Le Prince de Machiavel : | Livre Audio Complet | (Les Secrets du Pouvoir Dévoilés)

Résumé Bref

Ce texte est un résumé du livre "Le Prince" de Nicolas Machiavel, qui explore les différentes formes de principautés, les moyens de les acquérir et de les conserver, ainsi que les qualités et les comportements que doit adopter un prince pour assurer son pouvoir et la stabilité de son État.

  • Différents types de principautés et comment les acquérir et les conserver.
  • Qualités et comportements qu'un prince doit adopter pour assurer son pouvoir.
  • Importance de la force militaire, de la prudence et de l'adaptation aux circonstances.

Introduction

Machiavel introduit son œuvre en expliquant qu'il traitera des principautés, distinguant celles qui sont héréditaires de celles qui sont nouvelles. Il précise que les États sont soit des républiques, soit des principautés, et que ces dernières peuvent être héréditaires (possédées depuis longtemps par une famille) ou nouvelles (acquises récemment). Les principautés nouvelles peuvent être entièrement nouvelles ou ajoutées à un État héréditaire existant. L'acquisition de ces États peut se faire par les armes, par la fortune ou par la vertu.

Chapitre 1 : Les différents types de principautés

Machiavel explique qu'il ne traitera pas des républiques, car il en a déjà parlé ailleurs. Il se concentrera sur les principautés et examinera comment les princes peuvent se comporter et se maintenir dans ces différents types d'États.

Chapitre 2 : Des principautés héréditaires

Pour les États héréditaires, Machiavel affirme qu'il est plus facile de les maintenir que les États nouveaux. Il suffit au prince de ne pas dépasser les bornes fixées par ses ancêtres et de s'adapter aux événements. Même avec une capacité ordinaire, un prince peut se maintenir sur le trône, sauf en cas de force irrésistible. L'ancienneté de la famille princière efface la mémoire des innovations précédentes, rendant les sujets plus affectionnés et loyaux.

Chapitre 3 : Des principautés mixtes

Les difficultés se rencontrent surtout dans les principautés nouvelles, en particulier celles qui sont ajoutées à un État existant. Les hommes changent volontiers de maître dans l'espoir d'améliorer leur sort, mais l'expérience leur montre souvent qu'ils se sont trompés. Le nouveau prince doit accabler ses sujets par l'entretien de ses armées et d'autres charges, ce qui lui crée des ennemis parmi ceux dont il a blessé les intérêts. Il ne peut pas toujours satisfaire ceux qui l'ont aidé à conquérir le pouvoir, ce qui rend sa position délicate. Machiavel prend l'exemple de Louis XII en Italie, qui perdit Milan à cause de ces difficultés. Pour conserver un État conquis, il faut soit y résider personnellement, soit y établir des colonies.

Chapitre 4 : Pourquoi le royaume de Darius ne s'est pas révolté contre Alexandre

Machiavel s'interroge sur la raison pour laquelle les États de Darius, conquis par Alexandre le Grand, ne se sont pas révoltés après la mort de ce dernier. Il explique que les principautés sont gouvernées de deux manières : soit par un prince et des esclaves, soit par un prince et des barons. Dans le premier cas, le prince a une autorité plus grande, car lui seul est reconnu comme supérieur. Dans le second cas, les barons ont des États et des sujets qui leur appartiennent, ce qui limite le pouvoir du prince. Il est plus difficile de conquérir l'empire des Turcs, gouverné par un seul maître, mais une fois conquis, il est plus facile de le conserver. En revanche, il est plus facile d'entrer dans un royaume comme la France, mais plus difficile de s'y maintenir.

Chapitre 5 : Comment gouverner les États conquis

Quand les États conquis sont habitués à vivre libres sous leurs propres lois, le conquérant a trois options : les détruire, y résider personnellement, ou leur laisser leurs lois en exigeant un tribut et en établissant un gouvernement qui les contrôle. La destruction est la méthode la plus sûre, car un État habitué à la liberté ne cesse de se rebeller. Les Spartiates et les Romains ont utilisé différentes méthodes, mais la destruction s'est avérée la plus efficace.

Chapitre 6 : Des principautés nouvelles acquises par les armes

Machiavel explique que les hommes suivent presque toujours des chemins déjà tracés et imitent les actions des autres. Il est donc important pour un prince de s'inspirer des plus grands personnages, comme Moïse, Cyrus, Romulus et Thésée. Ces hommes ont acquis leur principauté par leur propre vertu et non par la fortune. Ils ont su saisir les occasions qui se sont présentées à eux et les mettre à profit pour la prospérité de leur patrie. Les difficultés viennent surtout des nouvelles institutions qu'ils doivent introduire, ce qui leur crée des ennemis parmi ceux qui profitaient des institutions anciennes.

Chapitre 7 : Des principautés acquises par la fortune d'autrui

Ceux qui deviennent princes par la seule faveur de la fortune le deviennent avec peu de peine, mais ont beaucoup de mal à se maintenir. Leur existence dépend entièrement de la volonté et de la fortune de ceux qui les ont créés. Machiavel cite les exemples de Francesco Sforza, qui devint duc de Milan par sa propre valeur, et de César Borgia, qui perdit sa principauté aussitôt que la fortune de son père cessa de le soutenir. Il examine en détail la marche de César Borgia pour consolider sa grandeur future, soulignant que son exemple présente les meilleures leçons pour un prince nouveau.

Chapitre 8 : De ceux qui sont devenus princes par des scélératesses

On peut aussi devenir prince par la scélératesse ou par la faveur de ses concitoyens. Machiavel cite les exemples d'Agathocle, qui devint roi de Syracuse par des forfaits, et d'Oliverotto da Fermo, qui s'empara de Fermo par la ruse et le meurtre. Il explique que les cruautés sont bien employées lorsqu'on les commet tout à la fois par nécessité et qu'on les fait tourner à l'avantage des sujets. Il est important pour un prince d'exécuter toutes les cruautés qu'il doit commettre d'un coup, afin de pouvoir ensuite rassurer les esprits et les gagner par des bienfaits.

Chapitre 9 : De la principauté civile

Machiavel aborde la principauté civile, où un particulier devient prince par la faveur de ses concitoyens. On est élevé à cette sorte de principauté soit par la faveur du peuple, soit par celle des grands. Dans tous les pays, il y a deux dispositions d'esprit opposées : le peuple ne veut pas être commandé ni opprimé, et les grands désirent commander et opprimer. La principauté peut être l'ouvrage soit des grands, soit du peuple, selon l'occasion. Le prince élevé par le peuple a moins de peine à se maintenir que celui qui a dû son élévation aux grands.

Chapitre 10 : Comment mesurer les forces d'une principauté

Il est important de savoir si un prince a un État assez puissant pour se défendre par lui-même ou s'il a toujours besoin d'être défendu par un autre. Ceux qui ont assez d'hommes et d'argent pour former une armée complète peuvent se défendre par eux-mêmes, tandis que les autres ont besoin du secours d'autrui. Il est essentiel pour ces derniers de bien fortifier la ville où est établi le siège de leur puissance et de gagner l'affection de leurs sujets.

Chapitre 11 : Des principautés ecclésiastiques

Machiavel traite des principautés ecclésiastiques, où il n'y a de difficulté qu'à s'en mettre en possession. Une fois acquises, elles sont faciles à conserver, car les princes sont soutenus par les institutions religieuses. Ces princes ont des États et des sujets, mais ils ne les défendent ni ne les gouvernent. Machiavel explique comment l'Église s'est élevée à tant de grandeur temporelle, notamment grâce à Alexandre VI et Jules II.

Chapitre 12 : Des différentes sortes de milices

Les armes qu'un prince peut employer pour la défense de son État lui sont propres, ou sont mercenaires, auxiliaires ou mixtes. Les troupes mercenaires et auxiliaires sont non seulement inutiles, mais même dangereuses. Le prince dont le pouvoir n'a pour appui que des troupes mercenaires ne sera jamais ni assuré ni tranquille. Machiavel explique pourquoi les troupes mercenaires sont désunies, ambitieuses, sans discipline et infidèles. Il prend l'exemple de l'Italie, dont la ruine vient de ce qu'elle s'est reposée sur des troupes mercenaires.

Chapitre 13 : Des troupes auxiliaires, mixtes et propres

Les armes auxiliaires sont celles de quelque État puissant qu'un autre État appelle à son secours. Elles peuvent être bonnes en elles-mêmes, mais elles sont toujours dommageables à celui qui les appelle. Machiavel cite l'exemple de Jules II, qui eut recours aux auxiliaires espagnols contre Ferrare. Il explique pourquoi les troupes auxiliaires sont plus dangereuses que les mercenaires. Les princes sages ont toujours évité d'employer ces deux sortes de troupes et ont préféré leur propre force.

Chapitre 14 : Ce qui concerne les devoirs du prince envers la milice

La guerre, les institutions et les règles qui la concernent sont le seul objet auquel un prince doit donner ses pensées et son application. C'est là la vraie profession de quiconque gouverne. Machiavel explique comment un prince doit s'appliquer constamment à cet art, en exerçant également son corps et son esprit. Il doit lire les historiens, y considérer les actions des hommes illustres, examiner leur conduite dans la guerre et étudier ce qu'il doit imiter et ce qu'il doit fuir.

