0:00 Janvier 2025, un mois ordinaire en apparence mais qui restera dans les annals de l'industrie française. En 31 jours, 20 usines ont fermé leurs portes. 20 C'est un record que nous n'avions pas atteint depuis la crise de 2009. En 40 ans, la France a perdu 2 millions d'emplois industriels, 2 millions de familles touchées qui vivaient des usines, des ateliers et des chaînes de production. Ces emplois n'ont pas disparu, ils se sont déplacés. L'usine Michelin de la Roche Suron produit maintenant en Inde et en Roumanie. Les ateliers textiles du nord ont migré vers l'Asie du Sud-Est. Les lignes de production automobile se sont installées au Maroc et en Europe de l'Est. La raison ? Toute simple, une réalité économique incontournable. Un ouvrier français coûte en moyenne 35 € de l'heure, charge comprise. En Roumanie,
0:45 c'est 7 € et au Vietnam compté 2 €. Face à une concurrence mondiale qui produit déjà à très bas prix et ça roche toutes les parts de marché, les entreprises françaises ont dû faire un choix. Délocaliser ou disparaître. C'est un phénomène qui touche toute l'Europe, mais la France détient un triste record. Nous sommes le pays le plus désindustrialisé du G7. L'industrie représentait 25 % de notre PIB en 1980. Aujourd'hui, c'est à peine 11 %. Insuffisant et c'est bien dommage car plus un pays est industrialisé, plus il a de chances de connaître une croissance économique forte et durable. Les dégâts sont considérables. D'un côté, des régions entières se sont vu privées de leur tissu économique, mais de l'autre, on ne peut pas reprocher aux entreprises de chercher à retrouver leur compétitivité perdue. Sauf que cette histoire de compétitivité cache une réalité plus sombre. Car pendant que nos usines fermaient, l'État français a
1:31 activement facilité leur départ. Pire, il a bradé nos fleurons industriels Alstom, Péchinet, la Farge à des acheteurs étrangers. Et le comble, on a même saordé notre propre avantage compétitif, notre électricité nucléaire bon marché. Dans cette vidéo, je vais vous montrer comment la France s'est tiré une balle dans le pied, comment on a transformé nos atouts en handicap et pourquoi, malgré tous les discours sur la réindustrialisation, la situation continue de s'aggraver. Mais avant d'aller plus loin, parlons d'un outil qui révolutionne l'investissement en bourse, Value Investing Screener. Imaginez en un clic accéder aux meilleures actions du marché mondial. Utilisez les indicateurs des meilleurs gérants du monde pour propulser votre patrimoine à un niveau inédit sans payer de frais de gestion. Ce logiciel analyse en temps réel plus de 40000 entreprises
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3:02 lancement. Désindustrialisation est un mot compliqué à prononcer comme à écrire et impossible à placer au scrable. Derrière ces huis syllabes se cache la lente dégradation de la souveraineté française, des millions d'emplois perdus et des territoires abandonnés. C'est un mal très profond et un sujet qui revient régulièrement dans les médias grand publics tant il cause de problèmes. Commençons par les chiffres. Il parle de même. En 2024, la production industrielle française a encore reculé de 1,2 % sur 1 an au 4e trimestre. En décembre, elle restait inférieure de 8 % à son niveau de janvier 2020 avant la crise sanitaire. Quand le reste du monde a rapidement rebondi, la France est restée à la traîne. Les fermetures
3:48 d'usine se multiplient et dépassent le nombre de créations. Rien qu'en 2024, le sol entre ouverture et fermeture d'usine est négatif avec 19 sites industriels en moins du jamais vu depuis 2015. Et la tendance se poursuit en 2025 avec déjà 20 fermetures rien qu'en janvier. On parle ici d'usine entière, parfois centenaires, qui sont rayé de la carte. Les défaillances d'entreprise explosent. 238 annonces de fermeture de site, réduction d'effectifs ou redressement judiciaire en 2024, chacune impliquant plus de 50 pertes d'emploi. C'est une hausse de 53 % par rapport à 2023. Chaque semaine, ils sont des centaines de salariés, d'ouvriers et de techniciens, parfois même de cadres, qui apprennent que leur site va fermer alors que la balance commerciale industriel reste désespérément dans le rouge. Et malgré toutes les promesses de réindustrialisation, un autre mot compliqué, par tous les gouvernements
