chose si tu veux et que le fait d'aller à ce château, elle venait de mettre un terme
39:06 à cette histoire dégueulasse qu'avait été la sienne. C'est que mon interprétation. Tu l'as senti apaisé quand elle est sorti du château ? Ouais. Ouais. Elle vient de finir quelque chose. Il y a C'est vraiment très social votre métier. Vous accompagnez vraiment, vous donnez beaucoup de tout don tout gen ça. Ça qui te plaît dans ton métier ? Ce qui me plaisa l'accompagnement au quotidien et faire des choses. Moi, j'ai pu faire des choses que mes jeunes collègues ne peuvent plus faire maintenant. Pourquoi ? Parce que moi j'ai j'étais un peu agité. Il fallait que je sorte avec les patients, qu'on aille faire du sport, qu'on ait faire de la randonnée, qu'on aille à la piscine avec eux. 8h enfermé pendant 10 ans 20 ans, c'est pas possible. enfermé avec des médicaments qui vont te tasser, qui vont te ralentir. En fait, il il te tuent les médicaments à petit feu quoi. Oui. Alors que toi tu pouvais sortir, tu pouvais les prendre, tu pouvais c'était
39:52 une époque, je parle comme un vieux maintenant où on ait pas besoin de 50 autorisations pour sortir. Il suffisait de certificat médical du médecin, une autorisation et on pouvait faire. Maintenant, c'est un peu plus compliqué pour mes jeunes collègues. Tu dis drôle d'endroit, tu parles de du fait de déshumaniser les patients. Tu dis drôle d'endroit pour une rencontre qu'une porte entrebaillée dans une unité de soin pour patient. dit chronique, la psychiatrie est riche de ces terminologies qui ne veulent rien dire. Euh toi, tu as vu des patients euh se se faire emmerder par des soignants qui étaient pas bien aussi à l'époque ? Oui, j'ai été moi une fois maltraitant et j'ai tellement été alors je ve dire maltraitant dans le sens où on était limité en personnel si tu veux un patient était tellement agité qu'on a on avait pas trouvé d'autres solutions. On va peut-être en parler après que de le contentionner c'estàd le mettre dans une
40:37 camisole de force tu vois. Et on avait pris ce choix, on avait fait ce choix sans prescription médicale, hein. C'estàd on arrivait plutôt à gérer si tu veux et on a fait ce choix en dernier lieu de lui mettre une camisole sans prescription médicale. Il s'est avéré qu'on avait pas le droit de le faire ça. Mais c'était tellement agité partout. Si c'est le problème de l'agitation dans un dans un lieu qui est clos. Camisale de force pour ceux qui savent pas qu'est-ce que c'est, c'est quelque chose qui va te contentionner. C'est un tissu qui va te contentionner. Un tissu indéchira qui va te contentionner et qui va t'empêcher de bouger. Chemise. Ben ouais, une chemise à l'envers tu attaches les bras de ma chemise derrière. Ah oui, comme si tu avais les les manches plus longues. Voilà, pareil. Et tu pouvais pas sortir les mains. Impossible parce que c'est attaché derrière et tu es accroché derrière. Donc qu'est-ce qui s'est passé ? C'est juste le haut. Tu tiens des camisoles complètes. C'est des salopettes complètes qui sont plus utilisé maintenant. et moi j'ai utilisé
41:24 les camissoles. Donc là, on a fait ça de façon très arbitraire et il s'avère que quand le médecin est arrivé a pris une note qu'on avait fait ça sans prescription et ben mon copain et moi on s'est retrouvé sous camisole. C'est-à-dire ben l'équipe nous a sauté dessus. Ils nous ont mis les camisoles à mon copain Thierry et à moi-même et on est resté 1 heure dans une chambre en camisole. Çaappelle du comportementalisme. Ah c'était pour vous montrer ce que cit. Voilà. Plus jamais de ma vie j'ai pris cette décision de mettre une camisole à un patient sans certificat médical. C'est une perte de liberté gigantesque. Tu ne peux plus bouger. Tu en prison Ah ben ça rend fou. Ça rend fou. Et nous on pouvait pas crier hein dans la chambre sinon les patients se rendu compte que c'était le personnel qui était attaché.