Chapitre 15 : Ce qui mérite l'éloge ou le blâme chez les hommes, particulièrement les princes

Machiavel explique qu'on attribue à tous les hommes, et surtout aux princes, certaines qualités pour lesquelles on les loue ou on les blâme. Il serait beau que toutes les bonnes qualités se trouvassent réunies dans un prince, mais comme cela n'est guère possible, il faut qu'il ait au moins la prudence de fuir les vices qui lui feraient perdre ses États. Il ne doit pas même craindre d'encourir l'imputation de certains défauts sans lesquels il lui serait difficile de se maintenir.

Chapitre 16 : De la libéralité et de l'avarice

Il serait bon pour un prince d'être réputé libéral, mais la libéralité peut être exercée de telle manière qu'elle ne fasse que lui nuire. Si un prince veut se faire la réputation de libéral, il faut nécessairement qu'il n'épargne aucune sorte de somptuosité, ce qui l'obligera à épuiser son trésor et à devenir odieux à ses sujets. Il est donc plus sage de ne pas trop appréhender le renom d'avar, car avec le temps, il acquerra de jour en jour celui de libéral.

Chapitre 17 : De la cruauté et de la clémence

Tout prince doit désirer d'être réputé clément et non cruel, mais il faut bien prendre garde de ne point user mal à propos de la clémence. Un prince ne doit donc point s'effrayer de ce reproche quand il s'agit de contenir ses sujets dans l'union et la fidélité. Il est plus sûr d'être craint que d'être aimé, car l'amour tient par un lien de reconnaissance bien faible, au lieu que la crainte résulte de la menace du châtiment.

Chapitre 18 : Comment les princes doivent tenir leur parole

Chacun comprend combien il est louable pour un prince d'être fidèle à sa parole et d'agir toujours franchement et sans artifice. Néanmoins, nous avons vu de grandes choses exécutées par des princes qui faisaient peu de cas de cette fidélité et qui savaient en imposer aux hommes par la ruse. Un prince bien avisé ne doit point accomplir sa promesse lorsque cet accomplissement lui serait nuisible et que les raisons qui l'ont déterminé à promettre n'existent plus.

Chapitre 19 : Qu'il faut éviter d'être méprisé et haï

Le prince doit éviter avec soin toutes les choses qui le rendraient haïeux et méprisables. Ce qui le rendrait surtout haïeux, ce serait d'être rapace et d'attenter soit au bien de ses sujets, soit à l'honneur de leur femme. Ce qui peut faire mépriser, c'est de paraître inconstant, léger, efféminé, pusillanime et irrésolu. Le prince doit donc s'efforcer de montrer de la grandeur, du courage, de la gravité et de la fermeté.

Chapitre 20 : Si les forteresses sont utiles ou nuisibles

Les princes ont employé différents moyens pour maintenir sûrement leurs États : désarmer leurs sujets, entretenir la division des partis, faumer des inimitiés contre eux-mêmes, gagner ceux qui leur avaient paru suspects, construire des forteresses ou les démolir. Il est impossible de se former une opinion bien déterminée sur ces divers moyens sans entrer dans l'examen des circonstances particulières de l'État. Les forteresses sont utiles ou non selon les circonstances.

Chapitre 21 : Comment doit se conduire un prince pour acquérir de la réputation

Faire de grandes entreprises et donner par ses actions de rares exemples, c'est ce qui illustre le plus un prince. Il est important pour un prince de se montrer franchement ami ou ennemi, c'est-à-dire de savoir se déclarer ouvertement et sans réserve pour ou contre quelqu'un. Un prince doit encore se montrer amateur des talents et honorer ceux qui se distinguent dans leur profession.

Chapitre 22 : Des secrétaires des princes

Ce n'est pas une chose de peu d'importance pour un prince que le choix de ses ministres, qui sont bons ou mauvais selon qu'il est plus ou moins sage lui-même. Si les ministres songent plus à eux-mêmes qu'au prince, il faut juger aussitôt qu'ils ne sont pas tels qu'ils doivent être et qu'ils ne peuvent mériter la confiance du prince.

Chapitre 23 : Comment on doit fuir les flatteurs

Il est très difficile aux princes de se défendre des flatteurs, mais ils ne doivent pas non plus tomber dans le mépris en les fuyant. Ils doivent faire choix de quelques hommes sages et leur donner liberté entière de leur dire la vérité, mais seulement sur les choses sur lesquelles ils les interrogeront.

Chapitre 24 : Pourquoi les princes d'Italie ont perdu leurs États

Les princes d'Italie qui ont perdu leurs États ont commis une faute commune : celle qui concerne les forces militaires. De plus, ils s'étaient attiré la haine du peuple ou, en possédant son amitié, ils n'ont pas su s'assurer des grands. Il est essentiel pour un prince de s'attacher le peuple et de s'assurer des grands.

Chapitre 25 : Combien la fortune a de pouvoir dans les choses humaines

Machiavel imagine que la fortune dispose de la moitié de nos actions, mais qu'elle en laisse à peu près l'autre moitié en notre pouvoir. Il compare la fortune à un fleuve impétueux qui, lorsqu'il déborde, inonde les plaines et cause de grands ravages. Il est important pour un prince de s'adapter aux temps et aux circonstances, car la fortune change et les hommes s'obstinent dans la même manière d'agir.

Chapitre 26 : Exhortation à délivrer l'Italie des barbares

Machiavel exhorte à délivrer l'Italie des barbares, soulignant que les circonstances sont favorables à un tel dessein. Il compare la situation de l'Italie à celle du peuple d'Israël en Égypte, des Perses sous les Mèdes et des Athéniens désunis. Il appelle à prendre exemple sur les grands hommes qui ont délivré leur pays et à se pourvoir de forces nationales.

Conclusion

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Transcription

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0:00 le prince chapitre 1er combien il y a de sortes de principautés et par quels moyens on peut les acquérir tous les états toutes les dominations qui ont tenu et tiennent encore les hommes sous leur empire ont été et sont ou des République ou des principautés les principautés sont tout héréditaires ou nouvelles les héréditaires sont celles qui ont été longtemps possédées par la famille de leur prince les nouvelles où le sont tout à fait comme mil an le fut pour francescoforza où elles sont comme des membres ajoutés aux États héréditaires du prince qui les a acquises et tel a été le royaume de napes à l'égard du roi d'Espagne d'ailleurs les états acquis de cette manière étaient accoutumés ou à vivre sous un prince ou à être libre

0:46 l'acquisition en a été faite avec les armes d'autrui ou par celle de l'acquéreur lui-même ou par la faveur de la fortune ou par l'ascendant de la vertu chapitre 2 des principautés héréditaires je ne traiterai point ici des républiques car j'en ai parlé amplement ailleurs je ne m'occuperai que des principautés et reprenant le fil des distinctions que je viens d'établir j'examinerai comment dans ces diverses hypothèses les princes peuvent se conduire et se maintenir je dis donc que pour les états héréditaires et façonnés à l'obéissance envers la famille du prince il y a bien moins de difficultés à les maintenir que les États nouveau il suffit au prince de ne point outrepasser les bornes posées par ses ancêtres et de temporiser avec les événements aussi ne fut-il doué que

1:32 d'une capacité ordinaire il saura se maintenir sur le trône à moins qu'une force irrésistible et hors de toute prévoyance ne l'en renverse mais alors même qu'il aura perdu le moindre revre éprouvé par l'usurpateur le lui fera aisément recouvrer l'Italie nous en offre un exemple dans le duc de Ferrare s'il a résisté en 1484 aux attaques des vénitien et en 1510 à celle du pape Jules i c'est uniquement parce que sa famille était étbl depuis longtemps dans son Ducher en effet un prince héréditaire a bien moins de motifs et se trouve bien moins dans la nécessité de déplaire à ses sujet il en est par cela même bien plus aimé et à moins que des vices extraordinaires ne le fassent aïir ils doivent naturellement lui être affectionné d'ailleurs dans l'ancienneté

2:18 et dans la longue continuation d'une puissance la mémoire des précédentes innovations s'efface les causes qui les avaient produites s'évanouissent il n'y a donc plus de ces sortes de pierres d'attente qu'une révolution laisse toujours pour en appuyer une seconde chapitre 3 des principautés mixtes c'est dans une principauté nouvelle que toutes les difficultés se rencontrent d'abord si elle n'est pas entièrement nouvelle mais ajouté comme un membre à une autre en sorte qu'elle forme ensemble un corps qu'on peut appeler mixte il y a une première source de changement dans une difficulté naturelle inhérente à toutes les principautés nouvelles c'est que les hommes aiment à changé de maître dans l'espoir d'améliorer leur sort que cette espérance leur met les armes à la la main contre le gouvernement actuel mais qu'ensuite l'expérience leur fait voir

3:04 qu'il se sont trompés et qu'ils n'ont fait qu'empirer leur situation conséquence inévitable d'une autre nécessité naturelle où se trouve ordinairement le nouveau prince d'accabler ses sujets et par l'entretien de ses armées et par une infinité d'autres charges qu'entraînent à leur suite les nouvelles conquêtes la position de ce prince est telle que d'une part il a pour ennemi tous ceux dont il a blessé les intérêts en s'emparant de cette principauté et que de l'autre il ne peut concer l'amitié et la fidélité de ceux qui lui en ont facilité l'entrée soit par l'impuissance où il se trouve de les satisfaire autant qu'il se l'était promis soit parce qu'il ne lui convient pas d'employer contre eux ses remèdes héroïques dont la reconnaissance le force de s'abstenir car quelque puissance qu'un prince et par ses armées il a toujours besoin pour entrer dans un

