L’erreur qui a précipité la chute du Mur de Berlin - HDG #61

Bref Résumé

Cette vidéo raconte l'histoire de la chute du mur de Berlin, en se concentrant sur l'erreur d'un haut fonctionnaire est-allemand qui a précipité cet événement historique. Elle explore le contexte de la guerre froide, la division de l'Allemagne et de Berlin, et les tentatives d'évasion du Mur. La vidéo met en lumière le rôle crucial de la pression populaire et des réformes de Gorbatchev dans la chute du Mur, ainsi que les conséquences de cet événement sur la réunification de l'Allemagne et la fin de la guerre froide.

  • L'erreur de Günter Schabowski lors d'une conférence de presse a annoncé prématurément l'ouverture des frontières.
  • La pression populaire et les manifestations ont forcé le gouvernement est-allemand à assouplir les frontières.
  • La chute du mur de Berlin a symbolisé la fin de la guerre froide et la réunification de l'Allemagne.

Introduction

L'épisode commence par une introduction à l'un des événements les plus marquants de la fin du 20e siècle : la chute du mur de Berlin. L'accent est mis sur une image moins connue, celle d'une conférence de presse où une erreur d'un haut fonctionnaire est-allemand a déclenché la chute du Mur. L'épisode est sponsorisé par MyHeritage, un site de généalogie, et l'auteur partage une découverte personnelle sur son arrière-arrière-grand-père, Eugène, qui a joué un rôle clé en tant que témoin dans le procès d'un commandant de camp nazi.

Sponsor : MyHeritage

L'auteur présente MyHeritage, le sponsor de l'épisode, comme le site numéro un de généalogie dans le monde. Il explique comment la base de données de MyHeritage, avec ses millions d'utilisateurs et ses milliards de documents, permet de retrouver la trace de ses ancêtres. Il mentionne également des fonctionnalités supplémentaires telles que l'amélioration et la colorisation de photos d'archives, ainsi que l'animation de photos de famille. L'auteur partage sa propre expérience de recherche généalogique, notamment la découverte du rôle de son arrière-arrière-grand-père pendant la Seconde Guerre mondiale.

L'annonce qui a changé l'histoire

La chute du mur de Berlin est présentée comme un événement majeur de la fin du 20e siècle, symbolisant la fin de la séparation entre l'Est et l'Ouest de la ville, ainsi que l'espoir de la réunification allemande et de la fin de la guerre froide. L'attention se porte sur une conférence de presse donnée par Günter Schabowski, secrétaire pour l'information du Parti socialiste unifié d'Allemagne. Lors de cette conférence, Schabowski annonce de nouvelles règles de voyage pour les citoyens est-allemands, mais commet une erreur en déclarant que ces règles entrent en vigueur "immédiatement, sans délai". Cette déclaration précipite la chute du Mur.

Berlin après la Seconde Guerre mondiale

Après la Seconde Guerre mondiale, Berlin est divisée en quatre zones d'occupation, administrées par les Alliés : les États-Unis, le Royaume-Uni, la France et l'Union soviétique. La libre circulation est garantie entre les secteurs. Cependant, des tensions apparaissent rapidement entre les Alliés, marquant le début de la guerre froide. En 1948, Staline tente de s'emparer de Berlin-Ouest en bloquant tous les accès terrestres, mais les Alliés ripostent en ravitaillant la ville par les airs. L'Allemagne est officiellement divisée en deux : la RFA (République Fédérale Allemande) à l'Ouest et la RDA (République Démocratique Allemande) à l'Est.

La construction du Mur

Berlin devient le seul point de passage entre la RDA et la RFA. Dans les années 1950, de plus en plus d'Allemands de l'Est émigrent à l'Ouest, fuyant la collectivisation forcée et le régime communiste. Pour stopper cet exode massif, le 13 août 1961, les autorités est-allemandes construisent le mur de Berlin, séparant physiquement la ville en deux. Des familles sont séparées, et de nombreuses personnes tentent de franchir le Mur, souvent au péril de leur vie.

