0:00 [Musique] bien bonjour à toutes et à tous euh cette année le cours va porter sur la cartographie syntaxique et ces interfaces ces interfac des interfaces entre euh la la composante syntaxique euh combinatoire et les systèmes qui s'occupent des sons et des sens voilà un petit
0:47 euh programme du cours euh aujourd'hui je voudrais euh me concentrer vraiment sur les ingrédients de base du calcul syntaxique hein c'est des choses très très basique et fondamental euh mais je pense qu'il est toujours utile de réfléchir au fondement de ce que nous faisons euh puis la prochaine fois on va introduire la cartographie de la phrase en particulier la notion d'interface euh et puis le 7 juin on se concentrera sur certaines notions qui concernent l'interface avec le sens deux types de propriétés
1:33 sémantiques la sémantique argumentale c'est-à-dire qui fait quoi quiis dans l'événement qui est décrit par la phrase et la sémantique de porter discours c'est-à-dire il y a dans le langage des opérateurs des entités qui litent des variables qui ont certaines porté euh qui exprime tout cela dans certaines positions syntax caractérisé et il y a aussi des propriétés discursives ayant à voir avec des articulations comme topique commentaire comme focus présupposition des propriétés qui sont aussi exprimées syntaxiquement donc on va voir quelles sont les propriétés et syntaxiques et
2:21 interprétatives de ces différents aspects le 14 juin on va s'occuper de description et explication hein donc le les les projets cartographiques ont une certaine capacité de découvrir des généralisations généralisation empirique qu'on observe à travers les langues ces résultats descriptifs engendre immédiatement la question de l'explication c'est-à-dire pourquoi on trouve exactement les généralisations qu'on trouve et non pas d'autres généralisations imaginables en d'autres terme est-il possible de connecter
3:08 déductivement les généralisations qu'on observe à un système plausible de principes généraux qui régissent euh le langage donc on va discuter de tout cela puis le 21 21 juin euh je voudrais me concentrer sur deux notions proches mais aussi distinctes la notion de sujet et la notion de topique he la la proximité consiste en le fait que les deux mettent en jeu une sorte de prédication de quelques type sujet prédicat topique commentaire mais il y a aussi des différences différences importantes qu'on peut caractériser et positionnellement donc structurellement
3:56 et interprétivement et puis on va conclure le 28 juin euh avec euh la question de l'acquisition des structure cartographique structurees cartographique sont des structures complexes comment est-ce que l'enfant arrive à maîtriser ce système complexe voilà donc le projet il y aura une série de séminaires euh qui auront lieu immédiatement après euh mes cours donc on commence aujourd'hui avec Jeremy kon de l'École normale qui va parler de langue de signe entre autre ce séminaire aussi le séminaire suivant de Carlo chequet la semaine prochaine seront
4:44 interprété en simultané en langue de signe française ok donc je vais essayer de terminer un peu plus tôt aujourd'hui pour permettre au système de l'interprétation de se mettre en place ite le 7 juin Richard Kee l'un des grands maîtres de la syntaxe comparative va parler de ses idées sur la microocomparaison entre les langues puis le le 14 juin trois linguistes bian bin kuskina spécialistes respectivement de sémantique de phonologie et de syntaxe vont proposer
5:29 une analyse intégrée d'une construction qui est très centrale pour les études cartographiques et plus généralement pour les études de syntaxe c'est-à-dire ce qu'on appelle les constructions WH avec un anglicisme les les constructions interrogatives sur un constituant utilisant des éléments comme qui quoi ou et cetera puis le 21 21 juin Benjamin Spector euh va nous parler encore de question et de relative du point de vue de l'interface syntaxe sémantique et puis le 28 juin le dernier séminaire qui sera donné par Isabelle Charnavel et Dominique sportiche sur le rôle du mouvement dans
6:16 les dépendances référentielles qu'est-ce que c'est que les dépendance référentielle par exemple les dépendances entre un antécédent et un prenom ou entre un anécédent et une anaphore c'est des dépendances qui typiquement sont traités comme indépendantes du mouvement le mouvement peut en effet avoir un rôle aussi dans l'expression de ces dépendances voilà donc l'ensemble des cours et séminaires il y a aussi un colloque euh sur une journée le 18 juin euh ce sera un mardi je pense euh sur syntactic cartography and African languages donc ça sera en anglais l'étude des langues africaine a
7:04 apporté beaucoup d'éléments à l'étude cartographique et réciproquement la recherche cartographique a fait avancer l'étude des langues d'Afrique et donc on va avoir toute une série de présentations de grandes spécialistes de linguistique africaine dans cette journée mais on aura le temps d'en parler plus en détail dès que la date du colloque euh approche voilà donc commençons dès le début vous avez là une belle photo de Chomski un jeune jeun Tomski euh euh je voudrais partir d'une question qui est vraiment tout à fait basique pour le travail de Tomski pour tout le travail de la gramère générative et non seulement euh
7:51 évidemment euh c'est-à-dire la question de la portée illimitée des capacités linguistiques humaines dans sa thèse doctoratomski présente de manière très claire dans les toutes premièr page de la thèse la le problème de la manière qui est indiquée ici prenons la première citation speaker of language donc nous avons une expérience limitée nous avons entendu un nombre limité de phrases dans notre langue finite lingistic experience he can produce indefinite number of new ances which are immedi acceptable to other
8:37 members of speech community donc sur la base de cet ensemble de départ qui est nécessairement fini nous avons la capacité de produire un nombre indéfini de phrases de nouvelles phrases nouvelles nouveau énoncés qui sont immédiatement reconnus par les autres dans d'un autre communauté donc comment est-il possible qu'il y a une telle familiarité avec quelque chose qui est constamment nouveau j'ai mis une autre citation de 10 ans après et mais cette question a été absolument constante pendant toute la longue carrière scientifique de Tomski et de la gramère dans l'histoire de la grammère générative j'aurais pu prendre une
9:23 citation des années 2000 avec les mêmes caractéristiques alors comme je j'avais souligné déjà l'année passée c'est une question qui a des racines anciennes et donc nous trouvons une caractérisation extrêmement efficace et moderne de cette question dans chez Descartes chez dans le Discours de la méthode hein nous lisons dans ce texte que cette capacité de Cré des phrases toujours nouvelles est ce qui permet de distinguer l'homme et l'animal même un homme qui n'est pas très brillant est quand même capable
10:11 d'arranger ensemble diverses paroles et d' composer un discours par lequel il fassent entendre leurs pensées et qu'au contraire il n'y a point d'autre animal tant parfait étant heureusement né qu'il puisse être qui fasse le semblable donc c'est une capacité C qui distingue de manière systématique l'homme et l'animal de manière qualitative et donc c'est quelque chose qui ne serait pas explicable si leur âme n'était d'une nature du tout différente de la nôre dit Descartes et puis immédiatement après Descartes observe aussi que c'est le type de propriété qui permet de distinguer euh l'homme
