Pourquoi certaines personnes apprennent si vite (et ce n’est pas une question d’intelligence)

Bref Résumé

Dans cette vidéo, Céline De Luca explique que la capacité d'apprentissage rapide n'est pas nécessairement liée à l'intelligence innée, mais plutôt aux méthodes utilisée. Elle partage son parcours personnel, passant de la frustration à la maîtrise des techniques de mémorisation, mettant en lumière l'importance d'apprendre efficacement et de ne pas se contenter de la reconnaissance de l'information.

  • La perception des personnes qui apprennent vite comme plus intelligentes est souvent erronée.
  • Les stratégies d'apprentissage sont essentielles pour améliorer la mémoire et l'efficacité.

Mythe de l'intelligence

Céline commence par évoquer sa frustration face aux personnes qui apprennent rapidement et facilement. Elle explique comment, en tant qu'étudiante, elle pensait que ces personnes avaient un avantage intellectuel. Malgré ses efforts pour maîtriser ses cours, elle se sentait à un désavantage face à ses camarades. Cependant, elle a découvert que ceux qui réussissent dans l'apprentissage rapide n'ont pas nécessairement une mémoire exceptionnelle, mais adoptent plutôt des stratégies de mémorisation efficaces.

La reconnaissance vs. la maîtrise

Elle souligne la différence entre reconnaître des informations et être capable de les rappeler sans aide. En relisant un cours, il est facile de croire que l'on maîtrise le sujet, mais c'est souvent une illusion. La véritable maîtrise nécessite un effort actif pour se souvenir des informations sans les avoir sous les yeux. Cela met en lumière l'importance d'une réelle compréhension plutôt que de se fier uniquement à la reconnaissance.

Stratégies d'apprentissage efficaces

Céline présente deux approches d'apprentissage. L'étudiant A relit plusieurs fois son cours, tandis que l'étudiant B essaye de reconstruire les connaissances de mémoire après une seule lecture. Bien que l'étudiant A se sente plus à l'aise avec son approche, c'est l'étudiant B qui réussit généralement mieux. Elle explique que la mémoire se renforce lorsque l'on force le cerveau à retrouver des informations, plutôt que de simplement relire.

L'oubli comme outil

L'oubli n'est pas seulement une perte; c'est aussi un outil pour tester la mémoire. L'apprentissage est souvent plus efficace lorsque l'on retravaille une information juste avant qu'elle ne soit oubliée, car cela renforce les connexions dans le cerveau. Céline prône une approche proactive qui consiste à travailler activement sur les difficultés d'apprentissage plutôt que de les éviter.

Révision et connections

L'importance de structurer les informations est discutée en profondeur. Les compétiteurs en mémoire ne mémorisent jamais d'informations brutes; ils transforment les données pour les rendre plus faciles à retenir. Un réseau d'informations liées est plus facile à mémoriser qu'une simple liste de mots. La compréhension des liens entre les informations améliore la vitesse d'apprentissage.

Conclusion : La méthode compte

Céline conclut que ceux qui apprennent plus rapidement ne font pas moins d'efforts, mais évitent les efforts inutiles. La clé réside dans la méthode utilisée pour apprendre, et il est essentiel de se concentrer sur les techniques de mémorisation plutôt que sur la simple durée d'étude. Elle encourage les apprenants à évaluer non seulement le temps dédié à l'étude, mais aussi la nature active de leur processus d'apprentissage.

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Transcription

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0:00 Pendant long temps, j'ai cru que les personnes qui apprenaient vite étaient simplement plus intelligentes que moi. À l'université, je pouvais passer des heures à relire un cours. Je suriglignais les passages important. Je faisais des fiches, je réécrivais mes notes et j'avais vraiment sincèrement l'impression de faire tout ce qu'il fallait pour réussir. J'étais convaincu qu'à force de temps et d'effort, les connaissances, elles finiraient forcément par rester. Pourtant, il y avait toujours sep personnes qui semblaient avoir lu le même cours une seule fois et qui dès le lendemain répondaient aux questions avec une facilité presque agaçante. À l'époque, je me racontais une histoire très simple. Ils sont plus intelligents que moi. C'était forcément l'explication la plus évidente. Certains naissent avec un cerveau qui est plus rapide, avec une meilleure mémoire, une capacité naturelle à apprendre mieux que moi. D'autres comme moi du coup doivent juste travailler un petit peu plus pour avoir le même résultat. Pendant longtemps, je