Le Mur : symbole de la guerre froide

Le mur de Berlin devient une forteresse de 155 km de long, avec des murs de quatre mètres de haut, des clôtures électriques, des miradors et des gardes armés. La RDA renforce son emprise sur la population, avec une surveillance généralisée par la Stasi, la police secrète. De l'autre côté du Mur, la RFA prospère et les citoyens vivent librement. Berlin devient le symbole de la lutte entre les blocs de l'Est et de l'Ouest. Des personnalités comme John Fitzgerald Kennedy viennent y prononcer des discours historiques.

Tentatives d'évasion et victimes

Malgré les risques, de nombreux Allemands de l'Est tentent de franchir le mur de Berlin. Les évasions deviennent de plus en plus ingénieuses, avec des tunnels creusés sous le Mur, des passages cachés dans des voitures ou des valises, et même des tyroliennes. Près de 5 000 personnes parviennent à s'enfuir à Berlin-Ouest, mais 140 y perdent la vie. La dernière personne à être abattue en tentant de franchir le Mur est tuée en février 1989.

Les prémices de la chute

Dans les années 1980, des changements majeurs se produisent dans le bloc de l'Est. Mikhaïl Gorbatchev lance des réformes de transparence (Glasnost) et de libéralisation économique (Perestroïka) en Union soviétique. La Hongrie ouvre sa frontière avec l'Ouest, permettant aux Allemands de l'Est de s'exiler en Autriche, puis en Allemagne de l'Ouest. Des manifestations massives ont lieu en RDA, exigeant des élections libres et le droit de voyager.

L'erreur de Schabowski et l'ouverture du Mur

Face à la pression populaire, le parti unique de la RDA décide d'assouplir ses frontières. Le 9 novembre 1989, Günter Schabowski annonce de nouvelles règles de voyage lors d'une conférence de presse. Cependant, il commet une erreur en déclarant que ces règles entrent en vigueur "immédiatement, sans délai", alors qu'elles étaient censées être appliquées le lendemain, après vérification des visas et des passeports. Cette annonce précipite la chute du mur de Berlin.

La nuit de la chute du Mur

L'annonce de l'ouverture immédiate des frontières se répand rapidement. Les habitants de Berlin se massent aux abords des postes-frontières. Les garde-frontières, pris au dépourvu, finissent par ouvrir les barrières sous la pression de la foule. Pour la première fois depuis 28 ans, les citoyens franchissent le mur de Berlin en toute liberté.

Conséquences et réunification

Dans les jours qui suivent, la ferveur ne faiblit pas. Les Berlinois détruisent le Mur à coups de pioches et de burins. L'URSS de Gorbatchev refuse d'intervenir. Le 3 octobre 1990, l'Allemagne est officiellement réunifiée, 41 ans après avoir été divisée. La guerre froide se termine dans la joie et l'allégresse. La chute du mur de Berlin est le résultat de la pression populaire et du courage des citoyens de Berlin-Est, précipitée par une simple erreur d'un haut fonctionnaire.

Conclusion et offre d'emploi

L'auteur conclut en espérant que l'épisode a plu aux spectateurs. Il annonce que la chaîne recrute un nouveau monteur et invite les personnes intéressées à consulter la fiche de poste dans la description. Il remercie MyHeritage d'avoir sponsorisé la vidéo et rappelle aux spectateurs qu'ils peuvent bénéficier d'un accès gratuit au service pendant 14 jours. Enfin, il remercie les spectateurs pour leur fidélité et annonce une accélération du rythme de parution des vidéos pendant l'été.