10:59 de la machine hein donc il y a cette aussi cette fameuse citation car on peut bien concevoir qu'une machine soit tellement faite qu'elle préfère des paroles mais non pas qu'elle les arrange diversement pour répondre au sens de tout ce qui se dira en sa présence ainsi que les hommes les plus ébêés peuvent faire donc n'importe quel homme peut faire cela peut combiner desmot euh mais euh les machines les machines de l'époque bien sûr neous sont pas capables de faire cela j'ai continué la situation aussi parce que euh il y a des considérations que de carartte fait qui sont extrêmement modernes et qui s'appliquent à des débats modernes et contemporains donc euh Descartes
11:48 observe bien qu'elle fissent plusieurs choses aussi bien ou peut-être mieux qu'aucun de nous donc il parle des automates des machines elle manque on infailliblement en quelques autres par lesquels on découvrirait qu'elles n'agissent pas par connaissance mais seulement par la disposition de leur organes donc par la disposition de leur organ on pourrait dire par certains petit trucs des ruses de programmation donc quelque chose de adoc qui permet à la machine de résoudre certains problème mais pas de manière généralisable car au lieu que la raison est un instrument univers celle qui peut servir en toutes sortes de rencontres ces organes ont
12:34 besoin de quelques particulières dispositions pour chaque action particulière donc il faut faire quelque chose de spécial dans un automate pour chaque pratique pour chaque question particulière que l'automate essaie de d'aborder mais il n'y a rien de comparable à l'universalité de notre raison alors vous voyez bien sûr des échos ici de question moderne par exemple toute la question du test de Touring pour distinguer l'homme et la machine mais aussi de discussions très très récentes de la dernière année pratiquement sur la possibilité d'une intelligence artificielle générale hein le thème est abordé de manière déjà
13:21 claire et extraordinairement moderne par Descartes alors comme ceux qui ont suivi le le secours l'année passée ce peut-être s'en souviennent euh on peutver observer qu'il y a encore un élément euh totalement actuel dans l'observation de deux cartes en ce que les les large language models char GBT par exemple on avait discuté une série de cas l'année passée je veux peut-être revenir brièvement là-dessus euh est capable de traiter le langage de de manière remarquable mais le système manifeste encore des difficultés systématiques par rapport à certaines propriétés euh ayant à voir par exemple
14:08 la structuration hiérarchique des euh énoncés linguistiques des phrases euh des propriétés qui sont parfaitement accessibles à l'enfant de 5 ans hein donc on av essayé de souligner certains aspects ayant à voir par exemple l'interprétation des pronoms l'année passée on en avait parlé et on va brièvement revenir là-dessus voilà quelques années avant Descartes euh Galilée avait déjà parlé de cet aspect centrale et fondamentale de la combinatoire linguistique dans son dialogue
14:53 dialog syst Mond une présentation du du système copernicain en terme aussi de ces découvertes récentes qui avaient euh porter des des arguments empiriques extrêmement forts en faveur de cette vision systématique euh mais dans le dialogue qui est une un travail de divulgation scientifique extraordinaire euh Galilée parle de toutes sortes d'autres questions il inclu la question la combinatoire linguistique hein euh en particulier euh dans le contexte d'une discussion sur quelle est la
15:39 manifestation la plus extraordinaire du génie humain il y a toutes sortes de propositions qui sont faites parmi les participants au dialogue quelqu'un parle des découvertes géographiques quelqu'un parle de l'art de la Renaissance des découvertes scientifiques et cetera mais un participant s'agréant dit euh ben en effet peut-être la plus grande invention euh du génie humain a été l'invention de l'écriture l'écriture alphabétique hein et parce que c'est un système qui euh offre un moyen de communic so P donc de communiquer les pensées le plus caché à n'importe quelle autre personne et avec
16:27 quelle facilité con vari accozzamenti diventi caratter sopr carta donc avec les disposition d'une vingtaine de petits caractères sur une carte donc galile est étonné par le caractère extraordinairement simple presque banale du système de l'écriture qui a un pouvoir extraordinaire le pouvoir de pouvoir communiquer nos pensées les plus cachées les plus diverses aussi à n'importe quelle distance de lieu et de temps alors Galilée justement soulligne le fait le système de l'écriture est une technologie n'est-ce pas donc une une invention mais c'est une invention qui
17:13 est fondée sur une observation empirique sur l'observation que le langage est un système fondamentalement combinatoire donc on part de quelques dizaines de sons euh on les combine pour former quelques centaines ou quelques milliers de morphèmes puis on combine les morphèmes pour former des mots complexes jusqu'à pouvoir former un ensemble potentiellement illimité de phrases les termes de Galilée vraiment la la la manière de Galilée de d'exprimer ses propriétés avait été reprise quelques décennies plus tard euh dans un ouvrage spécifiquement linguistique dans ce cas
17:59 la gramie générale raisonné de d'Arnaud et lancelo Arnaud et lancelo avaient fait le même type d'observation mais directement en terme de langue naturelle non pas de système d'écriture non pas de technologie d'écriture et donc les langues naturelles sont caractérisées par l'usage de euh de de composés de 25 ou 30 sons à partir de cela donc cette infiniie variété de mots qui permet d'exprimer euh tous les divers mouvements de notre âme voilà donc mais comment ça peut fonctionner quel est quel est le principe le secret de la combinatoire
18:45 euh du langage la question avait été reprise et formulée de manière très efficace euh dans au début du 19e siècle par V Humboldt donc la langue selon fontumbolt fait un usage infini de moyen fini mais comment ça peut euh fonctionner c'est ce que ça veut dire faire un usage infini de moyen infini et ici la pensée de Chomski a donné une contribution euh fondamentale euh ici j'ai j'ai repris une citation euh de euh son sa sa fameuse ce son fameux contrendu du livre de Skinner
19:32 verbal behavior euh où euh Tumski dit comment on peut procéder pour résoudre cette sorte de question à partir d'une critique euh du béaviorisme il observe que la capacité de projeter un corpus fini d'objets sur un ensemble infini de phrase ne peut pas être traité par des termes génériques comme extension analogique ou analogie ces termes sont beaucoup plus beaucoup trop vagues pour pouvoir caractériser la question Dee manière scientifiquement intéressante et utile la question est précisément pourquoi tous les apprenants tous les utilisateurs du langage font certaines
20:18 analogies concevables et ne font jamais d'autres analogies également concevable et donc c'est quelque chose de plus complexe il faut une notion plus riche et plus structure alors de quoi s'agit-il selon l'approche présenté dans ces travaux dans les années 50 regard la dernière phrase donc c'est pas une simple correspondance de manière caractérisé de manière simpliste et générique
21:04 internal donc c'est le fait que nous avons intériorisé un système computationnel une grammaire qui engendre ce type d'éléments et c'est de cette manière que nous reconnaissons un un item nouveau comme faisant part de notre capacité linguistique nous pouvons l'utiliser nous reconnaissons si d'autres le produisent et cetera voilà donc la la triade les trois ouvrages euh qui sont les les piliers de cette manière de voir les choses d'un côté euh la thèse de Chomski logical structure of linguistic theory euh qui euh avait été