3:49 pays d'être aidé par la faveur des habitants voilà pourquoi Louis XI roi de France se rendit maître en un instant du Milanais qu'il perdit de même et que d' bord les seules forces de lodovicos force à suffire pour le lui arracher en effet les habitants qui lui avaient ouvert les portes se voyant trompés dans leur espoir et frustrés des avantages qu'ils avaient attendus ne purent supporter les dégoûts d'une nouvelle domination il est bien vrai que lorsqu'on reconquierre des pays qui se sont ainsi rebellés on les perd plus difficilement le Conquérant se prévalant de cette rébellion procède avec moins de mesures dans les moyens d'assurer sa conquête soit en punissant les coupables soit en recherchant les les suspect soit en fortifiant toutes les parties faibles de ces états voilà pourquoi aussi il

4:35 suffit pour enlever une première fois 1 an à la France d'un duc Lodovico excitant quelques rumeurs sur les confins de cette province il fallut pour la lui faire perdre une seconde que tout le monde se réunit contre elle que ses armées fussent entièrement dispersées et qu'on les chassa de l'Italie ce qui ne put avoir lieu que par les cause que j'ai développé précédemment néanmoins il perdit cette province et la première et la seconde fois du reste c'est assez pour la première expulsion d'en avoir indiqué les CA général mais quant à la seconde il est bon de s'y arrêter un peu plus et d'examiner les moyens que Louis XI pouvait employer et dont tout autre prince pourrait se servir en pareilles circonstances pour se maintenir un peu mieux dans ces nouvelles conquêtes que ne fit le roi de France je dis donc que les États conquis pour être réunis à

5:22 ceux qui appartiennent depuis longtemps au conquérrant sont ou ne sont pas dans la même contrée que ces derniers et qu'ils ont ou non'ont pas la même langue dans le premier cas il est facile de les conserver surtout lorsqu'ils ne sont point accoutumés à vivre libre pour les posséder en sûreté il suffit d'avoir éteint la race du prince qui était le maître et si dans tout le reste on leur laisse leur ancienne manière d'être comme les meurs y sont les mêmes les sujets vivent bientôt tranquillement c'est ainsi que la Bretagne la Bourgogne la Gascogne et la Normandie sont restés unis à la France depuis tant d'années et quand même il y aurait quelqu différence dans le langage comme les habitudes et les mœurs se ressemblent ces états réunis pourront aisément s'accorder il faut seulement que celui qui sen r en possesseur soit attentif à deux choses s'il veut les conserver l'une est comme

6:08 je viens de le dire d'éteindre la race de l'ancien prince l'autre de n'altérer ni les lois ni le mode des impositions de cette manière l'ancienne principauté et la nouvelle ne seront en bien peu de temps qu'un seul corps mais dans le second cas c'est-à-dire quand les états acquis sont dans une autre contrée que celui auquel on les réunit quand ils n'ont ni la même langue ni les mêmes mœurs ni les mêmes institutions alors les difficultés sont excessives et il faut un grand bonheur et une grande habileté pour les conserver un des moyens les meilleurs et les plus efficaces serait que le vainqueur V y fixait sa demeure personnelle rien n'en rendrait la possession plus sûr et plus durable c'est aussi le parti qu'a pris le turque à l'égard de la Grèce que certainement malgré toutes ces autres mesures il

6:54 n'aurait jamais pu conserver s'il ne s'était déterminé à venir l'habiter quand il habite le le nouveau prince voit les désordres à leur naissance et peut les réprimer sur le champ s'il en est éloigné il ne les connait que lorsqu'ils sont déjà grands et qu'il ne lui est plus possible d'y remédier d'ailleurs sa présence empêche ses officiers de dévorer la province et en tout cas c'est une satisfaction pour les habitants d'avoir pour ainsi dire sous la main leur recours au prince lui-même ils ont aussi plus de raison soit de l'aimer s'ils veulent être de bon et fidèle sujet soit de le craindre s'ils veulent être mauvais enfin l'étranger qui voudrait assaillir cet état s'y hasarde bien moins aisément d'autant que le prince y résident il est très difficile de le lui enlever le

7:41 meilleur moyen qui se présente ensuite est d'établir des colonies dans un ou deux endroit qui soi comme les clés du pays sans cela on est obligé d'y entretenir un grand nombre de gendarmes et d'infanterie l'établissement des colonies est peu dispendieux pour le prince il peut sans frais ou du moins presque sans dépenses les envoyer et les entretenir il ne blessent que ceux auxquel il enlèv leurs champs et leurs maisons pour les donner aux nouveaux habitants or les hommes ainsi offensé n'étant qu'une très faible partie de la population et demeurant dispersé et pauvre ne peuvent jamais devenir nuisibles tandis que tous ceux que sa rigueur n'a pas atteint de Meur tranquille par cette seule raison ils n'osent d'ailleurs se mal conduire dans la crainte qu'il ne leur arrive aussi d'être dépouillé en un mot ces colonies si peu coûteuses sont plus fidèles et

8:27 moins à charge au sujet et comme je l'ai dit précédemment ceux qui en souffrent étant pauvr et dispersé sont incapables de nuire sur quoi il faut remarquer que les hommes doivent être ou caressés ou écrasés ils se vengent des injures légères ils ne le peuvent quand elles sont très grandes d'où il suit que quand il s'agit d'offenser un homme il faut le faire de telle manière qu'on ne puisse redouter sa vengeance mais si au lieu d'envoyer des colonies on se détermine à entretenir des troupes la dépense qui en résulte s'acroit sans borne et tous les revenus de l'État sont consommés pour le garder aussi l'acquisition devient une véritable perte qui blesse d'autant plus que les habitants se trouvent plus lésés car ils ont tous à souffrir ainsi que l'État et des logements et des déplacements des troupes or chacun se

9:14 trouvant exposé à cette charge tous deviennent ennemis du prince et ennemis capable de nuire puisqu'ils demeurent injuriés dans leur foyer une telle garde est donc de toute manière aussi inutile que celle des colonies serait profitable mais mais ce n'est pas tout quand l'État conquis se trouve dans une autre contrée que l'État héréditaire du conquérant il est beaucoup d'autres soins que celui-ci ne saurait négliger il doit se faire chef et protecteur des princes voisins les moins puissants de la contrée travailler à affaiblir ceux d'entre eux qui sont les plus forts et empêcher que sous un prétexte quelconque un étranger aussi puissant que lui ne s'y introduise introduction qui sera certainement favorisée car cet étranger ne peut manquer d'être appelé par tout ce que l'ambition ou la crainte r comp

10:00 c'est ainsi en effet que les Romains furent introduits dans la Grèce par les étholiens et que l'entrée de tous les autres pays où ils pénétrèrent leur fut ouverte par les habitants à cet égard voici quelle est la marche des choses aussitôt qu'un étranger puissant est entré dans une contrée tous les princes moins puissants qui s'y trouvent s'attachent à lui et favorisent son entreprise excité par l'envie qu'il nourrisse contre ceux dont la puissance était supérieure à la leure il n'a donc point de peine à gagner ces princes moins puissants qui tous se tâent de ne faire qu'une seule masse avec l'État qu'il vient de conquérir il doit seulement veiller à ce qu'il ne prenne trop de force ou trop d'autorité avec leur aide et ses propres moyens il viendra sans peine à bout d'abaisser les plus puissants et de se rendre seul arbitre de la contrée s'il néglige en

10:46 ces circonstances de se bien conduire il perdra bientôt le fruit de sa conquête et tant qu'il le gardera il y éprouvera toute espèce de difficultés et de dégoût les Romains dans les pays dont ils se rendirent les maîtres ne négligèrent jamais rien de ce qu'il y avait à faire ils y envoyaient des colonies ils y protégeaient les plus faibles sans toutefois accroître leur puissance ils y abaissaient les grands ils ne souffrai pas que des étrangers puissants y acquissent le moindre crédit je n'en veux pour preuve qu'un seul exemple qu'on voit ce qu'ils firent dans la Grèce ils y soutinrent les Achéens et les étholiens ils y abaissèrent le royaume de Macédoine ils en chassèrent Antiochus mais quelques service qu'ils eussent reçu des achéins et des olien ils ne permirent pas que ces deux peuples accrussent leurs états toutes

11:33 les sollicitations de Philippe ne purent obtenir deux qu'il fussent ses amis sans qu'il y perdit quelque chose et toute la puissance d'Antiochus ne put jamais les faire consentir à ceux qu'il posséda le moindre état dans ses contrées les Romains en ces circonstances agirent comme doivent le faire des Princes sages dont le devoir est de penser non seulement au désordres présents mais encore à ceux qui peuvent survenir afin d'y remédier par tous les moyens que peut leur indiquer la prudence c'est en effet en les prévoyant de loin qu'il est bien plus facile d'y porter remède au lieu que si on les a laissé s'élever il n'en est plus tant et le Mal devient incurable il en est alors comme de l'étisisie dont les médecins disent que dans le principe c'est une maladie facile à guérir mais difficile à connaître et qui lorsqu'elle a fait des

12:20 progrès devient facile à connaître mais difficile à guérir c'est ce qui arrive dans toutes les affaires d'état lorsqu'on prévoit le mal de loin ce qui n donné qu'aux hommes doués d'une grande sagacité on le guérit bientôt mais lorsque par défaut de lumière on a su le voir que lorsqu'il frappe tous les yeux la cure se trouve impossible aussi les Romains qui savaient prévoir de loin tous les inconvénients y remédièrent toujours à temps et ne les laissèrent jamais suivre leur cours pour éviter une guerre ils savaiit bien qu'on ne les vite jamais et que si on la diffire c'est à l'avantage de l'ennemi c'est ainsi que quoi qu'il pussent alors s'en abstenir ils voulurent la faire à Philippe et tiochus au sein de la Grèce même pour ne pas avoir à la soutenir contre eux en Italie ils ne goûtèrent jamais ces paroles que

