0:00 [Musique] K c'est de guide mot passant mon dieu mon dieu je vais donc écrire enfin ce qui m'est arrivé mais le pourrais-je
0:45 l'oseraai-je cela est si bizarre si inexplicable si incompréhensible si fou si je n'étais sûr de ce que j'ai vu sûr qu'il n'y a eu dans mes raisonnements aucune défaillance aucune erreur dans mes constatations pas de lacune dans la suite inflexible de mes observations je me croirais un simple halluciné le jouet d'une étrange vision après tout qui sait je suis aujourd'hui dans une maison de santé mais j'y suis entré volontairement par prudence par peur un seule lêtre connaît mon histoire le médecin d'ici je vais l'écrire
1:31 je ne sais trop pourquoi pour m'en débarrasser car je la sens en moi comme un intolérable cauchemar la voici j'ai toujours été un solitaire un rêveur une sorte de philosophe isolé bienveillant content de peu sans aigreur contre les hommes et sans rancune contre le ciel j'ai vécu seul sans cesse par suite d'une sorte de gêne qu'insinue en moi la présence des autres comment t'expliquer cela je ne le pourrais je ne refuse pas de voir le monde de causer de dîner avec des amis
2:18 mais lorsque je les sens depuis longtemps près de moi même les plus familiers il me lasse me fatigue m'énerve et j'éprouve une grandissante harcelante de les voir partir ou de m'en aller d'être seul cette envie est plus qu'un besoin c'est une nécessité irrésistible et si la présence des gens avec qui je me trouve continuait si je devais non pas écouter mais entendre longtemps encore leur conversation il m'arriverait sans aucun doute un accident lequel qui sait peut-être une simple syncope oui
3:04 probablement j'aime tant être seul que je ne puis même supporter le voisinage d'autres êtres dormant sous mon toit je ne puis habiter Paris parce que j'y agonise indéfiniment je meurs moralement et je suis aussi supplicié dans mon corps et dans mes nerf par cette immense foule qui grouille qui vit autour de moi même quand elle dort ah le sommeil des autres m'est plus pénible encore que leurs paroles et je ne peux jamais me reposer quand je sais quand je sens derrière un mur des existences interrompues par ces régulières éclipses de la
3:50 raison pourquoi suis-je ainsi qui sait la cause en est peut-être fort simple je me fatigue très vite de tout ce qui ne se passe pas en moi et il y a beaucoup de gens dans mon cas nous sommes deux races sur la terre ceux qui ont besoin des autres que les autres distraits occupe repose et que la solitude harrasse épuise anéanti comme l'ascension d'un terrible glacier ou la traversée du désert et ce que les autres au contraire lassent ennuie gêne courbature tandis que l'isolement les calme les baigne de repos dans
4:36 l'indépendance et la fantaisie de leur pensées en somme il y a là un normal phénomène psychique les uns sont doués pour vivre en dehors les autres pour vivre en dedans moi j'ai laattention extérieure courte et vite épuisée et dès qu'elle arrive à ses limites j'en éprouve dans tout mon corps dans toute mon intelligence un intolérable malaise il en est résulté que je m'attache que je m'étais attaché beaucoup aux objets inanimés qui prennent pour moi une importance d'être et que ma maison est devenue était devenue un monde où je vivais d'une vie solitaire et active au milieu de choses
5:23 de meubles de Biot familiers sympathiques à mes yeux comme des visages je l'en avais empli peu à peu je l'en avais paré et je me sentais dedans content satisfait bien heureux comme entre les bras d'une femme aimable dont la caresse accoutumée est devenue un calme et doux besoin j'avais fait construire cette maison dans un beau jardin qui l'isolait des routes et à la porte d'une ville où je pouvais trouver à l'occasion les ressources de société dont je sentais par moment le désir tous mes domestiques couchaient dans un bâtiment éloigné au fond du potager qu'entourait un grand mur l'enveloppement obscur des nuits