21:52 discuté euh en 1955 mais qui a été publié seulement 20 ans plus tard puis un ouvrage extraordinairement ambitieux et extrêmement complexe et puis une sorte de précis de de version très abrégée des idées de la thèse qui est le le petit livre syntactic structure qui a eu une influence énorme qui a vraiment présenté cette manière de voir les choses à la communauté scientifique et puis 3è pilier euh la le contre-rendu euh justement de verbal behavior de Skinner où Chomski montre de quelle manière des considérations même très simples sur la nature et les
22:37 caractéristiques du langage l'apprentissage du langage et l'utilisation normale du langage ne peuvent pasre traité de manière intéressante par la tendance par l'école dominante à l'époque dans la psychologie américaine et non seulement aux États-Unis c'est-à-dire l'école béaviori et à partir de ces critiques le Chomski proposait quelque chose de nouveau quelque chose de nouveau qui a eu une influence fondatrice sur la constitution du paradigme des sciences cognitives en effet les sciences cognitives la nouvelle manière d'aborder la question de l'esprit de l'étude scientifique de l'esprit se sont constitués dans les
23:22 années 50 et la linguistique par ses contributions a été l'une des bases en effete l'une des disciplines inspiratrices de la nouvelle manière d'étudier l'esprit humain voilà comment peut-on procéder quel quelle est la nature de ce mécanisme computationnel que nous maîtrisons et qui est concrètement représenté d'une manière ou d'une autre dans notre cerveau ben il faut identifier deux types d'éléments il y aura des inventaires donc des listes de choses mémorisées n'est-ce pas nous connaissons en lexique euh une série d'entité à deux faces euh du côté du son
24:10 et du côté du sens euh et ça ça sera déposé de quelque manière en mémoire et puis il faudra des règles combinatoires des règles euh qui permettront de mettre ensemble les éléments des inventaires former des entités d'ordre supérieur qui à leur tour entreront dans la génération d'éléments d'ordre supérieur et ainsi de suite jusqu'à arriver à des phrases qui euh peuvent en effet avoir une complexité euh euh illimité en tout cas par rapport auquel il y a pas de limite à la longueur possible euh par exemple ce l'élément crucial dans ce système c'est le caractère récursif de ce règle
24:57 l'idée de la récursivité est une des formelles qui a été développée dans la première moitié du du 20e siècle dans un contexte très différent donc dans les études des fondements logiqu des des mathématiques euh la la théorie de fonction récursiv est une théorie complexe mais Don Tomski utilise l'essence en quelque sorte pour le traitement du langage une règle linguistique récursive et une règle qui a la capacité de pouvoir se réappliquer sur son propre résultat indéfiniment ce qui permet de rejoindre n'importe quelle phrase et engendrer n'importe quelle phrase quelle que soit sa
25:43 complexité voilà donc ce petit système nous permet de traiter ce qui a été appelé la créativité gouvernée par des règles donc créativité parce que nous avons à faire à un domaine potentiellement illimité de structure mais c'est une créativité qui est gouvernée par des règles précises des règles de la grammaire donc nous avons les inventaires des règles rcursives qui engendrent l'ensemble un ensemble potentiellement illimité de représentation syntaxique mais jusqu'ici évidemment on a l'impression d'avoir à faire un petit jeu formel qui reste limité en lui-même n'est-ce pas et évidemment ce n'est pas que ça le langage c'est c'est autre chose par rapport à ça il faut croiser l'aspect
26:30 combinatoire qui est exprimé par ce système avec une autre propriété centrale et fondamentale du langage une propriété dont on parle depuis l'Antiquité bien sûr il y a cette fameuse citation d'Aristote les sons émis par la voix sont les symboles des états de l'âme donc les entités linguistiques ont ce double aspect il y a un aspect du côté des sons et ces sons sont des symboles pour quelque chose d'autre pour des sens pour quelque chose d'interne des états de l'âme une conception reprise développée par beaucoup de linguiste
27:16 entre autres par Ferdinand de sossur dans son Cours de linguistique générale qu'on sur introduit le terme et donc a fondé la dis pline qui donne le nom à ma chair euh alors ce que saure observe est que euh la langue consiste de entités à deux faces donc le signe linguistique est constitué par ces deux aspects il y a un concept il y a une image acoustique et en utilisant le langage nous passons constamment dans un concept à l'image acoustique et vice-versa he plus tard sur dans le
28:04 cours appellera tout cela le signe linguistique et il utilisera des néologismes pour se référer à ces deux entités en parlant de signifié et signifiant respectivement alors comment ça marche bah ça c'est le très fameux circuit de la parole dont Saur parle dans dans le cours donc tout commence dans le cerveau d'un participant à la communication linguistique donc supposons qu'un concept don donné déclenche dans le cerveau de du locuteur a une image acoustique correspondante ça c'est un phénomène entièrement psychique donc quelque chose qui se passe dans l'esprit du locuteur suivi à son tour d'un processus physiologique le
28:51 cerveau transmet aux organes de la fonation une impulsion corrélative à l'image puis ondes sonores se propage donc nous sommes au niveau l'externalisation ici de la bouche de à l'oreille de B procès purement physique donc il y a ces trois procès psychiqu physiologiqu physique ensuite le circuit se prolonge en B dans l'ordre inverse et donc nous avons le circuit qui se crée entre ces deux locuteurs dans ce type d'approche la langue partagée par le locuteur est un système de signe de ces entités bifaciales associant un signifi
29:36 insignifiant mais si nous voulons exprimer l'autre propriété importante la propriété de laquelle nous sommes partis la créativité gouvernée par des règles la partie psychique hein donc ce qui se passe ici euh du circuit ne ne peut pas être simplement le répérage d'un signe approprié il faudra ajouter le mécanisme combinatoire et ça c'est un point qui avait été souligné de manière encore une fois extrêmement efficace par Charles Darwin dans son ouvrage que j'ai déjà cité plusieurs à plusieurs reprises de descent of man un ouvrage où Darwin essaie de d'aborder la question de capacité mentale humaine dans le
30:23 contexte de sa propre théorie de l'évolution ici repris cette citation de la 2e édition où significativement exactement ce passage a été modifié donc ce qui veut dire qu'il était vraiment en train de réfléchir tout le temps à ce genre de problème donc ce que Darwin dit notticulationish donc c'est toujours question comment distinguer l'homme et l'animal et donc il dis c'est pas la pure et simple articulation qui fait la différence parce que certains animaux par exemple des perroquets d'autres
31:10 oiseaux ont les capacités d'articulation Capac connec soundsite con donc ce n'est pas la simple capacité de connexion la connexion sociurienne entre signifiant et signifié qui fait le la différence parce que nous savons par exemple que certains perqués ont qui qui qui ont appris quelques éléments du langage sont capables de connecter toujours des mots avec des choses des personnes des événements ici il cite
31:57 dans dans une note le cas d'un perquet qui était capable de dire hello quand quelqu'un arrivait et goodbye quand quelqu'un partait donc le était capable de distinguer des personnes des situations distinctes donc la situation continue l anims donc là la véritable distinction entre les animaux inférieurs et l'homme consiste simplement dans sa son pouvoir
32:45 sa capacité presque infinie de associer ensemble les sons les plus différenciés et les idées les plus différenciés donc c'est encore une fois l'aspect combinatoire qui fait la différence essentielle ici donc comment exprimer tout ça c'est ici que la notion d'interface devient euh pertinente donc le notre système combinatoire que nous avons modélisé de manière très simplifiée comme ça doit pouvoir parler donc échanger de l'information avec les systèmes sensori moteurs de la perception de l'articulation et ainsi et ainsi qu'avec les systèmes