4:34 qui se sont succédés à la tête du pays depuis des années, la tendance ne s'inverse pas. Certes, le déficit commercial global s'est légèrement réduit à 81 milliards d'euros en 2024, mais la France reste le seul grand pays européen à avoir une balance industrielle aussi déficitaire. Pourquoi ? Parce que nous produisons moins, donc nous importons plus tout ce que nous ne fabriquons plus nous-mêmes. Sur le terrain, l'industrie va mal et ça se voit. Une usine qui ferme, ce n'est pas seulement une entreprise qui disparaît, c'est toute une chaîne de sous-traitants, de commerce et de familles qui tombent avec elle. Les industries les plus exposées sont celles qui paradoxalement faisaient la force de la France il y a encore quelques décennies. La cidérurgie, la chimie et l'automobile avec des conséquences humaines à la hauteur du désastre. Les Grenoblois et les chimistes connaissent bien la vallée de la chimie. Ici, la liquidation de vent Correx a été très
5:19 médiatisée. Elle implique la perte de milliers d'emplois directs et indirects. Depuis 2024, jusqu'à 15000 emplois sont menacés dans la seule filière chimique et la sidérurgie traverse sa crise la plus grave depuis 20 ans. Et derrière, des ouvriers qualifiés, souvent âgés, peu mobiles et difficiles à reconvertir, observent les événements avec angoisse. Le Sénat vient de nous alerter. La désindustrialisation entraîne une montée de la précarité et une fragilisation des classes moyennes, mais pose aussi un problème de souveraineté. Quand on ne produit plus ses médicaments, ses composants électroniques, ses machines ou ses matériaux de base, on devient dépendant dépendant des importations, dépendant de pays dont les intérêts ou les valeurs ne sont pas toujours les nôtres. Il suffit d'observer le monde. Une nation qui n'a plus d'usine est une nation qui perd sa capacité à créer de la valeur, à innover et à tenir tête à
6:05 la concurrence internationale. Alors, que s'est-il passé avec l'industrie française ? Notre beau pays n'a pas été victime d'un simple coup du sort. Il a d'abord été aspiré dans une tornade appelée mondialisation, un processus dont il a été acteur, complice et parfois même supporteur enthousiaste. Pendant que l'Allemagne misait sur la montée en gamme et la spécialisation industrielle, la France s'est plutôt engagée vers la réduction des coûts à tout prix. Les grandes entreprises françaises n'ont pas tardé à prendre leur valises pour aller voir si l'herbe était plus verte ailleurs ou plutôt si les salaires y étaient plus bas. Michelin, fleuron du pneu tricolore a fermé ses sites historiques en France tout en investissant en Inde et en Europe de l'Est. Le textile, lui a déserté les vaades et l'automobile a troqué Socho pour la Slovaquie. Et pourquoi pas après tout ? Dans une logique de rentabilité pure, difficile
6:50 de rivaliser avec des pays où un ouvrier coûte 10 fois moins cher, travaille sans trop rechigner et n'a pas la mauvaise idée de réclamer des congés payés ou de protester contre des cadences intenables. Le problème, c'est qu'en délocalisant la production, on a aussi délocalisé le savoir-faire, les emplois, l'innovation, bref tout ce qui faisait la substance de notre industrie. La mondialisation se manifeste aussi par une concurrence internationale de plus en plus féroce. Merci l'entrée de la Chine dans l'OMC en 2001. C'est un cocktail explosif pour une industrie française peu préparée à la guerre des coûts. Mais attention, tout n'est pas la faute des autres. La France a aussi su saboter sa propre industrie avec un certain talent. Un peu comme si en pleine tempête, on décidait de trouer la coque du navire à coup de perceuse, histoire de voir si ça flotte encore. D'abord, il y a le coût du travail évidemment, toujours brandi comme le grand coupable. Il est vrai qu'en
7:36 additionnant les salaires, les cotisations sociales, les charges et les taxes, l'employeur français s'arrache les cheveux et la facture est salée. Ça ne veut pas forcément dire que les salariés sont trop payés. ils ne le sont pas mais que le système fiscal et social est mal calibré pour soutenir la compétitivité industrielle. Viennent ensuite les rigidités administratives, les normes à foison, les délais à rallonge pour obtenir le moindre permis d'installer une machine ou de construire un hangar. C'est une spécialité nationale. Quoi qu'en disent le chef de l'État, un industriel étranger qui débarque en France doit s'armer de patience, d'un poule de traducteur, d'un bataillon de juriste et d'une bonne dose de calement. On vous prépare d'ailleurs une prochaine vidéo sur les normes en France. Abonnez-vous pour être sûr de ne pas la louper. que vous allez adorer. L'autre talon d'Achile de la Terre des Lumières, c'est l'absence d'investissement chronique. Depuis des années, l'industrie française souffre