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0:00 Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans ce nouvel épisode d'Histoires de guerre. Les amis, vous avez déjà tous entendu parler de la chute du mur de Berlin. C'est l'un des événements les plus importants de la fin du 20ᵉ siècle, car il marque la fin de la guerre froide. Et si les images de la chute du Mur sont bien connues, l'une d'entre elles l'est beaucoup moins. Et c'est pourtant à cet instant précis qu'a débuté la chute du Mur. On est le 9 novembre 1989, à 18h56. Un haut fonctionnaire est-allemand est en train de donner une conférence de presse. À cet instant, il va commettre une erreur, une bourde qui va précipiter la chute du mur de Berlin. Mais avant de découvrir cette histoire incroyable, les amis,

0:47 laissez-moi vous présenter le partenaire sans qui cet épisode n'aurait pas pu voir le jour : il s'agit de MyHeritage. MyHeritage, c'est le site n° 1 de généalogie dans le monde. Grâce à une base de données de 90 millions d'utilisateurs et plus de 33 milliards de documents, vous pouvez retrouver la trace de vos ancêtres. En plus, vous avez accès à des fonctionnalités supplémentaires, comme l'amélioration ou la colorisation d'images d'archives, ou encore l'animation de vos photos de famille. De mon côté, j'ai pu mener mes propres recherches et en apprendre plus sur mes ancêtres, notamment grâce à des membres lointains de ma famille qui avaient déjà créé leur propre arbre généalogique. Et surtout les amis, en me plongeant dans mon arbre généalogique,

1:35 j'ai pu faire une découverte incroyable ! Et j'aimerais prendre juste quelques instants pour la partager avec vous. C'est l'histoire d'Eugène, mon arrière-arrière- grand-père paternel. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Eugène était le conservateur du plus grand cimetière de la ville de Metz. À cette époque, l'Alsace et la Moselle étaient annexées par les nazis. Et donc Eugène réceptionnait régulièrement des cercueils en provenance de la Gestapo. Rapidement, il a compris que quelque chose clochait, car certains corps étaient mutilés et portaient des traces d'actes de torture. En fait, ces corps étaient ceux de Résistants, qui avaient été arrêtés et enfermés dans un camp spécial des nazis créé à Metz. Là-bas, ils étaient torturés

2:22 et certains étaient même assassinés. Mais plutôt que de ne rien faire, Eugène a alors décidé, dans le plus grand secret, de tenir un registre, dans lequel il répertoriait ces victimes. Et après guerre, dans les années 1960, lors du procès du commandant du camp nazi, ce registre a servi de preuve et mon arrière-arrière-grand-père, Eugène, a été un témoin clé. Ce qui est complètement dingue, les amis, c'est que l'histoire de ce camp spécial des nazis, on vous l'a déjà racontée sur notre chaîne, il y a deux ans, dans un épisode spécial d'Histoires de guerre. Sauf qu'à l'époque, j'ignorais complètement que mon arrière-arrière-grand-père avait servi de témoin clé dans le procès du commandant du camp. J'ai été donc très ému d'avoir fait cette découverte

3:08 et je voulais donc remercier sincèrement MyHeritage d'avoir sponsorisé cet épisode ! Les amis, si vous aussi vous voulez vous lancer dans vos propres recherches, sachez qu'avec le lien qui figure dans la description, MyHeritage est gratuit pendant 14 jours. Et sans attendre, je vous propose de découvrir l'épisode du jour : l'erreur qui a précipité la chute du mur de Berlin.

4:06 La chute du mur de Berlin est l'un des événements historiques les plus marquants de la fin du 20ᵉ siècle. Les images de milliers de Berlinois qui prennent d'assaut le mur et qui l'attaquent à coups de pioche et de grues ont fait le tour du monde. Car la chute du Mur mettait non seulement fin à 28 ans de séparation entre les parties Est et Ouest de la ville, mais elle portait surtout l'espoir d'une réunification de l'Allemagne et de la fin de la guerre froide. Pourtant, de toutes les images qui symbolisent la chute du Mur, l'une des plus importantes est beaucoup moins connue, alors que c'est précisément à cet instant que tout a basculé !

4:58 Le Secrétariat du Comité central du Parti socialiste unifié d'Allemagne, le véritable gouvernement de la République démocratique allemande, l'Allemagne de l'Est, donne une conférence de presse dans un bâtiment de Berlin-Est. Il est bientôt 19h. Devant une salle remplie de journalistes, Günter Schabowski, secrétaire pour l'information du Parti, l'équivalent du porte-parole du gouvernement, s'installe et déroule d'un ton monocorde le fil conducteur de sa conférence. Alors que son intervention touche à sa fin, Schabowski fait une dernière déclaration.