33:31 les concepts des des intentions donc du côté des sons et du côté euh des sens côté de la pensée si vous voulez il faut avoir ces portes qui permettent l'échange d'information il y a donc au moins deux interfaces l'interface qu'on peut appeler phonétique de représentation phonétique ou forme phonétique à l'interfacex avec les systèmes sensor moteur de la perception et de l'articulation qui est utilisé pour l'externalisation de structure engendrée donc vous souvenez quand dans le circuit de la parole euh on passe disons l'événement devient un événement physique on est au niveau de l'externalisation d'une structure qui jusqu'à ce point était interne à
34:17 l'individu et puis il y a des représentations sémantiques ici euh à l'interface avec les systèmes de pensée systèm de concept systèm des intentions très difficile de distinguer clairement dans notre espèce le langage et la pensée parce que nous avons l'impression de de penser par le langage en quelqu mesure mais c'est certainement possible de le faire par exemple nous pensons en terme d'image non seulement en terme de d'expression linguistique quoi que une séparation nê très difficile telle est la force du langage dans sa capacité de structuration de la ben évidemment on a déjà évoqué les
35:03 langues des signes il faut bien sûr généraliser ce type de système pour inclure les langues de signes euh qui utilise un autre canal le canal gestuel visuel à la place du canal articulatoire auditif comme nous allons entendre dans la présentation de Jeremy kon dans euh environs euh 3/4 d'heure euh de c'est c'est systèmes sont des langues naturelles à part entière ils ont un lexique une morphologie une syntaxe une sémantique comme les langue orale on peut parler aussi de phonologie je pense que Jeremy va donner des exemples de ce qu'on peut entendre par phonologie de des langue de signe mais clairement le canal utilisé est différent donc il faut
35:49 généraliser il faut penser ici à la possibilité d'une interface gestuelle non seulement une interface avec le système des sons euh et donc les le les langes de signe soulignne soulève des question très importante sur le rôle du canal utilisé est-ce que le canal utilisé est fondamentalement indifférent donc tout tout le fonctionnement de ce système reste exactement le même c'est comme si on attacha une imprimante différente un ordinateur qui reste exactement le même ou bien y a-t-il des propriétés spécifiques qui sont liées aux modalités choisies je pense que certains de ces thèmes verront seront
36:35 abordés dans le séminaire en effet dans les deux séminaires de cette semaine et dans euh et de la semaine euh suivante en tout cas euh en gardant ça à l'esprit comme un aspect important d'enrichissement du système arriver à traiter de manière adéquate les langues des signes nous devons vont de toute façon enrichir notre caractérisation du système computationnel des inventaires de règles combinatoire rcursive par la postulation d'interface qui devent être lisible qui doivent produire des représentations présenté de représentations lisibles euh par des systèmes sensoris moteur de la
37:21 production perception et par les systèmes de pensée des concepts et des intentions donc ça c'est le cadre général que qu'il faut adopter si on raisonne de cette manière alors par rapport à toutes les questions que j'ai évoqué jusqu'à présent euh ces questions sont restées fondamentalement constantes sur une période d'envison 70 ans de gramè générative les questions que j'ai évoqué sont et continuent à être les questions fondamentales qui sont traitées les moyens pour répondre à ces questions sont constamment raffiné mais fondamentalement tout cela reste constant il y a bien sûr eu des changements des développements très
38:07 importants euh et je vais me concentrer maintenant sur deux changements l' qui concerne le les inventaires et l'autre qui concerne les computations les systèmes computationnel donc pour les inventaires bah il y a ces deux entités le lexique substantiel et le lexique fonctionnel donc on peut de manière assez nette distinguer dans le lexique entre un lexique qui sub qu'on peut caractériser comme substantiel qui a un contenu descriptif donc qui consiste de nom de verbes d'adjectif les nomes se réfère à des individus des choses et cetera les verbes désignent des événements
38:53 fondamentalement les adjectifs des propriétés des qualités et cetera donc tout ça un contenu descriptif que le lexique fonctionnel est le petit lexique le petit mot qui euh consiste de choses comme les déterminants les articles euh les auxiliaires par exemple être avoir en français et cetera les complémentaurs des choses comme que euh si en français les choses qui introduisent des phrases subordonnées euh et des choses qui souvent ne sont même pas des mots autonomes par exemple dans les langues induropéennes très souvent les marques de temps et d'aspect ne sont pas des mots autonomes néanmoins euh ce sont euh des des morphèmes qui sont typiquement
39:40 glutinés euh au verb et alors ce qui s'est passé euh progressivement dans l'histoire de la discipline ça a été un déplacement d'en phase du lexique substantiel lexique fonctionnel pourquoi le lexique fonctionnel est devenu si important il y a un certain point de vue à partir duquel lexique substantiel est ce qui compte vraiment n'est-ce pas par exemple si on élimine le lexique fonctionnel pour l'essentiel on obtient encore de messages compréhensibles pensez au style télégraphique à la manière dans laquelle on envoyait télégramm quand on envoyait encore des télégrammes c'était fondamentalement des structures où il y'y avait que ou presque que le lexique substantiel donc pourquoi le lexique fonctionnel est si
40:26 important il y a plusieurs raisons qui sont indiquées ici d'un côté l'élément les éléments fonctionnels créent des seletes structurau donc des sortes d'échafaudage de structure pour l'insertion des éléments substantiels et la structure fonctionnelle donne lieu à des configurations qui peuvent être très complexes hiérarchie d'éléments fonctionnels et c'est précisément ça l'objet spécifique d'étude des études cartographiques sur lesquelles on va revenir la prochaine fois hein donc donc il y a un effet structurant qui est extrêmement important des éléments euh du lexique fonctionnel ensuite les éléments fonctionnels
41:12 déclenchent les actions computationnelles c'est-à-dire quand on active une action on va parler des actions dans 2 minutes des opérations comme assembler assembler des éléments ou bien faire bouger un élément et cetera et bien les ordrees qui déclench ces opérations sont exprimés selon les modèles actuels dans le lexique fonctionnel les éléments fonctionnels expriment les éléments de la variation les paramètres de variation c'est pas une propriété extrêmement importante et la variation nous devons dans toute étude comparative sur les langues distinguer l'invariance et la variation ce qui reste constant à travers les langues et ce qui varie d'une langue à l'autre bien la la le grand défi de la
41:58 syntaxe comparative c'est de tout réduire un système de paramètres un système de choix binaire et le l'idée courante sur le locus sur l'endroit où on exprime ces paramètres c'est justement le lexique fonctionnel donc c'est ce lexique qui porte ce type d'information ensuite les éléments fonctionnels bien sûr participe à l'interprétation guide l'interprétation aux interfaces euh euh en fournissant des éléments interprétatifs beaucoup plus abstraits par rapport aux éléments du lexique substantielle par exemple toute l'information temporelle aspectuelle modale dans le système verbal le caractère défini indéfini spécifique