8:22 d'un sous-financement structurel, en particulier dans les PME et les ETI. Pas assez de capitaux, pas assez de vision long terme et pas assez de soutien public ciblé. Le résultat est tragique. Les usines françaises vieillissent, elles sont mal automatisées et elles produisent peu. Enfin, la goutte d'eau qui a fait déborder le vase, c'est le prix de l'énergie. Plus cher que partout en Europe, qu'aux États-Unis ou dans toute l'Asie du Sud-Est. Incomble quand on sait que le plus important parc nucléaire du continent est français. Avec la reine, la France s'est tiré une balle dans le pied. Ce mécanisme ubuesque oblige EDF à vendre son électricité nucléaire à prix cassé à ses concurrents qui vont lui piquer ses clients pour leur revendre la même électricité mais plus chère. Tout ça pendant près de 15 ans. L'opération a mis en pièce une vraie ressource nationale jetée en pâure aux investisseurs à de bonnes affaires. Elle a favorisé les hausses de prix et
9:07 désorganisé le marché. Et l'industrie est une grosse consommatrice d'énergie. Quand des factures augmentent de près de 80 % en 10 ans, impossible de lutter. Dans les pays concurrents, l'électricité est jusqu'à 10 fois moins cher car autre principe de base, sans énergie, pas d'industrie. Face à cette situation, les gouvernements ont réagi enfuyant. Jadis stratège, bâtisseur d'industrie et protecteur du tissu productif, l'État français s'est lentement mieux en spectateur impuissant, voire en liquidateurs des engagements progressifs, vous dites ? Il n'a pas été progressif pour tout le monde. Demander aux salariés de la sidérurgie, aux ouvriers de la chimie, aux ingénieurs du nucléaire. Pour eux, le retrait de l'État a été brutal sans accompagnement digne de ce nom. Les missions stratégiques ont été déléguées à des cabinets de conseil ou laissé à la main invisible du marché qui, on le
9:53 sait, se lavent souvent les mains des dégâts sociaux. On a aussi ouvert les vannes du commerce mondial sans prendre la peine d'équiper notre industrie d'un gilet de sauvetage. L'ouverture des marchés s'est faite à sens unique, sans protection et sans contrepartie, heureusement limité dans le temps. Pendant que les Américains subventionnaient massivement leurs industries, que les Chinois verrouillaient leur marché intérieur et que l'Allemagne défendait bec et ongle son mitel stand, la France signait les accords de libre échange comme autant de chèqus en blanc. Je vous fais un bilan des privatisations, histoire d'illustrer ça avec du concret. On a bradé nos fleurons industriels comme on liquide un héritage encombrant. Alst vendu à General Electric dans des conditions plus que douteuses. Technique, absorbé, péchinet, pulvérisé, la farge, évaporé et à chaque fois les mêmes promesses. Ça permettra à l'entreprise d'être plus compétitive. Elle gardera son ancrage
10:39 français. Les emplois seront préservés. Mais on le sait, les promesses n'engagent que ceux qui y croient. Vancorex vient de s'ajouter sur la liste. Le Tribunal de commerce de Lyon attribue aujourd'hui au groupe chinois Wanois la reprise partiel de l'usine chimique Vancorex près de Grenoble. Quant à la politique industrielle, on la cherche. Un plan par-ci, une annonce par là, mais aucune vision d'ensemble, aucun cap à 10 ou 15 ans. Or, il faudrait au moins ça pour reconstruire l'industrie française. L'État stratège s'est transformé en communiquant de crise qui agite les bras quant une usine ferme qui promet des fonds de revitalisation et des plans de relance qui laissent le fond du problème intact. En somme, la désindustrialisation française n'est pas un accident. C'est le résultat d'un alignement presque parfait entre des choix économiques hasard de une soumission béate à la mondialisation, un
11:26 affaiblissement délibéré de la puissance publique et une classe dirigeante qui a trop souvent confondu industrie avec passé poussiéreux. La suite de l'histoire, elle va dépendre de notre capacité à tirer les leçons du désastre. Mais pour ça, encore faudrait-il accepter de regarder le désastre en face. Réindustrialiser la France, voilà une idée qui revient comme une ranguette depuis 20 ans, mais qui semble toujours se horter au mur du réel. Pourtant, tout n'est pas perdu. Encore faut-il savoir ce que l'on veut sauver et avec quel moyen et à quel prix ? À écouter certains discours politiques, il suffirait d'un peu de bonne volonté et d'un plan à 50 milliards et d'un drapeau tricolore pour relancer nos usines. La réalité est un peu plus complexe. Oui, la France a encore des atouts considérables, un savoir-faire technique, des centres de R et D performants, une main d'œuvre bien formée et une opportunité unique à