42:09 Alors c'est un vaste débat aujourd'hui hein. L'isolement et la contention c'est un vaste débat. Euh les gens ils réfléchissent encore. Alors l'isolement peut-être oui mais la contention c'est une telle perte de liberté. En 2022, il y a 8000 patients en France qui ont été attachés, contentionnés comme tu dis, c'est attaché avec des sangles à leur lit. En gros, selon l'IRD, c'est l'Institut de recherche de documentation et d'économie en en économie et en santé. C'est c'est une pratique qui existe encore la camisole de force. Oui, l'isolement existe encore. Oui, sur prescription. Maintenant, c'est des protocoles. Il y a un suivi médical. Euh le juge de la liberté, la détention qui est garantisation est au courant. Sauf un moment donné, il fall s'interroger dans une société en 2025 euh de l'utilisation de ces méthodesl. C'est quoi tes objets ? On va on va
42:55 aller dans un instant, on va parler des objets justement de de la psychiatrie. Quel objet tu utilises au quotidien ? C'est plus des médicaments aujourd'hui qu'on a ? Ben oui, alors les médicaments c'est un peu aussi ce qu'on appelle la contation chimique, hein. C'est la camisole chimique. C'est une camisole chimique. Je les camisoles chimiques ne sont pas utilisées que dans les hôpitaux psychiatriques. Est-ce que tu as déjà essayé ? Est-ce qu'ils t'ont un jour donné un cachet pour que tu vois ce que ça fait quand tu dis la camisole ? J'ai besoin de maîtriser ma consommation de toxique. Là, tu imagines une sédation euh tu maîtrises rien. Il y a des médicaments qui te rendent vraiment comme dans les films. Tu sais, tu te rappelles, tu te rappelles des visiteurs les visiteurs, il donnent des petites piles bleu, il dit tiens, vous allez prendre ça et cetera. Ça va le le rendre un peu groggy et c ça ça existe. Ouais, ça peutptiqu et ça te Ouais, ça te sate, tu sais. Même un mec
43:40 qui est très violent, très solide, tu le Ah oui oui. Cette zombie avait des effets secondaires, les tremblements au long cours hein, une prise de poids. La problématique, c'est qu' il y a pas autre chose à part les nouveaux antipsychotiques sur le marché pour aider les patients souffrant ces maladies là. Euh al peut-être peut-être d'autres thérapeutiques associés, mais moi je les maîtrise pas. Avant c'était aussi les électrochocs hein. Euh tu as eu les électrochocs toi cerveau ? Moi, j'en ai pas eu mais j'en ai vu faire une séance. Oui. Maintenant, maintenant ça existe aussi. Ça s'appelle l'électroconvulsivothérapie. Mais il y a un médecin anesthésiste, ça dure 1 milli de secondes. 5 minutes après le patient, il est sur ses jambes. Voilà, on n plus autant de vol auudess de de coucou. C'était quoi ? C'était avec Jack Nicholson, le vieil asile psychiatrique il y a des années là où tous les patients déambulaient et en
44:26 fait on électrisait tout le monde. Ah c'était une mode à l'époque. Bah ouais. Foutait des coups de jus dans la tête. Ouais. On te grillait la moitié du cerveau comme ça tu étais plus agité du tout. Et ben justement on est allé avec l'équipe ils sont partis filmer. Il y a un musée de l'histoire de la psychiatrie. On est allé filmer pour essayer de vous montrer les objets de l'intérieur. Alors, c'est c'est le musée de l'histoire de la psychiatrie. Ça a été écrit en 1986 à l'époque dans le but de préserver les archives et le patrimoine lié à la psychiatrie. C'est à Neï sur Marne. Est-ce que tu connais ou pas ? Non, je connais pas celui-là. Donc c'est le musée qui se trouve à l'hôpital psychiatrique de Villevrar. Est-ce que ça te parle l'établissement ? Oui, je le connais de nom. Il y avait Camille Claudel là-bas. C'est justement en parler tout à l'heure qui était la patiente la plus célèbre de l'asile de Montergal psychiatrique où je travaille. En fait, voilà. C'est d'abord un asile s'appelait comme ça. En 1868 sur un domaine de 6 hectares, il y a même une ferme à l'intérieur. En 1875, il y a une maison
45:13 de santé qui va être créé pour les familles aisées qui veulent qui pouvaient payer une pension pour faire interner un proche de manière un peu plus confortable en gros. Et on a été équipia qu'on remercie qui a présenté donc des objets emblématiques de l'histoire de la psychiatrie. Vous allez voir c'est justement il y a une camisole de force dont tu parlais avant. Il y a les appareils d'électrochoc qui étaient utilisés aussi à l'époque, ça fait un peu peur. Il y avait des seringues en vert aussi. J'ai appris moi j'ai appris à travailler les seringes en ver et les aiguilles qui font peur. Il y avait des bracelets de de contention et les balluchons voilà les les balluchons de des de des des avec des effets personnels à l'époque d'anciens résidents. Vous allez voir les a ouvert, il y a plein de trucs. Regardez ça puis on se retrouve juste après. Alors on a rejoint Maria à la SP donc c'est l'association qui va s'occuper de la préservation de tout le patrimoine en fait psychiatrique. Maria vous êtes la