42:45 inspécifique dans le système nominal puis les éléments le lexique euh fonctionnel exprime les connecteurs logiques hein donc conjonction disjonction négation implication et donc tout ce qui est à la base de nos capacité de raisonnement par le langage est exprimé dans le lexique fonctionnel donc un rôle aussi interprétatif extraordinairement euh important et de plus certaines articulations liées à l'organisation discursive comme topique commentaire focus présupposition dont on va beaucoup parler plus tard dans ce cours sont liés à la présence de manière tout à fait explicite dans certains langues sont liés à la présence de
43:30 certains éléments du lexique fonctionnel qui signalent ben on a fois à faire ici avec une articulation topique commentaire euh par exemple on va voir les exemples pertinents et ces éléments sont aussi euh CR rôle crucial à l'interface avec la phonologie et donc l'externalisation en ce que les éléments fonctionnels déterminent l'ordre de mots quelque chose d'extraordinairement important dans le langage et aussi certaines propriétés clairement phonologiques comme des propriété de l'intonation et ainsi de suite voilà donc ça c'est un type d'évolution de du lexique de contenu au
44:17 lexique fonctionnel et puis bien sûr au niveau de l'étude des computations il y a aussi eu un développement extrêmement important qu'on peut caractérisé euh comme ça les computations deviennent de plus en plus abstraites c'est-à-dire si je pense à au au système de règles qui était utilisé quand j'étais étudiant dans les années 70 et bien les règles étaient vraiment calquées euh et orienté sur les constructions grammaticales hein donc par exemple euh à l'époque on étudia qu'il y avait des règles transformationnelles pour construire les phrases relatives à partir de phrases
45:02 simples pour construire les phrases interrogative donc transformation interrogative transformation passive transformation causative he par exemple quand j'étais étudiant à Vincen on parlait beaucoup de la transformation causative parce que le travail de ke était très largement focalisé à l'époque sur le fonctionnement de cette transformation alors ce type de système a été remplacé par une recherche de plus de d'opération de plus en plus abstraite et donc de plus en plus général et donc le la tentative d'identifier les ingrédients de base de des computation syntaxique donc des opérations comme merge terme anglais qu'on peut traduire
45:50 comme Assem assemblage ou fusion donc le fait de mettre ensemble deux éléments qui est l'opération fond fondamental pour la construction des structures le mouvement on va parler de cela des opérations de recherche pour mettre en relation des points distinctes de la structure des opérations d'externalisation donc ce sont les opérations qui sont prises en considération maintenant très différentes beaucoup plus abstraite que les opérations de de de la période disons de si on remonte jusque jusqu'aux années 70 en gros alors on dit parfois
46:36 que dans ce système abstrait les constructions grammaticales euh n'existent pas hein disparaissent ceci est peut-être une exagérationtion grammaticale reste mais non pas en tant qu'antité atomique mais en tant qu'entité moléculaire et constitué par conglomérat d'opérations élémentaires et de choix dansun lexique fonctionnel donc par exemple qu'est-ce que c'est que la construction relative bien sûr il y a quelque chose qu'on peut appeler construction relative mais ça correspond à un certain choix dans le lexique fonctionnel un certain complémenteur qui pourrait être que par exemple en français et toute une série d'opérations que cet élément déclenche des opérations
47:22 de mouvement d'un élément nominal en position initiale ou en position finale selon les langues et tout l'ensemble d'opérations qui vont euh avec euh cette structure euh particulièr donc les euh constructions sont des conglomérats structurés d'opération élémentaires et des choix dans le lexique fonctionnel selon cette manière de voir les choses cette opération de euh saut vers des systèmes de plus en plus abstraits euh à concerné non seulement les règles mais aussi les conditions les principes
48:07 généraux qui opèrent sur les computations hein il y a eu le le le même type de identification d'entité de plus en plus abstraite encore une fois quand j'étais étudiant les conditions générales sur l'application de règles qu'on étudiait c'était les conditions de Ross Ross dans sa thèse avait fait un catalogue extrêmement riche de ces conditions comme la condition du syntagme nominal complexe hein on peut pas sortir un élément d'une certaine configuration nominale la condition de l'ilo adverbiale par exemple quand on a AFF faire à une phrase adverbiale on peut pas sortir un élément et puis il y avait l'ensemble des conditions qui avaient
48:52 été identifié par Chomski dans son article conditions transation de 73 euh qui avait été le la première tentative de vraiment structurer de façon très détaillée le système des conditions que les règles devaient obéir et on parlait de règles comme de de conditions comme la condition du sujet spécifié specified subject condition la condition de la phrase verbe conjugué t condition et cetera donc ce ce genre de conditions les conditions ou principes dont on parle maintenant ce c'est des entités beaucoup plus abstraites des choses comme la minimalité relativisée par exemple qui dit qu'on ne peut pas lier localement de position s'il y a un
49:39 troisième élément qui intervient entre les deux et qui a quelque chose en commun avec les deux éléments qu'on essaie de relier la théorie des phases qui dit la computation doit procéder par phase successive les conditions d'économie représentationnelle et dérivationnelle économie représentationnelle qui dit essentiellement euh il faut économiser les symboles il faut économiser les éléments on ne peut pas postuler sur des représentations des éléments qui n'ont pas un contenu interprétatif hein donc économie de symbole économie représentationnelle et économie dérivationnelle c'est-à-dire il faut pas faire des pas inutiles dans les dérivations tout pas chaque pas euh
50:27 qu'on fait chaque opération qu'on réalise doit être motivé euh par euh quelque chose ok donc ce ce ce type d'évolution a eu un impact considérable sur toutes s toutes sortes d'autres considérations parce que les principes classiques je suis à ce not à ici avec le référence à des notions linguistiques comme sujet adverbe syntag nominal verbe conjuguer phrase finies et cetera suggéit fortement une caractérisation spécifique au domaine linguistique n'est-ce pas c'est c'est c'est difficile de penser quel serait l'équivalent de la condition du sujet spécifié pour le
51:12 domaine de la vision par exemple un domaine dans lequel la notion de sujet ou de phrase n'est pas euh n'est pas défini euh et donc il y avait cet aspect c'est C principes suggéraent quelque chose de vraiment spécifique au langage tandis que les principes abstraits qu'on considère maintenant ouvrent la possibilité qu'il s'agisse de cas particulier de principe de nature plus générale s'appliquant à d'autres systèmes cognitifes à d'autres systèmes complexes par exemple il y aura des principes de localité aussi dans la vision il y a des principes de localité aussi dans d'autres domainesog itif donc
51:57 on peut se poser sérieusement la question est-ce que ce type de contrainte est spécifique au langage ou bien c'est une manifestation particulière de quelque chose de beaucoup plus général cet aspect a été souligné encore une fois par Chomski dans un article des années 2000 cet article three factors in language design où l'idée est que la constitution du savoir linguistique chez l'adulte obéit et suit trois types de facteurs déterminants il y aura des principes spécifiques de la faculté du langage ce qui était appelé traditionnellement et continue d'être appelé dans ce sens