13:06 l'on entend sans cesse sortir de la bouche des sages de nos jours jouit du bénéfice du temps ils préférèrent celui de la valeur et de la prudence car le temps chasse également toute chose devant lui et il apporte à sa suite le bien comme le mal le mal comme le bien mais revenons à la France et examinons si elle a fait aucune des choses que je viens d'exposer je parlerai seulement du roi Louis XI et non de Charles parce que le premier ayant plus longtemps gardé ses conquêtes en Italie on a pu mieux connaître ses manières de procéder or on a dû voir qu'il fit tout le contraire de ce qu'il faut pour conserver un état tout différent de celui auquel on a dessin de l'ajouter le roi Louis XI fut introduit en Italie par l'ambition des Vénitiens qui voulaient par sa venue acquérir la moitié du Ducher de

13:52 Lombardie je ne prétends point blâmer le parti qu'embrassa le roi puisqu'il voulait commencer à mettre un pied en Italie où il ne possédait aucun ami et dont la conduite de Charles lui avait même fermé toutes les portes il était forcé d'embrasser les premières amitiés qu'il put trouver et le parti qu'il prit pouvait même être heureux si d'ailleurs dans le surplus de ses expéditions il n'eû commis aucune autre erreur ainsi après avoir conquis la Lombardie il regagna bientôt la réputation que Charles lui avait fait perdre gen se soumit les Florentins devinrent ses alliés le marquis de manentou le duc de Ferrard les bantivogli la dame de Forli les seigneurs de faanza de Pesaro de Rimini de Camerino de Piombino les luquois les Pisans les Siennois tous coururent au

14:37 devant de son amitié aussi les Vénitiens durent il reconnaître qu'elle avait été leur imprudence lorsque pour acquérir deux villees dans la Lombardie ils avaient rendu le roi de France souverain des 2 tiers de l'Italie dans de telles circonstances il eû été sans doute facile à Louis XI de conserver dans cette contrée tout son ascendant s'il e su mettre en pratique les règles de conduite exposées CDUS s'il avait protégé et défendu ses nombreux amis qui faibles et tremblant les uns devant l'église les autres devant les Vénitiens étaient obligé de lui rester fidèle et au moyen desqueles il pouvait aisément s'assurer de tous ceux auquel il restait encore quelqu puissance mais il était à peine arrivé dans 1000 an qu'il fit tout le contraire en aidant le pape Alexandre VI à s'emparer de la Romagne il ne comprit pas qu'il s'affaiblissait

15:23 lui-même en se privant des amis qui s'étaient jetés dans ses bras et qu'il agrandissait l'église en ajoutant au pouvoir spirituel qui lui donne déjà tant d'autorité un pouvoir temporel aussi considérable cette première erreur en entraîna tant d'autres qu'il fallut que le roi vint lui-même en Italie pour mettre une borne à l'ambition d'Alexandre et l'empêcher de se rendre maître de la Toscane ce ne fut pas tout non content d'avoir ainsi agrandi l'Église et de s'être privé de ses amis Louis brûlant de posséder le royaume de Naples se détermine à le partager avec le roi d'Espagne de sorte que tandis qu'il était seul arbitre de l'Italie il y introduisit lui-même un rival auquel purent recourir tous les ambitieux et tous les mécontents et lorsqu'il pouvait laisser sur le trône un roi qui s'estimait heureux d'être son tributaire

16:10 il l'en renversa pour y placer un prince qui était en état de Lan chasser lui-même le désir d'acquérir est sans doute une chose ordinaire et naturelle et quiconque s'y livre quand il en a les moyens en est plutôt loué que blâé mais en former le dessin sans pouvoir l'exécuter c'est encourir le blâ et commettre une erreur si donc la France avait des forces suffisantes pour attaquer le royaume de napes elle devait le faire si elle ne les avait pas elle ne devait point le partager si le partage de la Lombardie avec les Vénitiens pouvait être excusé c'est parce qu'il donna à la France le moyen de mettre le pied en Italie mais celui du royaume de Naples n'ayant pas été pareillement déterminé par la nécessité demeure sans excuse ainsi Louis XI avait fait cinq

16:55 fautes en Italie il y avait ruiné les faibles il y avait augmenter la puissance d'un puissant il y avait introduit un prince étranger très puissant il n'était point venu y demeurer et n'y avait pas envoyé des colonies cependant tant qu'il vécut ces cinq fautes auraient pu ne pas lui devenir funestes s'il n'en eû commis une 6è celle de vouloir dépouiller les Vénitiens de leurs états en effet il eû été bon et nécessaire de les affaiblir si d'ailleurs il n'avait pas agrandi l'église et appeler l'Espagne en Italie mais ayant fait l'un et l'autre il ne devait jamais consentir à leur ruine parce que tant qu'il seraiit restés puissant ils auraient empêché les ennemis du roi d'attaquer la Lombardie en effet d'une part il n'y aurait consenti qu'à condition de devenir les maîtres de ce pays de l'autre personne

17:41 n'aurait voulu l'enlever à la France pour leur donner et enfin il e paru trop dangereux d'attaquer les Français et les Vénitiens réunis si l'on me disait que Louis avait abandonné la Romagne au pape Alexandre et partager le royaume de Naple avec l'Espagne que pour éviter la guerre je répondrai ce que j'ai déjà dit qu'il ne faut jamais pour un pareil motif laisser subsister un désordre car on n'évite point la guerre on ne fait que la retarder à son propre désavantage si l'on allégait encore la promesse que le roi avait faite au pape de conquérir cette province pour lui afin d'en obtenir la dissolution de son mariage et le chapeau de cardinal pour l'archevêque de rouan appelé ensuite le cardinal d'Amboise je répondrai par ce qui sera dit dans la suite touchant les promesses des princes et la manière dont ils doivent les garder Louis X a donc

18:26 perdu la Lombardie pour ne s'être formmer à aucune des règles que suivent tous ceux qui ayant acquis un état veulent le conserver il n'y a là aucun miracle c'est une chose toute simple et toute naturelle je me trouvais à Nantes à l'époque où le Valentinois c'est ainsi qu'on appelait alors César Borgia fils du pape Alexandre VI se rendait maître de la Romagne le cardinal d'Amboise avec lequel je m'entretenais de cet événement m'ayant dit que les Italiens ne comprenaient rien aux affaires de guerre je lui répondis que les Français n'entendaient rien aux affaires d'état parce que s'ils y avaient compris quelque chose il n'auraiit pas laissé l'église s'agrandir à ce point l'expérience en effet a fait voir que la grandeur de l'église des cell de l'Espagne en Italie ont été l'ouvrage de la France et ensuite la cause de sa

19:13 ruine dans cette contrée de là aussi on peut tirer cette règle générale qui trompe rarement si même elle trompe jamais c'est que le prince qui en rend un autre puissant travaille à sa propre ruine car cette puissance est produite ou par l'adresse ou par la force or l'une et l'autre de ces deux causes rendent qui quiconque les emplois suspects à celui pour qu' elles sont employé chapitre 4 pourquoi les états de Darius conquis par Alexandre ne se révoltèrent point contre les successeurs du conquérant après sa mort lorsque l'on considère combien il est difficile de conserver un état nouvellement conquis on peut s'étonner de ce qui se passa après la mort d'Alexandre le Grand ce prince s'était rendu maître dans peu d'années de toute l'Asie et mourut presque aussitôt il était probable que l'empire

19:59 profiterait de son trépas pour se révolter néanmoins ses successeurs S minttardent et il n'éprouvèrent d'autres difficultés que Cell qui n'acquit entre eux de leur propre ambition je répondrai à cela que toutes les principautés que l'on connaît et dont il est resté quelques souvenirs sont gouvernés de deux manières différentes ou par un prince et des esclaves qui ne l'aide à gouverner comme ministre que par une grâce et une concession qu'il veut bien leur faire ou par un prince et des barons qui tiennent leur r nom de la faveur du souverain mais de l'ancienneté de leur race qui ont des États et des sujets qui leur appartiennent et les reconnaissent pour Seigneur et qui ont pour eux une affection naturelle dans les principautés gouvernées par un prince et par des esclaves le prince possède une bien plus grande autorité puisque dans toutes lesétendu de ses états lui seul est

20:46 reconnu pour supérieur et que si les sujets obéissent à quelqu autre il ne le regarde que comme son ministre ou son officier pour lequel il ne ressent aucun attachement personnel on peut de nos jours citer comme exemple de l'une et de l'autre sorte de gouvernement la Turquie et le royaume de France toute la Turquie est gouvernée par un seul maître dont tous les autres Turcs sont esclaves et qui ayant divisé son empire en plusieurs sangiaques y envoie des gouverneurs qu'il révoque et qu'il change au gré de son capriss en France au contraire le roi se trouve au milieu d'une foule de seigneurs de race antique reconnu pour tel par leur sujet qui en sont aimés et qui jouissent de prérogatives que le roi ne pourrait leur enlever sans danger pour lui si l'on réfléchit sur la nature de ces deux formes de gouvernement on