0:45 dois avouer que cette idée, elle m'a un peu rassuré parce que si les autres apprenaient plus vite grâce à un don, alors bah c'est que c'est pas vraiment de ma faute. Je pouvais toujours essayer de travailler plus longtemps ou plus sérieusement, mais je partais en fait avec un désavantage qui ne dépendait pas vraiment de moi. Et puis quelques années plus tard, il y a quelque chose d'inattendu qui s'est passé. Je suis devenue parmi les meilleurs athlètes de mémoire du monde. Seulement, c'est pas parce que mon cerveau s'est miraculeusement transformé entre temps. En faisant des compétitions, j'ai rencontré beaucoup de monde qui faisait aussi des compétitions de mémorisation. Et ces gens-là qui vont être capables de mémoriser des grandes séries de chiffres, des paquets de cartes extrêmement rapidement, contrairement à ce qu'on pourrait penser, ils ont pas une mémoire extraordinaire ou différente des autres. Ils sont pas nés avec un avantage. Souvent même la plupart des gens qui sont dans ces compétitions ont une mémoire tout à fait banale et c'est

1:31 parce qu'ils ont une mémoire banale voire moins fonctionnelle que les autres qui se sont intéressés aux techniques de mémorisation et que naturellement ça les a mené vers l'envie de challenger leur cerveau dans des compétitions. Finalement, celles qui vont apprendre le plus vite, ce sont celles qui ont des stratégies qui sont plus efficaces. Autrement dit, c'est pas vraiment qu'elles passent moins de temps à apprendre, c'est simplement qu'en fait elles font moins d'efforts pour apprendre. Et quand je dis moins d'efforts, ce sont moins d'efforts inutiles. Et ça, c'est vraiment une excellente nouvelle en fait. Mais ce qui va faire la différence entre toi et celui qui apprend beaucoup plus vite, finalement va dépendre de la façon dont notre cerveau apprend. La vraie question c'est pourquoi tant de gens passent des heures à apprendre sans vraiment apprendre en fait ? Parlons d'une scène que tout le monde a sûrement déjà vécu. Tu es devant ton cours, tu lis une page, puis une deuxième, tu reviens en arrière pour être sûr de n'avoir rien oublié. tu vas surligner les phrases importantes, tu vas ajouter quelques annotations sur tes pages ou dans la marge et après une

2:18 heure ou deux, tu vas fermer ton cahier avec cette impression que tu as plutôt bien avancer sur ton cours. À ce moment-là, si quelqu'un te demande si tu connais ton cours, tu vas probablement répondre que oui, tu le connais bien. Après tout, tu vas te passer quand même 2 heures dessus. Le problème, c'est que cette impression que tu as de maîtriser ton cours, c'est souvent une illusion. Et cette illusion, elle est tellement convaincante que notre cerveau, il se fait avoir en permanence. C'est un phénomène qui est intéressant parce que ça montre bien la différence entre reconnaître une information et être capable d'aller la chercher soi-même. Or, lorsque tu vas relire ton cours et travailler 2 heures dessus, en fait ce que tu fais, c'est surtout de la reconnaissance. Les phrases semblent familières, les schémas semblent évidents, les définitions te donnent l'impression que c'est parfaitement compris. Mais en fait, cette illusion, c'est simplement parce que tu as la formation qui est sous les yeux. Le cerveau, lui, il a aucun effort à fournir. Tu sais, c c'est vraiment tu

3:03 suis un itinéraire en fait avec ton GPS qui allumé en permanence mais le jour où tu vas couper ton GPS, tu te rends compte qu'en fait tu connais pratiquement pas le chemin. Et c'est exactement ce qui produit le jour de l'examen. En fait, ton livre est fermé, ton cours il est loin de tes yeux, personne te montre les réponses. Cette fois, c'est à toi d'aller chercher les réponses. Et soudain, cette connaissance qui te paraissait si maîtrisée quand tu étais en train de relire, bah finalement tu la connais pas si bien que ça. Et en fait, c'est pas un manque d'intelligence, c'est simplement que toi tu t'es entraîné à reconnaître la formation, pas la maîtriser. Cette distinction, elle paraît un peu anecdotique, mais en fait, c'est vraiment le cœur de tout ce qu'on sait aujourd'hui sur l'apprentissage. À ce stade, d'autres étudiants sont déjà fait la réflexion et ont déjà réalisé que quand ils lisaient leur cours, ils connaissaient pas forcément mieux leur cours. Alors, ils ont adapté avec une stratégie qui consiste à relire davantage. Après tout, si une lecture ne suffit pas, c'est peut-être parce qu'il