52:43 spécifique la grammaèire universelle puis l'expérience bien sûr le langage n'est pas un système iné est un système où il y a un élément d'apprentissage qui est inéliminable euh donc l'expérience a un rôle crucial et ensuite il y aura aussi des principes non spécifique au langage qui auront un rôle déterminant des principes d'analyse de données par exemple d'analyse statistique de données on sait que le bébé est un très bon statisticien les résultats des études expérimentales sur l'état cognitive initial montre cela donc des tels principes qui peuvent être utilisé pour le langage mais qui peuvent être utilisés pour n'importe quel autre
53:30 domaine seront certainement utilisés et auront un rôle significatif euh dans aussi dans l'acquisition du langage dans l'utilisation du langage et puis il y aura des principes généraux d'efficacité computationnelle qui ne sont pas nécessairement spécifiques du langage qui pourrai être des principes d'architecture général que des systèmes complexes euh essaye de euh de euh de d'exprimer et de euh d'obéir hein donc je crois qu'on peut caractériser le programme minimaliste euh donc la version la plus récente de grammaire générative euh comme euh la tentative d'enrichir
54:17 progressivement le rôle de cette 3è classe de principe tout en simplifiant radicalement euh les principe spécifique du langage et évidemment cette tendance qui est très importante qui n'est pas récente ça fait partie du progème minimaliste de sa première conception dans les années 90 est rendu possible à mon avis entre autres et favorisé par l'analyse de plus en plus abstraite des euh mécanismes de base du langage qui ouvre cette possibilité de comparer différents systèmes cognitifs voilà nous en arrivons à merge
55:04 donc cette opération fondamentale de construction de la structure euh qui est à la base du système minimaliste merge le terme anglais je continuerai à utiliser et traduit c'est traduit parfois comme fusion parfois comme assemblage euh le le terme fusion qui est le le la traduction typique en effet ne me plaît pas trop parce que fusion implique en quelque sorte que les éléments qui sont fusionnés perdent leur identité c'est que dans le cas de merge ce n'est pas le cas les éléments gardent crucialement leur identité leur caractéristiqu donc je préfère utiliser plutôt le terme assemblage mais pour enlever toute toute ambiguité je
55:51 continuerai à utiliser le terme anglais euh merge donc c'est une opération qui est l'opération combinatoire la plus simple possible la plus simple imaginable une opération qui dit prend2 éléments mais elle est ensemble transformé en 3oè élément qui pourra à son tour être soumis à l'opération donc c'est une opération récursive en ce sens donc tu prends deux éléments A et B et tu formes une petite structure élémentaire de ce type et la structure ainsi obtenue pourra à son tour être soumise à l'opération donc il pourra pourra être assemblé avec un autre élément C par exemple qu'on aura repris par exemple à partir du lexique voilà donc quelques
56:39 spécifications ici normalement il y a une asymétrie entre ces deux éléments c'est-à-dire l'un des deux éléments sélectionne l'autre hein par exemple un verbe sélectionne un élément nominal plutôt que vice-versa donc si on assemble un verbe rencontrer et un nom on forme une entité verbe plus nom qui sera une entité verbaleelle le le l'élément qui donne selon l'un des algorithmes concevables de d'assignation d'étiquette à l'arbre c'est l'élément qui sélectionne qui détermine toujours l'étiquette du nœud qui est créé il y a d'autres algorithmes euh d'étiquetage qui sont considérés
57:24 mais ça ça paraît vraiment très euh basique et très simple donc si on assemble un verbe et un nom on forme une entité verbale en S t verbal rencontrer Marie par exemple l'opération récursive parce que ce qu'on a créé peut à son tour être soumise être soumis à l'opération donc nous avons que les les applications successives de l'assemblage ou de merge peuvent construire des structures aborescentes de ce type qui exprime aussi une structure hiérarchique cette structure en quelque sorte récapitule l'ordre d'application de merge à partir du point le plus enchassé donc rencontrer marie puis ça va
58:10 s'assembler avec une marque de temps qui sélectionne une entité verbale puis tout cela peut se rassembler avec un sujet et on crée de cette manière une phrase complète à son tour cette phrase complète peut être soumise à l'assemblage en euh l'assemblant avec un élément comme le complémenteur un élément comme que euh en français euh qui a la propriété complémentaire c'est exactement ça que le terme veut dire euh qui a la caractéristique de transformer une phrase en un complément possible d'un verbe supérieur donc un verbe supérieur peut sélectionner une phrase subordonnée puis nous pouvons continuer avec l' semblage obtenir
58:57 pierre a dit que Marie va rencontrer que Jean va rencontrer Marie par exemple et ça c'est évidemment ce n'est pas la phrase plus longue que nous pouvons produire parce que ça peut faire partie d'une phrase encore plus structurée comme Antoine ne sait pas si Pierre a dit que Jean va rencontrer Marie et cetera et cetera et on peut continuer de cette manière indéfiniment voilà est-ce que merge cette opération euh dans dans dans dans toutes ces avec toutes ces caractéristique on la retrouve dans toutes les langues naturelles est-ce que c'est une propriété universelle là la réponse est positive mais afin de
59:44 donner disons de de bien caractériser cette question donc pour essayer de de répondre de manière efficace il faut d'abord se demander à quoi ressembleraient des systèmes linguistiques sans merge sans l'assemblage il y a deux types de situation à consérer hein donc on pourrait considérer des systèmes sans merge du tout donc on peut imaginer un système qui n'a qu'un lexique et aucune possibilité de mettre ensemble des éléments du lexique ou bien on pourrait considérer un système qui a un lexique qui a mer mais l'opération n'est pas récursive donc l'opération s'applique une fois et
1:00:30 puis elle s'arrête ok on peut on pourrait considérer ce genre de choses ce type de système ne permet que d'énoncer d'un seul mot évidemment on choisit un élément du lexique on le produit et c'est tout le type de système avec merge non récursif permet de euh produire des structures de longueur maximale de de mots et puis le système s'arrête ok donc on peut imaginez comme modèle euh artificiel de système de cette sorte de façon assez rudimentaire euh par exemple un feu rouge un feu rouge qui ne produit qu'un mot donc rouge vert jaune et c'est tout hein donc un seul mot ou
1:01:16 bien un système un feu rouge un peu plus développé qui permet la combinaison vert et jaune rouge et jaune avec une interprétation compositionnel regarde le système est en train de changer mais rien d'autre hein donc pas de possibilité d'application récursive alors trouve-t-on dans le monde naturel de système de ce type et est-ce que de langingueumaine fonctionne comme ça à la 2ème question on peut déjà répondre non ce n'est pas le cas mais on va revenir sur cette question trouve-t-on dans le monde naturel des systèmes qui ont les caractéristiques de 1 ou de 2 euh réponse vraisemblablement oui