21:32 verra qu'il est difficile de conquérir l'empire des Turcs mais qu'une fois conquis il est très aisé de le conserver la difficulté de conquérir l'empire turc vient de ce que le Conquérant ne peut jamais être appelé par les grands de cette monarchie ni espérer d'être aidé dans son entreprise par la rébellion de quelques-uns de ceux qui entourent le monarque j'en ai déjà indiquer les raisons tous en effet étant également ses esclaves tous lui devant leur fortune il est bien difficile de les corrompre et quand même on y parviendrait il faudrait en attendre peu davantage parce qu'ils ne peuvent pas entraîner les peuples dans leur révolte celui donc qui voudrait attaquer les Turques doit s'attendre à les trouver réunis contre lui espérer peut d'être favorisé par des désordres intérieurs et ne compterit guerre que

22:18 sur ses propres forces mais la conquête une fois faite et le monarque vaincu en bataille rangée de manière à ne pouvoir plus refaire ses armées on a plus à craindre que sa race qui une fois éteinte ne laisse plus personne à redouter parce qu'il n'y a plus personne qui conserve quelque ascendant sur le peuple de sorte que si avant la victoire il n'y avait rien à espérer des sujets de même après l'avoir remporté il n'y a plus rien à appréhender de leur part il en est tout autrement des états gouvernés comme la France il peut-être facile d'y entrer en gagnant quelques-uns des grands du royaume et il s'en trouve toujours de mécontents qui sont àite de nouveautés et de changement et qui d'ailleurs peuvent effectivement par les raisons j'ai déjà d ouvrir les chemins du royaume et faciliter la victoire mais s'agit-il ensuite de se

23:04 maintenir c'est alors que le Conquérant éprouve toutes sortes de difficultés et de la part de ceux qui l'ont aidé et de la part de ceux qui l' a dû opprimer là il ne lui suffit pas d'éteindre la race du prince car il reste toujours une foule de seigneurs qui se mettront à la tête de nouveaux mouvements et comme il ne lui est possible ni de les contenter tous ni de les détruire il perdra sa conquête dès que l'occasion s'en présentera maintenant si nous considérons la nature du gouvernement de Darius nous trouverons qu'il ressemblait à celui de la Turquie aussi Alexandre e-il à combattre contre toutes les forces de l'Empire et dû il d'abord défaire le monarque en pleine campagne mais après sa victoire et la mort de Darius le vainqueur par les motifs que j'ai exposé demeura tranquille possesseur de sa conquête et si ses

23:49 successeurs étaient restés unis ils en auraient joui également au sein du repos et des voluptés car on ne vit s'élever dans tout l'Empire que les troubles queeux même y excitèrent mais quant aux États gouvernés comme la France il s'en faut bien qu'il soit possible de s'y maintenir avec autant de tranquillité nous en avons la preuve dans les fréquents soulèvements qui se formèrent contre les Romains soit dans l'Espagne soit dans les Gaules soit dans la Grèce ces rébellions eurent pour cause les nombreuses principautés qui se trouvaient dans ces contrées et dont le seul souvenir tant qu'il subsista fut pour les vainqueurs une source de trouble et d'inquiétude il fallut que la puissance et la de la domination romaine en N éteint la mémoire pour que les possesseurs fussent enfin tranquilles il

24:34 y a même plus lorsque dans la suite les Romains furent en guerre les uns contre les autres chacun des partis put gagner et avoir pour soi celle de ses anciennes Principauté où il avait le plus d'influence et qui après l'extinction de la race de leur prince ne connaissaient plus d'autre domination que celle de Rome quiconque aura réfléchi sur toutes ses considérations ne s'étonnera plus sans doute de la facilité avec laquelle Alexandre se maintin en Asie et de la peine au contraire que d'autres tels que Piru eurent à conserver leur conquête cela ne tin point à l'habileté plus ou moins grande du conquérant mais à la différente nature des états conquis chapitre 5 comment on doit gouverner les États ou principautés qui avant la conquête

25:20 vivaient sous leur propre loi quand les états conquis sont comme je l'ai dit accoutumés à vivre libre sous leur propre loi le Conquérant peut s'y prendre de trois manières pour s'y maintenir la première est de les détruire la seconde d'aller y résider en personne la troè de leur laisser leur loi se bornant à exiger un tribu et à y établir un gouvernement peu nombreux qui les contiendra dans l'obéissance et la fidélité ce qu'un tel gouvernement fera sans doute car tenant toute son existence du conquérant il sait qu'il ne peut la conserver sans son appui et sans sa protection d'ailleurs un état accoutumé à la liberté est plus aisément gouverné par ses propres citoyens que par d'autres les spariates et les Romains peuvent ici nous servir

26:05 d'exemple les sparciates se maintinrent dans Athènes et dans thèb en y confiant le pouvoir qu'à un petit nombre de personnes néanmoins il les perdirent par la suite les Romains pour rester maîtres de Capou de Carthage et de Numance les détruisirent et ne les perdirent point ils voulurent en user dans la Grèce comme les spariat ils lui rendirent la liberté et lui laissèrent propres lois mais cela ne leur réussit point il fallut pour conserver cette contrée qu'ils y détruisissent un grand nombre de cité ce qui était le seul moyen sûr de posséder et au fait quiconque ayant conquis un état accoutumé à vivre libre ne le détruit point doit s'attendre en être détruit dans un tel état la rébellion est sans cesse excitée par le

26:52 nom de la liberté et par le souvenir des anciennes institutions que ne peuvent jamais effacer de sa mémoire ni la longueur du ni les bien faait d'un nouveau maître quelques précaution que l'on prenne quelque chose que l'on fasse si l'on ne dissou point l'état si l'on en disperse les habitants on les verra à la première occasion rappeler invoquer leur liberté leurs institutions perdues et s'eorcer de les ressaisir c'est ainsi qu'après plus de 100 années d'esclavage Pise brisa le jou des Florentins mais il en est bien autrement pour les pays accoutumés à vivre sous un prince si la race de ce prince est une fois éteinte les habitants déjà façonnés à l'obéissance ne pouvant s'accorder dans le choix d'un nouveau maître et ne sachant point vivre libre sont peu empressés de prendre les

27:37 armes en sorte que le Conquérant peut sans difficulté ou les gagner ou s'assurer d'eux dans les républiques au contraire il existe un principe de vie bien plus actif une haine bien plus profonde un désir de vengeance bien plus ardent qui ne laisse ni ne peut laisser un moment en repos le souvenir de l'antique liberté il ne reste alors au conquérant d'autres parties que de dé ses états ou de venir les habiter chapitre 6 des principautés nouvelles acquises par les armes et par l'habileté de l'acquéreur qu'on ne s'étonne point si en parlant de Principauté tout à fait nouvell de Prince et d'état j'allègue de très grands exemples les hommes marchent presque toujours dans des sentiers déjà battus presque toujours ils agissent par imitation mais il ne leur est guère

28:23 possible de suivre bien exactement les traces de celui qui les a précédé ou d'égaler la vertu de celui qu'ils ont entrepris d'imiter ils doivent donc prendre pour guide et pour modèle les plus grands personnages afin que même en ne s'élevant pas au même degré de grandeur et de gloire il puissent en reproduire au moins le parfum il doivent faire comme ces archers prudents qui jugeant que le but proposé est au-delà de la portée de leur arc et de leur force visent encore plus loin pour que leur flèche arrivve au point qu'ils désirent atteindre je dis d'abord que pour les principautés tout à fait nouvelles le plus ou le moins de difficulté de s'y maintenir dépend du plus ou du moins d'habileté qui se trouve dans celui qui les a acquises aussi peut-on croire que communément la difficulté ne doit pas être très grande il y a lieu de penser que celui qui de simple particulier

29:10 s'est élevé au rang de prince est un homme habile ou bien secondé par la fortune sur quoi j'ajouterai que moins il Deva la fortune mieux il saura se maintenir d'ailleurs un tel prince n'ayant point d'autres États est obligé de venir vivre dans son acquisition ce qui diminue encore la difficulté mais quoi qu'il en soit pour parler d'abord de ceux qui sont devenus princes par leur propre vertu et non par la fortune les plus remarquables sont Moïse Cyrus Romulus thésé et quelques autres semblables quat que si l'on doit peu raisonner sur Moïse parce qu'il ne fut qu'un simple exécuteur des ordres de Dieu il y a toujours lieu de l'admirer ne fû-ce qu'à cause de la grâce qui le rendait digne de s'entretenir avec la divinité mais en considérant les actions

29:57 et la conduite soit de Cyrus soit des autres conquérants et fondateurs de royaume on les admirera également tous et on trouvera une grande conformité entre eux et Moïse bien que ce dernier eut été conduit par un si grand maître on verra d'abord que tout ce qu'il dure à la fortune ce fut l'occasion qui leur fournit une matière à laquelle ils purent donner la forme qu'il jugèrent convenable sans cette occasion les grandes qualités de leur âmees seraiit demeuré inutile mais aussi sans ces grandes qualités l'occasion se serait vainement pr il fallut que Moïse trouva les Israélites d'esclaves et opprimés en Égypte pour que le désir de sortir de l'esclavage les détermina à le suivre pour que Romulus devint le fondateur et le roi de Rome il fallut qu'il fut mis