6:10 dans le silence de ma demeure perdue caché noyé sous les feuilles des grands arbres m'était si reposant et si bon que j'hésitais chaque soir pendant plusieurs heures à me mettre au lit pour le savourer plus longtemps ce jour-là on avait joué sigurde au théâtre de la ville c'était la première fois que j'entendais ce beau drame musical et féérique et j'y avais pris un vif plaisir je revenais à pied d'un pas allègre la tête pleine de phrases sonores et le regard hanté par de jolies visions il faisait noir noir mais noir
6:56 au point que je distinguais à peine la grande route et je failli plusieurs fois culbuter dans le fossé de loc 3 chez moi il y a 1 km environ peut-être un peu plus soit 20 minutes de marche lente il était 1 heure du matin 1h ou 1h dem le ciel s'éclaircit un peu devant moi et le croissant parut le triste croissant du dernier quartier de la lune le croissant du premier quartier celui qui se lève à 4 ou 5h du soir est clair gai frotté d'argent mais celui qui se lève après minuit est rougeâtre morne inquiétant c'est le vrai croissant du
7:43 sabbat tous les noctambul ont dû faire cette remarque le premier fut-il mince comme un fil jette une petite lumière joyeuse qui réjouit le cœur et dessine sur la terre des ombres nettes le dernier répand à peine une lueur mourante si terne qu'elle ne fait presque pas d'ombre j'aperçus au loin la masse sombre de mon jardin et je ne sais d'où me vint une sorte de malaise à l'idée d'entrer là-dedans je ralentis le pas il faisait très doux le gros tas d'arbre avait l'air d'un tombeau où ma maison était ensevelie j'ouvris ma barrière et je
8:32 pénétrai dans la longue allée de sycomore qui s'en allait vers le logis arqué en voûte comme un haut tunnel traversant des massifs opaques et contournant des gazons où les corbeilles de fleurs plaquaient sous les ténèbres pâes des taches ovales aux nuances indistinctes en approchant de la maison un trouble bizarre me saisit je m'arrêtais on n'entendait rien il n'y avait pas dans les feuilles un souffle d'air qu'est-ce que j'ai donc pensaisje depuis 10 ans je rentrais ainsi sans que jamais la moindre inquiétude m'û effleuré je n'avais pas peur je n'ai jamais eu peur la nuit la
9:18 vue d'un homme d'un maraudeur d'un voleur m'aurait jeté une rage dans le corps et j'aurais sauté dessus sans hésiter j'étais armé d'ailleurs j'avais mon réol vert mais je n'y touchais point car je voulais résister à cette influence de crainte qui germait en moi quétait-ce un pressentiment le pressentiment mystérieux qui s'empare des sens des hommes quand ils vont voir de l'inexplicable peut-être qui sait à mesure que j'avançais j'avais dans la peau des tressaillements et quand je fus devant le mur aux clos de ma vaste demeure je sentis qu'il me faudrait attendre quelques minutes avant
10:04 d'ouvrir la porte et d'entrer dedans alors je m'assis sur un banc sous les fenêtres de mon salon je restais là un peu vibrant la tête appuyée contre la muraille les yeux ouverts sur l'ombre des feuillages pendant ces premiers instants je ne remarquais rien d'insolite autour de moi j'avais dans les oreilles quelques ronflement mais cela m'arrive souvent il me semble parfois que j'entends passer des trains que j'entends sonner des cloches que j'entends marcher une foule puis bientôt ces ronflements devinrent plus distincts plus précis
10:50 plus reconnaissables je m'étais trompé ce n'était pas le bourdonnement ordinaire de mes artères qui mettaiit dans mes e et ses rumeurs mais un bruit très particulier très confus cependant qui venait à n'en point douter de l'intérieur de ma maison je le distinguais à travers le mur ce bruit continue plutôt une agitation qu'un bruit un remumement vague d'un tas de choses comme si on eû secoué déplacer traîner doucement tous mes meubles oh je doutais pendant un temps assez long encore de la sûreté de mon oreille mais l'ayant collé contre un ENT pour mieux percevoir ce trouble
11:37 étrange de mon logie je demeuris convaincu certain qu'il se passait chez moi quelque chose d'anormal et d'incompréhensible je n'avais pas peur mais j'étais comment t'exprimer cela effaré d'étonnement je n'armais pas mon revolver devinant fort bien que je n'en avais nul besoin Besin j'attendis j'attendis longtemps ne pouvant me décider à rien l'esprit lucide mais follement anxieux j'attendis debout écoutant toujours le bruit qui grandissait qui prenait par moment une intensité violente qui semblait devenir un