1:02:02 euh par exemple si on regarde euh au système de communication animale euh on trouve quelque chose qui ressemble beaucoup à des systèmes avec des mots individuels sans merge sans la possibilité de combinaison hein par exemple euh j'ai mentionné ici l'ouvrage important de Mar Hauser qui s'intitule the evolution of communication qui a une grande synthèse du tout ce qu'on savait sur la communication animale vers la fin du du siècle dernier et euh donc ça c'est un gros texte de d'environ 800 pages euh mais il n'y a pratiquement pas de référence à la syntaxe si on regarde
1:02:50 il n'y a qu'une note pratiquement qui parle de syntaxe pour dire qu'on trouve pas de taxe dans les systèmes de communication animal euh et et en effet ce que Hauser dit dans cette note there is no convincing evidence of lexical syntax in the animal kingdom par lexical syntax il entend une syntaxe compositionnelle donnant lieu à une interprétation compositionnelle où on interprète la structure qu'on obtient de manière de manière compositionnelle donc comme fonction compositionnelle des sens des parties et de la structure donc un exemple classique de système qui a des mots mais qui n'a pas de syntaxe
1:03:39 c'est le système de cri d'alarme qui a été euh présenté par exemple bon dans toute une série de d'espèces de singes en particulier il a cet article fameux sur le verbet Monkeys sur singe vervette euh de plusieurs auteurs don Pete Marler euh qui montre comme cette cette espèce est capable de produire des cris d'alarme euh spécialisé selon le type de prédateur donc il y a un cri d'alarme spécialisé pour signaler euh un danger qui vient du sol typiquement à cause de la présence d'un léopard ou un un cri d'alarme pour
1:04:26 signaler la présence d'un aigle donc problème qui vient de d'en haut un cri d'alarme spécialisé pour la présence d'un serpent dans le contexte immédiat et ces mots individuels produit par l'espèce ont un effet comportemental différent sélectif donc il a un comportement de protection différent des compes spécifiques selon le type d'alarme qui a été signalé euh mais typiquement ces signes ne sont pas combinés donc il y aura pas de aspect combinatoires lié à ce système les choses ont ensuite évolué dans l'étude de la communication animale ici
1:05:13 je cite cet article dû à une série d'auteurs dont Philippe Schlenker premier auteur ici à l'École normale et dernier auteur Klaus tberber un spécialiste de cognition euh animale dans euh cet article euh ces auteurs ont observé ont répertorié toute une série de formes rudimentaires de combinatoires qu'on trouve dans des espèces de primates non humains hein euh par exemple euh chez les singes de Campbell euh il state la possibilité de créer des signes comme crack hook qui
1:06:04 signale respectivement dangers terrestre ou danger aérien mais aussi la possibilité de combiner ça avec une sorte de suffixe ou donc obtenir un signe complexe crac ou ou h ou et avec une interprétation bien identique viable ici he ce ce suffixe indique que le danger est réel mais pas totalement imminent parce que par exemple le prédateur est loin tandis que l'utilisation sans suffixe désigne un danger imminent donc là il y a même un début on dirait de compositionnalité d'interprétation
1:06:49 compositionnel d'un signe complexe à partir de ces éléments un autre élément du nature assez différente est ce qu'on trouve chez les circopité ceur appelé en anglais pe Monkeys on voit pourquoi et donc ils peuvent produire des signaux comme pion au HAC pour signaler prédateur terrestre pour signaler prédateur aérien mais aussi un signe complexe PAC cette fois-ci apparemment sans interprétation compositionnelle parce que c'est signal de mouvement du groupe qui n'est pas lié à une situation de danger imminent ok donc apparemment ici le la combinatoire est utilisée non pas
1:07:36 pour créer une structure interprétée compositionnellement mais pour étendre l'inventaire de signes poss possible en créant des nouveaux euh signes he ce qui est une utilisation évidemment différente c'est un peu ce qu'on fait dans les langues humaines quand on crée une expression idiomatique hein ou l'interprétation n'est pas compositionnelle par exemple casser sa pipe casser sa pipe dans l'interprétation idiomatique n'a pas une interprétation compositionnelle veut dire quelque chose de différent veut dire mourir éventuellement c'est une manière d'avoir une autre manière de se référer à un certain type d'événement auquel pour des raisons de tabou par exemple on ne veut pas se référer directement voilà donc c ces formes
1:08:23 combinatoires évidemment sont extrêmement rudimentaire extrêmement limité par rapport à ce qu'on trouve dans les langues humaines néanmoins il y a quelques similarité qui mérit d'être souligné avec ce qu'on trouve dans les languue humaine en particulier nous trouvons des contraintes de sélection typique des langu humaine des contraintes d'ordre et un début de distinction entre la fixation et combinaison syntagmatique voyons ça euh voilà donc contrainte de sélection bah on a vu chez les singes de Campel crac ou peuvent se combiner avec ce suffixe mais pas d'autres éléments pas boom par
1:09:10 exemple qui fait partie de du lexique mais qui n'est pas combinable également chez d'autres espèces les singes de Diana euh on on peut créer des des des structures complexes comme bon les des des types de messages du types de mots que le les prématologues appellent l a HR en donnant lieu à ces combinaisons ces éléments peuvent être aussi utilisés comme des éléments isolés on peut avoir ces combinaisons mais d'autres d'autres signes ne se combinent pas donc c'est toujours a qui se combine comme dernier élément avec quelque chose d'autre c'est
1:09:55 un peu le type de sélectivité que nous trouvons dans les langue humaine n'est-ce pas quelque chose comme un article ce combine avec un nom mais non pas avec une préposition donc le avec le rapidement ça se combine pas avec un adverbe donc nous avons sélection ici nous avons des contraintes d'ordre pour reprendre le le cas des singes de Diana a suit toujours ces autres signe PAC euh chez les circopité cocheur a toujours cet ordre on n jamais l'ordre euh contraire même chose pour d'autres séquences par exemple les colobes noir et blanc prod produisent des séquences
1:10:42 snort r mais pas le contraire pas l'ordre contraire même chose encore d'autres espèces ces espèces en Amérique du Sud produisent seulement des séquences avec certains ordres c'est un peu ce qu'on trouve dans les langues naturelles n'est-ce pas en français le cheval on n' pas cheval euh le donc on TR d'ordre et distinction de but de distinction en tout cas entre la fixation et combinaison syntagmatique donc nous avons vu le que qu'un élément comme ou chez les singes de Cambell ne forme pas un mot autonome toujours combiné avec un autre mot hein donc il y a pas de mot indépendant ou euh se comporte comme un affixe comme par
1:11:27 exemple s en anglais qui ne peut pas survivre tout seul on peut l'attacher à un autre élément boys girls et cetera mais on n' pas ce euh ce ce genre de chose euh on on trouve aussi des combinaisons syntagmatiques les signes qu'on a vu avant peuvent en effet être combiner euh par exemple ici euh cet élément a peut aussi former un mot autonome ou bien se combiner avec d'autres d'autres mots donc nous avons les deux types de situation àixation et cetera voilà euh donc toutes ces considérations suggèrent bien sûr que la discontinuité
1:12:13 sans doute l'élément saillant dans la comparaison entre langage humain et système animal mais il y a aussi des éléments de continuité qui méritent d'être explorés alors comment faire ça je vais brièvement illustrer ces aspects puis je vais m'arrêter un peu avant pour permettre au système d'interprétation de du prochain séminaire de de se mettre en place donc com comment discuter comment traiter la continuité et la discontinuité ben une possibilité est offerte par une réflexion sur la nature de cette opération de merge il y a une typologie de Ch qui peuvent être soumises à