3:48 en faut trois ou quatre pour mieux intégrer la formation dans sa tête. Prenons l'exemple de deux étudiants. Il disposent tous les deux de 1 heure pour étudier exactement le même chapitre. Le premier étudiant, l'étudiant A, va passer toute l'heure à relire son cours encore et encore. À chaque nouvelle lecture, le texte lui paraît de plus en plus familier. Il avance rapidement, il a l'impression d'être efficace et va terminer son heure avec l'impression d'avoir vraiment maîtrisé le sujet. L'étudiant B, lui, il agit de façon complètement différente. Il va lire son cours une seule fois et puis il va refermer complètement le livre et là, il va essayer de tout reconstruire de mémoire. Il écrit tout ce dont il souvient. Il va réciter à voix haute. Il va essayer de le réexpliquer. Il va dessiner un schéma. il va s'inventer des questions qui se posent à lui-même. Alors très vite, il va se rendre compte qu'il a oublié une partie du chapitre. Il hésite, il va mélanger quelques notions, il va se tromper, alors il va

4:34 réouvrir son cours et puis il va de nouveau recommencer en fait reparcourer le cours et le refermer. Vu de l'extérieur, on pourrait croire que l'étudiant a va avoir de meilleurs résultats parce qu'il a une impression de mieux maîtriser le sujet parce qu'il va relire parce que sa façon d'apprendre paraît plus fluide. Tandis que l'étudiant B, lui, il a l'air d'avoir une façon de travailler un tout petit peu plus chaotique avec des allées, des retours, des erreurs. Et pourtant, si tu interroge les deux quelques heures plus tard, c'est sûr et certain à 200 % que c'est l'étudiant B qui va le mieux s'en sortir. Pourquoi ? Parce que lui renforce sa mémoire et la façon naturelle de sa mémoire pour fonctionner. Finalement, la mémoire, elle fonctionne pas avec le nombre de fois où tu vas présenter la formation à ton cerveau, c'est-à-dire le forcer à relire et relire la formation. La mémoire, elle va surtout se renforcer

5:20 quand tu vas la forcer à aller rechercher la formation. Chaque fois que tu vas essayer de retrouver la formation sans relire tes notes, en fait, tu vas reconstruire le chemin dont ton cerveau a besoin pour retrouver l'information. Donc, finalement, les personnes qui apprennent plus vite sont pas les gens qui vont essayer d'éviter l'oubli, ce sont celles qui vont se servir de l'oubli. Et en fait, c'est une idée qui paraît un peu contratuitive quand on la présente, mais pour mémoriser, il faut oublier. En réalité, finalement, l'oubli, c'est pas juste une perte, c'est aussi un test. Et en fait, c'est précisément cet effort qui va intéresser ton cerveau. Parce que contrairement à ce qu'on pourrait croire, la mémorisation, elle va pas se renforcer au moment où tu vas apprendre l'information, mais elle se renforce d'autant plus quand tu parviens à la retrouver juste avant de l'oublier. Donc, autrement dit, en fait, une légère difficulté à retrouver l'info, ça veut pas dire que l'apprentissage ou la mémorisation a échoué. C'est justement souvent le site que finalement bah c'est en train de fonctionner. C'est pour ça

6:06 que quand on va répartir ses révisions sur 3 jours une fois, c'est beaucoup plus efficace que de relire trois fois de tit ou répéter trois fois de titre l'information. Dans les deux cas, tu vas passer globalement le même temps à apprendre, mais dans la deuxième situation, en fait, tu vas retrouver l'information juste avant qu'elle soit prête à être effacée de ta mémoire et donc tu vas en réalité consolider complètement l'information. Donc quand tu es en train de réviser et que tout paraît évident devant les yeux, souvent c'est un problème. Plus tu as l'impression que tu dois aller chercher la formation, mieux c'est. En fait, c'est un changement de perspective. On va passer d'une logique où on cherche à éviter toute difficulté à une logique où justement chaque difficulté va être ce qui va te permettre d'ancrer encore un peu plus ton sou. Mais il reste encore une question. Si l'effort doit être si important, pourquoi des gens donnent l'impression que c'est si facile pour eux d'apprendre ? Est-ce qu'elles fournissent vraiment moins d'efforts ou