5:47 Un instant de stupeur parcourt la salle. L'annonce n'est pas anodine, car depuis presque trois décennies, il est très difficile pour un Allemand vivant à l'Est de se rendre à l'Ouest. Depuis la construction du Mur en 1961, l'Allemagne de l'Est est un pays fermé. À l'annonce de l'ouverture imminente des frontières, les journalistes se réveillent et l'un d'eux lance : Visiblement perdu, Günter Schabowski hésite. Il cherche dans ses papiers, puis lit à voix haute un texte qu'il semble découvrir.

6:36 "Immédiatement. Sans délai." Trois mots prononcés nonchalamment et qui vont précipiter le destin de l'Allemagne. Car sans s'en rendre compte, Schabowski vient de commettre une erreur. En effet, l'ouverture des frontières entre l'Allemagne de l'Est et de l'Ouest était bel et bien prévue, mais pas immédiatement. En quelques heures, cette déclaration maladroite va se répandre comme une traînée de poudre et déclencher un événement historique sans précédent : la chute du mur de Berlin. "Madame, Monsieur, bonsoir ! Le 9 novembre 1989, aujourd'hui, retenons bien cette date, le mur de Berlin est toujours là, mais d'une certaine manière, il n'existe plus !"

7:31 Berlin, 1945, quarante-quatre ans plus tôt. La capitale du IIIᵉ Reich n'est plus qu'un champ de ruines. Dans ses avenues, les soldats de l'Armée rouge défilent, tout sourire. Un immense portrait à la gloire de Staline se dresse à la porte de Brandebourg et dans les décombres des bâtiments détruits, les Berlinois s'affairent à déblayer les gravats. Hitler s'est donné la mort dans son bunker, la Wehrmacht a capitulé sans condition et l'Armée rouge a conquis Berlin. La paix est de retour sur le continent européen. Afin de poser les bases de l'occupation et de la gouvernance de l'Allemagne vaincue, les Alliés se sont réunis deux fois, à Yalta en février 1945 et à Potsdam en juillet.

8:17 Au cours de ces conférences, Staline, Churchill et Roosevelt, puis Truman, se sont mis d'accord. L'Allemagne entière est divisée en quatre zones d'occupation réparties entre les vainqueurs. Ainsi, l'Est passe sous contrôle soviétique et l'Ouest sous occupation britannique, américaine et française. Mais Berlin a un statut particulier. En effet, la ville est située en plein cœur de la zone soviétique. Les Alliés décident de la découper également en quatre secteurs, administrés conjointement par les quatre puissances victorieuses. La libre circulation entre les secteurs y est garantie, Les citoyens berlinois peuvent donc aller et venir à leur convenance.

9:02 Mais la Seconde Guerre mondiale à peine terminée, un nouveau conflit se profile, moins direct. Rapidement, des points de désaccord apparaissent entre les Alliés. Les relations se tendent. Le clivage entre les États-Unis, les Britanniques et les Français d'un côté et l'Union soviétique de l'autre se creuse. C'est le début de la guerre froide. Dès 1947, le monde se polarise entre deux blocs, deux idéologies. D'un côté, le bloc de l'Ouest, capitaliste, sous l'égide des États-Unis, et de l'autre, le bloc de l'Est,

9:47 communiste, rallié à l'Union soviétique. L'Europe est alors coupée en deux. Et en Allemagne, Berlin, véritable enclave capitaliste dans le monde communiste, devient l'objet de toutes les crispations. En 1948, Staline tente une première fois de s'emparer de la ville. Le 24 juin, il ordonne le blocage de tous les accès terrestres vers la partie Ouest de Berlin. Ce blocus a pour objectif de forcer les Alliés à abandonner leurs zones d'occupation. Mais à la grande surprise de Staline, les Américains, les Britanniques et les Français décident de ravitailler Berlin par les airs. L'opération logistique se solde par un véritable succès