30:42 hors d'Albe exposé aussitôt après sa naissance cyus eut besoin de trouver les Perses mécontents de la domination des MDES et les MDES amolis et efféminés par les délices d'une longue paix enfin thesé n'aurait point fait éclater sa valeur si les n'avait pas été dispersé le bonheur de ces grands hommes n'acquit donc des occasions mais ce fut par leur habileté qu'il sur les connaître et les mettre à profit pour la grande prospérité et la gloire de leur patrie ceux qui comme eux et par les mêmes moyens deviendront princes n'acquerront leur Principauté qu'avec beaucoup de difficultés mais il la maintiendront aisément en cela leur difficultés viendront surtout des nouvelles institutions des nouvelles formes qu'ils seront obligés d'introduire pour fonder leur gouvernement et pour leur sûreté et l'on

31:29 doit remarquer qu'en effet il n'y a point d'entreprise plus difficile à conduire plus incertaine quant au succès et plus dangereuse que celle d'introduire de nouvelles institutions celui qui s'y engage à pour ennemi tous ceux qui profitaent des institutions anciennes et il ne trouvve que de tièes défenseurs dans ceux pour qu' les nouvelles seraient utiles cette tièdeur au reste leur vient de deux causes la première est la peur qu'ils ont de leurs adversaires lesquels ont en leur faveur les lois existantes la et l'incrédulité commune à tous les hommes qui ne veulent croire à la bonté des choses nouvelles que lorsqu'ils en ont été bien convaincus par l'expérience de là vient aussi que si ceux qui sont ennemis trouvent l'occasion d'attaquer ils le font avec toute la chaleur de l'esprit de parti et que les autres se défendent avec froideur en sorte qu'il y a du danger à

32:15 combattre avec eux afin de bien raisonner sur ce sujet il faut considérer si les innovateurs sont puissant par eux-mêmes ou s'ils dépendent d'autrui c'est-à-dire si pour conduire leur entreprise ils en sont à prier ou s'ils ont les moyens de contraindre dans le premier cas il leur arrive toujours malheur et ils ne viennent à bout de rien mais dans le second au contraire c'est-à-dire quand ils ne dépendent que d'eux-mêmes et qu'ils sont en état de forcer ils courent bien rarement le risque de succomber c'est pour cela qu'on a vu réussir tous les prophètes armés et finir malheureusement ceux qui étaient désarmés sur quoi l'on doit ajouter que les peuples sont naturellement inconstants et que s'il est aisé de leur persuader quelque chose chose il est difficile de les affermir Dans cette persuasion il faut donc que les choses

33:02 soient disposées de manière que lorsqu'il ne croi plus on puissent les faire croire par force certainement Moïse Cyrus thésé et Romulus n'auraient pu faire longtemps garder leurs institutions s'ils avaient été désarmés et ils auraient eu le sort qu'à éprouver de nos jours le frère Jérôme Savonarola dont toutes les institutions périrent aussitôt que le grand nombre commençait de ne plus croire en Lui attendu qui n'avaiit pas le moyen d'affermir dans leur croyance ceux qui croyaaient encore ni de forcer les mécréants à croire toutefois répétons que les grands hommes tels que ceux dont il s'agit rencontrent d'extrêmes difficultés que tous les dangers sont sur leur route que c'est là qu'ils ont à les surmonter et que lorsqu'une fois ils ont traversé ces obstacles qu'ils ont commencé à être en vénération et qu'ils se sont délivrés de ceux de même rang qui leur portaient envie ils demeurent puissant tranquille

33:49 honorés et heureux à ces grands exemples que j'ai cité j'en veux joindre quelquutre d'un ordre inférieur mais qui ne soit point trop dispropor et j'en choisis un seul qui suffira c'est celui de yéron de Syracuse simple particulier il devint prince de sa patrie sans rien devoir de plus à la fortune que la seule occasion en effet les Syracusains opprimaient leslure pour leur général et ce fut par ses services en cette qualité qu'il mérite d'être encore élevé au pouvoir suprême d'ailleurs dans son premier état de citoyen il avait montré tant de vertus qu'il a été dit de lui que pour bien régner il ne lui manquait que d'avoir un royaume au surplu héron détruisit l'ancienne milice et en établit une nouvelle il abandonna les

34:34 anciennes alliances pour en contracter d'autres ayant alors et des soldats et des alliés entièrement à lui il put sur de pareils fondements élever l'édifice qu'il voulut de sorte que s'il naquit qu' AC beaucoup de peine il n'en trouva point à conserver chapitre 7 des principuté nouvelles qu'on Acquier par les armes d'autruie et par la fortune ceux qui de particulier deviennent prince par la seule faveur de la fortune le deviennent avec peu de peine mais ils en ont beaucoup à se maintenir aucune difficulté ne les arrête dans leur chemin ils y volent mais elles se montrent lorsqu'ils sont arrivés tels sont ceux à qui un état est concédé soit moyennant une somme d'argent soit par le bon plaisir du concédant c'est ainsi qu'une foule de

35:21 concession eurent lieu dans liyonie et sur les bords de l'elspon où Darius établit divers princes afin qu'il gouverne ses états pour sa sûreté et pour sa gloire c'est encore ainsi que furent créés ceux des empereurs qui durant de simples citoyens furent élevés à l'Empire par la corruption des soldats l'existence de tel prince dépend entièrement de deux choses très incertaines très variable de la volonté et de la fortune de ceux qui les ont créés et ils ne savent ni ne peuvent se maintenir dans leur élévation ils ne le savent parce qu'à moins qu'un homme ne soit doué d'un grand esprit et d'une grande valeur il est peu probable qu'ayant toujours vécu simple particulier ils sachent commander ils ne le peuvent parce qu'ils n'ont point de force qui leur soit attaché et fidèles de plus des états subitement

36:07 formés sont comme toutes les choses qui dans l'ordre de la nature naissent et croissent trop promptement ils ne peuvent avoir des racines assez profondes et des adhérences assez fortes pour que le premier orage ne les renverse point à moins comme je viens de le dire que ceux qui en sont devenus prince n'est assez d'habileté pour savoir se préparer sur le champ à conserver ce que la fortune a mis dans leur mains et pour fond après l'élévation de l'URE puissance les bases qui auraient dû être établies auparavant relativement à ces deux manières de devenir prince c'est-à-dire par habileté ou par fortune je veux alléguer deux exemples qui vivent encore dans la mémoire des hommes de nos jour ce sont ceux de francescoforza et de César Borgia Francesco Forza par une grande valeur et par le seul emploi des moyens convenables devint de simples

36:54 particuliers duc de Milan et ce qui lui avait coûté t de travaux à acquérir il eut peu de peine à le conserver au contraire César Borgia vulgairement appelé le duc de Valentinois devenu prince par la fortune de son père perdit sa principauté aussitôt que cette même fortune ne le soutint plus et cela quoiqu'il neut rien négligé de tout ce qu'un homme prudent et habile devait faire pour s'enraciner profondément dans les états que les armes d'autruie et la fortune lui avaient donné il n'est pas impossible en effet comme je l'ai déjà dit qu'un homme extrêmement habile pause après l'élévation de son pouvoir les bases qu'il n'aurait point fondé auparavant mais un tel travail est toujours très pénible pour l'architecte et dangereux pour l'édifice au surplus si l'on examine attentivement la marche du duc on verra

37:39 tout ce qu'il avait fait pour consolider sa grandeur future et c'est sur quoi il ne paraît pas inutile de m'arrêter un peu car l'exemple de ces actions présente sans doute les meilleures leçons qu'on puisse donner à un prince nouveau et si toutes ces mesures nurent en définitive aucun succès pour lui ce ne fut point par sa faute mais par une contrariété extraordinaire et sans borne de la fortune Alexandre VI voulant agrandir le duc son fils y trouva pour le présent et pour l'avenir beaucoup de difficultés d'abord il voyait qu'il ne pouvait le rendre maître que de quelque état qui fut du domaine de l'église et il savait que le duc de Milan et Venise n'y consentirai point d'autant plus que faanza et Rimini étaient déjà sous la protection des Vénitiens il voyait de plus toutes les forces de l'Italie et spécialement celles dont il aurait pu se

38:24 servir dans les mains de ceux qui devaient redouter le plus la isement du pape de sorte qu'il ne pouvaiit compter nullement sur leur fidélité car elles étaient sous la dépendance des orsinis des colonas et de leur partisan il ne lui restait donc d'autres parties à prendre que celui de tout brouiller et de semer le désordre entre tous les états de l'Italie afin de pouvoir en saisir quelques-uns à la faveur des troubles cela ne lui fut point difficile les Vénitiens en effet s'étant déterminé pour d'autres motifs à rappeler les Français en Italie non seulement il ne opposa point à ce dessin mais encore il en facilita l'exécution par la dissolution du mariage déjà bien ancien du roi Louis XII avec Jeanne de France ce prince vint donc en Italie avec l'aide des Vénitiens et le consentement du pape et à peine fut-il

39:11 arrivé à Milan qu'Alexandre obtiint des troupes pour une expédition dans la Romagne qui lui fut aussitôt abandonnée par l'effet seul de la réputation du roi le duc de Valentinois ayant ainsi acquis cette province trouva son dessin de s'affermir et de faire des progrès ultérieurs contrariés par difficultés l'une venait de ce que les troupes qu'il avaient ne lui paraissaient pas bien fidèles l'autre tenait à la volonté du roi c'est-à-dire que d'un côté il craignait que les troupes des orsinis dont il s'était servies ne lui manquassent au besoin et non seulement ne l'empêchassent de faire de nouvelles acquisition mais ne lui Fiss même perdre celle qu'il avait déjà faite de l'autre il appréhendait que le roi n'en fit tout autant quant aux troupes des orsinis il avait déjà fait quelques épreuve de leur disposition lorsque après la pr de