12:23 grondement d'impatience de colère d'émeutes mystérieuses puis soudain honteux de mal lcheter je saisis mon trousseau de clé je choisis celle qu'il me fallait je l'enfonçais dans la serrure je la fit tourner deux fois et poussant la porte de toute ma force j'envoyais le battant heurter la cloison le coup sonna comme une détonation de fusil et voilà qu'à ce bruit d'explosion répondit du haut en bas de ma demeure un formidable tumulte ce fut si subit si terrible si assourdissant que je reculais de quelqu pas et que bien que le sentant toujours inutile je tirais de sa gaine mon revolver j'attendis encore oh peu de
13:08 temps je distinguais à présent un extraordinaire piétinement sur les marches de mon escalier sur les parquets sur les tapis un piétinement non pas de chaussures de souliers humains mais de béquilles de béquilles de bois et de béquilles de fer qui vibr bris comme des cimballes et voilà que j'aperçus tout à coup sur le seuil de ma porte un fauteuil mon grand fauteuil de lecture qui sortait en se dendinant il s'en alla par le jardin d'autres le suivaient ce de mon salon puis des canapés bas et se
13:54 traînant comme des crocodiles sur leurs courtes pattes puis toutes mes ch avec des bonss de chèvre et les petits tabourets qui trottaient comme des lapins oh quelle émotion je me glissais dans un massif où je demeurais accroupi contemplant toujours ce défilé de mes meubles car ils s'en allaient tous l'un derrière l'autre vite ou lentement selon leur taille et leur poids mon piano mon grand piano à queue passa avec un Galot de va l'emporter et un murmure de musique dans le flan les moindres objets glissaient sur le sable comme des fourmis les brosses les cristaux les coupes où le CLER de lune
14:40 accrochait des phosphorescences de verre luisant les étoffes rempait s'étalait en flaque à la façon des pieuvres de la mer je vis paraître mon bureau un rare biibleot du dernier siècle et qui contenait toutes les lettres que j'ai reçu toute l'histoire de mon cœur une vieille histoire dont j'ai tant souffert et dedans étaient aussi des photographies soudain je n'e plus peur je m'élançais sur lui et je le saisis comme on saisit un voleur comme on saisit une femme qui fuit mais il allait d'une course irrésistible et malgré mes efforts et malgré ma colère je ne pu même ralentir sa marche comme je résistais en désespéré à cette force épouvantable je m'abattis
15:27 par terre en luttant contre lui alors il me roula me traîna sur le sable et déjà les meubles qui le suivaient commençaient à marcher sur moi piétinant mes jambes et les meurtrissant puis quand je l'E lâché les autres passèrent sur mon corps ainsi qu'une charge de cavalerie sur un soldat démonté fou d'épouvante enfin je pu me traîner hors de la Grande Allée et me cacher de nouveau dans les arbres pour regarder disparaître les plus infimes objets les plus petits les plus modestes les plus ignorés de moi qui m'avaent appartenu puis j'entendis au loin dans mon logis sonore à présent comme les
16:13 maisons vides un formidable bruit de portes refermées ell claquèrent du haut en bas de la demeure jusqu'à ce que celle du vestibule que j'avais ouverte moi-même insensé pour ce départ ce fut close enfin la dernière je m'enfuis aussi courant vers la ville et je ne repris mon sang froid que dans les rues en rencontrant des gens attardés j'allais sonner à la porte d'un hôtel où j'étais connu j'avais battu avec mes mains mes vêtements pour en détacher la poussière et je racontais que j'avais perdu mon trousseau de clé qui contenait aussi celle du potager où couchaient mes domestiques en une maison isolé derrière
17:00 le mur de clôture qui préservait mes fruits et mes légumes de la visite des marodeurs je m'enfonça jusqu'aux yeux dans le lit qu'on me donna mais je ne pu dormir et j'attendis le jour en écoutant bondir mon cœur j'avais ordonné qu'on Prévin mes gens dès l'aurore et mon valet de chambre heurte à ma porte à 7h du matin son visage semblait bouleversé il est arrivé cette nuit un grand malheur monsieur dit-il quoi donc on a volé tout le mobilier de Monsieur Tout tout jusqu'aux plus petits objets cette nouvelle me fit plaisir