10:33 puisque onze mois plus tard, le 12 mai 1949, Staline met fin au blocus. Dans la foulée, les Américains, Britanniques et Français choisissent de fusionner leurs zones d'occupation en Allemagne et donnent naissance à la République Fédérale Allemande, la RFA, un pays démocratique. En réponse, quelques mois plus tard, la zone soviétique devient la RDA, République Démocratique Allemande, une dictature communiste satellite de l'URSS. Mais alors que l'Allemagne est séparée en deux, Berlin fait office d'exception. Si la ville est également divisée, il est encore possible, contrairement au reste du pays, de circuler librement entre les parties Est et Ouest. La ville devient donc le seul moyen

11:20 de passer de la RDA à la RFA. Dans les années 1950, alors que les deux Allemagnes se reconstruisent sous l'influence de leurs blocs respectifs, les disparités se font de plus en plus ressentir. L'Allemagne de l'Ouest, sous l'influence du capitalisme et des milliards injectés par les Américains, connaît une grande prospérité. Elle devient la vitrine du monde libre. À l'Est, en revanche, la collectivisation forcée et l'influence directe du communisme peinent à faire augmenter le niveau de vie des citoyens. Alors, de plus en plus d'Allemands de l'Est choisissent d'émigrer à l'Ouest, simplement en passant par Berlin. Au point qu'au début des années 1960, près de trois millions de citoyens est-allemands,

12:06 soit près d'un habitant sur six de la RDA, ont quitté leur pays ! Cet exode massif montre l'échec du système communiste. Le camouflet est cuisant pour les dirigeants de l'URSS. Alors que l'Allemagne de l'Est est au bord de l'effondrement, Moscou prend une décision radicale. Les Berlinois se réveillent devant un spectacle invraisemblable. Dans la nuit, 14 500 soldats des forces est-allemandes se sont déployés le long de la ligne de démarcation

12:54 entre les deux Berlin. Des centaines de soldats armés se tiennent debout côte à côte et empêchent tout passage entre les parties Est et Ouest de la ville. Ils déroulent des kilomètres de barbelés le long de la frontière, tandis que des véhicules blindés bloquent les avenues. En une nuit, la vie de milliers de Berlinois vient de basculer. D'innombrables familles se retrouvent séparées. Les scènes déchirantes se multiplient dans les rues, comme cette mère qui fait des signes à sa fille, coincée de l'autre côté. C'est le début de la construction du mur de Berlin. De nombreux citoyens désespérés tentent de le franchir, de trouver des failles. Une rue devient le théâtre de scènes terribles et déchirantes :

13:40 la Bernauer Strasse. L'Ouest est à quelques mètres. Des gens se jettent à travers les fenêtres du haut de leurs immeubles. Des familles entières prennent la fuite. Sur ces images, qui ont fait le tour du monde, Conrad Schumann, un garde-frontière de 19 ans, saute au-dessus des barbelés pour s'enfuir de l'autre côté. Mais de jour en jour, le Mur devient plus haut, plus insurmontable. Et en quelques années, il se transforme en une véritable forteresse. Sur 155 km se dressent un ou, le plus souvent, deux murs de presque quatre mètres de haut. Ils sont séparés par une zone tampon, un no man's land constitué de clôtures électriques,

14:26 d'un fossé antichars et de bandes de sable pour repérer les traces de pas. 302 miradors complètent le dispositif et 14 000 gardes le surveillent jour et nuit, avec pour ordre de tirer à vue. Alors que le Mur se renforce, le fossé entre Berlin Est et Ouest se creuse. À l'est, la RDA durcit son emprise sur la population. Toute la société est épiée, traquée et contrôlée. La surveillance est généralisée, grâce à une redoutable police secrète : la Stasi. L'organe de terreur constitué de milliers d'espions, travaille main dans la main avec le KGB, les services secrets soviétiques. La répression contre les opposants au régime est féroce.

15:15 De l'autre côté du Mur, le régime démocratique de l'Allemagne fédérale, lui, prospère et les citoyens de l'Allemagne de l'Ouest vivent librement. Ainsi, alors que la guerre froide atteint son paroxysme, la ville de Berlin devient le symbole de la lutte entre les blocs de l'Est et de l'Ouest. John Fitzgerald Kennedy, président des États-Unis, s'y rend le 26 juin 1963 et y prononce un discours historique.