39:57 faanza étant allé attaquer Bologne il les avait vu se conduire très froidement et pour ce qui est du roi il avait pu lire le fond de sa pensée lorsque ayant voulu après s'être emparé du Ducher d'Urbain tourner ses armes contre la Toscane ce prince l'avait obligé à se désister de son entreprise dans ces circonstances le duc forma le dessin de se rendre indépendant des armes et de la volonté d'autrui pour cela il commença par affaiblir dans Rome les parties des orsinis et des colonas en en gagnant tous ceux de leurs adhérents qui étaient nobles les faisant ces gentilsh hommes leur donnant selon leurs qualités de riches traitements des honneurs des commandements de troupes des gouvernements de place aussi arriva Thil qu'en peu de mois l'affection de tous les partis se tourna vers le duc ensuite

40:44 lorsqu'il eut dispersé les partisans de la maison Colona il attendit l'occasion de détruire ceux des orsin et cette occasion s'étant heureusement présenté pour lui il sut en profiter plus heureusement encore en effet les orsin ayant reconnu un peu tard que l'agrandissement du duc et de l'église sera la cause de leur ruine tinrent une sorte de diète dans un endroit des états de Pérouse appelé la magionne et de cette assemblée s'ensuivirent la révolte d'Urbain les troubles de la Romagne et une infinité de dangers que le duc surmonta avec l'aide des Français ayant par la rétabli sa réputation et ne se fiant plus ni à la France ni à aucune autre force étrangère il eut recours à la ruse et il su si bien dissimuler ses sentiments que les orsinis se réconcilièrent avec lui par l'entremise du Seigneur Pagolo dont il s'était

41:29 assuré par toutes les marques d'amitié possibles en lui donnant des habits de l'argent des chevaux après cette réconciliation ils eurent la simplicité d'aller se mettre entre ses mains à Sinigaglia ses chefs une fois détruit et leurs partisans gagnés par le duc il avait d'autant mieux fondé sa puissance que d'ailleurs maître de la Romagne et du duché d'Urbain il s'était attaché les habitants en leur faisant goûter un commencement de bien-être sur quoi sa conduite pouvant encore servir d'exemple il n'est pas inutile de la faire connaître la Romagne acquise par le duc avait eu précédemment pour seigneurs des hommes faibles qui avaient plutôt dépouillé que gouvern plutôt divisé que réuni leurs sujet de sorte que tout ce pays était en proie au vol au brigandag aux violences de tous

42:16 les genres le duc jugea que pour y rétablir la paix et l'obéissance envers le prince il était nécessaire d'y former un bon gouvernement c'est pourquoi il y commit mess Ramiro d'Orco homme cruel et expéditif auquel il donna les plus amples pouvoirs bientôt en effet ce gouvernement fit naître l'ordre et la tranquillité et il acquit par là une très grande réputation mais ensuite le duc pensant qu'une telle autorité n'était plus nécessaire et que même elle pourrait devenir odieuse établit au centre de la province un tribunal civil auquel il donna un très bon Président et où chaque commune avait son avocat il fit bien davantage sachant que la rigueur d'abord exer avait excité quelquen et désirant éteindre ce sentiment dans les cœurs

43:01 pour qu'il lui fussent entièrement dévoué il voulut faire voir que si quelque cruauté avait été commises elles étaient venues non de lui mais de la méchanceté de son ministre dans cette vue saisissant l'occasion il le fit exposer un matin sur la place publique de sesenes coupé en quartier avec un billot et un coutelas sanglant à côté cet horrible spectacle satisfit le ressentiment des habitants et les frappa en même temps de terreur mais revenons après s'être donné des forces telles qu'il les voulait et avoir détruit en grande particelle de son voisinage qui pouvait lui nuire le duc se trouvant très puissant se croyait presque entièrement assuré contre les dangers actuels et voulant poursuivre ses conquête il était encore retenu par la considération de la France car il

43:47 savait que le roi qui enfin s'était aperçu de son erreur ne lui permettrait point de telles entreprises en conséquence il commença à rechercher des amitiés nouvelles et à TER ver avec les Français lorsqu'il marchait vers le royaume de napes contre les Espagnols qui faisaient le siège de gaet il projetait même de les mettre hors d'état de le contrarier et il en serait venu bientôt à bout si Alexandre avait vécu plus longtemps telles furent ses mesures par rapport à l'état présent des choses pour l'avenir il avait d'abord à craindre qu'un nouveau pape ne fut mal disposé à son égard et ne chercha à lui enlever ce qu'Alexandre son père lui avait donné c'est à quoi aussi il voulut pourvoir par les moyens suivants premièrement en éteignant complètement les races des seigneurs qui l'avait dépouillé et ne laissant point

44:33 ainsi au PAP les occasions que l'existence de ses races lui aurait fourni secondement en gagnant les gentilshommes de Rome afin de tenir par eux le pontif en respect troisièmement en s'attachant autant qu'il le pouvait le Sacré Collège quatrièmement en se rendant avant la mort du pape qui vivait alors assez puissant pour se trouver en état de résister par lui-même à un premier choc au moment où Alexandre mourut trois de ces choses étaient consommées et il regardait la qurième comme l'étant à peu près il avait effectivement fait périr tous ceux des seigneurs dépouillés qu'il avait pu atteindre et fort peu d'entre eux lui avaient échappé il avait gagné les gentilshommes Romains il s'était fait un très grand parti dans le Sacré Collège et enfin quant à l'accroissement de sa

45:18 puissance il projetait de se rendre maître de la Toscane ce qui lui semblait facile puisqu'il était déjà de pérous et de Piombino et qu'il avait pris sous sa section la ville de Pise sur laquelle île allait se jeter sans être retenu par la considération de la France qui ne lui imposait plus car déjà les Français avaient été dépouillés du royaume de napes par les Espagnols en sorte que tous les partis se trouvaient dans la nécessité de rechercher l'amitié du duc après cela Luc et Sienne devaient aussitôt se soumettre soit par crainte soit par envie contre les Florentins et ceci demeuraiit alors sans ressources s'il avait mis tout ce plan a exécution et il en serait venu à bout dans le courant de l'année où le pape mourut il se serait trouvé assez de force et assez de réputation pour se soutenir par

46:04 lui-même et ne plus dépendre que de sa propre puissance et de sa propre valeur mais la mort d'Alexandre survint lorsqu'il n'y avait encore que 5 ans que le duc avait tiré l'épée et en ce moment ce dernier se trouva n'avoir que le seul état de la Romagne bien établi dans tous les autres son pouvoir était encore chancelant il était placé entre deux armées ennemies et attaqué d'une maladie mortelle cependant il était doué d'une telle résolution et d'un si grand courage il savait si bien l'art de gagner les hommes et de les détruire et les bases qu'il avait donné à sa puissance était si solide que s'il n'avait pas eu deux armées sur le dos ou s'il n'avait pas été malade il eû surmonté toutes les difficultés et ce qui prouve bien la solidité des bases qu'il avait posé c'est que la Romagne attendit plus d'un mois pour se décider contre lui c'est

46:50 que bien qu'à demi-mort il demeura en sûreté dans Rome et que les baglionies les vitélies les orsinies accouru dans cette ville ne purent s'y faire un parti contre lui c'est qu'il put sinon faire nommer pape qui il voulait du moins empêcher qu'on ne nommaâ qui il ne voulait pas si sa santé n'ut point éprouvé d'atteinte au moment de la mort d'Alexandre tout lui aurait été facile aussi me disait-il lors de la nomination de Jules i qu'il avait pensé à tout ce qui pouvait arriver si son père venait à mourir et qu'il avait trouvé remède à tout mais que seulement il n'avait jamais imaginé qu'en ce moment il se trouverait lui-même en danger de mort en résumant donc toute la conduite du duc non seulement je n'y trouve rien à critiquer mais il me semble qu'on peut la proposer pour modèle à tous ceux qui sont parvenus au pouvoir souverain par la faveur de la

47:36 fortune et par les armes d'autrui doué d'un grand courage et d'une haute ambition il ne pouvait se conduire autrement et l'exécution de ses dessins ne put être arrêtée que par la brièveté de la vie de son père Alexandre et par sa propre maladie quiconque dans une principauté nouvelle jugera qu'il lui est nécessaire de s'assurer contre ses ennemis de se de faire des amis de vaincre par force ou par ruse de se faire aimer et craindre des peuples suivre et respecter par les soldats de détruire ceux qui peuvent et doivent lui nuire de remplacer les anciennes institutions par de nouvelles d'être à la fois sévère et gracieux magnanime et libéral de former une milice nouvelle et dissoudre l'ancienne de ménager l'amitié des rois et des princes de telle manière que tous doivent aimer à l'obliger et craindre de

48:21 lui faire injure celui-là dis je ne peut trouver des exemples plus récents que ce que présente la vie politique du duc de Valentinois la seule chose qu'on est à reprendre dans sa conduite c'est la nomination de Jules II qui fut un choix funeste pour lui puisqu'il ne pouvait pas comme je l'ai dit faire élir pape qui il voulait mais empêcher qu'on élut qui ne voulait pas il ne devait jamais consentir qu'on élevâ à la papoté quelqu'un des cardinaux qui l'avait offensé et qui devenu souverain pontif aurait eu sujet de le craindre car le ressentiment et la crainte sont surtout ce qui rend les hommes ennemis ce que le avait offensé étit entre autres les cardinaux de Saint-Pierre eslien colonas Saint-Georges et ascagos Forza et tous les autres avaient lieu de le craindre excepté le cardinal d'Amboise et les