17:45 pourquoi qui sait j'étais fort maître de moi sûr de dissimuler de ne rien dire à personne de ce que j'avais vu de le cacher de l'enterrer dans ma conscience comme un effroyable secret je répondis alors ce sont peut-être les mêmes personnes qui m'ont volé mes clés il faut prévenir tout de suite la police je me lève et je vous y rejoindrai dans quelques instants l'enquête dura 5 mois on ne découvrit rien on ne trouva ni le plus petit de mes biblot ni la plus légère trace des voleurs parbleleu si j'avais dit ce que je savais si je l'avais dit on m'aurait enfermé
18:33 moi pas les voleurs mais l'homme qui avait pu voir une pareille chose oh je suis meare mais je ne remeublais pas ma maison c'était bien inutile cela aurait recommencé toujours je n'y voulais plus rester je n'y rentrai pas je ne la revis point je vins à Paris à l'hôtel et je consultais des médecins sur mon état nerveux qui m'inquiétait beaucoup depuis cette nuit déplorable voyagez mon ami voyageer ils m'engagèrent à voyager la Grèce l'Italie je suivis leur conseils la Toscane est fort belle en cette saison je commençais par une excursion en Italie le soleil me fit du bien
19:20 pendant 6 mois j'irai de gène à Venise de Venise à Florence de Florence à Rome de Rome à Naple puis je parcourus la Sicile terre admirable par sa nature et ses monuments relique laissé par les Grecs et les Normands je passa en Afrique je traversa pacifiquement ce grand désert jaune et calme ou air des chameaux des gazelles et des Arabes vagabonds ou dans l'air léger et transparent ne flotte aucune antise pas plus la nuit que le jour je rentrai en France par Marseille et malgré la geté provençale la lumière
20:06 diminué du ciel m'attrista je ressentis en revenant sur le continent l'étrange impression d'un malade qui se croit guéri et qu'une douleur sourde prévient que le foyer du Mal n'est pas éteint puis je revins à Paris au bout d'un mois je ennuyait c'était à l'automne et je voulus faire avant l'hiver une excursion à travers la Normandie que je ne connaissais pas je commençais par rouan bien entendu et pendant 8 jours gérit distrait ravi enthousiasmé dans cette ville du Moyen-Âge dans ce surprenant musée
20:51 d'extraordinaire monument gothique or un soir vers 4h comme je m'engageais dans une rue invraisemblable où coule une rivière Noire comme de l'encre nommée haut de Robec mon attention toute fixée sur la physionomie bizarre et antique des maisons fut détourné tout à coup par la vue d'une série de boutiques de brocanteur qui se suivaient de porte en porte ils avaient bien choisi leur endroit ces sordides trafiants de vieillerie dans cette fantastique ruelle au-dessus de ce cours d'eau sinistre sous ces toits pointus de tuiles et d'ardoisees où grinçaient encore les girouettes du
21:37 passé au fond des Noirs magasins on voyait s'entasser les Bahus scultés les faillances de rouan de Neev de Moustiers des statues peintes d'autres enchaînent des Christes des vierges des seins des ornements d'église des chazubles des chappes même des vases sacrés et un vieux tabernacle en bois doré d'où Dieu avait déménagé oh les singulières Cavern en ces hautes maisons en ces grandes maisons pleines des caves au greniier d'objets de toute nature dont l'existence semblait finie qui survivaiit à leur naturel possesseur à leur siècles à leur temps à leur mode
22:23 pour être acheté comme curiosité par les nouvelles générations ma tendresse pour les bibots se réveillait dans cette cité d'antiaire j'allais de boutique en boutique traversant en deux enjambé les ponts de quatre planches pourries jeté sur le courant nausé àond de l'eau de Robec miséricorde quelle secousse une de mes plus belles armoires m'apparuent au bord d'une voûte encombrée d'objets et qui semblait l'entrée des catacombes d'un cimetière de meubles anciens je m'approchais tremblant de tous mes membres tremblant tellement que je n'osais pas la