45:58 présidente de l'association c'est ça ? Qui existe depuis 86. Voilà, un hôpital psychiatrique et peut-être même la maison de santé dont vous parlez. Alors, l'asile a ouvert en 1868 justement pour on va dire abriter la fonction d'asile, abrité toutes les personnes qui étaient en souffrance psychique et à la rue. Donc tous ces patients entre guillemets étaient précaires et donc étaient accueillis dans une partie asile. Donc il ne payaient pas leur leur hébergement. Voilà la partie maison de santé qui a ouvert dans 1876 abritait donc recueillait les patients de famille bourgeoise et de famille aisée. Donc il y avait une partie payante. Pour vous donner un exemple donc que tout le monde connaît, Antonau qui est très connu a été accueilli à
46:44 l'asile et Camille Claudel qui est aussi connu. Donc nous avons les dossiers de tous ces patientsl depuis 1868 a été accueilli du côté maison de santé pendant un an avant de partir à Monterg. Cam Clodel qui est artiste, qui était l'épouse de Rodin dont on va parler Christian dans l'émission qui a du coup été un petit peu oubliée alors qu'elle était une source et peut-être même certaines euh parfois c'était même la créatrice de certaines œuvres signées Rodin. Elle a été un peu mise de côté et un peu réhabilitée maintenant des années plus tard. Alors, on va aller voir la partie qui fait quand j'ai vu en arrivant qui finalement un lit avec les méthodes, on va dire de de rétention avant les années 50, avant l'arrivée des médicaments où les gens étaient souvent maintenus de force par des camisoles qui sont parfois complètes, qui sont parfois mo enfin de semi. Il y a plein de il y a plein de choses qu'on va voir là-bas, notamment les électrochocs qui qui
47:29 étaient beaucoup pratiqués. Euh donc c'est juste au bout là-bas. C'est ça à l'entrée. On va y aller. C'est avant les médicaments effectivement avant la découverte du largacty en 52 euh il y avait pas trop de moyens de soigner des patients. C'était les cures de saquel les cures de sommeil. C'est le on injectait un produit insuline, on les mettait en crise insul insulinique. C'est le fameux traitement qu'on où on voit que les gens sont piqués pour les calmer. Exactement. Aujourd'hui, je crois qu'il y a une autre molécule qui sa je sais plus le nom mais effectivement c'est le premier des neuroleptiques est arrivé. D'accord. Donc là qu'est-ce qu'on peut voir ? Si vous expliquez, il y a un lit du coup pour décrire un petit peu. Vous avez donc un lit où pouvait être attachés les patients très très agités. Donc c'està-dire c'est pas c'était pas la règle, faut pas exagérer hein. La psychiatrie n'était pas
48:16 ne fermer les gens effectivement c'était simplement dans les cas de très de très grandes agitations. Donc vous avez une camisole là qui date de 1958 d'ailleurs avec donc cette camisole là. Donc il y a des jambes. Alors habituellement on a toujours l'impression de voir que c'est des camisoles coupées. Alors ça c'est une camisole de vêtements on va dire. Donc voilà, c'est-à-dire euh elle est tout à fait, on l'infile comme un pantalon et donc là ici en fait elle est fermée, vous voyez, elle est derrière bien sûr. Ça c'est pas devant, c'est derrière. Derrière et avec des crochets. Donc en plus de ça, il y a alors il y a une camisole très très jolie. On peut imaginer que c'était une camisole pour une femme. Donc là, c'est le dos hein, qu'on soit bien d'accord, ce qu'on voit là, c'est pour attacher. Donc c'est le dos. Chaque fois qu'il y a les sangles, c'est pour le dos pour pas que le patient puisse justement se manipuler, se bouger.
49:03 Et on peut voilà pourquoi c'est très long, c'est que ça se croise bien sûr, ça se croise, c'est vraiment l'horreur de la camisole, c'est-à-dire ça se croise et ça s'attache devant. C'est que les patients sont attachés devant, donc ils sont encore plus euh camisolés, on va dire. On bouge pas, quoi. Donc là, c'est les différentes sangles qu'on peut voir là. Alors, ça c'est les sangles. Voyez, il y en a une là aussi. Plusieurs modèles de sangle poignet. C'estàd qu'on on
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