49:07 Espagnols ceci à cause de certaines relations et obligations réciproques et d'Amboise parce qu'il avait pour lui la France ce qui lui donnait un grand pouvoir le duc devait donc de préférence faire nommer un espagnol et s'il ne le pouvait pas consentir plutôt à l'élection de dAmboise qu'à celle du cardinal de saint-pierreli c'est une erreur d'imaginer que chez les grands personnages les services récents fassent oublier les anciennes injures le duc en consentant à cette élection de Jules i fit donc une faute qui fut la cause de sa ruine totale chapitre 8 de ceux qui sont devenus princes par des célératesses on peut encore devenir prince de deux manières qui ne tiennent entièrement ni à la fortune ni à la valeur et que par conséquent il ne faut

49:54 point passer sous silence il est même une dont on pourrait parler plus longuement s'il s'agissait ici de République ces deux manières sont ou de s'élever au pouvoir souverain par la célératesse et les forfaits ou d'y être porté par la faveur de ses concitoyens pour faire connaître la première qu'il n'est pas question d'examiner ici sous les rapports de la justice et de la morale je me bornerai à citer deux exemples l'un ancien l'autre moderne car il me semble qu'ils peuvent suffire pour quiconque se trouverait dans la nécessité de les imiter Agathocle si parvint non seulement du rang de simple particulier mais de l'état le plus abject à être roi de Syracuse fils d'un potier il se montra célérat dans tous les degrés que parcourut sa fortune mais il joignit à sa célératesse tant de

50:41 force d'âme et de corps que s'étant engagé dans la carrière militaire il s'éleva de grade en grade jusqu'à la dignité de prêteur de Syracuse parvenu à cette élévation il voulut être prince et même possédé par violence et sans en avoir obligation à personne le pouvoir souverain qu'on avait consenti à lui accorder pour atteindre ce but s'étant concerté avec amil car général carthaginois qui commandait une armée en Sicile il convoqua un matin le peuple et le Sénat de Syracuse comme pour délibérer sur des affaires qui concernaient la République et à un signal donné il fit massacrer par ses soldats tous les sénateurs et les citoyens les plus riches après quoi il s'empara de la Principauté qu'il conserva sans aucune contestation dans la suite battu deux fois par Carthaginois et enfin assiégé

51:28 par eux dans Syracuse non seulement il put la défendre mais encore laissant une partie de ses troupes pour soutenir le siège il alla avec l'autre porter la guerre en Afrique de sorte qu'en peu de temps il su forcé les Carthaginois à lever le siège et les réduire au derniè extrêmité aussi furent-ils contraints à faire la paix avec lui à lui abandonner la possession de la Sicile et à se contenter pour eux deux celle de l'Afrique quiconque réfléchira sur la marche et les actions d'agatocle n'y trouvera presque rien si même il y trouve quelque chose qu'on puisse attribuer à la fortune en effet comme je viens de le dire il s'éleva au pouvoir suprême non par la faveur mais en passant par tous les grades militaires qu'il gagna successivement à force de travaux et de danger et quand il eut

52:14 atteint ce pouvoir il su s'y maintenir par les résolutions les plus hardies et les plus périlleuses véritablement on ne peut pas dire qu'il y ait de la valeur à massacrer ses concitoyens à trahir ses amis à être s fois sans pitié sans religion on peut par de tels moyens acquérir du pouvoir mais non de la gloire mais si l'on considère avec quel courage agatoc le su se précipiter dans les dangers et en sortir avec quelle force d'âme il su et souffrir et surmonter l'adversité on ne voit pas pourquoi il devrait être placé au-dessous des meilleurs capitaines on doit reconnaître seulement que sa cruauté son inhumanité et ses nombreuses célératesses ne permettent pas de le compter au nombre des grands hommes bornons-nous donc à conclure qu'on ne saurait attribuer à la fortune ni à la

53:00 vertu l'élévation qu'il obtint sans l'une et sans l'autre de notre temps et pendant le règne d'Alexandre VI au livrotau d'affermo demeuré plusieurs années auparavant orphelin en basage fut élevé par un oncle maternel nommé Jean Fogliani et appliqué dès sa première jeunesse au métier des armes sous la discipline de Paolo Vitelli afin que formé à une aussi bonne école il put parvenir à un haang militaire après la mort de Paol il continua de servir sous vitlzo frère de son premier maître bientôt par son talent sa force corporelle et son courage intrépide il devint un des officiers les plus distingués de l'armée mais comme il lui semblait qu'il y avait de la servilité à être sous les ordres et à la solde d'autruie il forma le projet de se

53:46 rendre maître de fermeau tant avec l'aide de quelques citoyens qui préférait l'esclavage à la liberté de leur patrie qu'avec l'appui de vitlzo dans ce dessin ilc écrivit à Jean Fogliani qu'éloigné depuis bien des années de lui et de sa patrie il voulait aller les revoir et en même temps reconnaître un peu son patrimoine que d'ailleurs tous ces travaux n'ayant pour objet que l'honneur et désirant que ses concitoyens pussent voir qu'il n'avaiit pas employé le temps inutilement il se proposait d'aller se montrer à eux avec une certaine pompe et accompagneré de cent hommes de ses amis et de ses domestiques à cheval quamp conséquence il le priait de vouloir bien faire en sorte que les habitants de fermau lui fissent une réception honorable d'autant que ce la tournerait non seulement à sa propre gloire mais encore à celle de lui son oncle dont il était l'élève Jean

54:33 Fogliani ne manqua point de faire tout ce qu'il put pour obliger son neveu il le fit recevoir honorablement par les habitants il le logea dans sa maison ou après quelques jours employés à faire les préparatifs nécessaires pour l'accomplissement de ses forfaits olivrotto donna un magnifique festin auquel il invita et Jean Fogliani et les citoyens les plus distingués de fermau après tous les serv et les divertissements qui ont lieu dans de pareilles fêtes il mit adroitement la conversation sur des sujets graves parlant de la grandeur du pape Alexandre de César son fils ainsi que de leurs entreprises Jean Fogliani et les autres ayant manifesté leur opinion sur ce sujet il se leva tout à coup en disant que c'était là des objets à traiter dans un lieu plus retiré et il passa dans une

55:18 autre chambre où les convives le suivirent mais à peine furent-ils assis que des soldats sortant de divers lieux secrets les tuèent tous ainsi que Jean Fogliani aussitôt après ce meurtre olivreotau monta à cheval parcourut le pays et alla assiéger le Magistrat suprême dans son palais en sorte que la peur contraignit tout le monde à lui obéir et à former un gouvernement dont il se fit le prince du reste tout ce qui par mécontentement auraient pu lui nuire ayant été mis à mort il consolida tellement son pouvoir par de nouvelles institutions civiles et militaires que dans le cours de l'année durant laquelle il le conserva non seulement il vécut en sûreté chez lui mais encore il se rendit formidable à ses voisins et il n'eut pas été moins difficile à vaincre qu'agatocle s'il ne se fût pas laissé

56:04 tromper par César Borgia et attiré à Sinigaglia ou un an après le paricide qu'il avait commis il fut pris avec les orsinis et les vitellis comme je l'ai dit C- dessus étranglé ainsi que vitlodzo son maître de guerre et de célératesse quelqu'un pourra demander pourquoi Agathocle ou quelque autre Tiran semblable pu malgré une infinité de trahisons et de cruauté vivre longtemps en sûreté dans sa patrie se défendre contre ses ennemis extérieurs et n'avoir à combattre aucune conjuration formée par ses concitoyens tandis que plusieurs autres pour avoir été cruels n'ont pu se maintenir ni en temps de guerre ni en temps de paix je crois que la raison de cela est dans l'emploi bon ou mauvais des cruautés les cruautés sont bien employé

56:51 si toutefois le mot bien peut-être jamais appliqué à ce qui est mal lorsqu'on les commet tout à la fois par le besoin de pourvoir à sa sûreté lorsqu'on y persiste pas et qu'on les fait tourner autant qu'il est possible à l'avantage des sujets elles sont mal employées au contraire lorsque peu nombreuses dans le principe elles se multiplient avec le temps au lieu de cesser ceux qui en usent bien peuvent comme agatocle avec l'aide de Dieu et des hommes remédient aux conséquences mais pour ceux qui en ent mal il leur est impossible de se maintenir sur cela il est à observer que celui qui usurpe un état doit déterminer et exécuter tout d'un coup toutes les cruautés qu'il doit commettre pour qu'il n'ait pas à y revenir tous les jours et qu'il puisse en évitant de les renouveler rassurer les esprits et les

57:36 gagner par des bienfaits celui qui par timidité ou par de mauvais conseils se conduit autrement se trouve dans l'obligation d'avoir toujours le glave en main et il ne peut jamais compter sur ces sujets tenu sans cesse dans l'inquiétude par des injures continuelles et récentes les cruautés doivent être commises toute à la fois pour que leur amertume se faisant moins sentir elles irritent moins les bienfaits au contraire doivent se succéder lentement pour qu'ils soit savouré d'avantage sur toute chose le prince doit se conduire envers ses sujets de telle manière qu'on ne le voit point varier selon les circonstances bonne ou mauvaise s'il attend d'être contraint par la nécessité à faire le mal ou le bien il arrivera ou qu' ne sera plus à temp de faire le mal ou que le bien qu'il fera ne lui profitera point car on

58:23 le croira fait par force et on ne lui en saura AUC gré chapitre 9 de la Principauté civile parlons maintenant du particulier

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