23:11 toucher j'avançais la main j'hésitais c'était bien elle pourtant une armoire Louis XI unique reconnaissable par quiconque avait pu la voir une seule fois jetant soudain les yeux un peu plus loin vers les profondeurs plus sombres de cette galerie j'aperçus trois de mes fauteuils couverts de tapisserie au petit point puis plus loin encore mes deux tables h R 2 si rares qu'on venaent les voir de Paris songez songez à l'état de mon âme et j'avançais perclu agonisant d'émotions mais j'avançais car je suis brave j'avançais comme un chevalier des
23:57 époques ténébreuse pénétrait en un séjour de sortilège je retrouvais de pas en pas tout ce qui m'avait appartenu mes lustres mes livres mes tableaux mes étoffes mes armes tout sauf le bureau plein de mes lettres et que je n'aperçus point j'allais descendant à des galeries obscures pour remonter ensuite aux étages supérieurs j'étais seul j'appelais on ne répondait point j'étais seul il n'y avait personne dans cette maison vaste et tortueuse comme un
24:45 labyrinthe la nuit vint et je dû m'asseoir dans les ténèbres sur une de mes chaises car je ne voulais point m'en aller de temps en temps je criais h là ha quelqu'un j'étais là certes depuis plus d'une heure quand j'entendis des pas des pas légers lents je ne sais où je faillis me sauver mais me riddissant j'appelais de nouveau et j'aperçus une lueur dans la chambre voisine qui est là dit une voix je répondis un
25:30 acheteur on répliqua il est bien tard pour entrer ainsi dans les boutiques je repris je vous attends depuis plus d'une heure vous pouviez revenir demain demain j'aurais quitté rouan je n'osais point avancer et il ne venait pas je voyais toujours la lueur de sa lumière éclairant une tapisserie ou deux anges volait au-dessus des morts d'un champ de bataille elle m'appartenait aussi je dis et bien venez-vous il répondit je vous attends je me levais et j'allais vers lui au milieu d'une grande pièce était
26:18 un tout petit homme tout petit et très gros gros comme un phénomène un hiidux phénomène il avait une barbe rare aux poils inégaux clairsemés et jaunâtres et pas un cheveux sur la tête pas un cheveux comme il tenait sa bougie élevée à bout de bras pour m'apercevoir son crâne m'apparut comme une petite lune dans cette vaste chambre encombrée de vieux meubles la figure était ridée et bouffie les yeux imperceptibles je marchandais trois chaises qui était à moi et les payait sur le champ une grosse somme en donnant
27:04 simplement le numéro de mon appartement à l'hôtel elle devait être livrée le lendemain avant 9h puis je sortis il me reconduisit jusqu'à sa porte avec beaucoup de politesse je me rendis ensuite chez le commissaire central de la police à qui je racontais le vol de mon mobilier et la découverte que je venais de faire il demanda séance tenante des renseignements par télégraphe au parquet qui avait instruit l'affaire de ce vol en me priant d'attendre la réponse une heure plus tard elle lui parvint tout à fait satisfaisante pour moi je vais faire arrêter cet homme et l'interroger tout de suite me dit-il car il pourrait
27:50 avoir conçu quelques soupçons et faire disparaître ce qui vous appartient voulez-vous aller dîner et revenir dans 2h je l'aurai ici et je lui ferai subir un nouvel interrogatoire devant vous très volontiers monsieur je vous remercie de tout mon cœur j'allais dîner à mon hôtel et je mangeais mieux que je n'aurais cru j'étais assez content tout de même on le tenait 2hes plus tard je retournais chez le fonctionnaire de la police qui m'attendait et bien monsieur me dit-il en m'apercevant on n'a pas trouvé votre homme mes agents n'ont pu mettre la main dessus
28:36 ah je me sentis défaillir mais vous avez bien trouvé sa maison demanda-je parfaitement elle va même être surveillée et gardée jusqu'à son retour quant à lui disparu disparu disparu il passe ordinairement ses soirées chez sa voisine une brocanteuse aussi une drôle de sorcière la veuve Bidoin elle ne l'a pas vu ce soir et ne peut donner sur lui aucun renseignement il faut attendre demain je m'en allais ah que les rues de rouan me semblèrent tristes troublantes