12:12 saisir avec la transition écologique. Produire des éoliennes, des batteries, des pompes à chaleur, pourquoi pas chez nous. Mais soyons lucide, en France, le travail coûte cher, le marché intérieur est limité et la concurrence internationale est féroce. Même avec des relocalisation ciblées, on ne fera pas revenir le textile de masse ou les composants électroniques de base. Cela dit, certaines entreprises montrent qu'un autre modèle est possible. Rossignol, par exemple, a relocalisé une partie de sa production en ISER et miser sur la qualité et la marque Made in France. Cet exemple ne sauvera pas l'économie à lui tout seul, mais il prouve qu'avec un positionnement malin et une clientèle engagée, il est possible d'inverser le courant. Mais pour que la France renoue avec une industrie digne de ce nom, il faudra plus qu'un simple narratif marketing. D'abord relocaliser oui, mais de manière ciblée. Priorité aux trois secteurs stratégiques : santé, défense et
12:58 énergie. Parce que ne pas fabriquer ses propres médicaments, ses turbines ou ses transformateurs électriques et dépendre des autres pour survivre dans un monde de plus en plus instable, c'est une stratégie dangereuse. Pour l'énergie, prenons EDF, le symbole absolu de ce qui peut encore fonctionner en France. La reine a une fa et elle est proche. Au 1er janvier 2026, EDF ne sera plus obligé de vendre à la concurrence et tout pourrait changer. C'est une occasion en or de reprendre la main sur notre électricité et sur nos prix. Mais ça ne suffira pas. Il faut aussi investir massivement dans l'innovation, la robotisation et l'automatisation. Produire en France, ce n'est pas forcément produire avec 500 ouvriers sur une chaîne puisqu'on l'a vu, il coûte cher. C'est produire mieux, plus vite avec des machines intelligentes et des techniciens qualifiés. L'Allemagne l'a compris depuis longtemps. Il s'agit
13:43 simplement de définir des priorités claires, de coordonner les acteurs publics et privés et d'utiliser la commande publique pour structurer des filières. Ce que font les États-Unis avec les Inflation Reduction Act ou la Chine avec les plans quinquenau. En France, on préfère laisser faire le marché. Mais résultat, il a tout dévoré, il ne reste plus grand-chose à laisser faire. Enfin, réindustrialiser, c'est aussi socialement explosif. Il faudra reconvertir des milliers de salariés, former des jeunes à des métiers dévalorisés depuis 30 ans et réconcilier deux logiques. La compétitivité et la solidarité. Pas simple, mais il y a un moyen. Pour financer la transition industrielle, il va falloir cesser de faire peser le coût de l'économie française sur le travail, baisser les charges insoutenables pour les PME et réformer la fiscalité la plus lourde au monde. Il est temps de faire contribuer les capitaux, notamment ceux qui
14:29 spéculent sur le dos de l'économie réelle sans jamais créer un seul emploi en France. Et puis il faudra choisir choisir comment ouvrir des marchés et les protéger. Choisir de défendre des filières locales plutôt que de dépendre de la Chine ou des États-Unis. Choisir de récompenser l'investissement productif national et pas la rente financière ou le dividende. En un mot, choisir une trajectoire économique cohérente avec nos ambitions, des choix courageux car ils impliquent une rupture avec 30 ans de dogmes libéraux. La bonne nouvelle, c'est que la France en a les moyens. Reste à savoir si elle en a encore la volonté. J'ai hâte de connaître votre avis. Si vous avez envie d'en savoir un peu plus sur le sacrifice de DF, je vous invite à aller voir ou revoir notre vidéo à ce sujet. Je vous mets le lien ici. Et si vous souhaitez avoir un avantage concurrentiel en bourse, pensez à Value Investing Scrainer. Cet outil professionnel et ses formations incluses vous permettront
15:14 d'identifier les meilleures opportunités d'investissement en quelques clics. Saisissez votre réduction surprise avec notre code partenaire exclusif Moni Radar. Le lien est en description. Merci à toutes et à tous pour votre fidélité. Restez curieux et je vous dis à très bientôt sur Moni Radar.