1:12:59 merge et en particulier cette typologie d'utilisation de merge crée une hiérarchie naturelle de complexité qui peut être utile dans ce travail comparatif nous avons trois types fondamentalement trois situations liées à merge nous pouvons prendre deux éléments du lexique un item et puis un autre item le mettre ensemble ou bien nous pouvons avoir un syntagme déjà former et opérer l'assemblage avec un item tiré du lexique ou bien nous pouvons avoir deux syntagmes déjà formés indépendamment et les assembler ensemble et il y a clairement une gradation de complexité entre ces trois types euh
1:13:47 d'application qu'on peut essayer de caractériser un peu plus précisément donc nous avons d'abord ce pas item item qui est toujours le premier pas d'une dérivation syntaxique quand nous créons une structure complexe il faut toujours démarrer par la sélection de deux éléments du lexique il y a pas d'alternative ok donc ça c'est toujours un premier pas cette opération en tant que telle on pourrait dire n'est pas de manière inhérente récursive parce que nous avons deux items qui sont mis ensemble et qui ne forment pas quelque chose qui est un item lexical qui forme quelque chose d'ordre supérieur une entité euh syntagmatique donc premier pas qui n'est pas nécessairement
1:14:32 recursif en tant que tel puis un 2uxème pas un 2è pas qui prend un syntagme déjà formé par des application précédente de merge et qui l'assemble avec un item tiré du lexique mais remarquez que ce pas présuppose quelque chose présuppose un repéositoire temporaire pour le syntagme déjà formé donc si nous avons formé ce type de syntagme nous devons avoir la possibilité des un système qui utilise cette application de merge nous devons avoir la possibilité de euh stocker en mémoire de manière temporaire ce que nous avons créé pour rendre cette entité disponible pour une application
1:15:19 successive de merge donc ici la l'élément de complexité ultérieur c'est la nécessité d'avoir un réositoire temporaire qui est le truc fondamental qui permet euh la récursivité n'est-ce pas si nous n'avons pas de repositoire temporaire il est simplement pas possible d'appliquer la règle récursivement donc cette ce type d'application est récursif nous pouvons ici continuer indéfiniment la structure toujours en ajoutant un item la fille voit la fille il voit la fille qu'il voit la fille dit qu'il voit la fille et cetera et cetera en rajoutant toujours toujours un item euh mais il y a un
1:16:04 autre type d'application plus complexe c'est-à-dire nous devons avoir dans les Lang naturel aussi la possibilité de mettre ensemble deux syntagmes complexes par exemple une structure sujet prédicat le garçon voit la fille peut avoir et un sujet et un prédicat qui sont des entités complexes des entités constitué de plus qu'un élément donc afin de pouvoir appliquer merge de cette manière nous avons besoin de deux repéositoires pour former chacun des syntagmes qui est soumis à l'opération puis si merge est une opération binaire c'est tout ce dont nous avons besoin il y a pas d'autres cas possible d'application de merge ok
1:16:52 donc nous avons ce type de système et ceci permet d'engendrer automatiquement euh une séquence de système computationnel de euh complexité computationnelle croissante donc nous pouvons envisager un système qu'on pourrait appeler merge zé donc un système qui a un lexique mais qui n'a pas de merge donc qui pas de possibilité de combiner des éléments donc ce système me ne peut produire que des phrases avec un seul élément il y a pas de possibilité combinatoires puis on monte un tout petit peu dans la complexité on peut penser à un système
1:17:40 basé sur merge de type 1 c'est-à-dire un système qui a merge non récursif donc la seule chose que ce système peut faire c'est de mettre ensemble deux éléments donc engendrer des choses comme la fille par exemple ou PAC si on pense au système euh animal euh mais c'est tout pas de procédure récursive donc on ne peut pas euh continuer puis il y a un système qu'on pourrait appeler merge 2 euh qui est plus riche que merge 1 parce qu'il a un repositoire donc il a un système pour stocker temporairement le résultat de l'opération de merge et ceci permet de faire le saut vers le système récursif
1:18:27 là on peut créer un syntagme puis aller chercher un autre élément former une entité constituée de l'item du syntagme et dès qu'on a ça dès qu'on a le système le repositoire on peut continuer indéfiniment parce qu'on peut toujours stocker l'information dans le repositoire et cetera et cetera puis on peut appeler merge 3 un système encore plus complexe qui a deux R histoire donc qui permet de constituer de manière indépendante de syntagmes et puis éventuellement de les mettre ensemble et former des structures dans les Ling naturel comme le garçon voit la fille alors selon cette manière de voir
1:19:14 les choses on peut dire que la ligne qui distingue les système de communication animale qu'on a discuté avant et le langage humain se situe à ce niveau là c'est-à-dire chez les animaux en tout cas les animaux qu'on a considéré parce que il peut y avoir aussi d'autres types de situation mais dans donc dans les primates nonhains et les cas qu'on a considéré nous avons des systèmes avec qui produisent un solitème des systèmes qui peuvent produire au maximum des structures avec deux items donc P par exemple euh euh ou les autres type de situation que nous avons vu mais là les choses s'arrêtent donc c'est la
1:20:00 disponibilité d'un répositoire selon cette manière de voir les choses qui permet l'application récursive de merge qui devient indisponible à partir de ce point donc ça serait la ligne de distinction entre les systèmes de communication animale en ce que en ce qui la syntaxe en ce qui concerne la syntaxe et le le les les cure humaine alors on peut objecter à cette manière de voir les choses on fait cette observation souvent on peut dire que ce ce type de comparaison directe entre le langage humain et le système de communication
1:20:46 animale pose le problème que le langage humain est un système incomparablement plus riche à tous les niveaux donc non seulement au niveau taxique mais aussi de la phonologie du lexique de la morphologie de la de la syntaxe évidemment et de la sémantique aussi et donc on pourrait dire c'est un système radicalement différent vous vous souvenez le l'âme du tout différente don des carartte parl et et et donc on pourrait dire bah toute comparaison est nécessairement vouée à l'échec et et il est difficile de ne pas être d'accord sur ce point qui a été soulé par exemple récemment par Berwick et chsky dans le livre Roy lias il souligne le caractère
1:21:31 unique du langage humain qui a été souligné par des cartes mais aussi par Darwin deune manière un peu différente néanmoins il me semble que l'analyse linguistique détaillée que nous avons proposé montre que le langage humain aussi complex qu'il soit se construit à partir de mécanismes de base très simple n'est-ce pas si l'idée de de merge est correct le mécanisme de base est extraordinairement simple il me paraîtrait donc légitime de comparer ces mécanismes de base avec les mécanismes à l'œuvre dans les système radicalement plus pauvre comme le système de communication animale pour identifier précisément à quel stade la
1:22:19 divergence se manifeste alors je veux je vais m'interrompre maintenant je vais juste reprendre quelques thèmes comme la super linguistique euh et le l'application de ce modèle non seulement dans la phyogénèse mais aussi dans l'ontogénèse euh donc peut-être le le développement du langage peut être vu comme un processus de croissance sur cet axe donc passage en tout cas le système de la production d'un système un système
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