29:22 hanté je dormis si mal avec des cauchemars à chaque bout de som comme je ne voulais pas paraître trop inquiet ou pressé j'attendis 10h le lendemain pour me rendre à la police le marchand n'avait pas reparu son magasin demeurait fermé le commissaire me dit je fais toutes les démarches nécessaires le parquet est au courant de la chose nous allons aller ensemble à cette boutique et la faire ouvrir vous m'indiquerez tout ce qui est à vous un coupé nous emporta des agents stationnai avec un cirrurier devant la porte de la boutique qui fut ouverte je n'aperçu en entrant ni mon
30:08 armoire ni mes fauteuils ni mes tables ni rien rien de ce qui avait meublé ma maison mais rien alors que la veille au soir je ne pouvais faire un pas sans rencontrer un de mes objets le commissaire central surpris me regarda d'abord avec méfiance mon Dieu Monsieur lui dis-je la disparition de ces meubles coïncide étrangement avec celle du marchand il sourit HM c'est vrai vous avez eu tort d'acheter et de payer des bibelot à vous hier cela lui a donné l'éveil je repris ce qui me paraît incompréhensible c'est que toutes les places occupées par mes meubles sont
30:55 maintenant remplies par d'autres oh répondit le commissaire il a eu toute la nuit et des complices sans doute cette maison doit communiquer avec les voisines ne craignez rien monsieur je vais m'occuper très activement de cette affaire le brigand ne nous échappera pas longtemps puisque nous gardons la tanière ah mon cœur mon cœur mon pauvre cœur comme il battait je demeurai 15 jours à rouan l'homme ne revint pas parbleu parbleleu cet homme-là qui est ce qui aurait pu l'embarrasser ou le surprendre
31:42 or le 16e jour au matin je reçus de mon jardinier gardien de ma maison pillé et demeuré vide l'étrange lettre que voici monsieur J'ai l'honneur d'informer monsieur qu'il s'est passé la nuit dernière quelque chose que personne ne comprend et la police pas plus que nous tous les meubles sont revenus tous sans exception tous jusqu'aux plus petits objets la maison est maintenant toute pareille à ce qu'elle était la veille du vol c'est à en perdre la tête cela s fait dans la nuit de vendredi à samedi les chemins sont défoncés comme si on avait traîné tout de la barrière à la porte il en était ainsi le jour de la
32:31 disparition nous attendons monsieur dont je suis le très humble serviteur Rodin Philippe ah mais non ah mais non ah mais non je n'y retournerai pas je portais la lettre au commissaire de rouan c'est une restitution très à droite dit-il faisons les morts nous pincerons l'homme un de ses jours mais on ne l'a pas pincé non ils ne l'ont pas pincé et j'ai peur de lui maintenant comme si c'était une bête féroce lâchée derrière moi introuvable il est introuvable ce
33:19 monstre à crâne de lune on ne le prendra jamais il ne reviendra point chez lui que lui importe à lui il n'y a que moi qui peut le rencontrer et je ne veux pas je ne veux pas je ne veux pas je ne veux pas et s'il revient s'il rentre dans sa boutique qui pourra prouver que mes meubles étaient chez lui il n'y a contre lui que mon témoignage et je sens bien qu'il devient suspect ah mais non cette existence n'était plus
34:04 possible et je ne pouvais pas garder le secret de ce que j'ai vu je ne pouvais pas continuer à vivre comme tout le monde avec la crainte que des choses pareilles recommençasse je suis venu trouver le médecin qui dirige cette maison de santé et je lui ai tout raconté après m'avoir interrogé longtemps il m'a dit consenti zv monsieur à rester quelque temps ici très volontiers monsieur vous avez de la fortune oui monsieur voulez-vous un pavillon isolé oui monsieur voudrez-vous recevoir des amis non monsieur non
34:51 personne l'homme de rouan pourrait oser par vengeance me poursuivre ici et je suis seul seul tout seul depuis 3 mois je suis tranquille à peu près je n'ai qu'une peur si l'antiire devenait fou et si on l'amenait en cet asile les prisons elles-mêmes ne sont pas sûr
35:39 [Musique]