6:51 juste est-ce qu'elles mettent leur effort à l'endroit le plus stratégique ? La réponse, elle tient à ce que nous en compétition de mémoire, on fait naturellement. On mémorise jamais une information telle qu'on nous la présente, mais on commence en premier lieu tout de suite par la transformer. En fait, les les personnes qui vont mémoriser vite ne mémorisent pas forcément plus d'informations plus facilement, mais en fait, elle les organise plus vite. Tout repose sur des stratégies. Parmi les stratégies, il faut savoir que les compétiteurs n'ont jamais regardé une information brute et la mémorisé de façon brute. Il y a pas de parcœur. Tout est transformé. Un nombre va devenir une image, une liste de mots devient une histoire, un mot abstrait va être placé dans un endroit bien précis. Autrement dit, il est jamais demandé au cerveau de retenir une information difficile. On commence par la rendre facile à retenir. Et en fait, je crois que cette nuance, elle est fondamentale avec la mémoire. On imagine souvent la mémoire comme une énorme

7:37 armoire dans laquelle il suffirait juste de ranger de plus en plus de choses. En réalité, la mémoire, elle ressemble beaucoup plus à un réseau. Chaque nouvelle connaissance, elle va se connecter à des connaissances qu'elle connaît déjà. Plus elle va trouver des points d'ancrage, plus elle va être facile à retrouver. C'est pour ça qu'une liste de 20 mots sans aucun lien va être extrêmement difficile à retenir. Alors que c'est extrêmement simple de retenir une simple histoire avec un fil conducteur qui possède bien plus que 20 mots. Dans les deux cas, tu vas mémoriser 20 mots. Dans un des deux cas, en fait c'est pas 20 mots, mais une seule structure de 20 mots qui mémorisent. Et notre cerveau, il adore les structures. Alors ça c'est vrai dans les sports de mémoire, mais c'est vrai dans n'importe quel autre domaine, la médecine, les mathématiques, la musique. Les experts dans leur domaine, ils comprennent pas énormément de choses, ils comprennent les choses qui s'articulent entre ell en fait. Lorsqu'un étudiant débutant, il va ouvrir par exemple [musique] un chapitre de physiologie, il va voir une

8:23 succession de définitions, il va voir des mécanismes isolés les uns des autres, des détails. Là où un enseignant ou un expert, lui, il va voir une logique derrière tout. Tout s'emboîte les uns avec les autres. Il va être capable de dire quelles idées sont centrales et quelles autres sont en fait superficielles. C'est pas seulement une différence de connaissance, mais c'est une différence de représentation mentelle de ses connaissances. Et c'est là que va se jouer en fait une grande partie de la vitesse d'apprentissage parce qu'à partir du moment où tu vas comprendre la structure d'un sujet, tu as plus besoin de retenir des détails isolés. Les détails vont commencer naturellement à trouver leur place. C'est un peu comme les pièces d'un puzzle une fois que tu as compris en fait l'image que tu es censé former avec ce puzzle. Bref, il existe pas en fait de méthode miracle, il existe plus des méthodes adaptées. Alors si tu dois revenir une seule chose de cette vidéo, c'est pas que les gens qui apprennent plus vite font moins d'efforts, c'est surtout que ceux qui vont apprendre plus

9:09 vite font moins d'efforts, inutiles. Donc la prochaine fois que tu devras apprendre quelque chose, ne te demande pas seulement combien de temps tu vas être consacré. Demande-toi surtout ce que ton cerveau va devoir faire, apprendre cette nouvelle chose. Est-ce qu'il se contente simplement de reconnaître des informations ou est-ce qu'il est réellement en train de les retrouver, de les organiser, construire de nouvelles connexions ? ce qu' font apprendre, c'est pas juste une question de talent, c'est vraiment et uniquement une question de méthode.

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