16:06 Berlin-Ouest devient alors le rêve de nombreux Allemands de l'Est. Si quelques exceptions permettent aux familles de se retrouver temporairement, notamment lors des fêtes de fin d'année, la majorité des citoyens se résignent à rester à l'Est. Mais certains vont tout tenter pour franchir le mur. Dans les premières années, des personnes s'élancent dans le no man's land et contre les clôtures barbelées. Mais certaines tentatives tournent au drame, comme celle de Peter Fechter, jeune homme de 18 ans, abattu par un garde alors qu'il escalade le mur. Il tombe côté Est et agonise sous le regard horrifié des Allemands de l'Ouest à leur fenêtre. Traverser le Mur, c'est donc risquer sa vie.

16:51 Pourtant, non seulement les évasions s'enchaînent, mais elles deviennent de plus en plus ingénieuses. L'une des plus rocambolesques a lieu en 1964. Pendant plusieurs mois, un groupe d'étudiants ouest-allemands creuse sans relâche et dans le plus grand secret un tunnel de 145 mètres de long, douze mètres au-dessous du mur. Dans les nuits du 3 au 5 octobre, 57 citoyens de Berlin-Est parviennent à s'enfuir à Berlin-Ouest en empruntant le tunnel. D'autres fugitifs choisissent quant à eux de franchir la frontière cachés dans des voitures, dans des valises ou encore de passer au-dessus du mur à l'aide d'une tyrolienne.

17:37 Au total, près de 5 000 citoyens parviennent à s'enfuir à Berlin-Ouest. En revanche, 140 y perdent la vie. Dans la nuit du 5 au 6 février 1989, un homme de 20 ans est abattu alors qu'il tentait de traverser le no man's land. Il s'agit de la dernière personne fusillée en tentant de franchir le Mur. Car dans les années 1980, de grands bouleversements chamboulent les fondations du bloc de l'Est. Mikhaïl Gorbatchev,

18:22 nouveau dirigeant de l'Union soviétique, lance deux grandes réformes en 1985 : la Glasnost, la "transparence", et la Perestroïka, la libéralisation de l'économie. Ces changements profonds font souffler un vent de liberté sur la société soviétique et tout le bloc de l'Est. Alors l'URSS vacille et ses États satellites s'émancipent. Au printemps 1989, la Hongrie ouvre sa frontière avec l'Ouest. Immédiatement, les citoyens de l'Allemagne de l'Est en profitent. Ils la traversent et se ruent en Autriche, puis en Allemagne de l'Ouest. Ce nouvel exil se combine avec des manifestations monstres dans plusieurs villes. Comme à Berlin-Est, où au moins 500 000 personnes se rassemblent le 4 novembre

19:11 pour exiger des élections libres et le droit de voyager. La RDA est au bord de l'implosion. Alors, en dernier recours, le parti unique décide d'assouplir ses frontières. Un projet de loi est rédigé dans l'urgence et le 9 novembre 1989, Günter Schabowski, le porte-parole du parti, donne une conférence de presse. L'homme, qui n'a pas le temps de lire le projet de loi, note simplement sur son fil conducteur : "Lire à haute voix le texte des règles de voyage". C'est ainsi qu'à 18h53, devant une salle remplie de journalistes, il annonce les nouvelles règles de voyage des citoyens est-allemands.

20:23 À cette annonce, les journalistes s'agitent et demandent des précisions. Dans le texte de loi, il est écrit que l'ouverture des frontières doit se faire sur demande de visa, après vérification du passeport. Et surtout, la loi ne doit entrer en vigueur qu'à partir du lendemain, pour laisser le temps à la bureaucratie de se préparer. Mais Schabowski, qui n'a pas lu le document, n'en a aucune idée. Alors, il improvise. C'est à cet instant précis que Schabowski fait basculer,

21:08 contre son gré, le destin de l'Allemagne. Une simple maladresse, une erreur qui va précipiter la chute du mur de Berlin. À 19h04, l'agence de presse de la RDA relaie l'information de l'ouverture immédiate des frontières. Une minute plus tard, c'est au tour de l'agence de presse AP. La nouvelle se répand comme une traînée de poudre. À 19h30, les actualités est-allemandes annoncent : À Berlin, les habitants commencent à se masser

21:54 aux abords des postes-frontières, sous le regard étonné des gardes, qui n'ont reçu aucun ordre. À 22h42, un bulletin d'information télévisé de l'Ouest annonce : Tout s'emballe. Des milliers, puis des dizaines de milliers de Berlinois affluent. Dans un premier temps, les garde-frontières choisissent de ne laisser passer que les plus acharnés, espérant faire redescendre la pression. Mais en vain ! La foule a pris Schabowski au mot : elle veut passer de l'autre côté ! Autour de 23h30, les garde-frontières sont complètement débordés.

22:42 Harald Jäger, un officier de la Stasi, craint des mouvements de foule et décide alors, sans en avoir reçu l'autorisation de sa hiérarchie, d'ouvrir grand les barrières. L'histoire est en marche. Pour la première fois depuis 28 ans, les citoyens franchissent, sans violence et en toute liberté, le mur de Berlin.

23:58 Dans les jours qui suivent, la ferveur ne désemplit pas. À l'aide de pioches, de burins ou de simples pierres, chacun veut participer à la destruction du Mur. Mstislav Rostropovitch, chef d'orchestre et virtuose du violoncelle exilé à l'Ouest, improvise un concert devant le Mur le 11 novembre. Et alors que le gouvernement est-allemand se demande s'il peut encore reprendre le contrôle de la situation, l'URSS de Gorbatchev refuse d'intervenir. C'en est fini du mur de Berlin, l'onde de choc est planétaire. Le 31 décembre 1989, les Berlinois de l'Est et de l'Ouest fêtent le Nouvel An ensemble devant la porte de Brandebourg. Et un an plus tard, le 3 octobre 1990.

24:47 41 ans après avoir été divisée, l'Allemagne est enfin réunie. Ainsi, la guerre froide, marquée par des conflits meurtriers comme les guerres de Corée ou du Viêt Nam, se termine dans la joie et dans une allégresse extraordinaire. L'incroyable s'est produit : le Mur est tombé comme un château de cartes par la pression d'un peuple qui a conquis sa liberté sur le Mur, littéralement et symboliquement. Car si sa chute a bel et bien été précipitée par une simple erreur d'un haut fonctionnaire, c'est bien le peuple de Berlin-Est qui, porté par son courage et son envie de liberté, a pris son destin en main.

25:43 Les amis, j'espère sincèrement que cet épisode d'Histoires de guerre vous aura plu. Et avant de vous laisser, j'ai une annonce à vous faire : on recrute un nouveau monteur ! Effectivement, on est à la recherche d'un monteur expérimenté pour travailler sur nos prochains épisodes d'Histoires de guerre. On recherche quelqu'un de rigoureux, passionné d'Histoire et intéressé par YouTube, évidemment. Et bien sûr, si vous êtes prêts à venir rejoindre nos équipes basées à Metz, c'est un gros plus ! Vous retrouverez dans la description toutes les informations, une fiche de poste avec tous les détails et un exercice de montage de quelques minutes pour pouvoir nous montrer tout votre talent. On a très hâte d'éplucher vos candidatures et, évidemment, vous obtiendrez une réponse rapidement.

26:29 Et voilà, les amis, on arrive à la fin de ce nouvel épisode d'Histoires de guerre. J'en profite encore une fois pour remercier MyHeritage d'avoir sponsorisé la vidéo, je vous rappelle qu'avec le lien dans la description, vous avez accès gratuitement au service pendant 14 jours. Et les amis, un grand merci à vous pour votre fidélité. On se retrouve très bientôt pour un nouvel épisode d'Histoires de guerre. D'ailleurs, on va un petit peu accélérer le rythme de parution de vidéos cet été, donc je compte sur vous pour être au rendez-vous ! D'ici là, portez-vous bien !

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